vendredi 31 mars - par Laurent Herblay

De NDA, Lambert Wilson, du protectionnisme et du cinéma

Samedi dernier, Nicolas Dupont-Aignan était l’invité de l’émission de Laurent Ruquier. Face au candidat de Debout la France qui soulignait que les ouvriers méritaient aussi un protectionnisme, comme le milieu du cinéma, l’acteur a osé dire que le cinéma n’était pas protégé, mais qu’il bénéficiait de subventions  ! Le pire est qu’il était sans doute sincère, ne voyant même pas ses contradictions.

 

Le protectionnisme pour soi, c’est bien, pour les autres, c’est sale…
 
Lambert Wilson est formidable. Comme peut-il arriver à dire que le cinéma n’est pas protégé, en faisant un distingo effarant avec les subventions ? Les subventions sont bel et bien une forme de protection, puisqu’elles permettent à certains films qui n’auraient pas pu se faire, de se faire, et l’augmentation de la demande de films induite se retrouve aussi dans les salaires de Monsieur Wilson, qui sont en partie le fruit des subventions publics de son industrie. Et ce n’est pas tout, car le protectionnisme pour le cinéma (et la culture en général), ne s’arrête pas aux subventions et prend aussi la forme de quotas de diffusion sur les chaines de télévision, qui soutient la demande de films français.
 
Décidément, le milieu du cinéma est formidable, qui crache sur toute forme de protection sur les flux de biens ou de personnes, confortablement assis derrière les murs que la France a érigé autour de son art (à raison certes) ! C’est ainsi qu’Isabelle Hubert s’en était pris en janvier à Trump en affirmant « n’attendez pas du cinéma qu’il dresse des murs et des frontières  ». Une déclaration bien ridicule de la part d’une profession qui vit à l’abri de murs et des frontières nationales, et qui serait sans doute largement sinistrée s’il n’y avait pas tous les mécanismes de protection actuellement en place. La myopie des acteurs, dont je ne doute pas de la sincérité, est tout de même assez abracadabrantesque !

 

Merci donc à Nicolas Dupont-Aignan de rappeler ce deux poids deux mesures et de mettre les pieds dans le plat face à ces acteurs bien trop ingrats (au point, pour certains, de ne pas forcément payer leurs impôts dans le pays qui les fait pourtant vivre). Et merci également de montrer que le protectionnisme, ce n’est pas l’autarcie, comme le montre justement le cinéma. On peut parfaitement se protéger sans se fermer aux autres ni sans provoquer une fermeture complète des autres pays. En somme, le cinéma montre qu’il est parfaitement possible de mener une politique protectionniste équilibrée et mesurée, qui protège vraiment les emplois en France, sans pour autant se fermer complètement.
 


11 réactions


  • Hecetuye howahkan howahkan 31 mars 09:53

    Salut, en ce moment je me refais tous les vieux Fernandel...on aime ou on aime pas..

    hier soir c’était Crésus...

    L’artiste est l’employé de l’empire comme le sportif pro etc..il a un rôle dans le pouvoir absolu : divertir les masses pour que ce qui est essentiel ne soit pas perçu...

    il dit ce que son maître lui dit de dire..c’est tout...en échange comme les autres esclaves du maître d’un salaire confortable, d’une situation sociale etc

    comprendre l’allégorie du mythe de Faust .........


    • Hecetuye howahkan howahkan 31 mars 09:54

      @howahkan

      Étienne de la Boétie

      Cette ruse des tyrans d’abêtir leurs sujets n’a jamais été plus évidente que dans la conduite de Cyrus envers les Lydiens, après qu’il se fut emparé de leur capitale et qu’il eut pris pour captif Crésus, ce roi si riche. On lui apporta la nouvelle que les habitants de Sardes s’étaient révoltés. Il les eut bientôt réduits à l’obéissance. Mais ne voulant pas saccager une aussi belle ville ni être obligé d’y tenir une armée pour la maîtriser, il s’avisa d’un expédient admirable pour s’en assurer la possession. Il y établit des bordels, des tavernes et des jeux publics, et publia une ordonnance qui obligeait les citoyens à s’y rendre. Il se trouva si bien de cette garnison que, par la suite, il n’eut plus à tirer l’épée contre les Lydiens. Ces misérables s’amusèrent à inventer toutes sortes de jeux si bien que, de leur nom même, les Latins formèrent le mot par lequel ils désignaient ce que nous appelons passe-temps, qu’ils nommaient Ludi, par corruption de Lydi.


  • Hecetuye howahkan howahkan 31 mars 10:38

    .j’ai relu deux livres sur le moyen age récemment....entre autre il y est mention que dans les villages, les villageois eux même organisaient spontanément des petites troupes de théâtres....pour quelques fêtes locales...et par plaisir...par amusement....ceci commence à se remettre en route.. 

    Arriva le siècle de Louis croix bâton V , et la disparation progressive des troupes de villages au profit d’une comédie centrale...Française.......au moyen age un critère était une décentralisation extrême pas spécialement recherchée....il fallait mettre cela à mal...et centraliser tout, y compris les arts.....la comédie inclus..car le plan commençait à se mettre en route..centralisation = totalitarisme..

    le mouvement de fond qui nous mène à aujourd’hui et à la tentative finale d’installation d’un pseudo NOM dont je le rappelle l’installation était prévue lors de la deuxième guerre mondiale commença environ à cette époque ....

    bon etc...là aussi y’ en a pour des heures et là aussi si on cherche avec attention et intérêt..« on » trouve....

    PS : les livres du moyen age sont de Régine Pernoud...normalement les trolls de l’empire devraient réagir à ce nom..

    l’acteur n’est rien de plus que l’équivalent du gladiateur de l’ancien temps, en moins risqué et plus confortable...


  • zygzornifle zygzornifle 31 mars 11:17

    NDA .... ça me rappelle quand il a demandé aux crevards de journalistes de C+ combien ils gagnaient .... Au moins il les a encore qui pendouillent entre ses jambes ......


  • cathy cathy 31 mars 11:19

    Lambert Wilson a malheureusement raison.

    Les agriculteurs vivent de subventions, et ils pourront vous dire qu’ils ne sont absolument pas protégés. 

    • Olivier Perriet Olivier Perriet 31 mars 13:21

      @cathy

      sans doute parce que beaucoup vivent malgré tout assez mal, non ?


    • cathy cathy 31 mars 13:53

      @Olivier Perriet
      Bien sûr que les agriculteurs n’ont pas le cachet de Wilson, mais vivre d’aides n’assurent pas l’indépendance.


    • julius 1ER 31 mars 16:17

      @cathy

      le problème pour les agriculteurs ... c’est la répartition des subventions !!!

      c’est 20% qui reçoivent 80% des subventions
      et 80% qui reçoivent 20% de celles-ci .......

      cela représente un certain déséquilibre qui peut s’expliquer par la prime à l’exportation ...encore une fois il s’agit d’un choix politique !!!!

  • julius 1ER 31 mars 16:20

    il est bien évident qu’il y a différentes formes de protectionnisme et que ce sont souvent les plus protégés qui n’en ont pas conscience ....


    pour une fois Mr Herblay article sobre et pas trop connoté UPR !!!

  • Pere Plexe Pere Plexe 31 mars 20:00

    Non seulement il y a beaucoup de secteurs qui ne sont pas soumis à la concurrence internationale mais le plus troublant est que nombre de partisans du libéralisme et de la mondialisation sont de ceux là...

    Comme le proclame Ruffin si les artistes de ciné ou les journaleux étaient traités comme les salariés lambda le problème serait réglé !

  • Antoine 31 mars 22:28

    Surtout il y a l’incident du micro qui est une vraie mise en scène.


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