lundi 19 juin - par Nicolas Arzur

Quand Emmanuel Macron qualifiait de « hold up » l’idée d’une majorité parlementaire autour d’un seul parti

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Les archives d'Internet ont un avantage : une fois ressorties, elles peuvent mettre à mal tout un plan de communication politique.

La scène se déroule à Angers, le 28 février dernier. Au cours d'un meeting, le candidat à la présidentielle fustige : "Dans tous les sondages, aucun candidat ne fait résolument plus de 25%. Alors oui, y'en a qui ont des partis, des vieux partis, avec beaucoup d'intérêts. Mais est-ce que quelqu'un peut penser raisonnablement que, élu président, il aura une majorité présidentielle uniquement avec son parti  ? Moi je n'y crois pas. Non seulement ça n'est pas possible, mais ça n'est pas souhaitable ! Parce que ça serait un hold-up !"

Il faut dire qu'à l'époque, Emmanuel Macron ne carocolait dans les sondages qu'à 25%, derrière Marine Le Pen. Et à ceux qui lui reprochait son incapacité à obtenir une majorité à l'Assemblée Nationale s'il était élu, l'intéressé martelait l'idée d'une "majorité de coalition pour gouverner". 

Depuis cette date, les choses ont quelque peu changé. Le candidat est devenu entre-temps président de la République et surtout, son parti, La République en marche, est en passe de remporter entre 400 et 440 sièges sur 557 à l'issue du premier tour des élections législatives de dimanche dernier. Du jamais vu depuis 1993.

Il serait donc intéressant de connaître, à la lumière des déclarations passées, ce qu'en pense désormais le jeune Président français. Selon certains médias, cette situation se révèlerait quelque peu problématique, à l'intérieur même du mouvement. En effet, avec une telle majorité, difficile pour le parti d'encadrer tant de députés, d'autant que la plupart sont des néophytes, ce qui compliquent encore plus les nominations aux postes à responsabilités (chef de file du parti à l'Assemblée, Président de la chambre basse, etc).

De cette situation, Les Républicains, la France Insoumise, le Parti Socialiste et le Front National en font un argument politique à la veille du deuxième tour. Par peur d'une "hégémonie politique" et pour un débat parlementaire "démocratique et pluraliste". Ces mêmes partis ne s'en souciaient pourtant guère jusqu'à présent...



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