Cela doit être ça, le miracle de Noël : j’ai entendu hier pour la dixième année consécutive la phrase que n’importe quel chrétien s’est un jour vu asséner : « c’est bientôt le 25 décembre, pourquoi ne crois-tu pas plutôt pas au père Noël, au moins lui il t’a déjà apporté des cadeaux ! ». Si vous discutez avec un ami anglo-saxon, il préfèrera peut-être vous offrir un plat de pâtes, avec une terrifiante garniture d’extraterrestres : c’est le flying spaghetti monster, l’équivalent de Dieu pour un athée. Alors oui, ce doit bien être un miracle car il me semble que la probabilité pour qu’un argument aussi grossier et incohérent soit toujours en vogue dans tous les milieux, même les plus diplômés, est incroyablement faible. Mais c’est vrai que tout fout le camp. On ne s’en rend pas bien compte depuis la France, puisque les oreilles du Français un peu plus que moyen ne reçoivent – au mieux – que France Culture ou puisqu’une université populaire n’aborde l’histoire des idées qu’avec les lunettes du dernier opus de Michel Onfray, c’est dire.
En fait, contrairement au discours traditionnellement répandu, les avancées en philosophie analytique montrent que la science n’est pas en conflit avec la religion : bien au contraire, c’est le fait de penser qu’il est impossible qu’une intervention divine soit jamais intervenue sur terre qui est en profond conflit avec la science. C’est ce que met en lumière Plantinga dans son livre qui vient de paraître il y a quelques jours chez Oxford University Press [2].
Ce tournant majeur qui est en train de se produire dans l’histoire de la pensée a des répercussions immenses dans tous les domaines de la connaissance. L’impact le plus remarquable a certainement lieu en histoire. Les spécialistes de l’histoire du christianisme antique se retrouvent incapables de justifier leur refus d’étudier la probabilité des miracles dans le Nouveau Testament. Une attitude neutre à l’endroit des miracles leur imposerait de les examiner à l’aune du critère de la meilleure explication possible. Ils ne le font que rarement.
Et quand ils s’attellent à cette tâche en ce qui concerne la première de toutes les affirmations miraculeuses, la Résurrection de Jésus, celle-ci n’apparaît pas ridicule, loin de là [3]. Aux Etats-Unis, cette révolution est en marche : l’argument contre les miracles qui datait du XVIIIème siècle a explosé en vol depuis les années 2000 lorsqu’il a été confronté avec la rigueur des analyses bayésiennes. Et un historien du Nouveau Testament vient de publier un livre qui montre, en multipliant les exemples, que les revendications miraculeuses foisonnent dans le monde contemporain et que ces témoignages ne peuvent être rejetés au nom d’un ethnocentrisme occidental moderniste refusant a priori les miracles. Il est donc intrigant (voire amusant) de constater la sempiternelle prudence d’une majorité d’historiens. Lorsqu’il a présenté sa toute récente biographie de Jésus [4] lors du dernier numéro de La grande librairie sur France 5, Jean-Christian Petitfils a réaffirmé le point de vue traditionnel : l’historien doit s’effacer devant les prétentions au miracle et ne pas donner son avis, alors même que Petitfils a de façon tout à fait pertinente et audacieuse examiné et jugé authentiques trois reliques de la Passion, dont le fameux suaire de Turin. En bonne logique, l’historien ne doit pas s’effacer mais s’imposer. L’historien doit sans cesse questionner les revendications de miracle, comme l’y invite par ailleurs subrepticement saint Paul dans sa première épître aux Corinthiens (15, 6) ou bien sûr le célèbre récit mettant en scène le doute de saint Thomas. Et cela plus que jamais. Les sciences humaines et physiques ont tout à y gagner : elles permettent de prouver que le Père Noël n’a jamais existé dans le monde réel, et que la Résurrection est sûrement l’explication historique la plus probable de toutes celles qui ont jamais été avancées.
C’est ainsi qu’aujourd’hui il n’y a plus aucune excuse : lorsque la raison conduit au miracle, il ne faut pas éconduire la raison. Admettons, quoi qu’il nous en coûte, le miracle de la raison.
[1] Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ?, Ithaque, 2009.
[2] Alvin Plantiga, Where the Conflict Really Lies : Science, Religion and Naturalism, Oxford University Press, 2011.
[3] Michael Licona, The Resurrection of Jesus : A New Historiographical Approach, IVP Academic, 2010.
[4] Jean-Christian Petitfils, Jésus, Fayard, 2011.
Bonjour
Vive Epicure, il a tout dit !
Radix
Je ne suis pas du tout convaincu. Je pense au contraire que tous ces philosophes et scientifiques qui espèrent dresser un pont entre science et religion se trompent. Ils ne comprennent pas que la religion est du domaine du spirituel, donc inaccessible aux méthodes d’étude empiriques. La religion aussi doit renouer avec l’approche spirituelle plutôt qu’avec la défense du sens littéral des Ecritures. En faisant ainsi elle a trop prêté le flanc aux attaques de l’agnosticisme et de l’athéisme, qui sont justifiées du point de vue du domaine où elle était descendue. La religion, entendue dans le sens de l’expérience spirituelle, est inattaquable par quelque science ou quelque raisonnement que ce soit, car elle ne se situe tout simplement pas dans le même plan.
Si vous voulez lire un philosophe du XXème siècle intéressant, lisez Henry Corbin.
Transcendance (père), Immanence (fils) sont UN (fusion -ou "esprit saint"-) : Trinité de l’ UN, l’ ETRE, inévitable puisque le néant est par sa nature-même impossible.
N’ ayons pas peur du mot DIEU qui représente "Ce qui EST" (... impossible néant), rien n’ est plus simple !
"Comment la religion et la science pourraient-elles se concilier ?
- A la nouvelle lumière, on reconnaitra qu’ elles sont UN.
UN, comme la mélodie et le rythme, inséparables.
Chaque membre du grand orchestre joue séparément.
Mais la symphonie est UNE.
Une fois c’ est le violon qui conduit,
une autre fois c’ est le violoncelle.
Une fois, la religion, une autre fois, la science.
Mais aujourd’ hui c’ est le rien !
Car ils ne servent pas, mais chacun veut diriger.
surtout le tambour parce qu’ il est le plus bruyant.
Le chef d’ orchestre devrait servir l’ esprit de la symphonie.
Mais maintenant il n’ y a même pas de chef d’ orchestre.
La parole est au plus bruyant."
Transcendance (cause des causes), Immanence (Ce qui EST) sont UN...
Mouais.. pas très clair comme texte.. Apparemment faut acheter un bouquin pour comprendre de quoi il s’agit.
a Gollum
oui, avoir une crise de la foi pour un gnostique ne pourrait arriver tout à fait....je suis d’accord.
en revanche une crise de la foi peut très certainement arriver à celui ou celle qui se trouve dans cet étrange volontarisme duquel la foi procède parfois, cet enseignement chrétien de la bonne volonté qui se heurte très vite à la volonté de l’Univers et de Dieu.
En fait, il faut laisser couler les énergies .
La nature a horreur du vide et l’eau vive aussi, elle rempli tout les creux et nos volontés parfois assèchent le cours normal de nos vies.
encore à Gollum
sachons, que nous exprimant ainsi, nous avons le malheur de nous prétendre prétentieux ;-)
car pour certains la foi est assujettissement comme dans d’autres religions du livre enfin des livres...
en revanche une crise de la foi peut très certainement arriver à celui ou celle qui se trouve dans cet étrange volontarisme duquel la foi procède parfois, cet enseignement chrétien de la bonne volonté qui se heurte très vite à la volonté de l’Univers et de Dieu.
Jung aurait dit qu’il n’était pas partisan du tourisme culturel et religieux alors qu’il avait cherché auprès d’autres cultures les confirmations de ses intuitions.
Et donc je pense que nous pouvons trouver dans la vie des Saints et dans les dévotions populaires en Europe des réponses "non-académiquement religieuses" à des préoccupations qui concernent la plupart d’entre-nous.
Bien amicalement Gollum.
Tout à fait d’accord avec vous. On peut en effet trouver chez nous de quoi nourrir son âme : Eckhart, Angelus Silesius, Suso, etc... Il y a l’embarras du choix.
Qui juge la valeur de la raison ? La raison elle même. Qui s’est érigé homo sapiens ? Homo soi même...Les philosophes ont besoin de se renouveler pour vendre. Mais qui n’est pas philosophe comme eux ?
Pour ceux qui voudraient des références supplémentaires, je conseille (en anglais, désolé, il n’y a presque que ça), le livre d’un philosophe incontournable sur ces questions : William Lane Craig, Reasonable Faith, (3ème édition, 2008). Tout simplement la meilleure introduction disponible aujourd’hui.
Mais l’homme et dieu, c’est la même chose...
D’ailleurs je pense que le Christ est vraiment ressuscité. Il n’y a rien d’incongru au fait qu’il ait relevé lui-même, pétant de santé, son propre cadavre. Et on n’est pas obligé d’être chrétien pour affirmer cela. Ca n’aura été ni le premier à le faire, ni le seul. Un grec l’a fait avant lui, ça a aussi été fait en Inde, et en Afrique.
Et ses autres miracles ? Je les trouve très plausibles également, et je ne vois pas pourquoi il serait le seul à en faire. Simon le Magicien passait bien au-dessus du Forum de Rome en volant dans les airs. Et Appolonios de Tyane guérissait les malades.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Apollonios_de_Tyane
Siddharta Sakyamuni a fait des miracles aussi. Et plus récemment, un yogi hindou vient de passer sous surveillance médicale des médecins de l’armée Indienne une dizaine de jours sans manger ni boire ni uriner ni exécrer quoi que ce soit, dans une insolente constance d’état de santé.
"Ces choses, vous les ferez, et de plus grandes encore" — J. C. lui-même. Fortuitement, on l’a oublié - ou on ne l’a pas cru. Je serais lui, j’en serais vexé.
oui mais Simon le Magicien aurait été un imposteur, un génial Majax quoi !
disons que Simon le Magicien nous montre ceci : "Méfies-toi de l’imposteur qui est en toi"
;-)
bref...ne prends pas les vessies pour des lanternes....
ou encore....
une part de nous nous entraîne à un refus de nous même, pour quelque raison obscure propre à chacun de nous....débusque le cet imposteur va vers ce qui est plein pour toi.
Bonjour M. Diederick,
Je suis désolé de devoir vous contredire quant au personnage de Simon le Magicien, mais ce n’est que la tradition catholique qui en a fait un prestidigitateur faussaire, les textes quant à eux le présentent comme un authentique faiseur de miracles et il n’y a aucune ambigüité à ce sujet !
Considérez la façon dont il est mort (il est tombé d’une lévitation de l’ordre de la dizaine de mètres de hauteur, pour un "simple prestidigitateur" il fallait quand même le faire !), et relisez les Actes des Apôtres, puisque je pense que c’est ce document fera autorité chez vous. :-)
Ses débats avec les apôtres Pierre et Paul ne concernaient pas la nature de ses capacités, qu’ils ne déniaient aucunement, mais sa source ; Pierre et Paul lui déniaient toute source divine, qu’ils se réservaient pour eux-mêmes, les faiseurs de miracles disciples du Christ.
Ne lisez pas trop vite les textes ! Et bonne journée :-)
bwaaaa...
Vous parlez extrêmement mal de la philosophie analytique.
Pour ce qui est du conflit science/religion il n’a pas de raison d’être.La science est avant tout une méthode pour trier des énoncés à l’aide de protocoles expérimentaux puis les regrouper dans des paradigmes. La religion est (d’un point de vue cosmologique) un ensemble de croyance sur la création du monde.
Plus simplement : la Science s’intéresse à la question ’comment’, la religion ’pourquoi’.
Bonjour Isga,
Vous oubliez de citer l’incommensurable contribution du Dr Faustroll, dont les lumineuses conclusions mettent tout le monde d’accord : http://fr.wikipedia.org/wiki/Surface_de_Dieu ;-)
énorme, je ne connaissais pas. merci :-))
ça me rappelle un peu cette histoire du centre du cercle des chaussettes perdues de Denett...
http://www.erudit.org/revue/philoso/1995/v22/n2/027328ar.pdf
C’est vrai que la philo analytique mériterait d’être mieux connue en France.
bon, il est tard, mais rapidement :
Concernant votre philosophe fétiche ’Platinga’, comme tous les philosophes, il ne prétend pas s’enfermer dans une approche ou un domaine spécifique de la philosophie. Les questions métaphysiques l’intéressent aussi, et c’est sur ce plan qu’il s’est intéressé à la question de l’existence de Dieu. La question rapport religion/science, elle, appartient classiquement aux problèmes d’ordre sociologique ou historique, et je ne serais pas étonné que cet auteur brillant et ce philosophe professionnel aborde ces questions selon cet axe d’approche.
Il dira notamment concernant l’approche analytique de l’existence de Dieu fait par Gödel :
Mettons que Dieu existe depuis toujours, qu’il soit toujours à regarder son oeuvre, y compris au Jurassique et pendant la Saint Barthélemy.
Et ?
Allons monsieur l’auteur, vous savez très bien que dieu n’existe pas, c’est quoi ce charabia
Comme à dit le très grand philosophe bulgare :
La Science n’a fait que rendre Dieu plus intelligent
comme a.... pas comme à...
"Dieu" que vos sectes a tous sont pitoyables et ridicules , et moi qui croyait l homme un animal doué de raison

il n y a aucun extra terrestre a barbe blanche la haut mon petit , seule l immensité du vide , ca te fais peur hein ??
Pourquoi vouloir a tout prix , ce petit paquet de haine , de mesquinerie , de bêtise , de prétention , de caca ,de sanie , de pipi et de bave ,immortel , c’est d’un ridicule fini
il n y a aucun extra terrestre a barbe blanche la haut mon petit , seule l immensité du vide , ca te fais peur hein ??
Personne ne croit à ça. Même les témoins de Jéhovah, qui suivent l’une des formes de théisme les plus pauvres du monde.
Je m’étonne que personne n’ait réagi sur cette phrase qui m’a fait bondir :
"Depuis un siècle, un des progrès les plus rapides et les plus saisissants dans le domaine de la connaissance se situe en philosophie."
C’est plutôt le contraire qui est vrai : l’une des seules matières du domaine de la connaissance n’ayant pas fait de progrès "rapides et saisissants" depuis un siècle, c’est justement la philosophie. On a bien fait des progrès en philosophie politique et en sociologie, avec quelques auteurs marxistes, les situationnistes. Il y a bien eu les existentialistes. On a certainement fait de gros progrès avec les structuralistes, mais cela ne vaut rien à côté du bond gigantesque effectué en physique, avec la physique quantique, la relativité ; en biologie, avec la génétique, la neurobiologie ; en chimie. L’art également n’a pas été en reste, avec les mouvements futuristes, surréalistes, cubistes, suprématistes. La seule discipline qu’on peut à la limite mettre sur le compte de la philosophie, c’est la psychologie, où on a fait pas mal de progrès également, avec Freud, Lacan, Jung, les constructionistes.
Donc cette phrase a vraiment de quoi étonner.
Si vous êtes étonné c’est sûrement parce que vous n’avez pas beaucoup fréquenté la philosophie analytique et que des noms comme ceux de Flew, Peter van Inwagen, Nozick, par exemple, ne vous disent rien, mais alors rien.
J’avoue que je n’y connais rien en philosophie analytique, mais vous soutenez quand même que les progrès les plus rapides du XXème siècle ont été faits en philosophie et non en physique, chimie, mathématiques, biologie ?
Mais l’ insistance de la mathématique euclidienne dans notre cerveau nous fourvoie, le big bang c’ est du temps qui se met à passer, et il a toujours lieu ; l’ espace euclidien n’ existe pas.
En réalité le cosmos est point holographique qui se voit dans notre cerveau comme un "espace" qui semble grossir (temps qui passe).
Le cosmos et sa cause sont UN : fusion de la transcendance et l’ immanence, alors ne cherchons plus : la finalité est la joie, non les "masturbations intellectuelles".
Point holographique, et l’ Homme est un "point de certitude". Tout "Dieu" en lui, mental désemparé il ne le sait pas (encore). "Etre" est joie d’ être.
C’est simple, j’ai bondi aussi en lisant cela, et puis je n’ai fait que bondir et rebondir, même dans les commentaires.
Il est évident que la philosophie analytique selon l’auteur démontrera par de rigoureux modus ponens comme " si tout ce qui commence à exister a une cause, et si l’univers a commencé à exister, alors l’univers a une cause" que ce progrès est non seulement quantifiable de manière bayesienne (je plains les pauvres statisticiens qui lisent ces mots là dans ce contexte), mais absolu et hors de tout doute, de quoi faire péter le cerveau de Popper.
Non pas parce que Platinga ou Jacques à dit, mais parce qu’il suffit de détester Derrida pour détester tous les français, et puis d’ailleurs leur philosophie elle sent le fromage....
Ah ! Quand on pense qu’il suffit d’une seule ligne de raisonnement pour démontrer que l’univers a une cause et donc que Dieu existe, on se demande ce que foutent tous ces mathématiciens payés à faire de la topologie algébrique, de l’analyse convexe ou du calcul stochastique, sans évidemment parler des logiciens...
Non, voyez vous, je fatigue presque de bondir. Je pense à ces tristes philosophes analytiques qui, parce qu’ils voulaient mettre en avant une certaine modestie, reprendre les choses sérieusement, quitte à avancer lentement, ont commencé par étudier le langage et l’épistémologie. Ceux qui (dans leur tête fort heureusement) poussent des gens sur des voies de tramway pour tâtonner sur la morale doivent se morfondre de honte. Mais est ce parce que certains de leurs collègues s’attaquent déjà avec autant de certitude et de confiance à l’ontologique de Casimir, ou parce qu’à chaque fois qu’on parle d’eux, c’est pour les défendre si mal ou pour interviewer Badiou sur ce qu’il en pense ?
Trêve de plaisanterie :
- ne parlez pas de bayesien. Vous critiquez Derrida, mais vous faites du Kristeva, et vous allez vous prendre un coup de bâton par Bricmont et Sokal.
- votre article ne reprend pas certains codes de la rigueur analytique ou scientifique : commencez par définir votre hypothèse de travail, ce qu’est Dieu. Cela n’a rien d’évident : il pourrait être l’absolu opposé à la contingence du réel, il pourrait être hors espace ou temps,...
- Mettez toujours un peu d’eau dans votre vin, ça donne de l’humilité et évite de braquer les pauvres lecteurs, parlez des opposants : les défenseurs du déterminisme, les gnostiques, les athéistes, les épistémologues sceptiques, les cognitivistes... Ils sont je crois plus nombreux que vos propres troupes (même si j’entends, le nombre n’est pas un argument).
- Arrêtez le fanatisme : ceux qui s’opposent ou veulent discuter poliment de vos idées ne sont pas forcément des ignares en philosophie analytique, quand bien même elle serait la seule valide.
J’arrête, j’ai l’impression de faire une review, je ne devrai pas, et je n’ai pas d’argument d’autorité pour cela. Mais faites attention : avec internet tout va vite, et un article comme celui là va circuler dans le petit milieu de la recherche, et le pire qu’il pourrait lui arriver, c’est de finir en blague à la pause café. Pire pour qui, je vous laisse deviner.
"Depuis un siècle, un des progrès les plus rapides et les plus saisissants dans le domaine de la connaissance se situe en philosophie." (Cazab)
BHL, sort de ce corps !

J’y connais rien en philosophie, l’éducation nationale n’a pas prévu cette matière dans mon cursus technologique, du coup c’est à peine si je comprend ce dont parle l’auteur.
Par contre, pour faire du factuel, j’ai abandonné ado le catholicisme de ma famille parce que je trouvais l’idée de l’existence d’une entité supérieure et toute puissante complétement ridicule à l’époque et franchement, 20 ans plus tard, je le pense toujours.
"On peut dire que les derniers développements de la raison humaine renforcent chaque jour davantage les arguments en faveur de l’hypothèse théiste. Les meilleurs philosophes du monde anglo-saxon démontrent aujourd’hui, par la seule force du raisonnement logique, que non seulement il n’est pas irrationnel de penser que Dieu existe mais que les dernières avancées scientifiques rendent probable son existence"
Ce que vous dites est vrai pour le monde sensible.
Il est possible d’en développer la connaissance par des expériences reproductibles.
En revanche, s’il existe un monde supra-sensible, aucune expérience reproductible ne pourra le révéler, car celui-ci ne se manifestera que de manière extraordinaire.
Ces manifestations extraordinaires, ou miracles, ne pourront être que rapportés par témoignages.
Ensuite, libre à chacun de prendre en compte ou non ces témoignages.
Mais partir du principe qu’ils sont faux n’est pas plus rationnel que partir du principe qu’ils sont vrais.
Bonjour
1) Ceci ne me dit pas en quoi l’hypothèse créationniste serait expérimentalement ou statistiquement plus valide sur un plan probabiliste (laquelle suppose que l’on soit dans un domaine du multiple et non de l’unique cas) et hors toute expérience reproductible, que l’hypothèse physico-chimique ou immanente du monde parfaitement testable directement ou indirectement
1) Vous devriez regarder la conférence sur le fine-tuning pour mieux cerner ce qu’est un argument cosmologique
2) On ne discute pas de la foi mais de la question Dieu existe-t-il ? Cette question est logiquement valide et la philosophie analytique a montré que l’approche kantienne était logiquement invalide. Je me permets de citer la wikipedia anglophone pour aller plus vite :
As with the study of ethics, early analytic philosophy tended to avoid the study of philosophy of religion, largely dismissing (as per the logical positivists view) the subject as part of metaphysics and therefore meaningless. The collapse of logical positivism renewed interest in philosophy of religion, prompting philosophers like William Alston, John Mackie, Alvin Plantinga, Robert Merrihew Adams, Richard Swinburne, and Antony Flew not only to introduce new problems, but to re-open classical topics such as the nature of miracles, theistic arguments, the problem of evil, (see existence of God) the rationality of belief in God, concepts of the nature of God, and many more
Encore une fois de quel Dieu parlez-vous ?
Ma définition de Dieu est tout simplement la définition la plus fréquente chez les théistes : Dieu a une capacité d’action (c’est ce qu’on appelle personnalité), il est omniscient, omnipotent, bienveillant, parfaitement libre, éternel. Il est le créateur de l’univers.
Tellement parfait et bienveillant qu’il a crée ou permis (ce qui revient au même) le monde humain de violence et de domination que vous savez, bref le péché originel et la damnation qui ont prétendument occasionné la chute de l’homme, pourtant innocent au départ, hors du paradis primitif. Il ne pouvait selon vous ne pas le savoir, ni prévoir les conséquences de sa merveilleuse création...
Avez-vous déjà entendu parlé de la défense du libre-arbitre par Alvin Plantinga ?
"Quelle est votre religion qui vous fait croire que les
sciences -et au nom de quelle expérience statistique et probabiliste
significative- seraient plus dépendantes de telle vision métaphysique,
la vôtre, du monde et de la vie ou plutôt que de telle autre ?"
L’ auto-déterminisme, fusion de transcendance et d’ immanence, auto-création (sinon quoi d’ autre ?), le cosmos sa propre cause : je répète "père" cause, "fils" effet : mais fusionnels, C’ est simple ?
La "chute" est la naissance du mental désemparé dans la matière, d’ où l’ ignorance de départ : le "pêché" (le mal n’ existe pas, il n’ existe que l’ ignorance et ses mauvaises conséquences) ; comme il n’ existe pas de ténèbres, pas de particules de ténèbres, mais la lumière EST.
La nouvelle naissance c’ est l’ union du "Ciel" (coeur) et de la "terre" (mental), fécondation de la deuxième par le premier, qui engendre "l’ enfant de lumière" en nous : le "fils de l’ Homme" (ou le fils de Dieu fait Hommes : nous tous) ; ce n’ est guère différent du Bouddhisme qui se refuse à tout propos sur Dieu ou âme, ce qui est moins dangereux sur le conditionnement des cerveaux et fabriquant des "croyants")
Entende qui veut, qui s’ élit à la joie d’ être sans raison qu’ elle même.
Les croyants se fourvoient. Les athées ne saisissent pas. Brûlez ! vous êtes buissons ardents, arbres de vie.
Je vous signale que tous les philosophes ne croient pas au libre-arbitre absolu, à commencer par Platon, Aristote, Spinoza, Leibnitz. Kant en fait une croyance (postulat) moralement nécessaire, mais pas un réalité connaissable. Et pour cause, l’absolu est par nature inconnaissable à moins de se prendre pour Dieu Quant à Nietzsche, Marx et Freud, inutile d’insister...Je vous signale en outre que les églises ont fait la démonstration qu’elles devaient réprimer et se méfier tellement de la liberté individuelle qu’elle n’hésitaient pas à faire usage de la violence physique et morale pour la supprimer. Ce qui est la preuve pratique qu’elles ne l’ont jamais considérée comme absolue, ni même comme une valeur prioritaire à respecter
Je vous conseille de commencer par lire
Il est exact que les croyances sont à bannir, ce qui est vrai est tangible.
Dieu apparait à Moïse sous forme de buisson, ...ardent (Homme nouveau)
Jésus se dit Homme/Dieu (en réalité nous tous), créé dans l’ énergie/matière.
Et à Moïse, Dieu ne dit pas qu’ il est un dieu du cosmos ou un dieu de
l’ humanité, donc un dieu de croyances, produit de la pensée ;
mais "le Dieu d’ Abraham, le Dieu d’ Isaac, ..." un Dieu personnel, intime : MOI (chacun de nous tangibles à nous-même ;
"Je suis Ce qui est", "je suis ...Toi" dit ce Dieu à l’ Homme ancien désemparé.
Il n’ y a pas de mystère de la genèse, Eve est "la Terre", mental qui
donne le fruit de la connaissance (la toute première est celle de
Descartes) à Adam -Homme au sens générique-
La gestation est intérieure (maïeutique), l’ "enfant de lumière" (c’ est
bientôt Noël) nait dans l’ étable délabrée de l’ intériorité, fruit de
la Terre (mental), fécondée par le Ciel (coeur)
La foi ne sert plus, et les croyances abominations.
"Brûlez" ! tangibilité de "MOI" Joyeux Noël !
(le mental seul c’ est aussi le serpent (malin, rusé) qui tourne en rond et n’ aboutit jamais)
Je me refuse de dialoguer plus avant avec qui se dérobe et se cache derrière d’autres qu’il refuse de reprendre explicitement à son compte. Philosopher c’est, selon Kant, "oser penser par soi-même", y compris lorsque l’on pense à partir d’autres qu’il faut s’approprier et assumer selon une démarche critique propre.
Arf .... dire que noel est une invention des romains ... Il est plus juditieux d’appellez ça solcetice d’hivers ...
Même si cette date est importante pour notre planette elle ne l’est pas pour le christianisme ...
Cette date est uttille mais elle met une grosse intérogation sur notre callendrier qui est absurde dans un sens ... (une année solaire fait 52 semaines et un mois lunaire fait 4 semaines , ce qui ferait que nous auriont 13 mois lunaire + 1 jour dans une année solaire et seul les maya avait un tel callendrier (le jour restant etait un jour de sabat annuel) alors pourquoi maudire le 13 ? ) ... pourquoi aussi mettre le dimanche comme dernier jour de la semaine alors qu’il sagit du samedi originellement ?
Le 13 maudit informe peut etre d’un fait : dans la religion greque , prométhé n’etait pas un titan mais le 13eme dieu ... le dieu qui libéra les hommes ...
"Si vous discutez avec un ami anglo-saxon, il préfèrera peut-être vous offrir un plat de pâtes, avec une terrifiante garniture d’extraterrestres : c’est le flying spaghetti monster, l’équivalent de Dieu pour un athée."
Hum non, il ne s’agit pas de l’équivalent d’un dieu pour un athée, il s’agit d’une parodie afin de démontrer l’absurdité d’une telle transcendance.
Par ailleurs, les "philosophes" sont bien gentils, mais ce qu’ils racontent reste une opinion, et non un fait démontré objectivement.
Par ailleurs en ce qui concerne Michael Licona, c’est un chrétien Apologiste Américain. Mouais, il y a sûrement mieux comme source objective. Non ?
:)
Houlàlà, ç’a l’air de fâcher du monde, de parler de Dieu... dont certains qui s’indignent qu’on ose seulement prétendre qu’il soit possible de réfléchir sur la question. Bon moyen de s’en protéger, de la question, cela dit, prétendre soit qu’elle ne se pose pas, soit qu’elle n’a pas de réponse.
Et, encore et toujours, un tir de barrage à coup de l’inusable "impossibilité à réconcilier science et religion", impossibilité que ceux qui l’invoquent posent toujours comme un fait sans jamais l’expliquer, et sans expliciter les termes employés. ("religion", c’est un peu vaste, comme terme, tout de même).
Tout de même, je m’étonne que personne n’ait seulement songé à citer Maritain, Jean Daujat ou Claude Tresmontant.
Sur le plan "union de la raison et de la foi", tout de même, à notre époque, ils demeurent de bons exemples.
Aux philosophes anglais cités, cependant, tout en reconnaissant leur mérite, on reprochera sans doute de s’imaginer pouvoir TOUT régler dans un système explicatif parfait ne laissant aucune zone d’ombre.
Sur la question du mal, notamment, leur tentative de raisonnement finit parfois par ressembler à une quasi justification ou explication du mal - or, il ne me semble pas que le mal soit explicable.
(On remarquer cependant que la réalité du mal utilisée pour nier celle de dieu, comme un intervenant l’a tenté plus haut, a ceci de paradoxal :
puisqu’il y a le mal, alors comment y aurait-il un dieu qui soit le bien en soi, se demande-t-on forcément,
mais, si ce dieu est imaginaire, s’il n’y a rien que l’univers,
que les lois physiques, l’évolution, les forces et les particules,
alors en quoi ce mal serait-il "mal" ?
Dans le postulat d’un monde strictement matérialiste, uniquement expliqué par les seules lois de la matière, le "mal" n’est pas un fait, les phénomènes décrits d’un point de vue physique étant parfaitement neutres moralement,
le seul fait de constater le mal pour l’opposer à l’existence de dieu constituant donc, paradoxalement, la reconnaissance implicite d’un ordre autre que matériel dans l’existence, et donc la transcendance...)
Enfin, tout ça pour dire que tout rejeter en bloc au prétexte qu’on peut citer trois ou quatre noms (comme je l’ai fait moi-même, d’ailleurs),
ne semble pas une attitude très rationnelle ni très scientifique.
La bonne attitude me semblerait plutôt de se dire "chouette, ç’a l’air intéressant, on va aller voir, et on verra ce qu’il convient d’en penser".
Sinon tout le monde se bat à coups de dogmes personnels érigés par lui-même, en pensant faire de la philosophie - c’est rigolo à voir, mais ça n’avance pas à grand chose...
"le seul fait de constater le mal pour l’opposer à l’existence de dieu constituant donc, paradoxalement, la reconnaissance implicite d’un ordre autre que matériel dans l’existence, et donc la transcendance...)"
Ben...non.
C’est un simple défi rhétorique, en se plaçant dans l’optique du "bien" et du "mal" supposé par le christianisme.
Botter en touche en prétendant que les autres admettent implicitement le "bien" et le "mal" si on pose la question, ne résout pas la contradiction, qui est : "Si Machin est bon et Miséricordieux, pour quelles raisons a-t-il permis le mal [sous entendu, le "mal" selon le christianisme] ?"
D’ailleurs, admettons que j’admette qu’il y a un "bien" et un "mal". Ensuite, quelles contorsions métaphysiques (c’est dire la vase dans laquelle on va se retrouver...) allez vous pouvoir me sortir pour concilier votre Bidule Miséricordieux et les souffrances imposées aux hommes par leurs conditions diverses ?
"La bonne attitude me semblerait plutôt de se dire "chouette, ç’a l’air intéressant, on va aller voir, et on verra ce qu’il convient d’en penser"."
En gros pour vous, personne ne sait ce qu’est le christianisme, sauf bien sûr ceux qui ont un avis positif et qui ne posent pas de question.
L’esprit critique et le christianisme ne font pas bon ménage, comme dans toute secte normalement constituée en somme :-))

