samedi 13 mai - par REMY Ronald

R.E.M., simple canot de sauvetage électoral d’une partie du PS ! Mais est-ce l’intérêt de Macron ?

Le député socialiste sortant du Finistère Richard Ferrand, bras droit d’Emmanuel Macron, a revendiqué face à la presse « un processus de sélection d'une rigueur et d'une impartialité, jamais vu sous la Ve république », avec plus de 19 000 dossiers de candidature traités par En Marche. Ce travail de sélection, a représenté « un travail de titan », avait-il souligné. Chers internautes, je vous propose d’aller voir de plus près et de vérifier cette assertion de rigueur et de partialité puis d’essayer d’en déduire les éventuelles conséquences positives ou négatives sur le plan politique.

Une rigueur théorique car n’ayant pas empêché 7 ou 8 jolis « couac » répercutés par la presse : 

Dont François Pupponi PS et Stéphane Saint-André PRG (qui avaient pourtant refusé tous deux l’investiture REM), Thierry Robert Modem (ayant fait l’objet d’une condamnation), William Tchamaha et Christian Gerin suspendus pour écrits antisionistes, Augustin Augier ONG et Mourad Boudjellal RC Toulon (tous deux n’ayant fait acte d’aucune candidature avec aucun dossier déposé !). Je vous laisse le soin de compléter ces infos avec les liens et les commentaires nécessaires. Richard Ferrand aurait dû relire ou faire relire cette « liste officielle finale », vérifier ou faire vérifier ces dossiers de futurs députés En Marche. Son dogmatisme, sa précipitation et superficialité a médiatiquement entaché d’amateurisme l’ensemble du mouvement et découragé quelques bonnes volontés.

 

Un renouvellement indiscutable.

La moyenne d’âge est de 44 ans, avec des « sortants » très peu nombreux : 24. Certes, uniquement des parlementaires PS et aucune personnalité LR. Là, esprits chagrins, au niveau renouvellement et jeunisme, il n’y rien à reprocher, l’engagement a été tenu. L’avenir dira si cette démagogie assumée de jeunisme sera compatible avec le nécessaire besoin d’un minimum d’expériences politiques pour le bon fonctionnement parlementaire (à moins de n’avoir besoin que de fans et de godillots zombis bien obéissant).

 

Une faible dose d’ouverture :

Peu d’investitures ont été effectivement laissées à l’ensemble des ralliés du centre-droit (évaluation au 12-5-17 : 38 au MoDem, 15 à l’UDI ou ex-UDI, 25 à LR, ex-LR ou divers droite). Certes, le faible nombre de circonscriptions « gagnables » (35 environ) a fait polémique et indisposé les alliés, le Modem et François Bayrou. 79 au grand total sur 577 sièges (soit 14% dont moins de la moitié sont des circonscriptions gagnables), cela ne fait effectivement pas beaucoup.

 

Par rapport à ces deux engagements publics (renouvellement et ouverture au centre droit), Emmanuel Macron a-t-il tenu parole ? On peut dire objectivement OUI puisqu’aucun pourcentage n’avait été officiellement précisé. Rappelons que les ralliements étaient soi-disant « non négociés ». Soit François Bayrou et les quelques autres ont négocié en secret (ce qu’ils affirment), mais l’ont fait sans transparence au niveau de leur Etat-Major et surtout sans traces écrites. Grande imprudence politique. Surtout face an redoutable député PS Richard Ferrand dont la diplomatie carnassière n’a cessé de se confirmer. Soit, ils ont été hypnotisés par les grands yeux du jeune candidat Macron et n’ont rien négocié du tout. Dans ce dernier cas, c’est une imprudence encore plus grande.

En résumé, la liste des candidats République En Marche a fait preuve d’une ouverture très limitée. C’est une liste politiquement homogène et bien verrouillée, représentant en gros le noyau du PS ayant rejoint Macron. 70% des 428 candidats (y compris dans les 50% de la société dite civile) appartiennent en réalité… à la technostructure encartée du Parti Socialiste. La presse prétendue compétente et « libre » n’a jamais repris nos revendications(*) ni interviewé une seule fois les candidats sur de nombreux dossiers importants. Mais peut-être nous donnera-t-elle des informations plus détaillées, plus précises, confirmant ou non ma présente analyse sur les encartages PS. A défaut, les internautes « bouledogues » le feront à leur place, n’est-ce pas ? 

 

Electeur de Macron et continuant à soutenir à le soutenir, j’ai cependant l’honnêteté de reconnaitre que le mouvement En Marche n’a été qu’une scission bien orchestrée d’une partie de l’aile droite du PS. Sous l’épreuve de la commission d’investiture pour les législatives, cette ouverture médiatiquement affichée s’est avérée n’être qu’un camouflage temporaire et très fragile, qui n’a duré que le temps de l’élection présidentielle (ce qui n’est déjà pas si mal). R.E.M. apparait n’être au départ qu’un simple canot de sauvetage électoral d’une fraction de la droite du PS. Mais il n’est pas du tout de l’intérêt d’Emmanuel Macron que cette image d’origine persiste. Il a un besoin urgent d’ouvrir concrètement sa majorité. D’où son obsession dans le choix de son Premier Ministre pour compenser l’actuel et évident déséquilibre généré par Richard Ferrand et son clan.

 

Quelle conséquence politique peut découler, maintenant que ce maquillage ce soit craquelé ? Faisons les comptes ensemble. Cinq grandes formations politiques vont s’affronter (et non pas quatre comme le répètent en boucle des médias pour des raisons que j’ignore) : 

 

France Insoumise.

La gauche d’opposition radicale rassemblée par Jean-Luc Mélenchon avec ce label (plus ou moins commun à cause de l’opposition du PC) a le vent en poupe. Un moral de béton pour avoir obtenu trois fois plus de suffrages que le PS et avoir presque rejoint le score du FN. Ils ont la rage d’avoir loupé d’à peine 2% la qualification pour le deuxième tour. (qu’ils n’aient pas repris notre programme de réforme des banques et du crédit, ni même soutenu le jugement de remboursement du premier lot de 270 communes spoliées par les crédits toxiques demeure un mystère. Leur dogmatisme et surtout leur autisme politique sur ces dossiers leur ont peut-être coûté ces 2% manquants). Hélas, une trop grande dispersion sur le territoire va limiter les gains en sièges.

 

Le Parti Socialiste.

Malgré la mauvaise campagne de Benoit Hamon, les barons qui y demeurent vont chèrement défendre leurs circonscriptions,. Ils y arriveront plus souvent que certains l’affirment, grâce leur propre réseau d’influence et à un appareil local expérimenté globalement intact. Pour défendre leurs bastions respectifs, ils ont même modifié le programme PS de la présidentielle, jugé électoralement « défaillant » et « périlleux » pour se concentrer sur les dossiers strictement locaux (ils n’ont bien sûr aucun intérêt à parler, par exemple, de leurs votes de blocage des jugements ordonnant le remboursement bancaire aux communes spoliées par les prêts toxiques !). Ils vont donc être laminés dans la majeur partie du pays et bien résister dans quelques fiefs qu’il sera intéressant d’observer.

 

République En Marche.

Avec ce label, le courant social-libéral du Parti Socialiste va tenter de confirmer la victoire présidentielle d’Emmanuel Macron. Espérons que les électeurs ne repèreront pas trop les énormes trous d’un programme gruyère qui parait émaner de boites de com dignes de Walt Dysney ou d’Hollywood chewing-gum. Ni ne découvriront trop vite le mode de fonctionnement « très spécifique » de ce nouveau PS bis « ubérisé » (une structure originale et efficace de recrutement avec des référents/parrains successifs, similaire aux systèmes de vente en réseaux pyramidaux). Mais une gestion directoriale très fragile, à vite améliorer, pour éviter les grossières erreurs. (Si l’humanité a inventé les Conseils d’Administration, les directions collégiales, la représentation d’ateliers, d’activités, de sections ainsi que les Assemblées générales ordinaires et extraordinaires, ce n’est pas pour rien. Un seul pied noir dans ce dispositif aurait sécurisé Emmanuel Macron contre la fameuse manipulation dont il a été victime à Alger). Dans la foulée de la présidentielle, une bonne recette de sièges est attendue.

 

Les Républicains.

La droite et le centre ont refusé de rejoindre le « processus sélectif d’intégration » du redouté Richard Ferrand. Vu le résultat, on comprend pourquoi. Sous ce nouveau label largement médiatisé par la primaire, ils comptent bien se refaire une santé électorale, voire remporter une majorité relative à l’Assemblée Nationale. Un objectif possible puisqu’ils sont enfin débarrassés du calamiteux boulet repoussoir François Fillon. Dans cet objectif déterminé de victoire, le programme Républicain a même été spectaculairement raboté de tous les paragraphes trop « anxiogènes »… En terme de sièges, ils seront les seuls vrais concurrents directs de REM.

 

Front National.

Après la surprenante mauvaise prestation télévisée de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron, les troupes locales vont repartir à l’offensive en délaissant les querelles idéologiques sources de divisions (départ de Marion le Pen et ensuite chantage au départ de Florian Philippot) en se concentrant sur leurs « fondamentaux qui percutent bien électoralement » et en édulcorant d’urgence le maximum de propositions jugées trop compliquées ou anxiogènes comme… l’Euro. L’implantation FN, plus concentrée géographiquement que FI, explique le grand nombre de circonscriptions gagnables. Surtout si le « Front Républicain » continue à se lézarder au deuxième tour à coup de votes blancs massifs et de trop nombreuses abstentions (de l’extrême gauche en passant par FI jusqu’à la droite, c’est un phénomène jamais vu depuis 30 ans).

 

Chers lecteurs, vous avez donc bien cinq puissantes écuries dont les forces militantes, au niveau du combat local, sont presque similaires. Ils se détestent et vont s’affronter sans pitié à cette élection législative 2017. On est bien loin de l’union de la gauche du temps du programme commun de Mitterrand ! L’abstention sera très faible au premier tour et… très élevé au deuxième. Comme il suffit d’obtenir 12,5% des inscrits pour demeurer au deuxième tour, cet éclatement radical de l’échiquier politique français et la forte mobilisation du 1er tour va nous donner un grand nombre de triangulaires voire de quadrangulaires. Mon point de vue est qu’au milieu de ce terrible champ de bataille électoral, dans un tel contexte conflictuel exacerbé, les tous petits candidats risquent de se faire ratatiner. Car contrairement aux élections passées, les électeurs iront à l’essentiel en votant utile dès le premier tour.

 

Les cinq prévisions de résultat demeurent difficiles à élaborer à ce jour où les campagnes, souvent très locales, démarrent à peine.

15 à 50 pour le FN ? 

150 à 200 pour la droite et le centre ? 

30 à 80 pour les derniers bastions PS ? 

15 à 25 pour la gauche PC/insoumise ? 

Que restera-t-il pour soutenir notre tout jeune Président de la République ? 200 au minimum ou bien… une vague de plus de 300 députés ?

 

L’expression de mon vote et souhait personnel dans mon précédent article m’a valu une volée de bois vert sur le site Agoravox ainsi que dans ma propre petite association (également pleine de redoutables « bouledogues de la République »). je vous laisse donc à vos stylos et calculettes pour poursuivre cette discussion sur les prédictions crédibles.

 

Je tiens cependant à rajouter que j’estime cette année électorale 2017 à la fois très décevante (pour la scandaleuse non présence d’importants dossiers et de nos propositions) et très passionnante pour le surprenant « dégagisme » politique engendré. Combien de ténors ont été virés ou sanctionnés ? Spectaculaire non ? Combien de députés sortant ne retrouveront pas leur précieux siège ? La moitié ? Les deux tiers ? (Il fallait bien qu’ils payent un jour leurs 20 ou 30 années d’incurie).

 

J’ajoute aussi quelques voeux parmi de nombreux autres déjà exprimés dans mes précédents articles (*) :

=> que le nouveau Président se libère de ses mentors du PS et des banques (un peu comme Poutine) et remette sur les rails sont projet de véritable alliance républicaine pour une majorité présidentielle solide et efficace. On travaille moins bien dans un climat de suspicion, dans une ambiance trop « Ferrandisée », limitant de facto l’action à une fraction du PS (même renouvellée). Et si Emmanuel Macron profite de son expérience professionnelle pour libérer la France et l’Europe des délinquants en col blanc qui mettent en danger l’ensemble du système bancaire et financier, ce serait génial. C’est la motivation première de la persistance de mon soutien malgré les imperfections.

 

=> que la future majorité vote cette fois-ci moins de bêtises. Grâce aux interdictions que nous proposons, qu’elle nous protège des conséquences désastreuses de l’inévitable prochaine grosse crise financière (dite des « produits dérivés ») prévue d’ici un ou deux ans.

 

=> que cette future majorité renouvelée et rajeunie respecte enfin l’avis du Conseil Constitutionnel du 29-12-2013 et rétablisse les trois décisions de justice (8-2-2013, 7-3-2014 et 25-6-2014) ordonnant aux banques de rembourser 18 milliards d’intérêts abusifs à un premier lot de 270 communes spoliées. Notre solution gagnant-gagnant a au moins le mérite d’exister. Le remboursement immédiat comblerait de joie les collectivités territoriales. Le crédit spécial Banque centrale et les autres avantages proposés satisferaient largement les banquiers acceptant spontanément cet accord.

 

=> dans la foulée de cet indispensable et possible remboursement général, la partie non réclamée par certaines communes ainsi que moins de 10% du montant des remboursements récupérés iraient alimenter un fonds de développement pour projets concrets. Dans ce cadre, je souhaite la mise en place des « emplois sociétaux » pour vaincre enfin le chômage (pas de charges sociales pour les emplois sociaux), la relance de la recherche (budget que l’équipe Hollande a divisé par deux), des investissements et des logements sociaux (gros échec du quinquennat précédent). Sans oublier notre souhait de représentation des usagers dans les conseils de l’administration (pour moins de gaspillage et d’injustices).

 

Vous me répondrez sans doute que pour espérer voir de tels vœux se réaliser, encore aurait-il fallu avoir les moyens matériels et financiers d’être candidats (hélas, la totalité de nos 12 candidats à la candidature n’ont pas été retenus par la commission des investitures REM). Ou bien qu’une partie de nos demandes (comme le respect de la chose jugée, le remboursement des collectivités territoriales, etc.) soient reprises par miracle dans les professions de foi de REM et des partis en lice (ce n’était pas le cas pour la totalité des candidats à l’élection présidentielle). Il ne nous reste plus qu’à inspecter avec soin les professions de foi pour la législative et, si besoin, à dénoncer les grosses absences et « anomalies ». Cela semble dérisoire bien que nécessaire. Cet article sera complété avec les interventions successives des uns et des autres, au fil de l’intense actualité politique. Donc à vos plumes ! 



10 réactions


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 13 mai 08:37

    « => que le nouveau Président se libère de ses mentors du PS et des banques (un peu comme Poutine) »


    Allo, allo
    ici la terre
    ici la terre
    votre orbite est en en train de fléchir
    entamez dès maintenant les procédures d’urgence pour revenir sur terre

    allo
    allo

    vous m’entendez ?

    pas de réponse
    merde
    encore un vaisseau de bousillée !

    • hunter hunter 13 mai 15:26

      @Jeussey de Sourcesûre
      Bousillé le vaisseau, un vaisseau, c’est du masculin !

       Merci pour la langue, mais ne vous inquiétez pas, deux quinquennats du banquier, et notre langue rejoindra le sort de l’Araméen !

      Vous pourrez alors vous adonner au globish en toute impunité joyeuse !

      Adishatz

      H/


    • Leonard Leonard 13 mai 18:17

      @Jeussey de Sourcesûre


       Le vais sôt est en marche !

  • Parrhesia Parrhesia 13 mai 09:30
    Encore un article qui s’appuie sur l’expression : « social-libéral » !!!
    Comme si cette expression pouvait signifier autre chose qu’une énorme arnaque de propagande mondialiste, tant le libéralisme est à l’ opposition extrême de toute conception sociale !!!

  • zygzornifle zygzornifle 13 mai 10:11

    Macron n’a pas roulé Bayrou c’est lui qui est venu comme un clébard excité lui uriner sur la jambe jappant comme un chiot devant son maîmaître se délectant à l’avance de son futur susucre....


    Bayrou est le 1er a lui donner son soutient donc c’est le 1er a morfler les autres suivront suivant leur date d’arrivée en macronnerie, Macron a été formé par Hollande c’est normal qu’il utilise les autres comme des pions sur un jeu d’échec ..... Bien fait pour les golzos qui se seront collé a lui et bien fait pour les couillons qui ont veautés pour lui quand il commencera a les démolir dans quelques semaines ....

    • Dom66 Dom66 13 mai 16:27

      @zygzornifle
      J’aime et j"approuve , plusss


    • George1969 George1969 13 mai 18:23

      Bonjour,

      Bhaa, c’est juste du théatre pour occuper l’espace médiatique. 

      Depuis le nombre d’année que Bayerou ese vend au gagnant, je suis sur qu’il s’assure bien d’avoir recu l’argent avant de lécher la chaussure du chef a la TV.

      Mais je vois le mal partout, surement.

      ++


  • hunter hunter 13 mai 15:22

    REM = Rapid Eye Movement : phénomène constaté lors de certaines phases du sommeil humain, en particulier quand le sujet rêve !

    Et la France rêve à pleins tubes, le réveil sera terrible d’ici quelques mois !

    REM : République En Marche : nom de code pour « prise de contrôle d’un pays à titre expérimental, par la puissance bancaire ; en grec moderne, traduire par SYRIZA ! »

    REM : signification réelle : Recyclage, Enfumage et Manipulation !

    Merci à tous mes con-citoyens, d’avoir suivi les médias et d’avoir élu leur candidat, qui est aussi celui des banques, des milieux d’affaire, du gros bossu du MEDEF, et de toute la sphère culturo-mondaine, gavée de subventions publiques !

    Adishatz

    H/


  • zygzornifle zygzornifle 14 mai 10:01

    Ce lundi Macron est reçu par tatie Merkel pour placer son collier étrangleur et comme signe de soumission il va lui offrir la mallette ainsi que les codes de lancement des missiles de la force de dissuasion .... 


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