jeudi 16 mars - par REMY Ronald

Délinquance financière française : MACRON peut-il contrer les « Banksters » ? Le propose-t-il ? Le fera-t-il ensuite ?

Oui, Emmanuel Macron est un ancien banquier. Une médisance le rend donc automatiquement suspect d’être à la solde des banques. Oui, il a déjà été conseiller de Hollande puis son Ministre. Il est donc suspecté de lien avec le pouvoir et d’être un outil de maintien d’une oligarchie ayant échoué. Oui, un manque de culture historique et d’expérience en politique étrangère lui est lourdement reproché. Oui, il est soupçonné d’avoir été « choisi » et poussé comme un pion, comme l’avait été… Poutine.

Mais ne pourrait-il pas surprendre au cours de la campagne en complétant son programme « gruyère ». Ne pourrait-il pas surprendre aussi après sa campagne en encadrant et moralisant le système financier, puisqu’il en connait bien toutes les arcanes et les failles ? Ne pourrait-il pas faire preuve de caractère et d’indépendance impériale une fois élu, comme l’a spectaculairement fait celui qu’on surnomme parfois « Vladimir 1er » ? Cependant, une influence citoyenne doit vite se manifester sur son complément de programme, sur son mode d’élaboration et sur son cercle de conseillers…

Emmanuel Macron a largement distancé dans les sondages le Titanic François Fillon, fracturé par la pointe émergée d’un incroyable iceberg de cupidité personnelle. Passé en tête des sondages, Emmanuel Macron a donc fait face à une contre offensive généralisée de ses concurrents, avec son lot d’attaques sous la ceinture et autres « boules puantes » du style « Comment a-t-il financé sa pré-campagne puis sa campagne ? », etc. Résultat, après les nombreuses semaines perdues par les polémiques sur Fillon, nous débouchons sur une campagne superficielle de caniveau tournant en boucle et contournant la majeure partie des points intéressant véritablement les français. Nombre de problèmes et de propositions passent à la trappe : La représentation des usagers au sein du Conseil d’Administration des services publics. La réforme de la taxe « Tobin » (pour taxer uniquement les flux spéculatifs) et de la loi « Neiertz » (pour débloquer le crédit). La relance de la recherche (qui a perdu la moitié de son budget). Le plus grand taux d’échec scolaire de l’OCDE. Le nombre des toxico-dépendants ayant doublé avec échec de la prévention comme de la réinsertion médico-sociale. La clochardisation matérielle de l’armée de terre. Le chantier intellectuel et éducatif pour contrer le terrorisme islamique. La sécurisation budgétaire des communes. Etc. 

 

A la question précise : Macron peut-il contrer les « banksters », les voyous en col blanc de la haute finance et les banques délinquantes (condamnées à des amendes inférieures aux gains et dont les dirigeants ne sont jamais condamnés à de la prison) ? Macron peut-il réformer le système bancaire dont les règles sont internationales et sont généralement décidée à NewYork ? Malgré toutes les difficultés parfaitement décrites dans l’excellent film documentaire « Inside Job », la réponse surprenante mais logique est OUI.

Certes les immenses murailles de ce vaste système inique et spoliateur sont estimées imprenables. Certes, la grande majorité de nos épargnants sont directement ou indirectement complices du terrifiant moloch spéculatif mondial. Mais Emmanuel Macron connait le sérail, les structures, les mœurs et surtout… les failles de cet ensemble complexe. Car il y en a. Nous avons besoin de ses connaissances pour prendre cette « bastille moderne » avec un minimum de pertes (y compris un minimum de « pertes colatérales » pour nos épargnants). AUCUN autre candidat n’est mieux armé que lui pour une telle gigantesque et délicate tâche. Trop de politiciens sont réélus alors qu’ils sont outrageusement complices des banques arnaqueuses (voir les tristes dates des 23-04-13 et 24-08-14 où d’incroyables votes de lois rétroactives ont blackboulé des décisions de justice, ont annulé des condamnations de banques spoliatrices de milliers de collectivités territoriales. Des dizaines de milliards d’Euros en cadeau aux filous sur le dos des contribuables (lire article précédent). Quel niveau général de corruption cache ce vote digne d’une « ripouxblique bananière » ? Il est vrai que dans la liste des pays les plus corrompus de l’OCDE, la France campe à une place peu glorieuse.

 

A la question : Macron propose t-il une réforme du système bancaire et financier ? Nous aimerions avoir le plaisir de répondre OUI d’ici peu. Et surtout d’en connaitre les détails. Car trop de temps a été perdu à cause de l’incompétence de certains de ses conseillers sur des points objectivement secondaires, voire faux et inutilement blessant (comme la colonisation de l’Algérie = crime contre l’humanité).

 

A la question : Macron le fera-t-il ? Là encore, nul ne le sait. S’il conserve en l’état son programme et son mode d’élaboration, s’il n’oxygène pas son actuel cercle de conseillers, les électeurs seront en droit d’émettre un doute. Et personne d’autre qu’Emmanuel Macron ne pourra lever ce doute.

 

En conclusion, ce flou programmatique devient de plus en plus intolérable. Afin de favoriser la clarté du scrutin (et donc favoriser la future légitimité des résultats), chaque candidat doit être interrogé sérieusement sur les sujets oubliés ; et leurs réponses devront être comparées. Le seront-ils enfin un jour dans ce contexte médiatique centré sur les affaires ? Et quand ? L’aiguillon des journalistes est donc indispensable pour faire avancer à la fois les débats et… les programmes.

 

En attendant que les médias audiovisuels se décident à cibler les questions orphelines, les tractages et les harcèlements sur les réseaux sociaux peuvent générer quelques résonances puis, parfois, déboucher sur des avancées programmatiques. La veille de la présidentielle et surtout, la veille d’une terrible série de triangulaires (voire de quadrangulaires) aux législatives, n’est-ce pas justement le parfait moment pour mobiliser la vigilance active de tous les bouledogues de la République ? Au vu de l’éclatement de l’échiquier politique actuel, 1 à 3% des voix feront la différence dans la majorité des circonscriptions. Nombre de candidats faisant preuve d’autisme sur nos questions peuvent être battus. Donc à vos plumes et pas de quartier. Lacérez soigneusement tous les voiles d’obscurité qui obstruent les champs de vision de cette campagne.



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