vendredi 14 octobre 2011 - par Verdi

Retraite à 60 ans : c’est oui pour Aubry et Hollande

Le droit au départ à la retraite à 60 ans sera rétabli, ont affirmé les deux candidats restés en lice pour le second tour de la primaire socialiste. Avec cependant une décote pour ceux qui n’auront pas atteint 41 années de cotisations.

Au cours du débat, ferme, qui a opposé Martine Aubry et François Hollande, sur la télé gouvernementale France 2, mercredi soir, l’un et l’autre ont été amenés à prendre position sur la question qui préoccupe plus de 8 millions de Français, dont près d’1 million qui sont immédiatement touchés par la loi scélérate de Sarkozy-Fillon, votée contre la volonté du peuple pour refiler le juteux marché de l’assurance vieillesse aux assureurs privés.

Hollande : « …on rétablira l’âge légal »

Une loi d’inspiration ultralibérale défiant toute logique comptable, s’appuyant sur des critères spécieux, comme l’allongement, très discutable, de la durée de vie, au mépris de ce qui fait la force du régime de répartition français, lequel repose sur la solidarité intergénérationnelle, un système « humain » mis en place à la Libération, grâce au CNR (Conseil National de la Résistance).

A l’évidence tous les Français concernés, à gauche mais aussi à droite, poussent un soupir de soulagement, même s’il convient d’apporter un bémol aux propositions faites par les deux candidats socialistes. En effet, si le droit est à nouveau inscrit dans la loi, Hollande a toutefois précisé que ceux qui n’auront pas leur nombre de trimestres se verront appliquer une décote.

"La première décision que je prendrai sur cette question des retraites, c’est de permettre à ceux qui ont cotisé 41 années et qui ont 60 ans de partir". Ça veut dire qu’on rétablira l’âge légal. Les salariés qui n’ont pas cumulé 41 annuités pourront partir en retraite à 60 ans, mais ils auront une décote", a-t-il déclaré.

Aubry : « je suis d’accord, mais je vais plus loin »

En total accord avec son rival (et néanmoins pas ennemi), sur le rétablissement de la retraite à 60, Martine Aubry a indiqué que cette décote ne concernerait pas les emplois pénibles qui ne cumuleront pas le nombre d’annuités nécessaires.

"Non seulement je suis d’accord mais je vais plus loin, c’est-à-dire que je pense qu’il faut aussi donner cette possibilité de partir à 60 ans aux salariés qui ont des emplois pénibles", a-t-elle précisé.

S’agissant de la retraite à aux plein, Martine Aubry s’est dite défavorable à la mesure du gouvernement de repousser les droits de 65 à 67 ans : "Je suis pour revenir à 65 ans, et à 60 ans comme une liberté".

Le flou entretenu jusque-là sur cette question cruciale pour des millions de Français semble enfin dissipé. L’engagement pris devant près de 6 millions de téléspectateurs doit à présent d’être tenu.

« Un droit, pas une obligation, mais un droit pour tous »

Ce que ne manqueront pas de rappeler au vainqueur de dimanche soir, et Arnaud Montebourg et Ségolène Royal, tous deux ayant clairement pris position en faveur du retour à 60 ans.

Sans oublier les ténors de la vraie gauche, Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) et la cheffe de file des Ecologistes, Eva Joly, lesquels, s’ils sont associés à un gouvernement socialiste, feront entendre, comme le dit, Gérard Filoche, ancien inspecteur du travail, expert en la matière, que « Le droit légal de prendre sa retraite à 60 ans, c’est un droit, pas une obligation : mais c’est un droit pour tous, pas découpé en rondelles. »

La retraite question majeure pour la primaire, comme pour la présidentielle

Verdi

Jeudi 13 octobre 2011


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