vendredi 28 septembre 2012 - par Le Pacte civique

Pour une démocratie de confiance

En ce début de quinquennat, après les discours d'investiture prônant une démocratie de confiance, il faut s’interroger : qu’est-ce qu’une démocratie de confiance ?

On pourrait la définir comme une démocratie où l’on parle, sans les esquiver, des vrais problèmes. Une démocratie où l’on construit ensemble, avec les citoyens et leurs organisations, des consensus lorsque c’est possible et justifié, ou bien, si ce n’est pas le cas, des désaccords, si possible féconds. C’est la condition de l’efficacité démocratique face à la crise. C’est l’objet même du Pacte civique : se faire confiance pour cheminer ensemble dans la même direction.

Où en est-on ?

Des réalisations positives : la baisse du traitement des Ministres et des dirigeants des entreprises, contributions personnelles à la réduction des inégalités ; le souci du gouvernement d'organiser des concertations constructives avec les acteurs concernés par les réformes comme cela est prévu pour l’environnement et la pauvreté et comme ce fût le cas avec la « grande conférence sociale » en juillet : elle a permis d’établir un agenda et de relancer le dialogue social. Mais sans pour autant changer en profondeur à ce stade le mode d’interaction de l’économique et du social dans notre pays. Le risque est d’en rester à une vision procédurale ou technique des problèmes, de parler moyens plus que finalités, de résultats plus que de principes.

Des constats négatifs : dans les médias et au parlement, la gauche comme la droite continuent encore souvent à se livrer à des jeux d'acteurs dépassés, comme par exemple la critique systématique de l'action gouvernementale passée pour les uns ou de celle qui est en cours pour les autres. Par ailleurs la promotion de la qualité de notre vie démocratique grâce une meilleure implication des citoyens et de la société civile n’est ni au centre des préoccupations des divers partis politiques, ni traitée en priorité par les médias, plus tentés par la facilité de présenter des mesures spectaculaires que de s’attacher à bien présenter les travaux démocratiques en profondeur. Ils contribuent ainsi à soumettre l’exécutif à une pression inutile et malsaine, en exigeant de lui un tempo (annonces immédiates, ruptures symboliques) incompatible avec l’indispensable délibération citoyenne. Face à la gravité de la crise que les citoyens vont supporter physiquement (précarité, santé, environnement), on manque d'un discours mobilisateur indiquant clairement vers où on doit aller pour s'en sortir et quels justes efforts vont être demandés aux uns et aux autres. Sans pression des citoyens et de la société civile pour rénover notre vie démocratique, il est fort probable que le cercle vicieux de la baisse de légitimité du pouvoir politique entraînant la perte confiance des citoyens en leurs élus se renforcera.

C'est pourquoi le Pacte civique, qui a fait de la réinvention de notre démocratie une de ses priorités, s'efforce :

- De poursuivre la diffusion de ses 32 engagements auprès des principales institutions ou organisations, afin de recueillir leur adhésion ;

- De faire connaître ses propositions aux nouveaux Ministres, ainsi qu’aux commissions de réflexion qui ont été mises en place ou vont l’être ;

- De rappeler ses propositions en matière d’emploi, notamment l’organisation d’un Grenelle ou d’Etats Généraux de l’emploi (voir notre communiqué du 18 janvier 2012) ;

- De réfléchir à la création et au mode d’organisation et de fonctionnement d'un Observatoire citoyen de la qualité démocratique et du débat.


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