mardi 14 mai 2013 - par menou69

Nouvelle affaire : Claude Guéant en possession d’un tableau revenant à l’État

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Souvenez-vous des images diffusées en boucle sur les chaînes d'information en continu lors de  l'affaire des tableaux du Flamand Andries van Eertvelt, Des images qui montraient l'ancien ministre de l'Intérieur de Nicolas Sarkozy, dans son cabinet d'avocat sis avenue George-V, en face du palace du même nom, essayant d'expliquer aux journalistes son point de vue devant une toile africaine de l'Ivoirien James Houra. Un tableau, qui représente "un couple africain, naïf et coloré". (Voir Vidéo)

La présence de cette toile africaine dans les bureaux de Guéant Avocats était déjà évoquée dans "Le Monde" le 7 mai. Or, c'est le journal ivoirien "Le Nouveau Courrier" qui en découvrant ces images à la télévision a soupçonné l'ancien ministre de l'Intérieur d'avoir privatisé cette oeuvre.

Dans son édition du 10 mai il rappelle, photo à l'appui, les conditions dans lesquelles ce tableau a été offert à Claude Guéant. Début novembre 2011, le ministre de l'Intérieur avait été fait commandeur de l’ordre du mérite ivoirien. Le locataire de la place Beauvau avait offert "34 voitures de police à l’État ivoirien", et c'est donc à un ministre français en fonction, au cours d’une visite officielle, que ce cadeau avait été fait, est-il précisé dans cet article. Donc à l'époque, le cadeau d'Alassane Ouattara n'était pas destiné à son "ami" Claude Guéant mais bien au ministre de la République.

Or, privatiser un cadeau reçu à l'occasion des visites effectuées à l'étranger va à l'encontre d'une circulaire gouvernementale (PDF), rédigée le 18 mai 2007 par François Fillon, alors Premier ministre.

"Les cadeaux offerts aux membres du gouvernement ou à leur conjoint, dans le cadre de l'exercice des fonctions gouvernementales [...] sont, pour leurs auteurs, la manifestation de la volonté d'honorer la France. C'est donc à l'Etat qu'ils s'adressent, au-delà de la personne du récipiendaire [...]. Il est en conséquence normal qu'ils n'entrent pas dans le patrimoine personnel du ministre ou de sa famille", précise la circulaire.

Toujours d'après cette circulaire, le ministre concerné doit faire enregistrer, par le service du mobilier national, le cadeau offert. Selon un journaliste du Monde, Claude Guéant ne l'a pas fait.

Le lundi 13 mai au soir le site internet "Le Lab" a interrogé l'ancien bras droit de Nicolas Sarkozy. Or celui-ci a d'abord botté en touche : "Je ne m'exprime plus", puis ensuite il a assuré que la procédure mise en place par l'ancien ministre François Fillon ne concerne pas le tableau qu'il a reçu en tant que ministre de l'intérieur et qu'il a emmené dans ses bagages lors de la fin de son mandat.

Selon lui, la lecture faite dans la presse de cette circulaire est inexacte, car elle oublie "le critère de valeur". Or, toujours selon Claude Guéant, "ce tableau n'a pas de valeur marchande mais il a une valeur affective bien réelle".

Si j'avais (très) mauvais esprit, je rapprocherais ce jugement artistique de la conception guéantienne, selon laquelle "toutes les civilisations ne se valent pas".

L'ancien secrétaire général de l'Elysée fait référence à une petite phrase, au troisième paragraphe de la circulaire du 18 mai 2007 : "Tel est l'objet du dispositif suivant qui ne concerne que les cadeaux de valeur ou qui présentent un intérêt artistique, culturel, scientifique ou historique".

Je pense que l'artiste peintre, James Houra, va apprécier l'estimation que fait Claude Guéant de son oeuvre. En dehors de l’affront fait à la Côte d’Ivoire et à son président, Alassane Ouattara, puisqu’il sous-entend par là que le cadeau qui lui fut fait ne vaut rien, cela montre une nouvelle fois la mauvaise connaissance qu’a Claude Guéant du marché de l’art puisque le 9 avril dernier, l’AFP écrivait à propos d’une exposition d’art contemporain à Abidjan : "Le marché intérieur ivoirien est "caractérisé par un art de salon destiné à l’ornementation des bureaux et des intérieurs cossus", indique Franck Hermann Ekra, critique d’art. Monné Bou, James Houra et Kablan sont ici les artistes "les plus cotés" de ce marché."

Contacté par France Info, l'auteur du tableau, le peintre James Houra a indiqué que ses toiles valaient entre 2.500 et 25.000 euros.

Un proche de Claude Guéant tente de désamorcer la nouvelle polémique : "Les tableaux de James Houra, ce ne sont tout de même pas les diamants de Bokassa". Les Ivoiriens vont apprécier cette petite phrase !

(Vidéo : Guéant de nouveau épinglé dans une affaire de tableau)

 

 

Sources : France info, Le Monde, Le Nouveau Courrier, Arrêt sur Images, Afrik.com, Le Lab, Rue 89, Wikipédia,



14 réactions


  • menou69 menou69 14 mai 2013 11:41

    Dernière information sur Claude Guéant à lire : « Affaire Guéant : un virement suspect en provenance de Jordanie » Cliquer sur le lien ci-dessous :

    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/affaire-gueant-un-virement-suspect-en-provenance-de-jordanie_1248480.html


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 mai 2013 12:22

    La république est prostituée ,et ici nous avons un de ses « Julot case-croute » ...
    Monsieur Claude ?


  • devphil30 devphil30 14 mai 2013 13:47

    A vomir devant tant de malversations ..


    Cela s’appelle du vol , que risque un voleur de tableaux dans un musée ????
    Ce qu’il a fait est pire car il y a vol de biens publics, détournement de biens durant un mandat de la république 

    Que toutes ces affaires sortent à droite comme à gauche , qu’ils fassent de la prison ferme 

    Comme cela on assainira le monde politique 

    Philippe 

    • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 14 mai 2013 20:20

      Soyons en sûrs, il ne s’agit que d’un placement fructificateur.
      En effet ce bon M. Guéant a le don, paraît-il, de transformer des croûtes innommables en tableaux de maîtres à plusieurs centaines de milliers d’euros la pièce. Alors de grâce, cessons de tomber sur ce pauvre malheureux qui non seulement transforme les croûtes en or, mais trouve les gogos malaisiens pour les lui acheter. Pour une fois qu’un ministre ramène de l’argent de l’étranger, crac ! on lui tombe dessus.
      C’est injuste.
      D’ailleurs, j’ai chez moi quelques gouaches de ma belle-mère que, n’ayant pas son talent, je compte bien lui demander de vendre pour moi.


  • renéné 14 mai 2013 15:35

    Les affaires de corruption et malversations fiscales de notre classe politique - quel que soit le gouvernement - n’étonnent plus l’opinion publique. Nous vivons en République bananière et personne ne doute de la culpabilité de nos dirigeants. Je suis l’actualité sur Onemoretab pour voir tous les sites d’info en même temps et on nous révèle au moins une affaire par semaine. Sarkozy et ses sbires de l’UMP ne craignent rien, l’immunité existe bel et bien pour les élus de notre pays !


    • raymond 14 mai 2013 17:11

      renéné, l’immunité a toujours existé, mais maintenant grâce à internet elle est révélée et démontrée, stade suivant : le vrai vote puis le retour de la veuve...


  • Mwana Mikombo 14 mai 2013 18:36

    @L’auteur

    N’est-ce pas le rôle de la Françafrique que d’être en même temps le grenier des matières premières et l’exutoire politique de la France. Par exemple précisément en Côte d’Ivoire, souvenez-vous de la Java princière de Jacques Lang dans les boites de nuit à Abidjan avec le président ivoirien Laurent Gbagbo (1) et quelque temps après soutenir les menées subversives de Sarkozy et de l’ONU contre le même Laurent Gbagbo (2).



  • OMAR 14 mai 2013 18:53

    Omar 33

    C. Guéant déteste les bougnoules, c’est connu.
    Mais adore leur fric...
    Comme cet étrange virement de 25.000 Euros envoyé de Jordanie...
    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/affaire-gueant-un-virement-suspect-en-provenance-de-jordanie_1248480.html


  • bakerstreet bakerstreet 15 mai 2013 00:12

    Dernière nouvelle :
    Guéant aurait acheté l’almanach des postes 2012 pour cinq euros au préposé qui lui livrait son courrier, (représentant une corbeille de petits chatons ) et l’aurait revendu en 2013 cent mille fois plus cher à un émir arabe.

    L’an prochain, il refera le même coup avec des petits chiens !

    Encore un coup de la France qui gagne, qui a des idées, pendant que les pauvres ne font que de se plaindre !


  • chmoll chmoll 15 mai 2013 09:23

    pendant s’temps là , la putain du roi fait l’mur

    comme d’hab lorsqu’il s’agit d’un col blanc sale


  • mortelune mortelune 15 mai 2013 12:05

    Depuis toujours les français ont voté pour des voyous de tous calibres. Avec Sarkozy et sa clique de mafieux on a atteint des sommets. 

    Valeur marchande ou pas je l’accrocherais bien quelque part ce tableau. Au dos de Gueant par exemple et qu’il fasse 10 fois la montée des Champs-Elisées. Je suis certaine que le peuple parisiens saurait apprécier. 

  • BA 19 mai 2013 10:54

    - En France, deux clans se font la guerre au moment de l’élection présidentielle de 1995 : le clan Balladur-Sarkozy est en guerre contre le clan Chirac-Villepin.

     

    - Pour se financer, le clan Balladur-Sarkozy signe un accord secret avec les dirigeants du Pakistan, contrat lié à la vente de trois sous-marins au Pakistan (contrat Agosta). Le clan Balladur-Sarkozy fait verser des commissions occultes vers le Pakistan. En échange, il reçoit des rétrocommissions occultes, qui serviront à financer la campagne de Balladur.

     

    - Edouard Balladur perd l’élection présidentielle de 1995.

     

    - Jacques Chirac, aussitôt élu président de la République, ne veut pas qu’un membre du clan Balladur-Sarkozy soit candidat à l’élection présidentielle de 2002. Jacques Chirac décide donc de faire cesser le financement occulte du clan Balladur-Sarkozy.

     

    - Dès 1995, Jacques Chirac demande à son ministre de la Défense, Charles Millon, de violer l’accord secret qui avait été conclu entre le clan Balladur-Sarkozy et le Pakistan.

     

    - Dès 1995, Jacques Chirac demande à Charles Million de faire cesser les versements des commissions occultes vers le Pakistan, et donc par conséquent de faire cesser les rétrocommissions occultes qui revenaient vers la France.

     

    Question du juge Renaud Van Ruymbeke : Pourquoi avoir mis fin à ces commissions ?

     

    Réponse de Charles Millon : Quand il y avait des doutes on arrêtait. Pour le contrat pakistanais, au vu des rapports des services secrets et des analyses qui ont été effectuées par les services du ministère, on a eu une intime conviction qu’il y avait rétrocommissions. Cela a été le cas des contrats Agosta et Sawari II.

     

    Question du juge Renaud Van Ruymbeke : Pourquoi ces deux contrats ?

     

    Réponse de Charles Million : Parce que l’on est arrivé à des conclusions positives, on a acquis une intime conviction sur ces deux contrats en particuliers.

     

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20101117.OBS3095/exclusi f-affaire-karachi-ce-qu-a-dit-charles-millon-au-juge.html

     

    - Les dirigeants pakistanais sont furieux de voir la France violer l’accord secret. Les dirigeants pakistanais commencent des négociations avec la France pour qu’elle reprenne le versement des commissions occultes vers le Pakistan. De 1995 à 2002, Jacques Chirac refuse de reprendre le versement des commissions occultes.

     

    - 5 mai 2002 : mauvaise nouvelle pour les dirigeants pakistanais, Chirac est réélu. Les dirigeants pakistanais comprennent qu’ils ne toucheront plus jamais un seul euro. Trois jours après la réélection de Chirac, 8 mai 2002, attentat de Karachi.

     

    - Cette affaire a causé la mort de 14 innocents lors de l’attentat de Karachi (11 morts français, 3 morts pakistanais).

     

    - Cette affaire est l’équivalent du Watergate.


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