Depuis longtemps, le Front National sème la tempête dans la politique, et le système fonctionne bien. Au cours de son règne, Jean-Marie Le Pen a su provoquer tous les heurts, les conflits, soulever les passions et en particulier déchaîner certaines foules quelque peu arriérées et simplistes dont le rêve absolu est de rétablir l’ordre moral.
Marine Le Pen, digne héritière de son père, a parfaitement compris l’intérêt électoral qui résulte des graves problèmes de la France, et de cette situation, elle a enfourché rapidement son cheval de bataille : chômage, précarité, immigration, insécurité, autant de thèmes abordés au cours des meetings et des réunions, mais pour lesquels la présidente du FN n’apporte hélas aucune solution crédible.
Et c’est là où se situent les vraies difficultés du Front National. Ne possédant que peu d’élus au sein de la classe politique, il n’a jamais pu démontrer une capacité à gouverner ne serait-ce qu’au niveau local. Et quand bien même il possède toutefois quelques représentants dans les conseils régionaux, ces derniers ne font preuve d’aucune efficacité particulière, se contentant de critiquer et de vociférer dans la plupart des cas.
Quel dommage que Marine Le Pen n’essaie pas de nous prouver qu’elle détient un programme sérieux de réformes ! Quel dommage qu’elle demeure constamment dans le plus grand vague absolu sans jamais pouvoir nous éclairer sur ses projets et ses réels objectifs !
Si elle soulève parfaitement les erreurs et les fautes de ceux et celles qui nous gouvernent, elle ne sait aucunement proposer des solutions alternatives qui permettraient à la Nation de sortir de l’impasse dans laquelle elle se trouve.
De grands discours vides qui trahissent un populisme avancé, parfois digne du fascisme de Mussolini …
Parallèlement, les autres partis politiques ne font pas mieux, et bien au contraire, ils s’engouffrent dans une démagogie inacceptable pour des formations qui affichent en apparence des idéologies démocratiques et républicaines.
Ainsi, en quatre années, Sarkozy et tous ses amis ont démontré leur incapacité totale à gouverner. Il n’est plus possible de leur faire confiance, et à mon simple avis, ce serait une immense méprise citoyenne que de leur renouveler leurs mandats en 2012.
Côté gauche, ce n’est pas mieux : Peut-on revoir à la tête de la France une équipe formée par Martine Aubry, Ségolène Royal, Laurent Fabius (pour ne citer qu’eux), dont les nombreuses incompétences passées ont conduit le Pays à la ruine d’aujourd’hui ?
Seul, François Hollande semble être l’homme capable d’apporter un renouveau économique et social, et peut-être apparaîtra-t-il dans les prochains mois comme le candidat providentiel pour les futures élections présidentielles.
Mais pour en revenir à Marine Le Pen, il est très difficilement envisageable de la voir détenir de grandes responsabilités à l’échelon national. Son rôle se réduira, comme ce fut le cas pour son père lors de sa longue carrière, à la plus simple expression du trouble fête électoral, provoquant ainsi un désordre immense dans l’échiquier politique.
Alors qui est vraiment Marine Le Pen ? Quelles sont ses ambitions ? Quel but poursuit-elle ?
Dans la réalité des faits, la fille du fondateur du Front National rêve de pouvoir, contrairement à son père qui se contentait plus d’une gloire médiatique sur les plateaux de télévision ou dans les studios de radio.
Marine Le Pen veut exploiter le malaise français en agitant toute sortes de chimères trompeuses : En prônant la sortie de l’euro et de l’Union européenne, en militant pour le retour au franc, et prétendant stopper l’immigration par le retour des étrangers en situation irrégulière, elle racole auprès d’un électorat populaire et crédule, lassé d’une droite corrompue et d’une gauche inefficace.
Marine Le Pen ne croit pas du tout à son discours ouvriérisme. Elle se sert de la pauvreté et de la précarité pour se placer confortablement sur le terrain politique, en espérant un jour que l’exaspération du peuple la portera un jour ou l’autre sur l’autel de la République.
Croit-elle à la démocratie ? Croit-elle aux idéologies républicaines ? Je ne le pense pas. Elle suit strictement le chemin de son père qui a édifié le Front National comme l’on créé un entreprise ; à la différence près qu’elle évite les tristes dérapages antisémites de Jean-Marie Le Pen qui ont valu à ce dernier les déboires que l’on connaît.
Pour ma part, je considère que Marine Le Pen représente une imposture au niveau politique. Elle peut être dangereuse du fait qu’elle exerce une emprise réelle - et plus forte que celle de son père - sur les masses ouvrières. Par son langage bâti sur les peurs, les ressentiments, les sentiments d’injustice et les dysfonctionnements issus de la crise économique et sociale, elle arrive à conquérir le monde des travailleurs qui jusqu’alors n’avait jamais sympathisé avec le Front National.
Mais peut-on vraiment lui reprocher ses allégations ? Certainement pas. Si la droite républicaine comme la gauche traditionnelle respectaient les valeurs d’égalité et solidarité, nous n’en serions pas dans une situation conflictuelle permanente. Si les syndicats censés défendre les intérêts des classes laborieuses avaient su faire face au pouvoir UMP (en particulier au moment de la réforme des retraites) en bloquant totalement le Pays jusqu’à ce que le gouvernement cède, les dérives profitant au FN n’auraient pas eu lieu.
Alors, me direz-vous à qui la faute ? Chacun possède une part de responsabilité : nos gouvernants présents et passés, les politiques de tous bords, les associations, les organisations professionnelles, les citoyens comme vous et moi.
Le vrai problème se situe dans le désintéressement que de trop nombreux français ont pour la Nation. « Tous pourris diront certains » ou « On ne peut rien faire » répètent d’autres désabusés par le contexte actuel.
Il est clair que dans les circonstances du moment et futures, la situation de la France ne cessera de se dégrader, même après les élections présidentielles de 2012.
Personne n’aura apporté une solution au Pays. Face à l’inaptitude de la droite ou de la gauche à gérer convenablement la Nation, le Front National aura su amplifier la déstabilisation de la France dont les conséquences seront évidemment désastreuses.
L’issue pourrait bien se situer dans une proche révolution où de nombreux pays européens seront concernés. Et la République pourrait ne pas y survivre.
Pierre-Alain Reynaud