mercredi 26 avril - par C’est Nabum

Les mots de nos maux

À toutes leurs victimes

L’état d’urgence a bon dos quand il s’agit de nommer un crime crapuleux, une fusillade ou bien un odieux assassinat ; tout cela réalisé par quelques fanatiques désespérés et sanguinaires. C’est alors que la France entière s’arrête de respirer, qu’on boucle tout un secteur et qu’on mobilise toutes les forces de l’ordre possibles et imaginables pour frapper les esprits des braves gens, faire pleurer dans les chaumières et alimenter la boîte à macération.

Bien sûr, toute action perpétrée par ces monstres odieux est détestable ! Bien évidemment que toute mort d’une victime innocente, d’un passant ou bien d’un policier est insupportable, inacceptable, intolérable. Personne ne viendrait dire le contraire ; mais que diable, pourquoi avons-nous besoin de faire tant de publicité à la misérable action d’un illuminé fanatisé et criminel ?

On parle vite, dans les médias et les allées du pouvoir d’attentat quand il ne s’agit le plus souvent que d’actions isolées, improvisées, et, fort heureusement, de faible ampleur, même si, pour ceux qui sont touchés, cela n’en demeure pas moins un drame immense et inacceptable. Ce mot résonne alors, tourne en boucle, fait écho et alimente les fantasmes.

La France a peur, le pays est sous le choc, la classe politique donne dans la surenchère, l’armée est sur le pied de guerre, les forces de sécurité en alerte totale pour un pauvre illuminé sanguinaire qui veut mourir au nom d’un Dieu de haine et de folie. C’est le promouvoir au rang de martyr, donner une résonance immense à une action de faible envergure, de médiocre organisation. Pour détestable et immonde que soit le résultat obtenu par ces êtres solitaires, ces loups assoiffés de sang et de vengeance, ce ne sont que des assassinats lâches, misérables, gratuits qui ne méritent en aucune façon le titre glorieux aux yeux de leurs admirateurs d’ATTENTAT.

Il y a eu et il y aura encore, malheureusement, des attentats sur notre territoire. Ce sont des actions combinées, longuement préparées, exigeant une logistique et des complicités fomentées par des décideurs extérieurs. Ceux-là restent tristement dans nos mémoires et ont endeuillé de nombreuses familles, tout en portant atteinte à la nation toute entière. D’autres ne furent que de minables tentatives de s’illustrer pour des individus candidats au suicide dans le sang des autres. La publicité qu’on donne alors à leur geste criminel les renforce dans leur stratégie et leur permet d’atteindre dans la mort leurs monstrueux desseins.

Chaque mort d’un innocent ou d’un membre des courageuses forces de l’ordre est inacceptable ; je n’en disconviens pas une seule seconde, et tel n’est pas le sens de mon propos. Mais qualifier de terroriste un pauvre cinglé, fanatisé par des prêches haineux et agissant de sa propre initiative, c’est l’élever à une dignité qu’il revendique, alors qu’il conviendrait simplement de le qualifier de pauvre fou, de misérable crétin, d’abruti sanguinaire et de ne pas l’élever quelques heures au rang d’ennemi public numéro 1. Toute publicité en la matière favorise un nouveau postulant. La diffusion de son portrait, comme la simple évocation de son nom, est un point de gagné pour cette terrible idéologie du meurtre.

Les mots ont une importance. La mesure et la discrétion s’imposent pour qualifier leur démesure, leur démence, leur abjection. Malheureusement, en faire ainsi des tonnes ne rendra jamais la vie aux victimes de ces minables mais pire encore, c’est semer les petites graines qui peuvent germer dans l’esprit malade d’un nouveau candidat à la célébrité posthume. Les rabaisser au simple état de loques humaines, de détritus de notre société, serait préférable à la gloire du terme attentat dans ces esprits malades.

Quand les pouvoirs publics instrumentalisent ainsi les meurtres perpétrés sur notre sol par ces adorateurs d’un dieu de division, ils renforcent les objectifs de ceux qui ont pensé cette idéologie diabolique. Quand les politiques et les médias font assaut de déclarations, de commentaires, de propositions aussi vaines qu’inutiles, ils se fourvoient et servent l’ennemi qu’ils veulent stigmatiser. La discrétion est préférable à cet indélicat et improductif matraquage. Notre force collective devrait nous permettre de le comprendre.

Le peuple, dans sa sagesse, a compris. Lui, ne s’affole pas en dépit de ces hommes en armes qui sillonnent nos villes pour nous donner une protection factice, tout en semant la peur et le dégoût dans nos esprits. Le peuple refuse de se plier, le peuple refuse de faire des amalgames en dépit de dame Marine et de ses pareils. Le peuple défend son mode de vie, ses idéaux, ses principes sociétaux et ne se fait pas soldat d’une guerre invisible. Pour renforcer le comportement exemplaire de la population française, il conviendrait que tous nos décideurs cessent de jouer de la surenchère verbale dès qu’il s’agit de désigner les agissements merdeux et criminels de ces maudits salopards.

Lexicalement vôtre.

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23 réactions


  • pierre 26 avril 18:30

    Bonjour, vous parlez de quel attentat ?


  • pipiou 26 avril 22:12

    "ces hommes en armes qui sillonnent nos villes pour nous donner une protection factice, tout en semant la peur et le dégoût dans nos esprits."

    Sympa, vraiment sympa pour eux ...


    • C'est Nabum C’est Nabum 27 avril 07:30

      @pipiou

      Posez-vous la question de ce qu’ils ressentent ?

      Ennui - Inutilité sont bien plus là que le sens d’un devoir indispensable

      Face à un ennemi caché, des hommes trop visibles ne sont pas efficaces


  • hervepasgrave hervepasgrave 27 avril 05:16

    bonjour,
    Je comprends que tu puisses être comme malheureusement une énorme quantité de personnes troublé par ce qui se passe.Le problème c’est la peur irrationnelle.
    Une chose qui devrait nous choquer ,c’est le comportement de la police a ce sujet là, car il faudra bien avoir le courage de se l’avouer ,c’est totalement fantaisiste cette histoire.Si tu reprends ton dernier attentat pour commencer peut-on dire que s’en est un ? Et pourquoi ? En pleine campagne électorale s’il y avait eu attentat ou terrorisme ,ils auraient attendu ,pour toucher les candidats et non pas faire une ou des victimes sans importance (il ne faut se défendre en disant oui ! vous considérez ,les victimes comme de la M. ce n’est pas cela qu’il faut entendre) mais le résultat des courses.
    Après ce que nous voyons là est digne des séries télévisées Américaines . Il abattent le type, point final.Nous ne serons jamais rien,voila la question a laquelle la police devrait répondre . Pas de preuve ! Vous me direz secret défense ou tout ce que vous voulez ,mais cela est facile ,trop facile.Et le pire ce scénario est à l’échelle planétaire et pas un des trous du cul qui demain sont partant pour se faire butter/sauter ne cherche a faire autrement, au lieu de mourir pour rien ? abattu. Et c’est partout la même chose.Regardez celui qui c’est produit en Angleterre.le mec qui a la nationalité Anglaise et qui fonce comme un con sur le pont et fini dans une barrière ? Wouah ? chapeau ,de faire du gymkhana ,alors qu’il pouvait être discret et être efficace dans son projet.C’est délirant tout cela.Avons nous le droit de l’exprimer ?Oui ! il faut que tout le monde s’interroge rapidement la dessus.C’est absolument et terriblement grave ! Au minimum, il y a une chose qu’il faut retenir et que cela plaise ou pas ,cela tombe toujours a pic avec l’actualité ,mais sans jamais entrer dedans ! Les attentats ici comme ailleurs arrivent au bon moment pour valider et démarrer des actions que les populations ne voudrait pas. Et ainsi de suite .Droit ou pas c’est la question qu’il faut poser ,se poser plus certainement.C’est une question de survie !.Mais cestpasgrave !


  • fred fred 27 avril 07:26

    La France c’est le « Bar à glands » des pleureuses de la raie publique...le « misérabilisme » devient le drapeau des cocus en politique !


  • 77777 27 avril 08:49

    Leur fond de commerce est ce que vous décrivez, du sociétale dicté par les magnas de la presse.


  • fcpgismo fcpgismo 27 avril 10:59

    On hurle contre les attentats et du coup le halal,les femmes voilées les territoires perdues de la république c’est oublié, l’invasion migratoire organisé, planifié par la finance mondialisé c’est oublié génial quel scénario de génies.


    • C'est Nabum C’est Nabum 27 avril 11:59

      @fcpgismo

      C’est de l’opportunisme mais nullement un scénario fomenté
      Ils ne sont pas aussi forts


    • arthes arthes 27 avril 16:47

      @C’est Nabum


      Bien d accord, mais encore que 
      cela depend de quels « ils » vous voulez parler.
      .

    • hervepasgrave hervepasgrave 27 avril 20:11

      @fcpgismo
      Tu fais mauvais genre,mais je suis absolument d’accord et j’ajouterai que les guerres actuelles sont toutes aussi bidon.C’est une guerre contre toutes les populations avec en prime l’activation de la haine
      de tout le monde contre tout le monde.Le problème a dire et redire ,quelles sont les victimes directes ou indirectes ? « Eh ! oui, dans un monde ou tout le monde peux voyager sans souci et vantant les particularité de chacun ,c’est vraiment immonde et irrationnelle » Non ! rien ne choque personnes ? personnes non plus qui s’élèvent contre les guerres. Nos générations peace and love et stop a la guerre du vietnam etc ou sont -ils nos modèles ?? Et en plus c’est eux qui participe a la curée par leurs votes complétement à contre sens .C’est inique.« Non pas inique ta mère,mais inique leurs enfants !!!! » cestpasgrave ! « hein ? »


  • zygzornifle zygzornifle 27 avril 18:14

    Toujours pas d’état d’urgence a pole-emploi vu l’augmentation du nombre de chômeurs, ceux la peuvent crever le gouvernement s’en bat les c.....s.


  • zygzornifle zygzornifle 27 avril 18:16

    l’état d’urgence c’est quand mon frigo devient aussi vide que mon compte en banque ....


    • C'est Nabum C’est Nabum 27 avril 20:04

      @zygzornifle

      C’est exactement ça et ça n’arrive jamais chez un parlementaire
      Alors comment peuvent-ils savoir et plus encore, compatir ?


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