La croissance, toujours plus de croissance, le PIB, toutes ces notions nous semblent si familières, qu'au final, pour ce qui est de la croissance, j'ai eu du mal à savoir ce que la notion signifiait. Croissance et pouvoir d'achat, richesse nationale, emploi et chômage, est-ce tout ce qui résume notre société ? Créer des richesses matérielles serait notre seul objectif, quitte à se sacrifier quand on ne rentre plus dans le moule... Inquiétant et digne d'intérêt à la fois, j'ai donc tenté avec les peu de connaissances à ma disposition, étant technicien de formation, de cerner cette notion de croissance, et d'en déduire l'attitude que nous pourrions ou devrions adopter pour éviter de disparaitre sous la loi du marché.
Croissance, richesse, progrès… J’ai essayé de savoir ce qui se cachait derrière le terme de croissance, j’ai trouvé le mot richesse, et à côté de ce dernier, des notions de progrès par exemple.
En fait, sans création de richesse, l’humanité n’avancerait plus, nous retournerions à l’âge de pierre, la décroissance comme une régression. Je me suis alors intéressé au mot « richesse », et j’ai trouvé trois manière de la créer. Plus simplement, qu’est-ce que la richesse pour l’humanité ? La richesse matérielle n’est peut-être pas tout, et plus encore, pas essentielle. Au final, c’est bien de l’humanité et de son destin qu’il s’agit.
Ainsi, je regrouperais les trois facettes de la richesse derrière leur sources :
- L’industrie et l’artisanat : richesse matérielle, confort, santé, sécurité, tout ce qui « habille » l’homme et lui permet de mieux maîtriser son existence physique.
- L’éducation et la recherche : richesse intellectuelle, conscience, tout ce qui élève l’homme et l’éloigne de l’animalité, le cognitif, la Raison, développement nu néo cortex.
- Art et Culture : Richesse spirituelle, sensibilité, spiritualité, tout ce qui touche à cette notion abstraite qu’on appelle « l’âme ». Ce qui reste quand on enlève tout le reste, à la fois une partie animale noble, ou naturelle, libre et sans limite spacio-temporelle.
Bien qu’ayant une forte préférence pour les deux dernières, comment se passer de la première, qui elle-même bénéficie de la seconde, etc. ? Il parait difficile pour des être physiques, et non de purs esprits, de s’affranchir de la création de richesse matérielle, d’extraire les fruits de la terre, qu’il s’agisse de créer de nouvelles choses ou de renouveler l’existant. D’ailleurs, le simple fait de ne plus innover ou améliorer la partie matérielle est-il seulement une démarche naturelle de l’humain ? Ne chercherons-nous pas plus ou moins instinctivement, à améliorer la version précédente ? Surtout, en prenant conscience de notre impact sur la Terre nourricière, la version nouvelle du produit devra être mieux adaptée et sans doute aussi moins polluante. Si nous raisonnons « village planétaire », il faudra que la version 2 soit aussi accessible à bientôt 10 milliards d’être humains, en théorie tous égaux devant le droit d’exister décemment. En fait, et pour conclure sur ce point, nul avancée de l’humanité sans économie de production, et une possible impossibilité de concevoir la notion de dé-croissance.
Avec ce tableau en arrière plan, il m’apparait qu’il est difficile d’imaginer freiner l’économie productive, et qu’il faudrait plutôt la soutenir, mais pas à n’importe quel prix. Cette création de richesse matérielle ne doit pas aliéner l’homme au point de le priver de sa véritable croissance, celle de l’esprit et de l’âme, celle de la Sagesse, de son éloignement de la barbarie et de l’animalité. Nous resterons des animaux dans nos gènes, très certainement, fondamentalement, mais disons, des animaux évolués. Dès lors, quel rôle confier à ceux qui président à la bonne marche de nos sociétés ?
Un rôle de guide, de régulation devrait être le but d’un État moderne. Opposer riches et pauvres, chanceux et malchanceux, intelligents et simples d’esprit est un non-sens. Il s’agirait davantage de faciliter la tâche des créateurs de richesse matérielle tout en restant le garant des droits fondamentaux à l’existence dans la dignité. Montrer le chemin vers la société idéale, celle qui fait le consensus, sachant que nous ne l’atteindrons jamais, mais le refus de s’en approcher pourrait s’apparenter à un crime contre l’Humanité.
Gouverner nos sociétés modernes est une tâche immensément rude et complexe, aussi, la notion même de démocratie risque de devoir évoluer. La participation accrue de l’ensemble de la société à sa gestion me semble arriver comme une étape inévitable et souhaitable.
Quant aux élections présidentielles, je suggère l’élection d’une équipe gouvernante, sur une liste, avec panachage possible comme aux municipales, et non plus d’une seule personne aussi charismatique soit-elle. Il s’agirait de se présenter avec un gouvernement en ordre de marche, quitte à changer quelques têtes que les citoyens auraient refusées, pour celle de a liste adverse qu’ils auraient plébiscitées.
Reste à définir quelle société nous voulons…