lundi 30 janvier - par jlhuss

Ça casse ou ça passe !

Il est évident que chacun verra midi à sa porte après la prestation télévisée du Président de la République, tout comme chacun a reçu le « discours du Bourget » de François Hollande. Sur la forme on peut je pense convenir qu’elle était assez bonne. Un cadre très « présidentiel » et doré, plutôt convivial quand même. Rien à envier à Hollande avec les deux drapeaux, le fond bleu et la Marseillaise. Le ton était assez libre, pas trop crispé, la gestuelle appropriée et les sujets abordés relativement sans tabous.

La question rabâchée de savoir si Nicolas Sarkozy est en campagne ou pas, n’a aucune importance. Le Président de la République indique clairement qu’il est « déterminé » et il faudrait véritablement viser la grosse cote pour parier le contraire. Quand il prononce "J'ai rendez-vous avec les Français et je ne me déroberai pas" ; tout est dit et ceux qui continuent à gloser sur cette affaire deviennent lassants. Les Français s'en foutent d'ailleurs ; il y a belle lurette qu'ils ont compris et François Mitterrand ou Jacques Chirac les ont parfaitement habitués à cet exercice de style : une figure imposée. Les mesures annoncées avaient pour la plupart été dévoilées par la presse à l’exception de la relance du logement qui ne fera pas plaisir aux écologistes. Tout comme François Hollande, Nicolas Sarkozy ne place pas les préoccupations d’Eva Joly au pinacle de sa réflexion. La crise a fait souffler un « mauvais vent » sur les environnementaux. L’argumentation sur la TVA et en particulier le pari que les entreprises ne risqueront pas une augmentation des prix est assez crédible. En effet, dans une période difficile ou le marché est déprimé, la concurrence vive, ceux qui veulent vendre n’ont aucun intérêt à augmenter les tarifs. Le sujet n’étant pas ici de décortiquer les annonces, nous n’irons pas plus loin et chacun pourra fouiller dans ses « tablettes » personnelles et favorites. Il est maintenant évident que rien n’est joué parce que le sortant est lucide. Il n’est pas égaré comme pouvait l’être Giscard à la fin de son mandat. Cette lucidité vis-à-vis des difficultés qui l’attendent et la pugnacité dont il semble faire preuve sont, à mon avis, les garants d’un combat dont il est de plus en plus difficile de prédire l’issue. On peut espérer que le niveau des discussions et des débats sera sans doute plus élevé que prévu.

La posture du Président en place a été assez courageuse, pour ne pas dire risquée : les annonces faites n’étaient pas très faciles. Certains commentateurs sur twitter vont même jusqu'à écrire : "Télé réalité. Y'a un type sur la une, sur la 2...qui s'fait hara kiri en direct, horrible" Cette attitude était voulue ; elle n’est pas anodine ; mais il était difficile de faire autrement sauf à laisser filer au fil de l’eau comme l’avait fait Giscard en 81 avec le résultat que l’on connaît. Soit ça casse, soit ça passe !

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