jeudi 10 août - par Christelle Néant

Les États-Unis livrent des armes à l’Ukraine, qui veut relancer la guerre, pendant que la RPD continue de promouvoir une solution pacifique

Alors qu'officiellement, les États-Unis ne livrent pas d'armes létales à l'Ukraine, une fuite de documents a révélé qu'en réalité, en violation des lois américaines qui interdisent pour le moment la livraison d'armes létales à l'Ukraine, cette dernière a passé un contrat avec la société AirTronic USA pour recevoir 100 lanceurs PSRL-1 (des lance-roquettes) pour un total de 554 575 dollars.

Le contrat a été signé le 11 novembre 2016, par l’administration Obama sortante, trois jours après l'élection de Donald Trump. De là à penser qu'Obama a tenu à savonner la planche pour son successeur…

D'après les informations dont on dispose ces lance-roquettes auraient été livrés à la Garde Nationale, y compris au régiment Azov, là encore en violation totale des interdictions votées jusqu'ici par les autorités américaines de fournir en armes ou d'entraîner officiellement les bataillons ukrainiens néo-nazis.

Le contrat a été pris en photo, de la première à la dernière page (cliquez pour agrandir) :

Page 1 du contrat Page 2 du contrat Page 3 du contrat

Page 4 du contrat Page 5 du contrat Page 6 du contrat

Page 7 du contrat Page 8 du contrat Page 9 du contrat

Pendant ce temps, Porochenko a lancé le 7 août, une campagne de mobilisation à destination des jeunes hommes ukrainiens en bonne santé de 20 à 27 ans afin de les enrôler de force dans la Garde Nationale au nom du service militaire obligatoire. Il faut se rappeler que c'est la Garde Nationale et les bataillons néo-nazis qui ont été les plus actifs dans les tous débuts de la guerre du Donbass, quand l'armée régulière refusait de tirer sur des civils.

Ce qui montre bien que Porochenko compte bien relancer les hostilités dans le Donbass sous peu, comme l'a annoncé récemment le chef de la République Populaire de Donetsk (RPD). Une annonce confirmée par les récents redéploiements d'armes lourdes près de la ligne de front par l'armée ukrainienne, qui n'hésite pas à installer ses pièces d'artillerie lourde en pleines zones résidentielles, comme à Avdeyevka.

Ou à détruire les caméras de l'OSCE qui l'empêchent de tirer en tout impunité sur la station d'épuration de Donetsk. À peine un jour après qu'elle ait été installée, la caméra a tellement été prise pour cible par l'armée ukrainienne qu'elle a été endommagée, obligeant les observateurs de l'OSCE à venir la retirer, car elle fonctionnait plus.

Les officiers du Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC) ne sont pas plus à l'abri, malgré leur mandat, que les caméras de l'OSCE, puisque hier soir, à 22h 30, l'armée ukrainienne a tiré à coup de chars d'assaut et de mortiers de 120 mm sur le village de Bezymennoye, y compris la zone où se trouve le poste d'observation du CCCC, obligeant les officiers du centre à se réfugier dans un abri.

Au total durant les dernières 24 h, l'armée ukrainienne a violé à 54 reprises le cessez-le-feu, tirant au total 315 obus d'un calibre interdit par les accords de Minsk, dont 30 obus d'artillerie de 122 mm et 152 mm, 34 obus de chars d'assaut et 251 obus de mortier de 82 mm et 120 mm.

Le nombre de violations du cessez-le-feu par l'armée ukrainienne, et surtout du nombre d'obus d'un calibre interdit par les accords de Minsk augmentent, sans parler des tirs sur les observateurs de l'OSCE ou du CCCC ou sur leur matériel d'observation. Tout cela indique clairement que l'Ukraine s'assoit de plus en plus sur ses obligations liées à la signature des accords de Minsk. Et donc qu'elle cherche la guerre.

De son côté la RPD continue de promouvoir le projet d'une solution pacifique au conflit. Les discussions se poursuivent autour du projet de nouvel état devant remplacer l'Ukraine. Le chef de la RPD a reçu de nombreux commentaires à ce sujet, et si l'idée de refondre l'état ukrainien emporte un large soutien, il semble que le nom de Malorussie ne soit pas du goût de beaucoup.

Mais cela en soit n'est pas un problème, puisque comme l'avait indiqué Alexandre Zakhartchenko dès le début de ce projet, le but est d'amener à une grande discussion et de débattre des idées de chacun pour construire un projet commun qui emportera l'adhésion d'un maximum de gens.

Puisque la majorité ne veut pas de ce nom là, un autre sera trouvé en concertation avec la population. C'est le principe même de la démocratie, et des valeurs que le chef de la RPD défend et veut voir au cœur de ce nouvel état. L'important n'est pas le nom, l'important c'est sur quelles bases ce nouvel état sera construit.

Et clairement, de ce point de vue là, l'Ukraine montre le chemin à ne surtout pas suivre. Le syndicat des journalistes ukrainiens a ainsi indiqué que rien que durant la première moitié de l'année, 40 cas de violences physiques contre des journalistes pendant l'exercice de leur travail ont été enregistrées. Et ce y compris dans des zones qui n'ont rien à voir avec le conflit en cours dans le Donbass. Les agresseurs restant impunis, cela encourage à de nouvelles agressions contre les journalistes.

Il faut rappeler que plusieurs journalistes ou personnes travaillant pour des médias sont morts en Ukraine depuis le Maïdan, entre autres (liste non exhaustive) : Andreï Sténine, Anatoly Klyan, Igor Kornelyouk, Anton Volochine et Andrea Rocchelli tous morts en 2014 dans le Donbass du fait des tirs délibérés de l'armée ukrainienne sur l'endroit où ils se trouvaient (et ce alors que souvent l'armée ukrainienne savait qu'il s'agissait de journalistes), Oles Bouzina mort le 18 avril 2015 en bas de chez lui à Kiev après avoir vu ses informations personnelles être publiées sur le site Mirotvorets, ou plus récemment Pavel Cheremet, tué à Kiev le 20 juillet 2016 , dans l'explosion de sa voiture.

Et au vu des affrontements croissants entre bataillons néo-nazis ukrainiens et armée régulière, le chaos en Ukraine ne va faire que grandir. Ainsi après que la 59e brigade des Forces Armées Ukrainiennes ait bombardé les positions de Secteur Droit près de Pishchevik à coup de lance-roquettes multiples Grad, cela n'a pas été du goût de ces derniers qui ont décidé de se venger. Affrétant bus, véhicules blindés et camions, les soldats de Secteur Droit se sont dirigés vers la zone de responsabilité de la 59e brigade des FAU pour en découdre.

Ne se démontant pas devant cette nouvelle gabegie, le commandement ukrainien a mis les unités locales en alerte et compte bien faire passer les éventuelles pertes de ces affrontements sur de soi-disant tirs ou attaques de la RPD. Il n'y a pas de petits profits, même lorsque votre armée part à vau-l'eau, et que les différents bataillons se tirent dans les pattes.

Il faut dire que vu l'état du pays, l'Ukraine approche du point de non retour. Il lui faudra relancer la guerre, même perdue d'avance, pour éviter aux autorités actuelles de devoir assumer, face à la population ukrainienne, les conséquences de la gabegie du Maïdan.

Christelle Néant

Voir l'article sur DONi



26 réactions


Réagir