mercredi 5 octobre 2011 - par jlhuss

« Tout touiller dans le même pot »

Je vais encore être taxé de faire la promotion de Jean-Luc Mélenchon. Ce serait injuste et abusif, mais il faut reconnaître que l’homme sait poser de très bonnes questions.

Dans un entretien sur RMC avec Jean-Jacques Bourdin, le leader du Front de Gauche inscrit au tableau la véritable équation : à la veille du dernier débat entre les prétendants à la primaire socialiste, il demande aux six candidats socialistes de clarifier leurs positions : réponses ce soir ?

« Les socialistes pensent qu’ils peuvent, dans une espèce d’ambiguité complète, avoir à la fois monsieur Bayrou et Jean-Luc Mélenchon dans une coalition » […]les candidats socialistes « doivent absolument éclairer ce point de vue, chacun individuellement. C’est pour que les gens qui vont voter, qui ont un tempérament socialiste j’imagine, votent à la fois pour une personne et pour une stratégie. »[…] « C’est ou l’alliance à gauche, ou l’alliance au centre. Je dis aux candidats qu’ils ne feront pas un front du peuple s’ils s’allient avec quelqu’un comme monsieur Bayrou qui est partisan de la règle d’or, de la TVA sociale, et ainsi de suite. »

On ne peut guère trouver plus clair, ni plus rigoureux dans le raisonnement et l’approche d’une véritable vision de gauche de la société. Il est probable que Mélenchon n’obtiendra pas sa réponse ce soir sur BFM TV. C’est très dommage pour le PS, la gauche et au-delà pour le pays tout entier. Il ne faudra plus s’étonner du désarroi des « indignés » ou tout simplement des citoyens essayant de s’y reconnaître dans une période aussi contrastée et délicate. Car enfin, ergotons sur le « centre-gauche » le « centre-droit », le « centre-centre » ou sur un tout autre point géométrique encore inconnu, mais sous la 5ème République, le centre a toujours été supplétif de la droite. Il fut même vainqueur contre la gauche sous Giscard. Il fut aussi représenté par Lecanuet et Poher, Méhaignerie est à l’UMP. En ce sens Mélenchon a raison de désigner un chat par son nom de chat. Certes François Mitterrand avait, en son temps, habitué les socialistes a des appréciations géomètriquement variables. Ce fut entre autre lors de la composition du gouvernement Rocard avec la fameuse ouverture dont bénéficiera Jean-Pierre Soisson, centriste s’il en est. Pour autant l’époque était différente et la majorité présidentielle Mitterrandienne très restreinte.

Pourquoi alors cette impossibilité du PS à se situer plus clairement ? Tout simplement parce que ce parti semble ne plus croire vraiment à ce qui faisait sa spécificité. La construction européenne indigne à laquelle il a activement participé (et spécifiquement François Hollande) en est pour une grande part responsable. Seul Montebourg, avec difficulté, arrive à se sortir de ce piège et il ne gagnera pas la primaire.

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