lundi 15 mai - par reminorrito

Macron, ce séducteur

Durant cette campagne présidentielle les médias ont clairement choisi leur chouchou en la personne d'Emmanuel Macron, les journalistes vedettes des médias mainstream en étant tellement proche culturellement et politiquement. Son réseau personnel et professionnel acquis comme haut fonctionnaire, ministre ou banquier d'affaire lui ont également permis de financer aisément sa campagne électorale. Mais l'analyse du phénomène Macron, maintenant Président, serait tronqué si l'on en restait là.

Ce n'est pas non plus le programme d'Emmanuel Macron qui a convaincu les français, un programme d'ailleurs publié seulement quelques semaines avant le premier tour. Les raisons du vote Emmanuel Macron au second tour, selon plusieurs sondages, ont été plus stimulées par le rejet de Marine Le Pen ou par la volonté de changement politique[1]. Ce serait donc une erreur d'analyser sa victoire que d'un point de vue rationnel. Son programme est d'ailleurs dans ses grandes lignes la poursuite des politiques des précédents quinquennats. Pourquoi alors le président sortant serait-il aussi impopulaire ?

Il est ainsi préférable d'analyser également les raisons de son élection à un niveau plus émotionnel. Somme toute la politique est plus une affaire de ressenti que de réflexion. Les dernières élections ou referendums nous ont clairement illustré ce propos. Les électeurs ont répondu favorablement à des propositions irrationnelles et infondées, les fameuses « fake news ». Rappelons-nous des élections américaines, des référendums britannique et colombien dont les victoires réactionnaires usèrent d'arguments fallacieux pour ne pas dire totalement faux. L'électorat est d'autant plus réceptif à ces arguments de la « post vérité » qu'il se trouve dans une situation sociale difficile et que les médias mainstreams excluent ou moquent les alternatives possibles au modèle néolibéral[2]. Une véritable alternative écologique, économique et sociale exige ainsi un changement d'hégémonie culturelle et un bouleversement des paradigmes de vie qui ne sont pas encore majoritaire dans ce pays.

Ainsi, durant la présidentielle française nous avons éliminés au 1er tour le programme de la France Insoumise, probablement le programme le plus détaillé et même le seul officiellement chiffré, qui répondait à la fois aux urgences écologiques et sociaux. D'autre part, le programme, austère, sérieux de François Fillon tout comme son personnage (en plus de corrompu) n'a pas suffisamment emballé les électeurs pour lui permettre de se qualifier au second tour.

Les deux candidats qualifiés pour le second tour, Marine Le Pen et Emmanuel Macron ont utilisé tous les deux un registre beaucoup plus émotionnel. La finaliste d'extrême droite a joué sur le registre de la peur et sur le désir du repli sur soi. Les attentats d'une extrême violence sur le territoire français, les conditions économiques et sociales, la crise des « migrants » ainsi que des issus électorales surprenants le monde médiatique, comme le brexit ou l'arrivée de Donald Trump au pouvoir, ont alimenté le discours anxiogène de Marine Le Pen.

Pour sa part le nouveau Président français, Emmanuel Macron, choisit une campagne axée sur une narrative optimiste et positive, se tournant résolument vers l'avenir en embrassant avec détermination et opportunisme une mondialisation forcement heureuse. Ces discours et interventions le montraient comme une personne souriante, agréable, dynamique, voulant entraîner avec enthousiasme les français dans sa vision du monde. C'est ainsi qu'il utilisa abondamment des mots « ensemble », « mes amis », « avec vous », qui cherchent à inclure ses militants et sympathisants au projet qu'il portait. Il s'opposait également aux sifflets ou hués envers ses adversaires, ce qui au premier abord semblait niais, mais néanmoins le montrait comme une personne non agressive, beau joueur, ne cherchant pas la confrontation habituelle au monde politique et laissant ainsi le ressentiment aux militants des autres partis.

En regardant le reportage Emmanuel Macron - Les coulisses d'une victoire[3] il apparaît comme un leader d'équipe qui ressemble plus à un manager d'une « team » du secteur privé qu'à un homme politique. Il y a un passage qui m'a particulièrement interpellé, c'est lorsque Macron harangue ses troupes deux semaines avant le premier tour. Il leur dit clairement qu'il faut mettre toute l'énergie possible dans cette fin de campagne car c'est « celui qui en veut le plus qui gagnera ». Il ne parle pas de convaincre sur son programme, il parle réellement d'énergie à transmettre aux électeurs. C'est ainsi que l'on peut comparer la campagne de Macron à une start up politique avec ses stratégies et ses gains exponentiels. Ses concurrents sur le marché politique en ont fait les frais...

D'autre part, le personnage Macron, en rompant les barrières sociales et culturelles tant dans sa vie privée que dans sa vie professionnelle, est un personnage qui peut fasciner nombre de français en manque d'inspiration. C'est ainsi qu'il a épousé son ancienne professeure par exemple, ou qu'il devint millionnaire en étant gérant adjoint de la banque Rothschild. Il ne s’embarrassa pas non plus à suivre le cursus classique du politique pour se présenter à l'élection présidentielle jusqu'à les remporter... C'est ainsi qu'il a construit une image de « golden boy » à qui tout réussi. Il est clair que ce rêve à l'américaine où tout est possible a dû attirer bon nombre de nos concitoyens.

Les français avaient de ce fait pour choix au second tour deux options au contenu fortement émotionnel qui cherchaient à stimuler notre cerveau reptilien. Marine Le Pen utilisa une émotion fortement négative comme la revanche, le repli sur soi, la haine de l'Autre. Au contraire d'Emmanuel Macron qui s'appuya sur un contenu émotionnel positif fort, optimiste et dynamique à la fois. Après de nombreuses années de crises, économique, sociale, politique et sécuritaire, les français ont donc décidé de sortir par le haut, émotionnellement parlant, en marchant vers l'avenir accompagné par un dirigeant qui les aura plus séduit que convaincu.

Bien que cette option fût choisie, la France reste fortement divisée et il semble que d'autres options peuvent rapidement se retrouver majoritaires dans le pays. La dynamique peut changer rapidement surtout si les français se rendent compte qu'au-delà des sourires, des belles paroles et photos, ils retrouvent les mêmes idées sociales libérales chez le nouveau président qui ont fait échouer ses deux prédécesseurs. Prochain défi d'Emmanuel Macron : prolonger la lune de miel avec les français et continuer à leur vendre du rêve.



9 réactions


  • pallas 15 mai 16:19
    reminorrito

    Monsieur Macron est totalement décrédibilisé et moqué par l’ensemble de la population.

    La presse international se moque ouvertement de La France, c’est un fait.

    D’ailleurs l’avenue des champs Élysées était pratiquement vide, pas la moindre populace. En plus de ça le nombres de « non inscrit », a atteint un record.

    Ou est la lune de miel avec les français ?.

    Les médias sont devenu totalement ridicule.

    Le monde réel est cela.

    Monsieur Macron n’est pas Largo Winch (personnage de fiction).

    Salut


  • aimable 15 mai 16:48

    par les temps qui courent , plus l’espoir suscité est grand, plus la déception sera forte en cas de non résultats ou de résultats moyens , il n’y a plus qu’ a attendre que le fruit tombe .
    si Macron a une majorité imposante , c’est ce que pensera l’opposition  !


  • BA 15 mai 17:05

    Edouard Philippe, Bilderberg 2016, a été choisi par Emmanuel Macron, Bilderberg 2014 !

    Du 9 au 12 juin 2016, Edouard Philippe participait à la réunion du Groupe Bilderberg.

    Le mécanisme du Groupe Bilderberg est le suivant :

    1- D’abord, la sélection.

    Depuis 1954, chaque année, au mois de juin, le Groupe Bilderberg se réunit. Il sélectionne deux ou trois hommes politiques français. Objectifs : placer leurs pions, continuer la construction européenne, et faire élire des membres du Groupe Bilderberg aux élections dans les pays européens.

    2- Ensuite, la propagande médiatique.

    Le système médiatique fait la promotion de ces hommes politiques sélectionnés par le Groupe Bilderberg. Le système médiatique dit du bien de ces hommes politiques dans les journaux, sur les radios, sur les chaînes de télévision pendant des mois et des mois. Normal : les grands journalistes politiques, les grands éditorialistes et les directeurs des médias sont eux-aussi des membres du Groupe Bilderberg.

    Exemple : Nicolas Baverez et Etienne Gernelle ont été sélectionnés par le Groupe Bilderberg pour participer à leur réunion de juin 2016. Ils sont respectivement éditorialiste et directeur de l’hebdomadaire LE POINT.

    Jeudi 4 mai 2017, l’hebdomadaire LE POINT faisait sa une sous le titre : « Droite : la bataille qui commence. »

    Sur cette une, on voyait la photo des huit principales personnalités politiques du parti de droite Les Républicains pour les mois qui viennent.

    Chose étonnante : sur ces huit personnalités de droite, il y avait sept personnalités très connues … et un homme politique complètement inconnu !

    Les sept très connus : François Baroin, Nathalie Kosciusko-Morizet, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Bruno Le Maire, Laurent Wauquiez, Christian Estrosi.

    Un homme politique inconnu : un certain Edouard Philippe !

    Avec cette photo de une et avec le dossier à l’intérieur, l’hebdomadaire LE POINT commençait à préparer l’opinion publique à la nomination d’Edouard Philippe, qui était alors encore inconnu.

    http://www.lepoint.fr/images/liseuse/medium-small/2330.jpg

    3- Dernière étape, l’élection.

    Les électeurs, après avoir subi des mois de bourrage de crâne, votent pour l’homme politique promu par les médias.

    Conclusion :

    Emmanuel Macron, Bilderberg 2014, a été élu président de la République. Quelques jours plus tard, il a nommé premier Ministre Edouard Philippe, Bilderberg 2016 !

    C’est la nouvelle aristocratie.

    La nouvelle aristocratie contrôle parfaitement le système politique et le système médiatique.

    La nouvelle aristocratie a verrouillé le système.

    Même au moment des élections, il ne peut plus y avoir d’alternance.

    Seule une révolution pourra détruire la nouvelle aristocratie.

    Rappels  :

    Edouard Philippe était là  :

    http://www.bilderbergmeetings.org/participants.html

    Emmanuel Macron était là  :

    http://www.bilderbergmeetings.org/participants2014.html

    Le Groupe Bilderberg est à l’origine de la construction européenne. Le traité de Rome, signé en 1957, a marqué le début de la construction européenne. Il a été négocié durant les réunions du Groupe Bilderberg en 1954, 1955 et 1956.

    « Je pense que vous pourriez dire, déclara un jour le diplomate américain George McGhee, que le traité de Rome, qui a créé le Marché commun, a été mûri pendant ces réunions de Bilderberg et aidé par le flot de nos discussions. »

    (Source : « L’Europe sociale n’aura pas lieu », de François Denord et Antoine Schwartz, édition Raisons d’agir, page 40.)


  • fred fred 15 mai 17:11

    Macron et sa nouvelle cuisine...rien dans l’assiette mais l’addition sera salée !


  • zygzornifle zygzornifle 15 mai 18:48

    c’est au pied du mur que l’on voit le Macron disait le proverbe ....


  • zygzornifle zygzornifle 15 mai 19:07

    séduire ceux qui n’ont qui n’ont pas de cerveau mais que la moelle épinière ....


  • Pseudonyme Pseudonyme 15 mai 21:18

    euh il ne séduit pas ma bite qui ne se lève pas... c’est un signe !


  • troletbuse troletbuse 17 mai 14:05

    Le séducteur de vieilles ??


Réagir