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« Le bonheur individuel se doit de produire des retombées collectives, faute de quoi, la société n’est qu’un rêve de prédateur. » (Daniel Pennac) : L’évasion fiscale nous coûte 60 milliards par an. De l’argent qui, pour notre économie part en fumée. 
 
''Frédéric Bastiat qui ferraillait contre les protectionnistes de son temps avait pressenti le principe économique de notre modernité néo-libérale, la croissance illimitée, quel qu’en soit le coût : toute activité gratuite, parce qu’elle lèse le secteur marchand correspondant, devra être soit interdite soit taxée à son profit… Les êtres vivants commettent un crime impardonnable : ils se reproduisent et se multiplient gratuitement. Certains en éprouvent même du plaisir. Depuis plus de deux siècles, notre société livre à cette gratuité une guerre longtemps secrète dont la dernière bataille est en cours. '' : Ainsi, la Fonction Publique est au Marché ce que les gaz et huiles de schistes sont aux énergies fossiles : des fonds de tiroirs qu’on n’a pas encore raclés.
 
« Nous sommes sous la domination d’un capitalisme financier, rentier et spéculatif qui provoque des catastrophes un peu partout » (Alain Caillé) : Les crises systémiques sont les baffes que la main invisible administre régulièrement à ses apôtres pour mettre à l'épreuve l'indéfectibilité de leur foi en Elle. Ce capitalisme là est le terreau du Crony capitalism ; les corporations y sont de plus en plus indiscernables des organisations de type maffieux. Les petits porteurs d’actions sont dans la situation des cobayes de l’expérience de Milgram : ils préfèrent ne rien savoir des crimes commis au nom de leur saint profit.
 
«  Quand l'Etat est à la baisse, les féodalités sont à la hausse » (Régis Debray) Les féodalités d'aujourd'hui sont les maffias, les sectes et bien entendu, les multinationales et les très grandes fortunes. Les entreprises n’ont pas vocation à créer le plein emploi. D’ailleurs, emploi est un mot qui n’appartient qu’au monde de l’entreprise. Si durant des moments privilégiés de l’histoire les entreprises ont de fait assuré le plein emploi, il y a belle lurette qu’elle détruisent plus de métiers et de richesses naturelles qu’elles ne créent d’emplois et de richesses matérielles. Pour paraphraser Jean-Pierre Berlan, je dirai : Sérieusement, vous croyez vraiment que Peugeot crée des emplois, Michelin crée des emplois, Aventis crée des emplois ? Bien sûr que non ! Ils produisent des profits. La richesse n’est pas la Richesse, bien au contraire : ainsi, les semenciers s’enrichissent-ils en détruisant la Richesse naturelle que constituent les milliers de variétés de graines appartenant au patrimoine de l‘humanité.
 
La Gauche et la Droite sont respectueuses des valeurs égalité et liberté, mais la Gauche est portée sur la réduction des inégalités - keynésianisme de gauche = redistribution = politiques de la demande - et la droite c'est le contraire - keynésianisme de droite = politiques de l'offre = théorie du ruissellement. Le néolibéralisme qui renie la valeur égalité est de ce fait, à la droite de la droite, c'est-à-dire à l’extrême droite. La fraternité est un rempart contre les communautarismes qui sont la seconde nature du néolibéralisme.
 
La Théorie du ruissellement : «  Laissez nous nous enrichir, nous vous enrichirons ». Cette injonction libérale qui préside tous les imaginaires est l'équivalent du ’’Donnes moi ta montre, je te donnerai l’heure’’ communiste mais mortifère puisque, au contraire du communisme qui ne négligeait aucun travailleur, le libéralisme est en passe de démontrer la justesse de cette prévision d'Hannah Arendt : « Si nous nous obstinons à concevoir notre monde en termes utilitaires, des masses de gens en seront constamment réduites à devenir superflues. Ce n'est pas le travail qui disparait mais l'utilité des travailleurs pour le capital. » Ce n'est pas l'aspiration à l'égalité qui s'oppose à la liberté, c'est le besoin de sécurité. Les riches qui ne voient leurs semblables qu'en terme d'utilité, ont bien compris que seul l'argent leur procure à la fois la sécurité et la liberté indécente dont ils sont avides, c'est pourquoi ils n'en auront jamais assez. Et ceci explique cela : l’évasion fiscale.