Commentaire de Ciriaco
sur Les côtés obscurs de la révolution numérique (2/2)


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Ciriaco Ciriaco 7 mai 2017 12:30

Il y a, en effet, très peu de liberté sans raison économique. Socialement, on retrouve les mêmes clivages : on ne parle jamais que d’où on est. La liberté est celle du moment, de la pulsion en effet. Le temps long disparaît à peu près (peut-être est-il encore un peu présent sur les blogs). En réalité on consomme énormément. Mais il y a un autre aspect, je ne sais pas si ce livre l’aborde : c’est l’inversion spectaculaire. La réalité n’est pas non seulement niée dans le spectacle, cela ne fonctionnerait pas, elle reconstruite facticement. Le numérique est le monde de l’image, à de rares exceptions de l’expérience, qui n’est jamais image.


C’est dans ce contexte que le numérique forme, produit, individualise. J’ai un ami qui interdit à ses gamins le téléphone et internet. Je n’ai jamais vu d’enfants aussi intéressants, aussi rassurants : au lieu de se trouver en manque par le nième cadeau qui fera ersatz à la fonction parentale, ils sont calmes, et les après-midis de vacances, ils prennent un livre sur la mythologie, sur les plantes, lisent des contes. Ils sont autonomes et s’intéressent. De parents séparés pourtant et d’un milieu économique non évident, aucun manque et une politesse touchante.

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