lundi 31 juillet - par FreeDemocracy

PENICAUD DANONE et la désinformation

 

PENICAUD 1.256 euros par tête licenciée

 

Je vois que le réseau twitter est devenu l'antre de la désinformation, atteignant des summums encore jamais égalés. La limite à 140 caractères n'y est pas étrangère, cela restreint considérablement les échanges, ne reste alors plus que des slogans proprement nuisibles au développement d'une réflexion. Les gens doivent savoir qu'est ce qu'une stock options, quel est le rôle du directeur des relations humaines (DRH) et qu'est ce qu'un délit d'initiés, alors voici la piqûre de rappel.

 

Une définition simple des stocks options :

« Une stock-option est un droit attribué à un salarié de pouvoir acheter des actions de son entreprise à un prix fixé à l'avance (prix d'exercice), avec une décote par rapport au cours de Bourse du moment de l'attribution et dans un délai déterminé. Si le salarié décide de lever son option, il achète les actions au prix d'exercice et réalise une plus-value lorsqu'il les revend. Il n'y a pas de risque de perte car si le cours de l'action est plus bas que le prix d'exercice, le salarié n'exerce pas son option ».

 

Aucun investissement n'a été fait par PENICAUD, il s'agit d'une simple écriture pour imager jusqu'au moment où le salarié décide de lever son option d'achat s'il le désire. Cela se transforme alors en monnaie sonnante et trébuchante.

 

Ensuite les propagandistes dopés à la macronite ont diffusé et partagé en masse un graphique illustrant le cours de l'action DANONE jusqu'au 1er janvier 2013, ils ne savent même pas se servir d'internet de manière correcte. Rendu sur le site DANONE à la rubrique correspondant à l'historique du cours de l'action DANONE http://www.danone.com/pour-vous/investisseurs/laction-danone/historique-du-cours/ il nous est alors possible de choisir la période référence, celle qui nous intéresse étant légitimement antérieure et postérieure à la transaction de Muriel PENICAUD. Elle a acquis réellement ses actions le 30 avril 2013, à la côte de l'année 2009, et revendu le même jour. Elle a ainsi dégagé un bénéfice de 1,13 millions d'euros. «  À court terme, des destructions d’emplois peuvent remonter le cours de l’action et vont donc bénéficier au capital, contre la production et la valeur ajoutée  », confirme l’économiste spécialiste des entreprises qui siège au Conseil économique, social et environnemental (CESE), Frédéric BOCCARA, membre des Économistes atterrés et de la direction du PCF.

 

Une définition du délit d'initié :

« Délit qui consiste à utiliser ou à transmettre des informations non connues du public qui si elles l'étaient, auraient un impact positif ou négatif sur la valeur de titres cotés en bourse. Par exemple, acheter un titre peu avant le lancement d'une OPA pour le revendre quelques temps après avec une plus-values importante. Il est punit pénalement par des amendes et des peines de prison ».

 

A ce sujet la député communiste Eliane ASSENSI avait interpellé PENICAUD au Sénat : « Cette énorme plus-value est grave sur le plan éthique et peut-être même sur le plan juridique car à vos fonctions de DRH vous avez réalisé ce plan social et en avez récolté les fruits pour votre profit personnel ». Pourquoi l'honnête ministre du Travail ne dépose t-elle pas une plainte pour diffamation ? Sans doute car les propos tenus par ces divers intervenants sont plus que cohérents.

 

Muriel PENICAUD, de par sa position de Directrice générale des ressources humaines, avait la primauté de l'information relative aux plans de licenciement chez DANONE car c'est l'une des attributions d'un DRH. Elle était aussi membre du comité exécutif qui, placé sous l'autorité du Directeur Général de DANONE, se réunit une fois par mois. Ce comité exécutif assure la direction opérationnelle de la Société, met en œuvre la stratégie définie par le Conseil d'Administration, s'assure de la cohérence des actions engagées par les Pôles d'activités et l'ensemble des filiales, décide des plans d'actions et approuve les budgets. Cette position singulière lui a permis de savoir que deux mois auparavant DANONE avait prévu la « suppression d’environ 900 postes managériaux et administratifs répartis dans 26 pays européens ».

 

Voici la défense de Muriel PENICAUD : « En revanche soyons clairs, l’attribution du plan de stock-options évoqué dans la presse est bien antérieure à l’annonce du plan de départs volontaires, et n’a aucun lien avec ce dernier. Je ne peux donc que regretter ces amalgames ». Elle s’était déjà défendue en ces termes jeudi au Sénat, après avoir été interpellée par la présidente du groupe communiste, Eliane ASSENSI. La ministre du Travail évoque « l'attribution du plan de stock-options » comme étant antérieur or ce qui nous intéresse c'est le moment de la revente de ces actions qui correspond à un plan de restructuration interne à l'entreprise. Notons que cette transaction a été réalisé juste avant l'expiration du délai de quatre ans imposé par DANONE vis-à-vis des stock-options. Le timing était parfaitement excellent en tout point de vue, avant échéance du délai, au moment d'un plan de restructuration qui a entraîné une hausse du cours de l'action.

 

« Ce n'est pas unique, toutes les restructurations visent à ça », déplore Jocelyne HACQUEMAND, secrétaire de la fédération nationale agroalimentaire et forestière CGT, interrogée par Europe 1. Effectivement, rien d'extraordinaire, une restructuration entraîne une hausse du cours de l'action mais encore faut-il fournir les bonnes informations aux citoyens français. Or, l'intéressée manipule les faits et le gouvernement aussi.

 

Dans l'affaire BUSINESS FRANCE, l'enquête préliminaire a été ouverte au mois de mars 2017, MACRON n'a pas été inquiété et PENICAUD non plus, seulement BUSINESS FRANCE et HAVAS. Autrement dit des personnes morales, des entités possédant une intelligence artificielle très certainement, agissant seules, sans personne physique. Voilà le genre de raisonnement fascinant et fallacieux que les représentants du parti En Marche ! nous offre ainsi que leurs dévoués scribouillards, les journalistes.

 

 

Sources :

 

Le Monde : « Danone va supprimer 236 postes de cadres en France », Laurence GIRARD, 19 février 2013.

DANONE : http://www.danone.com/pour-vous/investisseurs/laction-danone/historique-du-cours/

Europe 1 : « Muriel Pénicaud regrette les "amalgames" concernant une plus-value d'un million d'euros réalisée chez Danone », Bertrand GUAY/AFP, 27 juillet 2017.

Libération : « La juteuse plus-value boursière de Muriel Pénicaud chez Danone », Ismaël HALISSAT, 27 juillet 2017.

L'Humanité : « Stocks-options. La ministre du Travail touche le pactole sur le dos des emplois », Sebastien CREPEL, 27 juillet 2017.

Le Monde : « Muriel Pénicaud interpellée au Sénat sur une plus-value boursière réalisée chez Danone », 27 juillet 2017.

Site internet la toupie de Pierre TOUREV pour la définition de stock-options.

 

FD FreeDemocracy

 



11 réactions


  • jmdest62 jmdest62 31 juillet 12:13

    Salut
    Le pb de MuMu c’est qu’elle pensait pas devenir ministre et être mise sous les feux de la rampe ....Comme Richard Ferrand si elle avait su elle aurait continué ses p’tites transactions légales mais pas morales dans la discrétion plus feutrée des conseils d’administration.
    Je sens que l’expression « légales mais pas morales  » va devenir très à la mode ...
    à une autre époque « responsable mais pas coupable » avait fait un tabac.
    @+


    • Pere Plexe Pere Plexe 31 juillet 18:02

      @jmdest62
      depuis Fillon au moins c’est devenu un classique que des accusés proclament que « c’est légale » et que la presse relaye gentiment.

      A ce demander pourquoi nous avons des juges...

    • gogoRat gogoRat 31 juillet 21:22

      @jmdest62
       
       Que valent ces ’méritants’ , ’qui ont réussi’, lorsqu’on les croise dans une gare ?
       Y’a qu’à se renseigner sur wikipédia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Muriel_P%C3%A9nicaud) :

      "...
       « Muriel Penicaud laisse un bilan social plutôt catastrophique »
      . La DRH, la directrice de la communication et son chef de cabinet ont quitté leur poste et seraient en arrêt-maladie. Le directeur financier serait aussi parti. Il lui est reproché de s’être « davantage souciée d’être dans les voyages officiels que de gérer sa boutique. Et d’avoir augmenté indûment certains membres de son comité exécutif ». Selon le journal Libération, Muriel Pénicaud augmente de 28,8 % le salaire du directeur financier (151 680 € par an). Le salaire du DRH est augmenté de 20,6 % (150 840 € par an). Et Muriel Pénicaud n’oublie pas d’augmenter son propre salaire de directrice générale (225 000 € par an), ce qui la classe comme la « troisième personne la mieux payée parmi la trentaine d’Etablissements publics à caractère industriel et commercial »
      ..."

       

      • 2008 : chevalier de la Légion d’honneur
      • 2014 : officier de l’ordre national du mérite

       Impressionnant !


    • baldis30 31 juillet 21:31

      @gogoRat

      bonsoir,
      ben quoi ...

      elle à l’honneur de nous emm......

       et le mérite de le faire savoir


  • francois 31 juillet 14:12

    ma DRH emploie courament cette expression « légales mais pas morale » 


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 31 juillet 15:48

    Beaucoup de DRH sont les Kapos du capitalisme : les 1 % leurs confie les basses besognes en les laissant prélever les dents en or sur les cadavres pour les transformer en lingots. Même pas d’idéologie là-dedans. De la crapulerie, c’est tout. la vieille lignée des garde-chiourmes, des sadiques qui fouettaient les galériens parmi lesquels se trouvaient leurs frères.


  • FreeDemocracy 31 juillet 17:38

    Personnellement, j’attends avec impatience la plainte en diffamation de Madame PENICAUD contre Madame ASSENSI... attendons...et contre le journal l’Humanité... tic tac tic arnaque


  • Debrief 31 juillet 20:56

    Penicaud, ex-cadre sup de grandes boîtes, elle a toujours eu une relation au staff de méfiance et de condescendance, faisant le nécessaire pour couvrir les mauvais coups du top management en tant que DRH et entuber les salariés de base, à la fois dans la logique du système, et il faut le dire, avec cette petite jouissance malicieuse (parfois perverse) de l’exercice du pouvoir sur les petites gens (ceux qui ne sont rien).

    Cette multi-millionnaire est donc ministre du travail ! Que peut attendre d’une telle personnalité la masse des travailleurs de ce pays dont le revenu moyen mensuel tourne autour de 1.500 € ? Rien de bon c’est sûr. Elle va perpétuer ses œuvres au service des puissants. Sauf que maintenant c’est directement nous qui la payons, et ça c’est vraiment frustrant.


    • gogoRat gogoRat 31 juillet 21:39

      @Debrief

       C’est la réponse officielle du Gouvernement cautionné par les veautants à la question de savoir ce que vaut Sa ’valeur travail’ !

       Mais les gens honnêtes qui ont pris la peine d’écouter le célèbre logicien-philosophe le savaient déjà depuis longtemps :
       Tout d’abord : c’est quoi, le travail ?
       >>>
       Il y a deux sortes de travail : premièrement, déplacer de la matière sur ou près de la surface de la terre ; deuxièmement, demander à d’autres personnes de le faire.
       La première sorte est désagréable et mal payée ; la seconde est agréable et hautement payée.
       La deuxième sorte de travail est susceptible d’extensions infinies : il y a non seulement ceux qui donnent des ordres,mais aussi ceux qui donnent des conseils quant à ce que l’on devrait donner comme ordres. ...’

       cf B. Russell : éloge de l’otium


  • zygzornifle zygzornifle 1er août 08:21

    et oui quand on veut du privé et que l’on s’appelle Macron ce n’est pas des employés d’Auchan que l’on prend .....


  • Garibaldi2 7 août 10:13

    Aucun intervenant ne vous le dit, mais moi je vous le dis : votre article est excellent, clair comme de l’eau de roche, et concis. Merci. Continuez !


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