mercredi 3 octobre 2012 - par jlhuss

La fin des « auto-entrepreneurs » ?

S’il était une réforme intéressante, c’était bien la création du « statut d’auto-entrepreneur ». En dépit des réticences manifestées par les chambres des métiers y voyant une concurrence déloyale, je peux attester que de nombreux demandeurs d’emplois dans un entourage très proche ont pu ainsi accéder à une activité. La formule était simple administrativement ; il n’ y avait pas besoin de passer par des dédales administratifs compliqués : un "coup de puce" au démarrage dans la vie active ou à la reprise d'une activité. Il s'agissait d'un statut souvent temporaire, susceptible d'évoluer vers le "statut normalisé" en cas de réussite et peu pénalisant en cas d'échec.

Par ailleurs cette « formule » nouvelle représentait un symbole de l’initiative personnelle et du désir de se lancer dans une entreprise, la ;plus petite soit-elle. Cette initiative du gouvernement Fillon avait semble-t-il la faveur des Français. Contrairement aux craintes des chambres des métiers, le plus souvent ces auto-entreprises venaient combler un déficit, répondaient à des attentes du public souvent difficiles à satisfaire : des petits dépannages par exemple ou des travaux mineurs trop souvent délaissés par les artisans traditionnels. La vraie concurrence déloyale pour ces artisans « traditionnels » résidant plus dans la pratique abusive du « travail au noir »

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) estime à environ 1 million le nombre des auto-entrepreneurs en France. Pour 75% d’entre eux, le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 20.000 euros. Pour les spécialistes, « ce taux, trop élevé, diminue puisqu’ils étaient 84% en 2010″.Il faut noter que 40% des auto-entrepreneurs souhaitent évoluer vers un autre statut ou l’ont déjà fait. Parmi ces 40% d’auto-entrepreneurs, un quart déclarent avoir déjà changé de statut et trois quart vouloir le faire. Il s'agissait donc bien d'une formule transitoire permettant l'insertion dans le monde de l'entreprise.

Ce statut nouveau est attaqué par le gouvernement Ayrault. On se demande pourquoi ? Sans doute simplement parce qu’il s’agissait d’une réforme « Sarkozienne » ? Ces auto-entreprises, très nombreuses (sans doute plusieurs centaines de milliers) vont connaître un « alignement de régime de cotisation sociale » sur les entreprises individuelles. Ce changement, décidé sans aucune concertation malgré les déclarations des différents ministres a comme objectif de compenser le manque à gagner qui s’élèverait à 130 millions d’euros. Or, il apparaît qu’en réalité le régime d’assurance maladie des auto-entrepreneurs n’est pas déficitaire. C’est tout simplement de l’anti-sarkozysme primaire, purement idéologique, une manifestation supplémentaire d’un sectarisme non réfléchi, surtout inadapté. Pour les jeunes, (ils devaient en principe selon le candidat Hollande être la priorité des priorités) on préfère générer des contrats de génération plutôt que de l’emploi véritable. On préfère les emplois d’avenir souvent inadaptés au marché du travail et à des emplois durables.

Est-ce véritablement la seule mission d'un gouvernement que de "détricoter" les dispositions même bonnes de son prédécesseur ?

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