lundi 19 septembre 2011 - par Verdi

Retraite à 60 ans : gare aux candidats qui ne la rétabliront pas

Etrangement sourds sur la question du retour à la retraite à 60 ans, les principaux candidats socialistes font le lit de leur défaite, en négligeant une attente de plus en pressante de la part de la génération des 55 à 60 ans et des autres ! 

Un mépris de la préoccupation majeure de millions de Français qui ont manifesté en 2010, dont Marine Le Pen, favorable à la retraite à 60 ans pourrait tirer avantage !

A huit mois de l’élection présidentielle, sondages et enquêtes d’opinion sont assez nettement favorables à la gauche, laquelle recueille entre 50 à 56% d’intentions de vote (Ifop, pour Paris-Match du 15 septembre) depuis le début de l’année.

Dans les plus récents sondages (Harris Interactive et Ipsos de début septembre) Hollande et Aubry continuent de devancer Sarkozy. Les candidats socialistes auraient toutefois tort de se reposer sur ces éphémères lauriers.

François Hollande en particulier, qui lorgne au centre, est en train de reproduire la même erreur stratégique que Lionel Jospin en 2002, en se démarquant de son électorat naturel. Est-ce la crainte d’apparaître en deçà du sarkozyste Valls, lequel détonne de plus en plus à gauche, avec ses surenchères sécuritaires et budgétaires ?

Il en est des politiciens comme des autres humains, ils sont infiençables. Hollande l’est, comme une grande partie des libéraux du PS, qui ont voté oui au TCE en 2005, contre la majorité des Français. Ce qui est préoccupant, c’est que Hollande reste sensible à la pensée unique libérale, et semble manquer singulièrement d’une vision prospective politique innovante socialement, et surtout ancrée à gauche, qui est supposée être sa famille.

70% des visites concernent la retraite à 60 ans

Une fois n’est pas coutume, les fréquentations du site Vive La Liberté, site personnel, pourtant essentiellement voué à l’archivage et la consultation (il n’a pas été conçu pour une interactivité active), ont attiré l’attention. Les mots clés à propos de la retraite à 60 ans reviennent de façon récurrente.

Au point de constituer aujourd’hui une indication non négligeable, un test modeste, mais néanmoins révélateur, d’un des thèmes qui occupent prioritairement l’esprit des Français ! Ce que les médias aux ordres, parfaitement au courant, se gardent bien de rapporter.

Depuis quatre mois, en effet, près de 70% des visites ont pour motif le retour à la retraite à 60 ans. Elles émanent de toutes les régions de France et leur rythme ne faiblit pas, au contraire ! Elles traduisent l’inquiétude de ne pas entendre, dans la campagne, les présidentiables les plus en vue, à gauche, s’engager à revenir à 60 ans !

Les élus UMP menacés à cause de leur vote pour la retraite à 62 ans

Les Français et Françaises, né(e)s entre 1952 et 1955, sont les tranches d’âge les plus immédiatement touchées par la loi scélérate voulue par le fou de l’Elysée et votée unanimement par les parlementaires UMP et centristes, en novembre 2010.

Un certain nombre de ces élus, confrontés à la réaction hostile de leurs électeurs dans leurs circonscriptions respectives, commencent à s’en mordre les doigts. La sanction des législatives 2012 approche. Elle en inquiète plus d’un…

Ils comprennent -un peu tard- qu’ils se sont probablement imprudemment engagés dans l’impasse idéologique ultralibérale du sarkozysme, dont la casse des retraites par répartition était une mesure emblématique de sa volonté d‘offrir, sur un plateau, le juteux gâteau de l’assurance vieillesse aux assureurs privés.

Beaucoup pourraient s’abstenir à cause du non-retour à la retraite à 60 ans

Sans prise de position claire sur le rétablissement du droit au départ à la retraite dès 60 ans, les candidats, à l’exception, évidemment, de Sarkozy, prennent le risque de voir plusieurs centaines de milliers d’électeurs aller à la pêche au premier comme au second tour. La retraite à 60 ans n’est pas qu’une affaire comptable, comme le sarko-compatible Valls, sur les traces du psychorigide Fillon, veut le faire croire.

C’est avant tout l’affirmation d’un mode de vie respectueux des différents temps de l’existence, dans une société évoluée, ayant intégré un progrès social durable. Pourquoi casser la solidarité intergénérationnelle ?

Pourquoi créer un goulet d’étranglement en forçant les 50/65 ans à rester dans les circuits de l’emploi quand des centaines de milliers de jeunes piétinent à la porte du boulot ? Un non-sens absolu !

Marine Le Pen au second tour, grâce à la retraite à 60 ans 

Ceux des candidats qui prendront le risque de mépriser cette attente pressante, comme cela semble être le cas de Hollande, se verront sanctionner par leur propre base électorale.

Hollande, Aubry, les deux candidats actuellement les mieux placés pour affronter l’agité de l’Elysée seraient bien inspirés de s’engager à abroger la loi de novembre 2010, dès leur élection, et de rétablir, de facto, la retraite à 60 ans.

Faute de quoi, ils pourraient, dix ans après, connaître la mésaventure de leur mentor, éjecté piteusement, dès le premier tour de la présidentielle en 2002, au profit du candidat FN.

D’autant que Marine Le Pen s’est prononcée sans ambigüité pour la retraite à 60 ans, et recueillera, grâce à cet engagement, beaucoup de voix de gens d’essence modeste, découragés par les atermoiements de politiciens, pourtant censés être proches d’eux.

Présidentielle 2012 : qui est pour la retraite à 60 ans

Verdi

Dimanche 18 septembre 2011


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