samedi 5 août - par Christelle Néant

Effet boomerang des nouvelles sanctions américaines sur les États-Unis, Porochenko sur la sellette et l’Ukraine au bord du précipice

Suite au vote, puis à la signature par Donald Trump du nouveau train de sanctions américaines contre la Russie, l'Iran et la Corée du Nord, la liste des pays victimes de ces sanctions ne cesse de s'allonger, jusqu'à compter aussi les États-Unis et l'Ukraine.

Dans un article publié dans Forbes, Wade Shepard a ainsi analysé que les États-Unis eux-mêmes se retrouvent perdants dans ces sanctions en se fermant le marché iranien, que la Russie et la Chine peuvent ainsi investir sans obstacles ni concurrents occidentaux. En voulant sanctionner l'Iran et la Russie, les États-Unis renforcent en fait les alliances économiques et militaires entre ces pays. Ces sanctions ont mis les entreprises américaines et européennes sur la touche. Vraiment, c'est ce qui s'appelle se tirer une balle dans chaque pied…

Alors que les échanges commerciaux entre la Russie et l'Iran avaient déjà doublé l'an passé, grâce à la fourniture d'équipement militaire comme les hélicoptères MI-17 et divers systèmes de roquettes, le nouveau contrat de 2,5 milliards de dollars pour la fourniture de wagons de train afin de remettre en état le secteur des transports en commun iranien qui a lourdement souffert des sanctions américaines des dernières décennies, et la livraison cette année des systèmes S-300 vont permettre de poursuivre cette tendance à la hausse.

Et ce n'est pas terminé. En voulant bloquer les exportations de gaz et de pétrole russe, les États-Unis ont taillé un boulevard aux entreprises russes pour investir dans le secteur et exploiter les gisement iraniens. Ainsi, Gazprom a récemment conclu un contrat pour développer le champ gazier Farzad B, damant ainsi le pion aux sociétés américaines ou européennes comme Total qui lorgnaient sur cette opportunité.

Wade Shepard estime ainsi qu'à cette allure les échanges commerciaux entre l'Iran et la Russie devraient très vite atteindre plus de 10 milliards de dollars. Un montant qui dépasse largement les 1,68 milliards de dollars perdus à cause des sanctions américaines en 2014…

Et il n'y a pas qu'aux États-Unis que certains tirent la sonnette d'alarme sur l'effet boomerang que vont avoir ces nouvelles sanctions. En Ukraine aussi, certains plus lucides que d'autres se rendent bien compte que cela va avoir un effet désastreux sur le pays.

C'est le cas de Victor Medvedtchouk, le chef du mouvement public « Choix ukrainien », qui dit clairement que ces nouvelles sanctions vont soutenir le camp de la guerre en Ukraine et vont entraîner une relance du conflit dans le Donbass au lieu d'aider à réunifier le pays.

« Je peux seulement dire aux politiciens qui se réjouissent de la signature de la loi sur les sanctions que cette loi ne vise pas la Russie, elle vise la souveraineté de l'Ukraine et la restauration de son intégrité territoriale. […] La loi sur les sanctions inflige un coup stratégique à l'Ukraine, au parti de la paix [aux forces politiques qui appellent à une résolution pacifique du conflit armé dans l'Est de l'Ukraine - TASS] et aux forces sociales et politiques qui soutiennent le principe essentiel de réintégration des régions orientales, c'est-à-dire le retour du Donbass au sein de l'Ukraine et de l'Ukraine dans le Donbass, » a-t-il déclaré.

Pour lui, cela va exciter, de manière inévitable et prévisible, le parti de la guerre (c'est-à-dire les radicaux, l'extrême droite, les ultra nationalistes) qui veut éliminer la RPD et la RPL par la force.

« Il est assez facile de prévoir à quel type de conséquences l'Ukraine va devoir faire face. D'abord il va y avoir une nouvelle poussée du conflit dans l'Est du pays et les tension internes vont s'aggrave. Pire encore, le processus de réintégration des territoires qui ne sont actuellement pas sous contrôle [de Kiev] deviendra impossible pour de nombreuses années si ce n'est des décennies, à condition qu'il ne meurt pas totalement,  » a-t-il conclu.

Cette crainte pour l'intégrité territoriale de l'Ukraine est plus que légitime quand on voit le processus en cours, en Ukraine et hors du pays, pour évincer Porochenko comme le fut Ianoukovytch il y a trois ans. Les néoconservateurs veulent quelqu'un de plus radical. Et pour cela on utilise les mêmes ficelles qu'avec son prédécesseur.

Le processus de diabolisation est déjà en cours, comme le montre cet article du Washington Post qui découvre d'un seul coup tous les défauts et toutes les tares du président ukrainien. Cet article est signé par Maxim Eristavi, qui est l'un des fondateurs de Hromadske International, le site d'information basé à Kiev, qui est directement lié au mouvement du Maïdan. Ce fait est important, car il montre que ce sont les mêmes qui sont aujourd'hui à l’œuvre pour destituer Porochenko que ceux qui ont renversé Ianoukovytch en 2014.

Porochenko y est dépeint comme un président totalement corrompu (ce qui est vrai, mais le Washington Post semble découvrir d'un seul coup ce que tous les médias honnêtes ont déclaré dès le début de son mandat), mais pire encore comme une menace pour la démocratie ukrainienne. L'expression magique est lancée « menace pour la démocratie ». Cela vous rappelle quelque chose ? Moi oui. Toutes les révolutions colorées, et les guerres « humanitaires » récentes se sont basées sur cet argument. Le paravent parfait pour un coup d'état.

Et Porochenko est un très bon candidat puisqu'il est effectivement tout ce qui est décrit dans cet article : corrompu, essayant de faire taire toutes les voix dissidentes, muselant la liberté d'expression y compris au niveau de la presse, sabotant la lutte contre la corruption, etc. Le seul hic c'est que ses éventuels remplaçants sont encore pires que lui (Ioulia Tymochenko en tête). Et ça l'article n'en parle absolument pas. Les opposants de Porochenko y sont juste décrits comme de pauvres victimes de sa répression paranoïaque.

Et pendant qu'aux États-Unis on s'active à savonner la planche de Porochenko, en Ukraine les choses se précisent le concernant. Plusieurs régions d'Ukraine soutiennent désormais la décision du conseil régional de Kiev demandant la destitution de Porochenko. Une destitution préalable à une action judiciaire contre l'actuel président ukrainien, car ses adversaires politiques de tous les coins de l'Ukraine appellent depuis un moment à juger Porochenko pour ses crimes.

Depuis plusieurs mois les demandes de destitution de Porochenko se multiplient à la Rada, principalement à l'initiative du parti de Ioulia Tymochenko, qui se voit déjà présidente de l'Ukraine. Au beau milieu de ces demandes à répétition, le conseil régional de Kiev a officiellement exigé des députés qu'ils entament la procédure de destitution du chef de l’état, en adoptant préalablement la loi nécessaire (qui n'existe toujours pas après 25 ans d'indépendance du pays).

Cette démarche du conseil régional de Kiev est a présent soutenue par les députés de plusieurs grandes régions du pays. Le chef de la fraction Bloc d'opposition au parlement régional de Tchernovtsy, Dmitri Pavel, espère que d'ici la fin de l'année tous les parlements régionaux exigeront la démission du président en exercice qui est responsable de la situation dans le pays.

«  La situation socio-économique que nous constatons dans notre pays amène à penser que nous nous approchons du précipice. Le déséquilibre total du pouvoir a conduit à l'absence d'un contrôle clair de l'économie ukrainienne. A cause de la corruption et du rythme de l'inflation, notre économie se rapproche des économies africaines  », estime ainsi Dmitri Pavel.

Vitali Zaparniouk, de Tchernovtsy, qui a participé au conflit dans le Donbass, a soutenu son député en déclarant que «  les idéaux du Maïdan ont été trahis, la corruption prospère, Porochenko garde son argent dans des comptes offshores alors qu'une guerre est en cours  ». Ce vétéran de l'OAT va même plus loin en déclarant que «  le pays va droit dans le mur !  ».

De Zaporojié jusqu'en Volhynie le son de cloche est le même : il faut destituer Porochenko !

Et alors qu'il pensait s'être débarrassé de son rival en privant Saakachvili de sa nationalité ukrainienne alors qu'il se trouvait aux États-Unis, ce dernier vient de faire miraculeusement apparition en Pologne !

Cela a été révélé par le média polonais Telewizja Republika qui a même publié une vidéo de la déclaration de Saakachvili à l'occasion du 73e anniversaire de l'insurrection de Varsovie. Une interview de Saakachvili sur ce média polonais est d'ailleurs prévu ce soir, 4 août à 21 h heure de Kiev.

Le service de presse de l'ex-président géorgien n'a pas révélé comment il a réussi à se rendre en Pologne alors qu'il est désormais apatride. Mais si, comme je le pense, Saakachvili continue de travailler pour les mêmes personnes qu'à l'époque de la révolution des Roses (c'est-à-dire la CIA), qui sont aussi celles qui sont derrière la révolution du Maïdan en Ukraine, il y a fort à parier que Saakachvili a un rôle à jouer dans la future destitution de Porochenko, et que les forces à l’œuvre dans ce processus feront tout pour lui permettre de jouer ce rôle (même arriver en Pologne sans papiers et sans nationalité « officielle »).

Les semaines et mois à venir risquent de voir la prédiction d'Alexandre Zakhartchenko se réaliser. Un nouveau Maïdan encore plus radical que le précédent se prépare. Et s'il réussit, alors l'Ukraine sombrera rapidement dans le chaos le plus total et la guerre de tous contre tous, avant d'exploser totalement.

Dans cette destruction totale à venir de l'Ukraine, les occidentaux, États-Unis et UE en tête portent une lourde responsabilité. Pour satisfaire leurs propres intérêts géostratégique, ils ont sacrifié l'Ukraine et ses habitants, et mis en péril l'équilibre du continent européen, sans comprendre qu'ils risquent fort de subir le même sort que leur victime sacrificielle.

Christelle Néant

Voir l'article sur DONi



54 réactions


  • Dzan 5 août 10:45

    pffffffuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu !
    Pssssssssschhhitttttttttttttt


  • Dzan 5 août 10:46

    Au fait le cmamarade Poutine, ce grand démocrate pauvre, il prépare bien un autre mandat ?
    Rassurez moi.


    • Pere Plexe Pere Plexe 5 août 16:53

      @Dzan
      Son élection est suspecte ?

      Les dirigeants occidentaux ne sont pas le plus souvent très riches eux aussi ?
      C’est Poutine qui à renversé Morsi ?
      Qui c’est le plus souvent assis sur le droit international : Poutine ou l’occident Otanesque ?

    • JP94 5 août 17:45

      @Pere Plexe

      Sous Hollande, 14 ministres millionnaires ... et encore, il faudrait vérifier pour les autres.... sans compter les conflits d’intérêt : payer par les grands groupes de très grosses sommes.

      Quant au nouveau gouvernement, c’est bizarre on en sait moins qu’on se prétend en savoir sur Poutine... que font nos RG !! on ignore le revenu réel et actuellement, les déclarations de patrimoine pas si faciles à obtenir... et il ne s’agit que de déclarations ...

      Certains sont gros actionnaires de multinationales, Young leader...

      Il semblerait qu’aucun ne pointe à l’ASSEDIC, ni ne se contente du RSA , et sans doute aucun n’est-il smicard. Bref aucun ne représente les Français.

      Mais parlons de Poutine, au moins ça fera diversion.

  • lisca lisca 5 août 12:41

    Il faudrait que Trump ait plus de caractère et s’impose, puisqu’il pense que ces sanctions sont idiotes pour tout le monde.
    Mais il semble un peu faiblard.
    Alors que le moment est propice.


    • Pseudo 5 août 13:32

      @lisca
      Actuellement ce n’est pas Trump qui dirige mais tous les élus ! Là Trump ne peut aucunement empêcher ces sanctions contre la Russie !


    • JP94 5 août 18:03

      @lisca

      Trump s’est beaucoup fatigué pendant sa campagne, il était peu habitué à bosser.Il a besoin de se reposer et sur 164 jours d’exercice, le 10 juillet, il avait déjà pris 34 jours de vacances.( nettement plus que ce à quoi peut prétendre un salarié aux Etats-unis mais il n’est pas salarié après tout) et part tous les week ends se remettre dans sa propriété en Floride...
      Sur ce plan-là, il ne suit pas l’exemple de son collègue Vladimir, qui me semble suivre les affaires de son pays avec un peu plus de sérieux.
      Pour ça, j’ai du mal à croire à cette histoire de Poutine influençant Trump, car si tel était le cas, Trump serait au boulot du matin au soir...et il aurait même renoncé à la présidence, vu le boulot que ça représente pour un président digne de ce nom. 
      Même un élu départemental ou local, en France, ne prend pas tous ses week ends...

      Pendant ce temps-là, la CIA fait ce qu’elle entend, et les vrais détenteurs du pouvoir aux Etats-unis, c’est à dire le Capital et pas le peuple mènent sa politique.

    • roman_garev 5 août 19:08

      @JP94

      « Trump a besoin de se reposer et sur 164 jours d’exercice, le 10 juillet, il avait déjà pris 34 jours de vacances »

      À comparer avec Poutine qui s’est enfin permis deux jours de repos actif dans les eaux sauvages et froides de la Sibérie (vidéo). Il a mis deux heures pour chasser un brochet sous l’eau à 17 dégrés...

    • roman_garev 5 août 19:44

      @JP94
      « Trump ... a besoin de se reposer et sur 164 jours d’exercice, le 10 juillet, il avait déjà pris 34 jours de vacances. »


      À comparer avec Poutine qui s’est enfin permis deux jours de repos actif sur les eaux sauvages et froides de la Sibérie (vidéo). P.ex., a mis deux heures pour vaincre un brochet sous l’eau à 17 dégrés (on lui a mis un caméra GoPro à la tête).

    • JP94 5 août 23:10

      @roman_garev

      Je vais regarder ça...


      Hmm ,mais j’avoue que la perspective de voir ce gros mollasson de Trump plongé dans de l’eau à 17°C ne serait pas pour me déplaire..
      Oui parce qu’ aussi bien dans le boulot que dans le « repos » il n’y a nul besoin de photo-finish pour départager deux ! 
      D’ailleurs, on pourrait organiser un petit tournoi entre les deux : judo, tennis de table, ski..vélo (mais sans les stabilisateurs, ça va être dur pour Trump.)
      ça aurait son succès ! 

    • JP94 5 août 23:33

      @roman_garev
      J’ai visionné la vidéo. 

      Conclusion : je pense que de telles vacances seraient un cauchemar pour Trump .. qui se remettrait dare-dare au « boulot » dans son bureau à la Maison blanche,bien plus cool...
      Définitivement encore une preuve que Trump n’a aucune oreille pour Poutine !

      La pêche sous-marine serait pas mal entre les deux, non plus... mais ça manquerait de sportivité, car Trump est tout le contraire d’un brochet ou d’un cik filant comme une flèche...


  • Pseudo 5 août 13:28

    Curieusement l’UE qui craint que les nouvelles sanctions Américaines contre la Russie aient de mauvaises répercutions pour elle impose ses propres sanctions ! Allez y comprendre quelque chose ! Que se passera-t-il si la Russie coupe le gaz à l’UE, en particulier ?


    • roman_garev 5 août 14:42

      @Pseudo
      « Que se passera-t-il si la Russie coupe le gaz à l’UE ? »

      La Russie ne coupera jamais le gaz à quiconque, c’est impossible pour la mentalité russe.
      Ce ne sont que les nazis ukrainiens qui coupent tout à leurs ex-citoyens en Crimée et au Donbass : l’eau potable, l’énergie électrique, les pensions, les transactions, le déplacement... rien que pour les punir de ne plus vouloir vivre avec eux.

    • goc goc 5 août 15:49

      @roman_garev
      milles excuses, j’ai moinssé (ma souris à fourché) alors que je suis à 100% d’accord avec vous


    • Aristide 5 août 15:53

      @roman_garev


      La Russie ne coupera jamais le gaz à quiconque, c’est impossible pour la mentalité russe.

      C’est peut être aussi à cause de l’argent et tout ça ...

    • goc goc 5 août 16:05

      @Aristide
      C’est peut être aussi à cause de l’argent et tout ça ..

      non c’est pour ne pas donner des motifs à de nouvelles sanctions de la part de l’UE qui ne cherche que ça pour obéir à ses maitres, et ces derniers seraient bien trop contents. Et je ne vous raconte pas l’hystérie russophobe.
      Et puis en ne coupant pas le gaz, la Russie démontre qu’elle est un partenaire fiable pour la construction du nouveau pipe-line et le sera également pour la fourniture du gaz.

      Ceci étant, il est clair qu’en cas de situation extrême avec passage par un point de « non-retour », les russes pourraient bien agir.


    • Aristide 5 août 16:16

      @goc


      J’aime bien quand on m’explique la bienveillance russe face à la méchanceté de l’occident américanisé.

      Ce qui est bien, c’est que c’est simple à comprendre.

    • roman_garev 5 août 16:30

      @Aristide

      « C’est peut être aussi à cause de l’argent et tout ça »
      Selon votre logique, les Ukrainiens détesteraient l’argent « et tout ça » jusqu’à y refuser.

    • Aristide 5 août 16:54

      @roman_garev


      Vous comprenez comme les oies. Pas plus les Russes que les Ukrainiens ou les Javanais ne renoncent à « commercialiser » les biens et services qu’ils produisent et donc à recevoir le juste prix en échange. Compris ? non. C’est pas grave ...



    • roman_garev 5 août 18:16

      @Aristide
      Si, les Ukrainiens justement renoncent. Vos oies se sont trompés. 


    • JP94 5 août 18:53

      @Pseudo

      Je pense surtout que si la Russie ne coupe pas le gaz à l’UE c’est que la Russie a une diplomatie intelligente, qui déjà ne veut pas dresser pour des motifs sérieux les pays Occidentaux, dont les gouvernements certes font allégeance au Capital des Etats-unis ( mais ça n’a rien de nouveau), mais dont les peuples ne sont pas ennemis de la Russie ( et encore moins du peuple russe) et dont les intérêts économiques ne sont pas antagoniques à ceux de la Russie.

      La Russie, et auparavant l’URSS, a une longue tradition diplomatique pacifique. Du temps de l’URSS, c’était vital et intelligent de s’entendre autant que possible et sur le plus grand nombre de points possibles - commerciaux, c’est plus facile , et même militaires , éviter la guerre mais sans se compromettre .

      Donc couper le gaz est un casus belli Or la Russie cherche, contrairement à l’esprit otanesque , à développer une entente avec l’Europe de l’Ouest, dans un intérêt mutuel évident. Donc elle veut dépasser les sanctions au lieu de rentrer dans le cercle vicieux de la guerre économique lancée par des Etats-unis en crise systémique et prêts à tout casser plutôt qu’à perdre en puissance.( et les puissances occidentales savent cela, donc s’appuient sur ce pays « extrémiste »).

      Et c’est le problème avec la stratégie US, qui n’est pas rationnelle, ne vise pas à l’intérêt mutuel, mais à une hégémonie quitte à tout détruire pour la maintenir. En ce sens, c’est un pays imprévisible.

      Bref une partie du patronat français et européen doit trouver à redire à ces sanctions, d’autant que les contre-sanctions russes ferment des marchés... Mais c’est après tout cohérent dans le cadre du CETA-TAFTA UE USA Canada : qui ouvre le marché occidental aux m... d’Outre-Atlantique et pour faire place, nette, quoi de mieux que de saborder la production européenne et détruisant la prduction agricole par la fermeture de ses marchés. Moins de concurrence, et à terme les m... made in USA auront aussi le marché russe pour elles.
      C’est parfaitement cohérent avec les intérêts US : les USA n’ont-ils pas déjà fermé leur marché aux producteurs français ? ( sous prétexte de non-suivisme durant la guerre en Irak, je crois).ils ont pris des sanctions économiques contre leur allié français ... sans que l’UE y trouve à redire (un concurrent en moins) ni le gvt français, atlantiste.


  • roman_garev 5 août 15:26

    Le vice-ministre russe des AE Sergueï Ryabkov (responsable des relations russo-américaines) vient de déclarer dans l’interview à l’ABC News :


    « Je pense que chaque pas de la part des gens du Capitole ou ailleurs visant à compliquer notre vie approche le moment où nous développerons et implanterons toutes les alternatives possibles au système financier américain, au dollar en tant que devise de réserve, au système de devises basé sur le dollar, dans tous les domaines où non seulement la Russie, mais le monde entier dépend des actions frivoles d’une partie des USA. »

  • goc goc 5 août 15:47

    Bonjour Christelle

    Une question :

    Quel est le sentiment de la rue ?
    Car si « Maïdan II le retour » doit se faire, il faut aussi que les gens participent. A votre avis quelle est la situation actuelle du coté de la population, est-elle résignée, combative pour un nouvel affrontement dans la rue y compris pour aller vers l’extrême droite, ou pour un retour au calme et une acceptation de l’indépendance du Donbass ?


    • Aristide 5 août 15:51

      @goc


      Ce sont tous des nazis, c’est simple ....

    • JP94 5 août 23:58

      @goc
      Vous posez la question à Christelle qui est au Donbass... alors que cette question se pose à Kiev, c’est un peu paradoxal. Christelle doit suivre ce qui s’y passe mais ne peut y aller ... et sur place je pense que ce n’est pas évident, dans un tel climat de terreur, politique, de sonder les gens. A la limite, c’est plus facile dans le Donbass ( en évitant les mines et les bombes).


      Je ne pense pas que la population aille au casse-pipe : eux ils savent qu’ils ont des fachos face à eux. Néanmoins je me rappelle ces manifestations de femmes qui montraient leur passeport ( parce que les Pro-Maïdan prétendaient que les manifestants anti-MaIdan n’étaient pas ukrainiens.
      Donc je pense que les gens sont courageux, les femmes notamment, et sont capables d’initiative politique antifasciste, y compris à Kiev, loin des DNR.
      Mais une guerre civile armée entre la population pacifique de Kiev et les bandes fascistes tourneraient au massacre. D’où, je pense, des initiatives comme ces manifestations.
      Le problème de cette population, c’est qu’elle sait ne bénéficier d’aucun soutien de la part de l’UE, donc tout est permis aux fachos : nos médias nous parleront d’affrontements en jouant les aveugles comme à leur habtude.

      Lors du Maïdan les Pro-Maïdan n’étaient pas des femmes mais des bandes armées fascistes.

      Donc aucune raison que le Maïdan II trompe ces femmes ou leurs fils. Seulement si un régime fasciste s’installe, je ne pense pas du tout que la population restera inorganisée.et passive.
      En 192O, le putsch de von Kapp, en Allemagne , a échoué grâce aux grèves ..les ouvriers n’étaient pas armés. 
      Il y a d’autres exemples/
      Il me semble que si les fascistes prennent le pouvoir, la population, d’une façon ou d’une autre, même si elle ne le dit pas aujourd’hui, résistera.
      Même en France, la Résistance est un concept né a posteriori.. on commence par agir puis ensuite cette lutte prend un nom.

    • goc goc 6 août 03:50

      @JP94
      Bonjour JP94

      Merci pour votre réponse. Elle confirme ce que je pensais, mais je n’en avais pas le début de commencement de « preuves ».
      J’avais demandé à Christelle, mais vous avez raison, elle n’est peut-être pas la mieux placée. J’escomptais plutôt qu’elle puisse avoir des infos indirectes via des relations du coté de Kiev.

      Concernant Maidan II, je ne le verrais que si le régime actuel perd le contrôle des ressources du pays. La population, ces régimes us-faschistes s’en moquent complétement. J’ai lu quelque part, que les ricains posséderaient 90% de la dette ukrainienne, alors ils ne lâcheront pas le morceau si facilement.


    • Christelle Néant Christelle Néant 6 août 11:46

      @goc
      De par les contacts que j’ai qui ont de la famille côté ukrainien, on est plutôt sur de la résignation passive de la part de la population ukrainienne. Donc peut de chance pour qu’ils se bougent avant qu’il soit trop tard, même si des nazis arrivent à la présidence du pays...
      Le nouveau Maïdan est déjà en cours de préparation, car les néocons veulent quelqu’un de plus radical de Porochenko.


    • goc goc 6 août 16:09

      @Christelle Néant

      bien reçu.

      Malheureusement, la résignation est le meilleur carburant du fascisme.


    • Christelle Néant Christelle Néant 6 août 20:38

      @goc
      C’est bien ce qui m’inquiète pour l’Ukraine smiley


    • JC_Lavau JC_Lavau 7 août 12:17

      @goc. Je vois mal sous quelle justification leur jeter la pierre.


  • Aristide 5 août 15:51

    Son histoire de la fin annoncée de l’Ukraine ressemble à « la Chasse au Canard » de Robert LAMOUREUX.


    Et le canard était toujours vivant ....

  • roman_garev 5 août 16:44

    Si le gaz russe est coupé à l’UE (non pas par la Russie, mais par le Grand Frère), la Russie le vendra aux autres à l’Est. Tandis que pour l’UE ce sera la catastrophe. Donc tout est dans les mains des Européens (plutôt dans leurs couilles).


    • Aristide 5 août 16:56

      @roman_garev


      J’adore la finesse d’analyse économique du mossieu ... A l’occasion, le lecteur de passage appréciera l’image utilisée. 

    • roman_garev 5 août 17:10

      @Aristide
      Adorez, appréciez tant que vous voulez... et tant que ce ne sera pas trop tard de le faire.


    • Aristide 5 août 17:35

      @roman_garev

      Votre attitude va-t-en-guerre est d’un ridicule assez exceptionnel ...

    • roman_garev 5 août 18:19

      @Aristide
      Vous comprenez exactement comme vois oies fameuses. Je ne parlais pas d’une guerre, mais d’une catastrophe économique européenne suite au refus au gaz russe. 


    • Aristide 5 août 18:39

      @roman_garev


      Ouahhh, une catastrophe économique européenne ? Ouais, je ne te dis pas dans quel état serait la Russie en même temps. Allons, plus de deux tiers des exportations de la Russie c’est le gaz et le pétrole. Assez significatif de l’impossibilité des russes à couper le robinet, ils savent très bien qu’ils en subiraient les plus dures conséquences.

    • roman_garev 5 août 18:47

      @Aristide
      Pauvre mec qui se croit rusé, vers le moment de la fermeture du robinet vers l’Ouest la Russie aura déjà une demande encore plus considérable à l’Est, ainsi que les moyens de la satisfaire.

      Continuez de scier la branche où vous êtes assis...

    • Aristide 6 août 11:44

      @roman_garev


      Pauvre mec ? La simple évocation de la structure des exportations de la Russie qui caractèrise les pays sous développés vous met dans une rage assez idiote.

      Convenez que la Russie est un pays qui base son économie sur ses seules ressources naturelles. Un pays sous développé incapable d’exporter le moindre produit transformé, ne parlons pas des industries avancées. 

    • JC_Lavau JC_Lavau 6 août 13:11

      @Aristide. Rappelle nous déjà la structure des exportations du Vietnam quand ils ont foutu dehors les ricains ?

      En revanche ils ont transformé en pirogues les réservoirs largués par les avions.

    • JC_Lavau JC_Lavau 6 août 13:56

       @Aristide. Et les exportations d’un truc made in U.S.A. ? 

      J’ai acheté des oculaires là bas. Mais où étaient-ils fabriqués au juste ? Peut-être deux Rini au coulant de 2 pouces, un 32 mm et un 10 mm ? Anciens en déstockage et qui posent un problème de tirage. 
      Un porte-oculaire en 2 pouces, à crémaillère mais de qualité honnête, déstockage, lieu de fabrication réelle inconnu.
      http://citoyens.deontolog.org/index.php/topic,1269.0.html

      J’ai acheté une tente Appy Trails, qui après transformations m’a fait de l’usage : http://citoyens.deontolog.org/index.php/topic,1448.0.html

      Erreurs de conception in U.S.A., tissu et main d’oeuvre in China.


      Voir comment les Tazunis ont été infoutus d’organiser des secours à la Nouvelle Orléans : http://citoyens.deontolog.org/index.php/topic,406.0.html 

      Nous avons pu constater l’insuffisance, sur place, des moyens techniques, des ingénieurs et des forces militaires, pour faire face à la crise. ... Mais on ne veut pas voir que le dynamisme des USA est pour l’essentiel un dynamisme de consommation.

       Ce qui caractérise les Etats-Unis depuis des années, c’est une tendance au gonflement d’un déficit commercial monstrueux, s’évaluant à près de 700 milliards de dollars. La grande fragilité de ce système économique, c’est qu’il ne repose pas sur une réelle capacité industrielle interne.

      L’industrie américaine est fortement anémiée, et c’est bien le déclin industriel qui explique, surtout, l’incurie de la nation confrontée à une situation de crise ; pour gérer une catastrophe naturelle, on n’a pas besoin de techniques financières sophistiquées, d’options d’achat à telle ou telle date, de conseillers fiscaux ou d’avocats spécialisés dans l’extorsion de fonds à l’échelle planétaire, mais on a besoin de matériel, d’ingénieurs et de techniciens et d’un sentiment de solidarité collective. Une catastrophe naturelle sur le territoire national confronte un pays à sa nature profonde, à sa capacité de réaction technique et sociale. Or, si la population américaine s’entend fort bien à consommer - le taux d’épargne des ménages étant d’ailleurs quasiment nul - en terme de production matérielle, de prévention et de planification à long terme, elle s’avère catastrophique. Le cyclone a montré les limites d’une économie virtuelle identifiant le monde à un vaste jeu vidéo.

      Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis assuraient la production de la moitié des biens de la planète. Aujourd’hui, les Etats-Unis se montrent désemparés, empêtrés dans un Irak dévasté qu’ils ne parviennent pas à reconstruire. Ils ont mis un temps considérable à blinder leurs véhicules, à protéger leurs troupes. Ils ont dû importer des munitions légères.
      ...
      Le capitalisme américain de l’époque était un capitalisme industriel, fondé sur la production de biens. Bref un monde d’ingénieurs et de techniciens.


    • roman_garev 6 août 14:53

      @Aristide
      « Un pays sous développé incapable d’exporter le moindre produit transformé, ne parlons pas des industries avancées. »


      Vos oies qui vous soufflent des inepties pareilles ne sont bonnes que pour le four.
      Si on ne parle que des armements (dont la Russie est le 2me exportateur après les USA), sont-ils des « produits transformés » ou pas ? Les S-400, les S-300, les MiG, les Su, les hélicoptères Ka et MI ? Les chars T-90 ? Les moteurs pour les fusées américaines sans lesquelles les USA ne sont pas capables d’explorer l’espace ? Pas transformés du tout ?
      D’ailleurs, l’exportation en soi ne veut pas trop dire. La flotte de brise-glaces sans pareils au monde, la Russie la garde pour elle-même. On ne les exporte pas, et alors ?
      Curieuses, vos oies sourdes-aveugles...


    • JC_Lavau JC_Lavau 6 août 19:24

      @JC_Lavau. J’aurais dû préciser « fin de citation » à la fin des citations d’Emmanuel Todd.

      Distractions...

  • Vraidrapo 5 août 17:12

    Eh bien oui, à force de jouer au billard multibande, le Cow-boy s’est pris un coup de boomerang et s’est tiré une balle dans le pied...
    IL n’est que de constater sur une mappemonde, l’étendue de la Fédération de Russie et la richesse du sous-sol, la proximité de la Chine, de l’Inde.
    Le seul moyen d’imposer la volonté US est d’agir par la Force mais, l’OTAN en a-t-elle les moyens ? Même si le Parlement français ferme sa gueule, est-ce que le pékin lambda est prêt à laisser faire ?


    • Vraidrapo 5 août 18:20

      @JC_Lavau
      Œuvre de Salubrité Planétaire :
      J’encourage les Hackers de la Planète à foutre le Waïe dans les réseaux militaires Yankees... (« sans armes, sans haine, ni violence »...)


    • roman_garev 5 août 18:43

      @JC_Lavau

      Merci pour le lien.

      Ma-gni-fique.

      CQFD.

      Pauvres trolls atlantistes, surtout qu’ils ne lisent pas ça ! Leur petit monde s’écroulera.

  • Matlemat 7 août 01:22

    Bonjour, par rapport au gaz , dites moi si je me trompe mais tant qu’il est payé il n’y a pas de raison qu’il soit coupé, l’Ukraine reçoit des revenus importants car les gazoducs sont sur leur territoire, ni l’Ukraine ni la Russie n’a d intérêt à des coupures. J’ai lu quelque part aussi qu’en Russie le problème n’est pas de trouver du gaz mais d’exporter le gaz. Je me demande si le gaz exporté en Europe peut il être dévié vers l’extrême orient ?


    • Christelle Néant Christelle Néant 7 août 08:48

      @Matlemat
      Bonjour,
      La Russie ne coupera le gaz qu’en dernier recours, en cas de guerre ouverte de l’UE contre la Russie. Le gaz peut bien sûr être exporté vers l’extrême orient. La Chine a besoin d’énormément d’énergies fossiles pour soutenir son développement.


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