mardi 16 mai - par Bernard Dugué

La science et la philosophie entrent dans l’ère de l’information

JPEG En ce mois de mai 2017 bien étrange, Les éditions Iste publient mon essai consacré à la place de l’information dans les sciences de la nature et de la société. Il est délicat pour un auteur de présenter son livre autrement qu’en offrant quelques lignes extraites de l’essai et qui présentent les orientations de ce chemin de pensée couvrant plusieurs domaines. Les chroniqueurs scientifiques du Net peuvent demander un ebook en service de presse en contactant mon éditeur.

Juste un mot sur le cheminement de pensée suivi par l’auteur dont la particularité est d’être écrivain-chercheur. Cette position autorise une pensée libérée des contraintes institutionnelles tout en étant tracée en adoptant le principe de l’université sans condition chère à Derrida ou alors du Collège de France au temps de Foucault et Lévi-Strauss. Ce livre a été écrit pour une bonne part sans plan déterminé. L’édifice conceptuel s’est fait pendant la construction. Notamment les chapitres 3 à 6 où, après quelques incursions dans la philosophie de la différence ontologique entre forme et contenu, je développe une interprétation inédite de la physique avec la distinction entre la dynamique des communications liée au monde quantique et la mécanique des dispositions plus classique et plus ancienne. La conclusion de cet essai, c’est que l’information est l’enjeu du 21ème siècle à l’instar de la technique décrétée enjeu du 20ème siècle par Ellul. Je précise néanmoins que l’information est une notion déterminante dans la compréhension de la nature, la matière, la vie, la conscience ; et ne se réduit pas à l’information au sens vulgaire employée pour parler des choses vues sur les écrans plats et dans les journaux.

Le livre vient d’être traduit en anglais. Il paraîtra dans un mois chez un éditeur associé avec les éditions Iste. Et comme titre, « information and the world stage », en version papier en noir et blanc et en ebook.

Mon prochain livre (260 pages, parution prévue premier trimestre 2018) aura pour titre : « Temps, Emergences et Communications ». Il poursuivra l’exploration des énigmes du cosmos et de la nature en relation avec cette question centrale sur l’information naturelle. La nouvelle philosophie scientifique du 21ème siècle sera ainsi esquissée.


Quelques lignes tirées de l’introduction

Ce modeste essai conçu comme prolégomènes préfigure le développement des nouvelles connaissances amenées à émerger au cours de ce xxie siècle traversé par des crises. Une aurore se dessine, du moins nous l’espérons si nous savons encore nourrir l’espérance. Nous sommes en pleine transition avec la certitude qu’une ère s’achève. C’est l’ère moderne vieille de quatre siècles qui est parvenue au stade terminal, avec ses ultimes réalisations matérielles, ses fictions technologiques et ses impasses.

Cet essai revendique une intention transversale pour sortir des impasses du savoir en esquissant quelques traits d’un prochain paradigme. En ligne de mire, une rupture avec la modernité, un peu comme cette dernière représenta une rupture après l’âge médiéval avec sa scolastique achevée. Le nouveau paradigme tourne autour de l’information. Il engage à la fois la compréhension des sociétés, du vivant et les sciences physiques. La modernité a commencé avec Galilée et Newton. La postmodernité arrive doucement et verra émerger une nouvelle conception scientifique des choses, ce qui suppose de réinterpréter la physique actuelle avec ses réussites fulgurantes, mais aussi ses impasses.

Personne ne comprend la physique quantique. La gravité quantique est dans une impasse alors que la flèche du temps reste énigmatique. Pourtant la physique nous révèle des choses sur l’univers, la matière et l’étendue. C’est cette révélation que je me propose de chercher dans les derniers chapitres avec comme point de départ une méditation sur la masse et la charge. Ce cheminement nous conduira à interpréter la physique quantique et les relativités en faisant émerger la thèse de deux physiques, l’une portant sur les dispositions et l’autre sur les communications.


En résumé, cet essai décliné comme prolégomènes expose trois thèmes centraux dont l’objectif n’est pas de fournir des réponses, mais d’ouvrir des chemins de pensée et de recherche. Le premier acte met l’accent sur cette transition historique conduisant de l’âge des machines, de la mécanique et des techniques à l’âge de l’information, des calculs et des communications. Tous les savoirs sont concernés par la « philosophie de l’information ». Second acte, les « travers » de la communication (dans la société des hommes ou des cellules cancéreuses) nous mettent sur la voie d’une conception du monde post-heideggérienne avec comme thèse centrale la différence ontologique entre la forme et le contenu. Cette thèse universelle s’appliquera à la physique. On se contentera alors d’exposer en trois chapitres quelques évolutions décisives dans une science qui prend ses distances avec la mécanique, tout en mettant l’accent sur la communication et les « informations » naturelles, du quantum au cosmos. Le troisième acte est le plus important ; il explicite la distinction entre deux physiques, l’une qui porte sur les dispositions de la « Matière » et l’autre sur les communications de cette même « Matière ». Ces deux physiques permettent d’introduire la notion de scène universelle. La question du Temps s’articule avec la compréhension de la scène. Cette nouvelle interprétation de la physique accompagne une philosophie de la nature inédite.


Sommaire

1. Présentation du paradigme de l’Information au XXIe siècle

2. La communication influence les « mécanismes » du vivant et de la société

3. Forme, information et contenu

4. Masse, charge, gravité et rayons : distinguer les deux physiques universelles

5. Des objets aux champs, la physique contemporaine réinterprétée et le chemin vers la gravité quantique

6. La physique du XXIe siècle autour des communications et des dispositions


Présentation du livre sur ce lien

https://iste-editions.fr/products/linformation-et-la-scene-du-monde



9 réactions


  • Etbendidon 16 mai 15:58

    INCROYABLE cet article sorti il y a déjà plusieurs heures ne suscite AUCUNE REACTION ?
    Il y a encore 6 mois nous aurions eu au moins une vingtaine de réactions ?
    Ce site citoyen se vide à vitesse grand V
    Est-ce la faute des modérateurs ?
    Bon ben je m’en vais il n’y a vraiment plus rien à partager sur ce site
     smiley


  • scorpion scorpion 16 mai 16:41

    Blessé dans son amour propre le Sieur Dudu supprime les commentaires maintenant ...


     

  • astus astus 16 mai 17:08

    Les moinsseurs et autres critiques ont-ils déjà lu ce livre ou bien sont-ils affectés par des « passions tristes » ? On est en droit de se poser la question. Personnellement je vais essayer de le lire sans a priori.


  • L'enfoiré L’enfoiré 16 mai 17:27
    Bonjour Bernard,

    Je suis synchro à ce que vous dites.
    Le titre d’un bouquin que je donnerais serait plutôt « Quand la philosophie rencontre la psychologie »
    C’est une toute autre histoire qui se situerait dans les sciences humaines que j’ai effacé dans une autre vie plus « numérique ».
    Ce qui m’est resté, c’est la technique du test des gens qui restent dans l’ombre d’eux-mêmes derrière des pseudos, des manques de précisions sur ce qu’ils sont ou ont été.
    Un autre point qui a transité d’un état sur l’autre est l’humour.
    Cela m’a valu l’envie d’écrire un billet qui disait « L’humour est sujet trop sérieux pour le plier » 
    La philosophie de Platon a ma préférence.

  • L'enfoiré L’enfoiré 16 mai 17:30
    J’oubliais une question : quand allez-vous commencer à écrire un livre de fiction pure dans lequel vous vous exprimeriez par des métaphores ?


    • JC_Lavau JC_Lavau 16 mai 22:17

      @L’enfoiré. Variante : Comment font les fauvistes pour peindre un perroquet ?


    • L'enfoiré L’enfoiré 17 mai 17:07

      @JC_Lavau
       smiley

      Bonne question et belle image en parallèle.
      C’est la même chose qu’écrire mais avec un autre outil dans la main.
      Le fait que Bernard ne répond pas, est très révélateur d’un manque de créativité en dehors de ce qu’il dit et écrit.
      Il se veut expert mais n’a pas assez de recul pour voir les choses en généraliste.
      Un expert l’est tant que l’expertise est nécessaire et que ce qu’il peut apporter à la société ne devienne pas obsolète.
      L’adaptation ne se fait pas à ce qui est nouveau.
      C’est exactement comme tous les pays de la mono-production comme au Venezuela.
      Pour un particulier, il faut être précurseur, avoir de l’avance à l’allumage et pas suiveur quand la concurrence a pris une partie du gâteau..

  • Abou Antoun Abou Antoun 16 mai 20:24

    Les éditions Iste publient mon essai consacré à la place de l’information
    Iste nebulo ?


  • Zip_N Zip_N 29 mai 01:42

    Notre connaissance actuel de L’univers s’apparente à une horloge avec une aiguille manquante pour comprendre son fonctionnement intégral.


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