Atlas Shrugged, le livre-culte et fleuve d’Ayn Rand, est paru fin 2011 aux éditions Les Belles Lettres. Aux Etats-Unis, il est, depuis les années cinquante, le plus gros tirage de l'édition après la Bible.
Qui est John Galt ? peut-être le fruit le plus pourri de l'Amérique contemporaine. Le personnage principal d'Atlas Shrugged. le roman-culte et fleuve d’Ayn Rand, icône intellectuelle de l’Amérique ultra-conservatrice, est un véritable archétype du rêve américain trahi et retourné. Il est le reflet d’une inculture philosophique navrante, celle de l’auteure et celle de ses millions de lecteurs fanatiques américains.
La philosophie d'Ayn Rand, dite « objectivisme », présente également dans ses nombreux livres et conférences, ne trouverait pas grâce aux yeux d’un bachelier du Vieux continent : formée de quelques bribes indigentes d’Aristote et de Thomas d’Acquin mal digérées, mal comprises, mal lues, et de quelques plagiats inavoués de Nietzche, elle ne prend forme et consistance que par son cynisme et sa brutalité marketing.Son expression achevée est le « fameux » discours de John Galt, sorte de Zarathoustra cocaïnomane, que l’on peut qualifier de plus longue et de plus ennuyeuse leçon de philosophie de l’Histoire.
Comment la résumer ? La raison est tout, l'égoïsme est roi, toute entrave à la liberté de l'égo un scandale. Et puis ? Dans le roman, quelques individus, prédestinés, n'ayant plus d'autre Dieu qu'eux mêmes, s'estimant exploités par la multitude, décident d'organiser leur petite apocalypse et de « stopper le moteur de la société ». La raison de la révolte de Galt, dans cette saga industrielle interminable, est le refus, par la société vulgaire, du Progrès technique et scientifique. Celui-ci est représenté par un matériau révolutionnaire, le « Rearden Metal », capable de bouleverser le système économique établi, ce que les couards ne sauraient accepter. Le Progrès, à ce stade, n'est compris que par une élite, ne doit profiter qu'à une élite. (lire la page Ayn Rand sur Wikipedia, et notamment le résumé des critiques qui lui sont adressées)
Dites qu'une telle vision ne mènerait qu'à une jungle dominée par quelques prédateurs et qu'elle nous ferait retomber rapidement dans la barbarie, et vous serez taxé de « communisme »,voire peut-être accusé d'être « français », ce qui est bien pire, par les nouveaux puritains névrosés du Tea-party.
Car Atlas Shrugged n'est pas une dystopie, une vision de cauchemar qui pousse à réagir comme 1984, Fahrenheit 451 ou Le meilleur des mondes. Non, c'est un idéal de vie, qui a fait fantasmer des millions d'américains, persuadés d'être du camp des Saints, des prédestinés. Le parasite, c'est toujours l'autre. Car telle est l'astuce commerciale d'Ayn Strand, et telle est la clé d'un succès phénoménal : faire croire au moindre cow-boy analphabète qu’il est un être supérieur, exploité par plus ratés que lui. Atlas, brûlot matérialiste paru en 1957, serait le livre le plus vendu dans toute l'histoire de la pieuse Amérique, après la Bible. Faire plus d’argent avec la haine de Dieu qu’avec Dieu lui-même n’est qu’un paradoxe apparent, aux Etats-Unis, puisque depuis longtemps c’est l’argent lui-même qui a pris la place de Dieu.
Atlas est presque inconnu en Europe, et n'a été traduit officiellement en français qu'en 2011 aux Editions des Belles Lettres, ce qui en dit long sur le gouffre qui sépare les deux pans de la civilisation occidentale, en dépit de la mondialisation et d'Internet. Ce livre est donc un révélateur parfait de l'état de la société et de la culture outre-Atlantique.
Aujourd'hui, dans l'Amérique en proie à ses propres sorcières et ses fantômes originels, la philosophie « objectiviste » d'Ayn Rand, suivant une pente assez voisine de celle de la scientologie de Ron Hubbard, tourne à la secte organisée et rentabilisée (voir par exemple le site du "Ayn Rand Institute"). Sa pénétration dans les sphères politiques, économiques et universitaires n'est plus à démontrer (en dépit des réactions consternées des véritables intellectuels américains). Elle peut servir de justification idéologique, par exemple, à la destruction de l’économie réelle et des classes moyennes par les surdoués de la Finance ultra-spéculative, se persuadant ainsi de mener la juste croisade des forts contre les faibles.
Surtout, bien que née en Russie, Ayn Rand a su rencontré la fibre profonde de l'âme américaine, en la retournant comme un gant. Le terme « going Galt », devenu proverbial, signifie se révolter, au nom de la libre entreprise, contre l'emprise de la bureaucratie et de l'Etat fédéral. Il est le mot d'ordre des ultra-conservateurs qui gagnent du terrain et regrettent que le mormon Romney soit trop "modéré".
America is « going Galt », far away from it's european roots.
Etats-Unis :
Civilian labor force participation rate = taux de participation de la population active.
Quel est le pourcentage de la population des Etats-Unis qui travaille réellement ?
Janvier 1948 : 58,6 %.
Février 1966 : 58,8 %. A partir de février 1966, le chiffre monte, monte, monte.
Juin 1968 : 60 %.
Octobre 1973 : 61 %.
Mars 1977 : 62 %.
Mai 1983 : 63,7 %.
Octobre 1985 : 65 %.
Août 1988 : 66 %.
Janvier 2000 : 67,3 %. Ce chiffre de 67,3 % est un record dans l’histoire des Etats-Unis.
Ce plateau a duré quatre mois : janvier, février, mars et avril 2000.
Ensuite, à partir du mois d’avril 2000, c’est une chute.
Le chiffre baisse, baisse, baisse.
Janvier 2012 : 63,7 %.
Avec ce chiffre de 63,7 %, les Etats-Unis sont redescendus au niveau de mai 1983.
http://data.bls.gov/timeseries/LNS11300000
Sélectionnez les années 1948 et 2012, puis cliquez sur GO.
... un auteur manifestement à la con dont peu d’agoravoxiens auraient entendu parler sans votre article. 
En plus, ce serait du premier degré. De la sorte, les dystopies auxquelles vous faites référence (984, Fahrenheit 451 ou Le meilleur des mondes) ne seraient plus perçus comme des repoussoirs mais au contraire comme des modes d’emploi ou encore "manuels de l’utilisateur".
Vous avez probablement raison de prendre les devants, au vu du fait qu’il y en a bien qui lisent du Hubbard en trouvant cela génial.
Décidément, la Littérature est en souffrance.
Publié aux belles lettres, le truc ? On aura tout vu.
Surtout, bien que née en Russie, Ayn Rand a su rencontré la fibre profonde de l’âme américaine, en la retournant comme un gant.
A quelle heure se fait la relève aujourd’hui "Morice" ?
Dire que j’attaque mollement Ayn Rand est stupide. Vous êtes un extrèmiste comme elle, et vous ne savez pas lire.
Morice extrémiste ?
yep dix minute que le monsieur à croisé Morice et déja un diagnostic parfait !
Vous l’attaquez mollement , je maitiens : dire que c’est un extrémisme que de dénoncer une extrémiste, c’est cautionner cette dernière.
C’est pas complêtement con mais t’a raté un valium en route...
Merci je ne suis pas étonnée, je suis de moins en moins d’accord avec le fait de séparer le peuple américain et ses dirigeants, je résumerais par : qui s’assemble se ressemble.
Je n’y croyais pas trop mais ils l’ont effectivement fait. L’auteur est effectivement publiée aux Belles lettres :
http://www.lesbelleslettres.com/liv...
Décidément, ils osent tout. Il parait que c’est même à cela qu’on les reconnaît. 
Comment la résumer ? La raison est tout, l’égoïsme est roi, toute entrave à la liberté de l’égo un scandale. Et puis ? Dans le roman, quelques individus, prédestinés, n’ayant plus d’autre Dieu qu’eux mêmes, s’estimant exploités par la multitude,
Belle description du monde politique !
conclusion : ne pas acheter ce livre, pour ne pas enrichir cette secte d’ahuris nord américains.
le fond de la question est sans doute et surement ICI
....et un petit tour par ICI aussi pour compléter.
"On" nous prédit une nouvelle révolution industrielle qui a à peine commencé, la révolution des robots super intelligents.
Dès lors, les industries partout dans le monde produiront selon les mêmes modes, les quasi mêmes produits et sans délocaliser pour faire l’économie du coût de la main-d’oeuvre....
Tous le paysage social-productif et politique changera.....
Restera le traitement de la Nature qui ne pourra pas être robotisé, c’est là que se trouve l’espace vide en somme, ou en manque de trop plein.
et hop, ce ne sont pas les USA qui sont en cause mais les chinois
"On" nous prédit une nouvelle révolution industrielle qui a à peine commencé, la révolution des robots super intelligents.
Bonjour, merci pour votre article.
Je tiens juste à contester vos propos selon lesquels ce livre soutiendrait la finance.
Voici une citation qui le montre (traduite par mes soins et dont l’original est en bas du commentaire) :
Les destructeurs s’emparent de l’or pour ne laisser que des piles de papiers contrefaits, tuant tout standard objectif, et livrant l’homme au pouvoir arbitraire de celui qui en fixe la valeur. Le papier est une hypothèque sur une valeur qui n’existe pas, soutenu par des armes pointées vers ceux qui produisent. Le papier est un chèque dessiné par des pilleurs légaux sur un compte qui n’est pas le leur : mais celui de la vertu de leur victime.
Bien que n’ayant pas lu ce livre (comme vous j’ai l’impression), d’après sa description sur wikipédia, je vois que ce livre défend les créateurs de richesses (les inventeurs, les créatifs) et honnit les financiers, qui n’ont de pouvoir que grâce à l’intervention des gouvernements (loi de 1973, article 123 du traité de Lisbonne) sous prétexte du bien de la population (lutte contre l’inflation) qui est exactement le genre de chose décriée dans le livre.
Après moi aussi, je trouve que la non-redistribution totale des richesses pronée par le livre est bien trop extrême.
version originale :
So you think that money is the root of all evil ?... Have you ever asked
what is the root of money ? Money is a tool of exchange, which can’t
exist unless there are goods produced and men able to produce them.
Money is the material shape of the principle that men who wish to deal
with one another must deal by trade and give value for value. Money is
not the tool of the moochers, who claim your product by tears, or the
looters who take it from you by force. Money is made possible only by
the men who produce. Is this what you consider evil ? ... Not an ocean of
tears nor all the guns in the world can transform those pieces of paper
in your wallet into bread you need to survive tomorrow. ... Whenever
destroyers appear among men, they start by destroying money, for money
is men’s protection and the base of a moral existence. Destroyers seize gold and leave its owners a counterfeit pile of paper.
This kills all objective standards and delivers men into the arbitrary
power of an arbitrary setter of values... Paper is a mortgage on wealth
that does not exist, backed by a gun aimed at those who are expected to
produce it. Paper is a check drawn by legal looters upon an account
which is not theirs : upon the virtue of the victims. Watch for the day when it bounces, marked.
Si, je l’ai lu, en anglais, avant de découvrir qu’il était traduit et publié aux Belles lettres (ce qui est une bonne chose selon moi). Bien sûr je ne m’y retrouve pas toujours dans plus de mille pages de la saga industrielle fort ennuyeuse du livre, et j’ai du rater plusieurs pages. Mais il y a beaucoup de contradictions chez Ayn Rand, on y trouve même des passages respectueux des autres et des plus malchanceux. Je ne suis même pas certain de connaître sa véritable intention en écrivant ce livre.Une chose est certaine, dans les millieux de la haute finance, on invoque l’attitude "John Galt" pour justifier des opérations de destruction de l’économie réelle.La finance n’est plus la monnaie, que décrit d’ailleurs de manière absurde Ayn Rand, c’est un outil au service du pouvoir de quelques uns.
Dans ce cas, mes excuses pour mes fausses présomptions.
Néanmoins, je trouve très juste et bien précoce cette critique de la monétarisation citée plus haut.
Si vous dites que dans ce livre, l’inverse est aussi écrit, je veux bien vous croire.
a l’auteur, vous avez tout à fait raison à mon sens, il y a un déséquilibre total entre l’accumulation financière et l’économie réelle. Ce déséquilibre est tel qu’il produit des fantasmes populaires dangereux......De plus, ce déséquilibre sape les idéaux d’émancipation pour tous et la nécessaire répartition entre les classes sociales.
Je ne suis même pas certain de connaître sa véritable intention en écrivant ce livre.
Damned ! I am desmasked.Pour morice, je suis une taupe de l’impérialisme. J’ai quand même dit que John Galt représentait peut-être l’un des fruits les plus pourris de l’Amérique contemporaine.
Je n’aime pas ces gens qui exigent des condamnations totales, qui ne sont jamais satisfaits des condamnations, toujours trop molles. On dirait Torquemada, le Grand Inquisiteur.
"tout ce qui est excessif est insignifiant" (Talleyrand)
Tout à fait d’accord avec l’auteur dans sa critique de l’excès chez Morice qui malheureusement déprécie tellement la valeur de ce qu’il est capable de produire
Merci à membre de l’humanité pour la belle citation de Ayn Rand dont je dois dire que moi aussi je la trouve très juste au final lorsqu’elle évoque les destructeurs de la monnaie et relie les hommes de bonne volonté.
Tout y est dit de la situation actuelle et si Ron Paul avait été inspiré par Ayn Rand, je n’en serais pas étonné car son discours actuel vis-à-vis de la finance est excellent.
La morale de l’histoire est, pour moi, encore une fois, le fait que même le diable peut dire la vérité et qu’on sait qu’on est en enfer quand c’est le cas.
Quoi qu’il en soit, je ne comprends pas que l’auteur dise, dans le contexte de cette citation que Ayn Rand dise des bêtises sur la monnaie. Quelque chose m’échappe.
Enfin, pour revenir à Morice, j’ai toujours été de gauche, même d’ultra ultra gauche puisque lorsqu’en 2008 le benêt de service Olivier Besancenot était incapable d’évoquer une nationalisation des banques qui allait s’effondrer et qu’on aurait ramassé pour 1€ symbolique en récupérant à l’oeil toutes les dettes souveraines qu’on leur doit, eh bien j’étais pour une telle nationalisation et je le reste.
Que les banques s’effondrent, allez go, qu’on nationalise tout ça et que dorénavant, l’argent soit créé par le peuple et rien que le peuple.
C’est pas de gauche ça ? Ron Paul dit la même chose ? La belle affaire.
Changez votre cadre de pensée mon cher ami, il a toujours été surfait, il est à présent désuet.
Pour finir, un grand merci à l’auteur d’avoir attiré mon attention sur cet ouvrage dont j’ignorais tout pour n’être jamais voir de quoi il retournait malgré les références croisées ici et là dans la littérature.
Je précise que l’article m’est apparu sainement distancié de l’oeuvre en question de sorte que personne ne pouvait s’y tromper quand au caractère illusoire en même temps que dangereux des positions fondamentales de Ayn Rand.
Au demeurant on peut toujours compter sur les commentateurs pour en rajouter autant que nécessaire, et même parfois excessivement :-)
"""" une nationalisation des banques qui allait s’effondrer et qu’on aurait ramassé pour 1€ symbolique en récupérant à l’oeil toutes les dettes souveraines qu’on leur doit, eh bien j’étais pour une telle nationalisation et je le reste. """
S’asseoir sur les dettes, de cette manière ou d’une autre, est toujours séduisant. Quel endetté n’en rêverait pas !
C’est un procédé qui peut marcher s’il est ponctuel et s’il reste très marginal dans le courant du respect des dettes.
Mais dès qu’il devient lui-même le courant principal, ce procédé conduit à la famine absolue.
J’évoque le mot famine parce que le principe de l’emprunt est né quelque part dans le secteur agricole où, globalement, surtout quand on élève des séquoias, il faut planter aujourd’hui et patienter 30 ans avant d’avoir un début de retour sur investissement.
Si nous tuons la confiance en généralisant le trait de plume qui annule nos dettes, plus personne ne nous prêtera de quoi préparer les fruits de demain.
Et dans ce jeu de dettes, qui est devenu particulièrement dangereux pour les prêteurs tant il est partout question de leur renvoyer leurs créances à la figure, il nous faut bien réaliser que ce sont celles de plus long terme qui sont les plus risquées.
Si donc le risque des prêteurs augmente, s’ils ont ne serait-ce qu’une impression de risque augmenté parce qu’ils lisent trop d’assertions comme la vôtre, ils viseront à n’accorder que des prêts de court terme. Et de toute manière plus chers
Ce qui fera que les entrepreneurs devront viser des entreprises à retour sur investissement les plus rapides. Ce qui est déjà largement le cas et ce qui, précisément, nous met dans la merde.
Vous ne semblez donc pas réaliser que cette ritournelle que l’on entend beaucoup ces temps-ci, même si elle ne reste qu’informelle, constitue une ambiance très menaçante contre le prêt et incite tous les entrepreneurs à des visions et perspectives à horizon extrêmement limités versant nettement dans le "Après moi le déluge" ou le "Ma pomme d’abord"
Vous seriez un Louis-Ferdinand Céline ou un Howard Hughes en fin de vie et haïssant le futur, je vous dirais que vous prêchez pour votre paroisse.
Sauf à me tromper sur votre compte, vous n’avez pas l’esprit de ces deux aigris. Par cette revendication à décapiter la dette, vous prêchez certes pour votre paroisse sur le très court terme mais contre elle sur le moyen et long terme.
Je ne dis pas qu’il ne faut jamais rediscuter d’une dette avec son prêteur ou protester contre ses abus, loin de là, mais je dis qu’il ne faut pas le prendre pour un salaud à ruiner ou exterminer et qu’il faut toujours rechercher un modus vivendi avec lui.
@ Luc Laurent
"Même le diable peut dire la vérité", c’est exactement cela, et cela s’applique à Ayn Rand plus qu’à tout autre.
Une illustration se trouve dans sa condamnation de la banque. Des gens qui travaillent dans la finance (et qui sont terrifiés de ce qu’ils y voient) m’ont confirmé que la philosophie de Rand inspirait bel et bien des financiers les plus spéculatifs et les plus fous, même si c’est en contradiction de tel ou tel propos de Rand sur la banque. Plus fort que tout est cette idée que vous avez trous les droits contre les "parasites" et les "assistés" de l’économie réelle. La finance n’est plus qu’un outil et une arme pour conforter votre avidité de pouvoir.
Ayn Rand justifie tout et son contraire. Au nom de l’égoisme des prédestinés.
Excellente idée d’avoir fait un article sur le sujet, parce que la grande prêtresse des libertariens mérite d’être lue pour comprendre à quoi l’on a affaire, un racisme social et une pseudo-mythologie du surhomme.
L’inspiration nietzschéenne est à mon avis à éviter, quand bien même on serait simplement soucieux de littérature. De ce fait, un peu de Kant, cela ne peut pas faire de mal. :-))
Le tea party est-il à la finance, ce que la peste est au choléra ?
"En 2004, à la faveur d’une réunion du Fonds monétaire international (FMI), le conseiller économique de M. Vladimir Poutine, M. Andreï Illarionov, a abordé M. Alan Greenspan, alors président de la Réserve fédérale américaine (Fed), se réjouissant de pouvoir s’entretenir avec lui d’une femme que tous deux admirent et que M. Greenspan a longtemps côtoyée : Ayn Rand ."
A lire dans cet article de François Flahaut publié en août dans LMD :
Ayn Rand, romancière fétiche de la droite américaine, Ni dieu, ni maître, ni impôts
extrait : "Très populaire aux Etats-Unis et vénérée par Ronald Reagan, la philosophe et romancière Ayn Rand (1905-1982) met en scène dans ses œuvres de fiction des héros solitaires en butte au conformisme borné de leurs semblables. Un tel éloge du créateur incompris permet d’accréditer la vision d’un individu existant en dehors de tout lien, ne trouvant son salut qu’en lui-même et ne devant rien à personne. Et puis, la célébration du génie prométhéen déboucha sur celle du moins d’Etat et des paradis fiscaux...
...
... John Galt, (qui) manque à l’appel, lui aussi. Une disparition d’autant
plus surprenante qu’il laisse derrière lui, inachevée et inexploitée,
une invention révolutionnaire, un moteur qui s’alimente à une source
inépuisable, omniprésente et gratuite : l’électricité statique contenue
dans l’atmosphère. "
Bizarre bizarre, cette histoire d’électricité statique : cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ?
Citations :
« l’altruisme, est la position éthique la plus immorale qui soit. L’altruisme conçoit l’individu comme une bête sacrificielle, n’ayant aucune valeur en soi. L’altruisme est en fait un collectivisme : un principe d’organisation sociale niant la liberté et l’indépendance individuelle. » (Ayn Rand) Tea party Tax enough already
"Robinson fonde son être sur le rapport aux choses, et non sur le rapport aux autres". Même Vendredi est un objet, dans son scénario de vie." (François Flahaut), Ainsi font les pervers et les prédateurs (ce sont les mêmes).
F. Flahaut est l’auteur "Robinson Crusoé, capitalisme et société, publié aux Editions ds mille et une nuits.
Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une affaire qui ne sent pas bon. Pervers et manipulateurs connaissent une irrésistible ascenscion...
D’autant plus qu’il savent s’adapter, et même éventuellement, lire Nietzsche, qui sait.
Qui sait si, de nos jours, les vrais ermites ne seraient pas en réalité les êtres les plus sociables qui soient, simplement soucieux de se préserver vis à vis de la prédation. C’est juste une question de philosophie au passage. :-))
François Flahaut est l’auteur de "Le paradoxe de Robinson Crusoé, capitalisme et société, publié aux Éditions des Mille et une nuits. (3€ !)
3 euros ?
Bon, vu le prix du bouquin, cela ne vaut pas le coup de faire le radin. Du coup, je vais y jeter un oeil.
Bonne lecture.
:-)
Je suis en train de jeter un oeil sur la fiche Wikipedia et il me semble qu’il s’agit d’une pensée de bonne tenue. Merci pour le partage. :-)
Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une affaire qui ne sent pas bon. Pervers et manipulateurs connaissent une irrésistible ascenscion
Merci pour cette critique.
"À la fin des années 1960 et au début des années 1970, Anton LaVey s’inspira des idées de Ayn Rand et de Aleister Crowley pour écrire la Bible satanique, livre qui rassemblait les thèses de l’église de Satan." Wikipédia
Il faudrait peut-être parler du contexte de la parution de ce livre. Les années 50, en pleine guerre froide, au pic du Mac Carthisme, avec ségréation rampante, etc.
Que les américains y retournent maintenant n’a rien d’étonnant dans un pays vernissé, cocardier, sûr de son droit, belliqueux et affairiste, et moralisateur. Où le citoyen lambda reste ignorant comme une carpe.
De tels torchons ont toujours du succès là-bas.
Il faudrait peut-être parler du contexte de la parution de ce livre. Les années 50, en pleine guerre froide, au pic du Mac Carthisme, avec ségréation rampante, etc.
Bonjour Morice,
je pense que vous faites un contresens dans la traduction de la dernière phrase anglaise. D’après ce que j’y comprend, c’est simplement que les "occupy wall street" sont assimilés à des grévistes et considérés à mots couverts comme des nuisibles.
Pour ce qui est de la haine de l’altruisme de Rand, ça laisse perplexe. Je ne la connais pas assez pour me prononcer, mais ça fait penser à une personne qui a loupé une marche dans son développement psychologique... mais peut-être que des événements l’ont un peu poussé dans l’escalier.
C’est ce que je dénonce souvent avec les xx...ismes (de tous bord et confessions sans exception) : ils créent des contextes intolérants où la souffrance subie génère de nouveaux comportements violents, de génération en génération.
Concernant votre anti-fachisme, je le partage volontiers, et je vous trouve courageux, mais j’ai l’impression que la vérité trop étalée en mode accusatoire ne vous fait pas rassembler beaucoup de supporters.
Le côté viscéral et hypersensible, voire parfois un peu paranoïaque, de votre anti-fachisme, est- peut-être rattaché à des événements personnels ?
Bonne journée, Cdt.
Mais ce livre est très bien, hormis le discours de fin un peu longuet certes.
Pas de quoi s’exciter.
"There are two novels that can change a bookish fourteen-year old’s life :The Lord of the ring and Atlas Shrugged. One is a childish fantasy that often engenders a lifelong obsession with its unbelievable heroes, leading to an emotionally stunted, socially crippled adulthood, unable to deal with the real world. The other, of course, involves orcs".
Merci à wiki qui permet au fainéant que je suis de retrouver cette jolie citation d’un mec bien sous tout rapport (je vous laisserais vérifier).
Ceci étant posé et ayant eu la chance de tomber sur une édition pirate française il y a de cela quelques années (un travail remarquable d’ailleurs) voici ma modeste contribution pas 100% précise mais ce que j’ai retenu du bouquin :
1) les points positifs :
- Mise en valeur de l’usage de la Raison au pays du God Bless America
-Valorisation du scientifique et de l’artisan, du penseur et du travailleur manuel=> J. Galt est l’expression caricaturale de ces vertus puisqu’il est tout aussi bien capable d’inventer un nouveau moyen de production énergétique que de bosser comme simple cheminot et comme métalurgiste (avec la même compétence qu’un ouvrier expérimenté).
- Valorisation de l’entrepreneur qui porte son produit et qui est en lutte face au conservatisme des autres firmes : le patron de l’usine métallurgique qui cherche à faire un meilleur produit parce que c’est ce qui l’intéresse et qu’il y croit et se retrouve en but à l’opposition d’autres firmes que le progrès dérange et cherchent a l’entraver par des moyens juridiques et bureaucratique (toutes similitudes avec des pratiques actuelles n’étant que pures coïncidence).
- valorisation de l’artiste, du "génie incompris" qui a persévéré dans son art malgré le décalage entre ses productions et la "mode"
- l’égoïsme est ici compris comme faire ce qui nous plait, ce qui nous tient à cœur (fabriquer le meilleur acier, faire tourner une compagnie de chemin de fer) avec l’idée qu’in fine la société en bénéficiera (meilleur produit, trains ponctuels). Le profit, la richesse étant vu comme une conséquence logique d’un bon travail et de l’effort réalisé et non pas un but en soi.
- le rejet d’une logique sacrificielle (ou christianisme) : elle refuse les conneries du style "tendre l’autre joue", sacrifier ce qu’on de meilleur pour une reconnaissance post mortem, elle fait une éloge de la vie mais on peut lui faire certain reproche que nous verrons par la suite.
- Et surtout : le fait de valoriser l’individu vs le système : "going John Galt" c’est refuser d’apporter la moindre contribution utile à un système auquel on ne croit plus, de ne pas servir d’alibi, de caution. C’est l’idée que traduit la référence du titre à Atlas et à ce qui se passerait s’il décidait que décidément trop c’est trop et démissionnait. D’ailleurs l’héroïne à un moment du bouquin décide de couper les ponts avec la société : elle s’installe dans une cabane à la campagne qu’elle retape, cultive son jardin... (ça ne vous évoque rien ce genre de rébellion pacifique ?)
2) les points négatifs :
- sur la forme :
=> oh que c’est verbieux, faut s’accrocher pour lire le pavé et au final on est presque trop fatigué pour apprécier le discours de Galt à sa juste valeur.
=> Caricatural et daté : écrit dans un contexte de lutte contre les coco (avec qui elle a eu quelques soucis dans son pays d’origine) elle a poussé à l’extrême la caricature de la nomenklatura et des idées socialistes.
-sur le fond :
=> j’ai rarement croisé des individus ayant la capacité de raisonnement détachée d’émotions des personnages présentés dans le roman et ce qui s’en rapprocherait le plus irl serait probablement un psychopathe (qui lui n’a pas d’émotions pour commencer).
=> le refus du sacrifice ne prend pas (ou peu) en compte les liens d’amour (couple ou famille) et les familles présente dans le roman sont toutes dysfonctionnelles.
=>l’égoisme défendu s’il est poussé à l’extrême sans justement cette capacité à raisonner globalement (planète aux ressources finies par exemple) n’est qu’un individualisme stérile.
=> son texte, s’il peut être utilisé pour défendre les libertés individuelles contre un Etat de plus en plus interventionniste dans la sphère privée, peut être aussi récupéré à des fins socialement nuisible (je pense au monde de la finance dématérialisé, ce qui est amusant quand on connait l’attachement de l’auteur à l’or comme seul vraie monnaie).
=> la dérive quasi sectaire qui est pourtant en négation même de la valorisation de la raison et de l’individu présent dans le bouquin.
Voila ce n’est pas complet, brouillon sans doute mais probablement plus objectif (lulz) sur les point positif du bouquin que ce que j’ai vu dans l’article (et dont le contresens sur le going John Galt m’a initialement fait réagir)
Commentaire interessant a un article interessant.
Ayn Rand a des idees tres dangereuses en effet, mais on ne peut pas vraiment l’attaquer elle pour avoir ete pro-finance, et ce meme si l’elite de la finance mondiale d’aujourd’hui la citent.
C’est le probleme de l’interpretation. Et puis les apotres sont souvent plus virulents et radicaux que les prophetes (et faux prophetes) eux-memes...
Quant a ceux qui citent wikipedia ici, lisez donc BIEN l’article qu’on peut y lire sur Ayn Rand, vous trouverez ceci dans le chapitre ’’Influence sur la societe et sur des personnalites’’ :
’’Jimmy Wales, le fondateur de l’encyclopédie libre Wikipédia, professe son admiration pour Ayn Rand : ayant lu The Fountainhead, il se qualifie lui-même de libertarien : « La catégorie de personnes dans laquelle je peux le mieux me considérer serait celle des libertariens »[135] dit-il’’ .....................................
@ Castor
Je vous rejoins assez sur ce que vous pensez d’une ’opposition brutale artificielle’.
Ne surtout pas confondre anti-imperialisme avise avec anti-americanisme primaire, puisque le second cas joue justement en faveur de l’oligarchie.
J’ai malheureusement constate que sur AV la critique etait souvent aveugle, ce qui a tendance a engloutir celle qui est constructive.
Personnellement, je pense que les theories d’Ayn Rand sont completement irrealisables en pratique et conduiraient forcement vers une sorte de fascisme nouveau, mais cela ne doit pas occulter ce pourquoi ces theories sont seduisantes, ni meme la discussion sur certaines de ses idees interessantes...
Oui, oui, oui, j’ai été très troublé d’apprendre que le fondateur de Wikipedia se revendiquait d’Ayn Rand. Je ne sais pas comment l’interpréter. Il me semble que la démarche de Wikipedia à la quelle je participe modestement, est l’exact opposé d’une "grève" des élites intellectuelles, contre les masses, puisqu’il s’agit au contraire d’une oeuvre altruiste, de partage de la connaissance au profit de tous.
J’interviens encore une fois (quitte à passer pour le chieur de service) mais il me semble que votre prisme d’interprétation du monde déforme les écrits de Rand.
Cette fameuse grève n’est pas le fait d’une coterie d’intellectuel se revendiquant d’une élite (ou d’une avant garde
encore qu’il impulse le mouvement ) mais une vague de fond qui va toucher tous les actifs compétents ayant l’amour de ce qu’il font et ce qu’ils soient scientifique, cheminot, patron d’entreprise.
Tous sont dégoutés par un système qui entend les pressurer pour que le reste de la société (et particulièrement une petite nomenklatura dans les petits papiers de la bureaucratie) en profite.
Tous ne vont pas accéder à ce petit ilot de tranquillité qu’est le repaire de Galt mais ils vont se fondre dans la masse des médiocres, retourner cultiver leur jardin bref cesser eux aussi d’exercer leur activité au mieux de leurs capacités.
Le reste de la société est :
- victime de la propagande et notamment des ravages que l’idée d’égalité à la toise (comprendre couper les têtes qui dépassent) a fait dans le systeme éducatif. Le réveil est brutal pour certain (cf suicide de la jeune fille entreprenante)
- une bande de parasite que les mérites personnels des "héros randien" renvoient à leur propre vacuité et à leur incapacité à contribuer utilement à la société (cf le frere de Rearden).
- quelque collabos "caution" du système (cf le fameux professeur qui eu trois étudiants brillants).
Enfin (in cauda venenum) je trouve presque touchant votre "trouble" concernant le fondateur de Wikipédia car quiconque se revendique ne serait ce qu’en partie libertarien aura nécessairement une certaine forme d’admiration pour l’oeuvre de Rand (ce qui ne veut pas dire un aveuglement face aux lacunes inhérentes à sa vision du monde) que ce soit pour son exaltation de la liberté et de la responsabilité personnelle (que généralement on n’oublie), sa description d’un individu visionnaire et entreprenant affrontant les conservatismes ou une bureaucratie kafkaïenne, la place accordée à la Raison qui permet de voir le monde tel qu’il est mais aussi de le transformer en ce qu’il pourrait être.
On dit qu’il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir mais examinez un peu le fonctionnement de wikipédia à travers un "prisme randien" et vous verrez des individus passionnés par tel ou tel sujet et souhaitant que cette passion qui les anime porte ses fruits en société, ce qu’ils tentent d’atteindre en partageant leurs expertises plutôt que de les conserver jalousement => tout comme Rearden souhaitait avant tout voir les applications pratiques et quotidiennes (dans le chemin de fer, la construction) de son fameux métal.
Mon conseil (oui je fais du coaching perso
) : Quand vous commencerez à voir le monde qui vous entoure en nuances de gris et non plus en noir et blanc rappelez vous tout de même que le but ultime c’est d’arriver à voir en couleur et à apprécier les paysages pour ce qu’ils sont.
Je ne suis toujours pas assez intelligent , malgré vos précieux conseils, pour comprendre en quoi et pour quoi on devrait regarder Wikipedia avec le prisme randien. Philosophiquement ce prisme est d’abord d’une terrible pauvreté et ne fait que plagier Nietszche, sans le génie poétique.
Mais il est temps d’avouer mon crime, qui fera sans doute de moi la risée de tous les surhommes d’Agoravox : je suis chrétien ! Rand me fait horreur, dans la mesure où elle n’est pas simplement une romancière (en ce cas tout lui serait permis) mais une maitresse à penser et que n’importe qui peut se croire "victime des bureaucrates" pour justifier son propre égoisme.
Chrétien.....je comprends mieux et ne chercherais plus à vous montrer par la raison ce que je considérais comme une erreur de compréhension de votre part du texte mais m’apparait désormais comme une manipulation partisane ou un aveuglement volontaire.
Puisqu’en votre for intérieur la messe est dite, il ne me reste plus qu’à tirer ma révérence.
ps : des surhommes sur Agoravox ? http://lmgtfy.com/?q=you+must+be+ne...
Brisons là, Monsieur, puisque vous êtes plus fanatiquement anti chrétien qu’Ayn Rand elle même, qui mettait Saint Thomas dans les trois philosophes majeurs (avec Aristotes et elle même) de l’Histoire...
article intéressant
@ l’auteur
Je ne connais pas cet auteur et je ne parlerai donc que ce ceci
""""" Faire plus d’argent avec la haine de Dieu qu’avec Dieu lui-même n’est qu’un paradoxe apparent, aux Etats-Unis, puisque depuis longtemps c’est l’argent lui-même qui a pris la place de Dieu."""""
Plus poncif tu meurs.
Ce n’est pas exactement l’argent que les gens visent mais l’impression de temps qu’il semble offrir
En dépit de son apparence, le slogan " Time is money " veut surtout dire "Money is time"
Dieu c’est fondamentalement du temps, de l’éternité.
L’Eternel
Une Ford T permettait de parcourir plus vite le chemin de sa maison au travail. Acheter une voiture signifiait gagner du temps. Argent, voiture, télégraphe, téléphone, nous ont donc semblé offrir plus de temps. Et notre unique problème n’est au fond que de souffrir d’une vie trop courte (d’autant qu’il existe des plantes et bestioles plus éternelles que nous).
Nous ne courons pas après l’argent mais après des fractions d’éternité que semblent nous offrir certaines vacances insolentes au regard du lot commun des mortels. Et l’argent n’est que le moyen de se les procurer.
Non,ce n’est pas un poncif.
On oublie que dans la vision calviniste, la réussite matérielle, c’est la "certitudo salutis".Dieu accord e les biens de ce monde à ceux qu’il veut sauver dans l’autre.
Comme le montre Max Weber, une telle conception est très efficace, si on la compare à la conception catholique, par exemple.
Au cours des siècles, la réussite matérielle prend peu à peu la place de Dieu, au lieu de témoigner de la grâce de Dieu.
Il est tout de même paradoxal que dans l’Amérique très religieuse, un livre athée ait eu un succès aussi phénoménal.
L’explication est dans la théologie calviniste.

