lundi 19 juin - par Laurent Herblay

Entre grêve du vote et vote par défaut

Bien sûr, la majorité présidentielle aura une claire majorité, mais avec une participation encore plus faible qu’au premier tour, à moins de 44%, les Français expriment un intérêt et une confiance limités dans leurs partis. Il est assez logique que les Français aient ajusté leur vote pour éviter une majorité pléthorique, nouvelle illustration du soutien très limité accordé au président.

 

La grande fracture démocratique
 
Le résultat d’hier est d’autant plus parlant que la France est un pays très civique, avec en moyenne 80% de participation aux présidentielles, quand le chiffre tourne plutôt autour de 50% outre-Atlantique et que deux tiers des britanniques seulement se déplacent pour les élections législatives, sur un seul tour. Jusqu’à 70% de l’électorat se déplace pour des référendums. La véritable grève du vote des deux tours des élections législatives est extraordinairement révélatrice. On peut penser qu’elle représente une forme de coupure profonde entre les Français et les partis qui disent vouloir nous représenter, au point qu’une partie de la population n’a plus la moindre motivation pour voter.
 
 
Bien sûr, certains jetteront la pierre aux citoyens, trop feignants et pas assez civiques. Mais le mouvement est trop fort, trop récent et trop consécutif à deux présidences profondément décevantes pour refuser de voir la lourde responsabilité d’un personnel politique qui a trop déçu pour donner envie de lui apporter son vote. Et les deux principaux partis de véritables oppositions, France Insoumise et le FN ne parviennent pas non plus à convaincre les Français de se mobiliser pour eux, signe éclatant de leurs grandes limites, même si leurs chefs, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont décroché un siège et réuni environ un vote exprimé sur cinq lors du premier tour des élections présidentielles.
 
 
Jamais une majorité présidentielle n’aura réuni aussi peu de voix pour l’emporter (au premier tour déjà, la majorité de Hollande avait rassemblé 40% de suffrages de plus que Macron), signe du très relatif succès de Macron, qui ne gagne que par défaut. Plus profondément, les Français ne sont convaincus par personne, des majorités passées et présentes, aux différentes alternatives.

 
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5 réactions


  • troletbuse troletbuse 19 juin 10:01

    Encore une fois, les merdias aux ordres ont truqué les sondages afin que les Français s’abstiennent vu que c’était plié et que Macronimbus allait avoir entre 400 et 470 de putes.


  • gogoRat gogoRat 19 juin 10:19

     Dommage que l’analyse esquissée dans cet article manque de recul et d’une plus grande rigueur dans le raisonnement qui permettrait de prendre plus de hauteur.
    L’affirmation : ’
    une partie de la population n’a plus la moindre motivation pour voter. ’
     occulte la probabilité d’une autre partie de la population qui a sans doute, au contraire, une très forte motivation pour ne pas voter, ou pour boycotter :
     - boycotter les candidats ? - peut-être ?
     - mais surtout, boycotter le stratagème officiel de légitimation par le système très particulier de scrutin actuel (qui n’a jamais été validé par les citoyens français que par la complicité révélée par leurs éventuels passages dans les bureaux de veaute) ! 


  • gogoRat gogoRat 19 juin 10:45

    Dire que ’ Macron ne gagne que par défaut’ c’est toutefois admettre qu’il aurait ’gagné’.
     Piège dans lequel ne voudront certainement pas tomber les boycotteurs du scrutin !
     
     Gagné quoi ? : - la légitimation de sa prise de pouvoir ?
     On peut alors distinguer deux réalités qui s’imbriquent ’en même temps’ :
     - une réalité procédurière, qui use et abuse des tares et mensonges de l’actuel système de légitimation en vigueur, sans essayer ni de le changer ni de le transformer ni de l’amender .
     - une réalité des perceptions individuelles de ce qui devrait être considéré comme légitime.
    Exemple : que penser de ceux qui croient ’légitime’ d’ignorer la majorité absolue (plus de 56% tout de même !) des inscrits sur les listes électorales (sans compter les non inscrits, tout aussi dignes que leurs compatriotes des liberté, egalité, fraternité françaises !)  ?

     à noter que pour exprimer officiellement un rejet des candidats, restent encore les bulletin blancs ou nul !  : pourquoi vouloir penser a priori que l’immense majorité de nos concitoyens (i e ceux qui n’ont pas veauté !) seraient à ce point incapables d’utiliser les seules cartes qui leurs sont laissées pour prétendre leur faire partager le pouvoir de la chose publique ?


  • zygzornifle zygzornifle 19 juin 10:48

    Comme les potes a « Macron comme cochon » ont a leur bottes tous les médias il est normal que le Président Macron soit en tete de gondole partout , les présidentielle et les législatives sont devenues des élections bidon , en plus l’UE piaffe d’impatience derrière Macron ainsi que le MEDEF pour pouvoir appliquer en France la grande chasse a cours sur les salariés , les labos attendent beaucoup de la libéralisation ainsi que les ricains et canadiens pour leurs traités qui vont détruire l’agriculture et l’élevage , Macron livre ainsi la France pieds et poings liés aux trusts et autres lobbys mondiaux et le pire c’est que les couillons qui l’ont élu en seront bien souvent les premières victimes  .....


  • gogoRat gogoRat 19 juin 11:09

    Soulignons, développons aussi l’analyse qui semble ne ressortir que par accident de cette observation lapidaire :
    ’Et les deux principaux partis de véritables oppositions, France Insoumise et le FN ne parviennent pas non plus à convaincre les Français de se mobiliser pour eux, signe éclatant de leurs grandes limites,
     même si leurs chefs ... ’
     
     Comment des gens ’insoumis’ , qui plus est des gens qui sont supposés vouloir plus de démocratie, pourraient-ils se vouloir un chef ?! 
     Si de tels compatriotes existent bien, ce n’est donc pas pour un chef qu’ils peuvent ’se mobiliser’, mais bien pour plus de démocratie ! N’est-ce pas là ’les grandes limites’ des prétentieux qui croient pouvoir encadrer, diriger, conduire, incarner celles et ceux qui aspirent au ’Contrat social’ et qui n’acceptent l’arbitre promis par notre actuelle Constitution (article 5) que pour permettre l’équilibre du consensus. ( à noter que le référendum ne devrait pas être une arme au service de chefs prétendant ’incarner’ tous leurs ’égaux en dignité’ , mais n’est qu’une technique, ô combien perfectible, d’évaluation de la volonté générale)


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