Commentaire de Tom Personne
sur Humanitarisme contre humanisme


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Tom Personne Tom Personne 12 août 21:02
@philippe baron-abrioux
À la lecture des réactions, je regrette de m’être acharné sur C. Herrou que j’aurais du utiliser uniquement comme point de départ. Il est vrai que sa façon d’interpeller le Premier ministre à la télévision (quoi qu’on a pensé de lui) m’avait déjà horripilé. Il a remis ça ensuite en faisant le buzz avec José Bové.

Qui sait ? Peut-être qu’une étude plus approfondie du cas me rendrait le personnage plus sympathique... ou pas. Mais l’individu lui-même n’est qu’une incarnation du sujet qui m’occupe, ce que j’ai nommé pour faire vite, l’anarcho-humanitarisme. J’aurais tout aussi bien pu parler des anarchistes anglais à Calais

L’idée est qu’au lieu de mener des actions humanitaires - ce que j’approuve - et de s’en tenir uniquement à ça, certaines associations instrumentalisent ces actions pour faire avancer leur ordre du jour « no-border ». Comme d’autres que moi n’ont pas manqué de le noter, cela satisfait pleinement les oligarques actionnaires des sociétés multinationales commerciales et financières...

Cette façon d’opérer est malhonnête, car il ne viendrait à l’idée de personne de fréquentable de critiquer l’aide humanitaire. Par contre, si un débat national était lancé, il est extrêmement peu probable que l’abolition de toutes frontières emporterait l’adhésion d’une majorité. C’est donc une façon d’avancer masqué. Peut-être, cela n’est-il même pas complètement conscient, mais cela ne change rien à l’affaire.

Nous nous trouvons dans une situation de pourrissement avancé du politique, et avec la caisse de résonnance des médias, certaines personnes sont présentées comme des héros alors qu’elles œuvrent par ailleurs à instruire le procès permanent de leur propre pays.

Personne ne prétend que la France est un Havre de perfection, mais notre régime demeure un Etat de droit, et je suis de plus en plus interloqué par la façon dont des ONG délégitiment systématiquement les autorités officielles. Je suis aussi de plus en plus concerné par la dérive irrationnelle du discours public qui nous mène à ce que je perçois comme une tyrannie émotionnelle portée par le romantisme politique de militants à la croisée des mondes politique et associatif.

Il est temps de retrouver la raison.

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