lundi 23 janvier - par pirate

Apocalypse Now - Dieu que la guerre est belle !

«  L'insurgé ne doit pas se limiter à l'exploitation d'une cause unique. A moins qu'il ne dispose d'une cause globale comme l'anticolonialisme, suffisante en elle-même car elle combine les problèmes politiques, sociaux, économiques, raciaux, religieux, et culturels... il a tout a gagné à choisir un assortiment de causes spécialement adapté aux différents groupes composants la société dont il cherche à s'emparer .  » David Galula.

 

Tout a été à peu près dit sur Apocalypse Now, la Palme d’Or de 1979 de Francis Ford Coppola, raconté, notamment son tournage chaotique. A lui seul il a, bien à ses dépens, initié deux genres en soi dans le cinéma américain, le film de guerre du Vietnam et le film de jungle. Du surestimé Platoon, en passant par le très féministe au bon sens du terme, A Armes Egales, du Maitre de Guerre, Rambo à Sniper ou même Prédator, tous vont s’appuyer sur le travail de Coppola qui pourtant lui n’a jamais bénéficié du concours de l’armée américaine ni jamais eu grande presse auprès des états-majors ou de la critique, contrairement à ce qu’on veut se figurer, à commencer par la critique elle-même.

 

Parce que les critiques de cinéma sont rarement des cinéphiles et encore plus rarement des cinéphages, comme par exemple et au contraire le sont les équipes qui se sont succédé à Mad Movie, HK, le Cinéphage ou Starfix. Parce qu’une Palme d’Or c’est le must du snobisme selon leurs vues compassées et qu’aujourd’hui et depuis le Parrain, Coppola est devenu, au même titre que son ami George Lucas, ce qu’il redoutait devenir : une figure incontournable, un mogul du cinéma. Les critiques encensent le film pour de mauvaises raisons, en n’en faisant un objet intouchable de leur musée du cinéma imaginaire. Et finalement le font aimer pour des motifs cosmétiques. Une cristallisation si vraie que quand Redux sorti, le montage final que Coppola n’avait pas pu présenter à Cannes, et qui était resté dans les oubliettes du fait de la casquette « Palme d’Or Classique Immédiat » l’on pensa unanimement que c’était encore un coup du marketing, alors qu’il éclaire ce film, que j’ai vu personnellement environs 511 fois, d’un nouveau jour et qui a notablement échappé aux médias. On sait donc à peu près tous que c’est une adaptation de la nouvelle de Conrad, Au Cœur des Ténèbres, que le scénario a été écrit par un autre monstre sacré, John Milius, que Martin Sheen a failli mourir, que c’est un film sur la guerre plus que sur le Vietnam, car les deux films sur le Vietnam c’est Voyage au Bout de l’Enfer et Platoon, et dans une moindre mesure Full Metal Jacket. Et donc que le tournage lui-même a été apocalyptique et que, ah oui, Brando était gros. Pas une seule seconde on ne parle par exemple du rôle que Michael Herr a joué dans l’écriture du scénario et des dialogues. Michael Herr, reporter de guerre de contact, notamment ami avec le photographe fou furieux Tim Page dont Hopper s’inspira pour composer son personnage. Michael Herr enfin, auteur de Putain de Guerre, un chef d’œuvres de littérature journalistique, quand la presse sait écrire, et qui raconte donc son Vietnam, cet espèce de trip à l’acide qu’était en réalité cette guerre.

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Oublions un peu le lacrymal, panégyrique et tout à fait surestimé Platoon. Si Voyage au Bout de l’Enfer n’est pas un film sur le Vietnam mais la famille, l’amitié et surtout cette Amérique blanche, prolo, conservatrice qu’on ne met jamais en scène ou en valeurs, Platoon ne l’est pas plus. Platoon c’est le regard complaisant d’un réalisateur complaisant vis-à-vis de sa propre jeunesse et de ses idéaux. C’est le monde visionné par un adolescent séparant bons et méchants par habitude d’intoxication. Les méchants sont des hillbillies alcoolisés et racistes et les gentils des G.I multiethnique et fumeurs de pétards. Et le comble c’est que Stone est allé là-bas. Comme si dans les tranchées ce genre de délimitation avait un sens. Au contraire, tout en faisant le constat et la peinture de la guerre en général, Coppola nous parle de celle-ci en particulier autant comme d’un immense et barbare trip au LSD que d’une guerre coloniale dans toute son acceptation. Car c’est bien à ça que renvoie Redux, non pas à une guerre absolue et à une dénonciation facile de celle-ci mais l’inscrit dans son historicité. Une guerre coloniale fort bien expliquée avec la scène des français. Qu’il s’agisse de décrire ceux-ci comme littéralement des fantômes du passé, de parler de nos défauts, celui de toujours intellectualiser, que de dénoncer l’échec à venir des américains à travers l’expérience française, ce que déjà le monde militaire avait parfaitement perçu à Den Bien Phu, ou de déchirement que cela présente de quitter un pays où on a grandit. Mais le Vietnam c’est aussi une des premières guerres graphiques. Notamment montré ainsi par une presse en roue libre mais également parce que l’époque l’était. Une guerre enfin rock’n roll puisque non seulement c’est le temps où la musique va faire sa révolution, non seulement les conscrits n’ont guère plus de 18 ans dans la majorité des cas, mais la drogue est la nouvelle expérience à la mode. Et Lance le surfeur de s’enfiler un acide alors qu’ils passent le Styx et Willard de décrire son équipage comme des rockers avec un pied dans la tombe. Si les précités critiques et imitateurs du film ont tous retenu que ça se déroulait dans la jungle et qu’il y avait des hélicoptères, personne n’a remarqué que ce film se déroule en réalité en remontant un fleuve sur un navire de patrouille. Or s’il faut y voir évidemment une référence tant à la nouvelle de Conrad qu’à la symbolique même du fleuve et sa remontée, on peut y admettre une référence à une guerre qui fut également une guerre de courants d’eau, d’escarmouche navale (et qui d’ailleurs commença sur ce prétexte), et cela est si vrai que c’est face à la situation géographique particulière du Vietnam, à la fois pays de jungle, de montagne et de rivières que l’armée décida de créer les navy seals. A nouveau le personnage de Kurtz est inspiré en partie d’Anthony Poshepny dit Tony Poe, opérationnel de la CIA en poste au Laos tout comme issu des pages de Conrad. Et si certaines phrases sonnent si vraies, comme la fameuse sentence de Killgore (que l’on pourrait traduire par meurtre sanglant) sur le napalm c’est parce qu’elles le sont. Cette phrase Michael Herr l’a entendu dans la bouche d’un officier. Et John Milius, grand connaisseur de la chose militaire a truffé son scénario de référence de la sorte, comme cet as de pique que Killgore dépose sur les cadavres et qui va devenir l’icône sacré des films sur le Vietnam (alors que ce signe de l’as de pique a surtout été utilisé durant l’opération Phénix entre 69 et 71) et accessoirement un des nombreux pantomime que l’armée va reprendre à son compte, comme ces hélicoptères de combat qui filent sur le couché de soleil des films du Sirpa ou le fait d’aller au front en écoutant du rock. Pour les soldats, au contraire d’être le brulot anti guerre des fantasmes critiques, Apocalypse Now l’iconise, la magnifie et sa morale, celle dispensée par Kurtz très éloignée de ce qu’en conclut les mêmes critiques. Puisque intelligemment, au lieu d’être un film platement pacifiste, Apocalypse Now va montrer à la fois toute l’ambigüité du conflit spécifique mais également défendre finalement l’idée de confier l’exercice à des tueurs plutôt qu’à des enfants ou des généraux moralisateurs. A mesure qu’il remonte le fleuve, à mesure qu’il retourne vers l’état primitif du guerrier, Willard le dit à la fin, à mesure il se détache tant de cette guerre que de l’armée qui l’a envoyé là, et il ne tue plus sur ordre de ses chefs mais en réalité à l’initiative de ce seigneur de guerre dont tous tombent amoureux. Et c’est une des notables différences avec Conrad et son personnage de Marlow chargé de reprendre contact avec Kurtz. Car si le colon est là perçu comme ensauvagé, réduit à sa barbarie et finalement antithèse de ce de quoi il se réclame, la civilisation, et s’il est vécu avec horreur par Marlow, dans le film de Coppola cette perception est réservée à une armée engluée dans les questions politiques et ce n’est pas la négation de la civilisation en soi que va découvrir Willard mais bien sa quintessence.

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On le sait Brando n’aime pas le scénario, la machine hollywoodienne, apprendre ses dialogues, respecter ses engagements. Il débarque sur le tournage si gros que Coppola est obligé de renoncer à certaine scène et certain plan, et au lieu d’enfoncer son travail, parce que le boulot d’un réalisateur consiste à aller avec ses interprètes, Brando va non seulement le magnifier mais ses borborygmes de fond de temple vont contribuer à totalement délivrer le véritable message de ce film qui s’inscrit non seulement dans un point de vue tactique du conflit mais dans une défense et un amour déclaré de la force armée dans la même dynamique que Patton, objet déjà d’un film écrit par Coppola. Au début du film le personnage de Martin Sheen est mandaté pour éliminer un officier rebelle qui aurait tué deux espions alliés, et se comporterait sur le terrain avec la dernière barbarie. Au fil de son voyage c’est à la barbarie civilisée auquel il va avoir à faire, face à un guerrier vietnamien que Willard respecte infiniment plus. Ce guerrier qui hante ses nuits et n’a pas besoin d’un barnum géant pour garder le moral, un peu de viande de rat et du riz froid suffiront, il n’a qu’un seul moyen de rentrer chez lui, la victoire ou la mort, comme le déclare lui-même Willard. Ici Coppola pointe donc du doigt une des raisons de l’échec de cette guerre : la motivation des troupes mais également une Amérique trop gâtée et qui dans Redux va échouer avec des Bunnies dans un no man’s land où le pathétique et la folie font ménage. Assurément pas un discours ni très entendu par la critique ni fort populaire finalement cinq ans après la fin d’une guerre encore jugé comme honteuse. En gros le discours de Coppola c’est celui du belliciste, l’Amérique a échoué parce qu’elle a manqué de courage, de couille pour employer un langage kaki. Et ce que reproche Willard au personnage de Robert Duval, ce n’est pas tant de provoquer un massacre mais de le faire pour des raisons futiles. Car si à mesure qu’il se rapproche de sa proie le chasseur retrouve bien les codes du livre de Conrad, de la sauvagerie et de la décadence, en réalité, comme je le disais plus haut c’est à la quintessence de la civilisation auquel a à faire Willard.

 

Si dans son état la guerre est, comme le dit Jünger, un fait naturel, la guerre dans son exercice, sa discipline, a toujours été l’objet ultime de la sophistication d’une civilisation, tant du point de vue technologique que tactique, philosophique ou stratégique. La guerre comme objet culturel c’est les échecs et le go, les arts martiaux, les théories de Sun Tzu, Musachi, Clausewitz ou de Galula, c’est finalement ici Kurtz, seigneur de guerre ultime récitant des poèmes dans un temple khmer. Un homme par ailleurs au bout du rouleau et qui semble-t-il comptait gagner ce conflit à lui seul. Et ce moins par goût du carnage comme le fait entendre l’armée qu’à bout de toute cette souffrance, qu’avec l’envie de vaincre et d’en finir. D’un côté on découvre avec Willard le récit de Kurtz, un officier décidant d’intégrer les Forces Spéciales à 38 ans, renonçant par la même à une carrière de gradé et retournant au Vietnam. De l’autre à travers l’anecdote que raconte Kurtz, on entend un homme qui admire ses adversaires, capables du pire, en lieu et place d’une armée américaine qui se propose de « conquérir les cœurs » en vaccinant d’un côté les mêmes qu’on va plus tard arroser de napalm. Un homme qui méprise la civilisation ici en ce qu’elle a de plus abjecte et hypocrite, expliquant que l’armée interdisait aux pilotes d’écrire « fuck » sur leurs avions parce que c’est obscène, le tout au milieu même de cette obscénité que le fut le conflit vietnamien. Ce que récuse Coppola ce n’est pas tant le conflit dans l’imagerie de la contre-culture, ni même le fait qu’il y ait des guerres, mais qu’on n’a pas donné aux soldats les moyens de vaincre, et ce pour de mauvaise considérations stratégiques et politiques. Bref le discours récurrent des vétérans, tant dans la fiction que le réel. Finalement, comme l’avait plus ou moins prédit le dossier livré au capitaine, ce n’est pas la rencontre entre un homme et son assassin, un coursier venu collecter les dettes, comme l’appel Brando, mais celle d’un homme et son créateur, d’un admirateur et de son dieu, le Dieu de la guerre qu’est ici donc Kurtz. Et non pas dans sa dimension de grand génocidaire mais dans un sens d’humaniste, un comble, à savoir un homme qui réclame de faire le sacrifice de toute forme de civilisation pour précisément mettre fin à la barbarie à laquelle on a assisté pendant trois heures.

 

Comme je le disais, pour les véritables forces armées, si Rambo emprunte à la figure fantasmatique auquel tous les petits garçons portés sur ces choses là veulent ressembler, Apocalypse Now est le film de référence, tant pour son esthétique, sa morale que sa brutalité. Et si la charge des Walkiries n‘est rien de plus qu’un exercice de guerre psychologique auquel se livrait déjà l’armée au Vietnam, ça va également devenir un must tant des salons de l’armement que des champs de bataille. Et tel patrouille de GI de foncer dans les rues de Bassora, canon pointé et Scorpion à fond.

 

Coppola est un habitué des malentendus sur son travail. Dans son esprit le Parrain est un film sur la famille, se reposant sur un roman écrit par un homme qui ne connait rien à la mafia. Et il va devenir tellement iconique avec la musique que compose son père comme avec sa vision idéalisée de la mafia que celle-ci va s’en emparer. Et tel maire sicilien en odeur de mafia de réaliser son spot de campagne au son de la fameuse musique. Ou encore le crime organisé de réclamer des royalties… Pour autant celui-ci exercera sa censure sur le film, interdisant notamment que le mot mafia ne soit jamais prononcé dans le premier opus. Toujours en raison du Parrain 1 Coppola passe pour ce génie inventeur du montage alterné qui ferme le film, alors que l’idée en revient à son monteur et à son producteur Robert Evans. Ennemi d’Etat est régulièrement cité comme The film de complot et de l’omnipotence de la surveillance alors que Conversation Secrète est non seulement un des premiers films à en parler réellement aux Etats-Unis mais que le personnage de Gene Hackman dans le film de Tony Scott est une décalque direct de son personnage dans le film de Coppola. Enfin Apocalypse Now est vécu comme un film parlant des horreurs de la guerre à travers un conflit traumatique mais sans réel rapport avec le dit conflit alors que c’est exactement l’inverse, et que si le film dénonce quelque chose c’est l’hypocrisie des civils qui veulent, par exemple, légiférer sur l’usage ou non des mines dans un cadre dont ils ignorent en réalité tout. Et le film de se conclure par cette prière que le général Mc Carthy n’aurait pas renié en Corée (il en avait fait le demande express), ce qu’il y a écrit sur le livre que Kurtz lit : « lâchez la bombe, tuez les tous. Car quoi qu’on fasse, au bout de tout, la seule chose qu’impose la guerre c’est l’horreur.

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Puisque je commence par une citation et que le film est une adaptation de Conrad, je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement entre le travail de Coppola et le livre de Kent Anderson, Sympathy for the Devil. Etudiant en lettre ayant décidé qu’il préférait être dans les Forces Spéciales plutôt qu’avec le troupeau de l’infanterie, Anderson partira au Vietnam où il deviendra sergent. C’est à ce même humanisme et dans une même acceptation à la fois cinégénique et rock’n roll de la guerre (le titre emprunte bien entendu au tube des Stones qui ouvre du reste le roman dans une scène de mess mémorable) qu’Anderson trace son ouvrage. Anderson qui dit de l’Amérique d’alors : « les américains étaient des dilettantes, plus préoccupés par leur propre survie que motivé pour tuer l’ennemi. La plupart d’entre-eux n‘avaient pas appris que c’est dans l’agression qu’il faut chercher le salut, non dans la prudence  » affirmation que l’on pourrait étayer par une autre : « Il meurt cent mille personnes tous les jours dans le monde, une vie humaine n’a aucune importance » Général Vô Nguyên Giap.



27 réactions


  • Hecetuye howahkan howahkan 23 janvier 09:53

    Ceux qui ne parle pas de la guerre sont ceux qui l’ont vraiment faite, avec le cortège d’horreurs et d’assassinat ...de tortures et de destruction

    Mon ex beau père fit la guerre française du Vietnam, à chaque fois qu’il buvait pour oublier, ce qui était tous les jours il était en larmes, détruit, dévasté, alors il parlait et je ne peux répéter car je n’ai pas de preuves de ce qu’il avançait, disait...mais qui n’est pas dans les livres...

    mais si ce qu’il me disait était vrai, je pense que je n’aurais pas survécu....


    • pirate pirate 23 janvier 10:23

      @howahkan
      mon grand-père français a fait Verdun et à pied jusqu’au Dardanelles, il n’en a jamais parlé à ses enfants mais je sais qu’il a été notamment traumatisé par les animaux massacré, le seul qui m’est parlé de sa guerre et en détail c’était un garçon des milices chrétiennes pendant le Liban. Lui il était barré, pour s’endormir il écoutait des enregistrement qu’il avait fait sur les champs de bataille. J’ai une bonne oreille et j’imite assez bien les armes, on était gardien de nuit, rien à faire, alors j’imitais telle ou telle arme et il me faisait « ça c’est un AK,ça c’est une 12,7 » un mélomane smiley


    • velosolex velosolex 23 janvier 22:25

      @howahkan


      Pour moi le meilleur film sur la guerre, c’est « Johnny got his gun », un type qui se réveille homme tronc sur un lit d’hôpital. Tout de suite ça ramène les fondamentaux ça coupe le chant guerrier. Mourir la belle affaire, comme disait Brel....Mais survivre, surtout en cul de jatte...
      Il y a aussi ce beau roman de Patrick Rambaud « la bataille », qui est une plongée dans la merdouille des cadavres et des estropiés de la bataille d’Essling...Il arrive un moment ou un mètre de boyaux qui pend de votre ventre, vous dégoutte à jamais des breloques militaires ; 
      Patrick Rambaud, prix Goncourt pour « la Bataille », se cache derrière ...

    • pirate pirate 23 janvier 22:51

      @velosolex
      c’est à mon sens moins un film sur la guerre que sur la compassion et l’euthanasie, la guerre c’est le contexte, notamment l’horrible fin. Un film de guerre qui en parle moins la gloriole c’est Croix de Fer. Tout y est la lâcheté, la folie, la bêtise, l’horreur. Johnny Got his est un film pédagogique pour qui aurait vu Apocalypse Now et trouverait la guerre glamour. Un autre film sur la folie de la guerre c’est Catch 21. Il y a également l’excellentissime Fou de Guerre de Risi avec un Coluche nettement meilleur et habité que dans ce pauvre film lacrymal et sans intérêt qu’est Tchao Pantin.

      Rambeau est un auteur selon mon coeur notamment ce qu’il dit sur le taoïsme, c’est marrant d’ailleurs, moi aussi j’ai des bouddha et de l’encens...


    • velosolex velosolex 23 janvier 23:06

      @pirate
      En fait n’importe quel roman ou n’importe quel film n’a de sens que par rapport à ce qui l’entoure. Chacun s’inscrivant dans une patrimoine culturel et de sensibilité qui a de sens que par rapport au contexte. Il faut remarquez un certain nombre d’années parfois pour égoutter, faire ressortir les tics et les petits effets de mode. Combien de westerns faits dans les années 70 en adoptant la cool attitude de l’époque ?...Les films historiques sont forcément les plus laminés par ces effets conjoncturels ; Je regarde en ce moment la série « Heimat », qui est un vrai bonheur, le réalisateur Edgar Reiz s’étant attaché à se débarrasser le plus possible de ces incompatibilités. 

      Ca nous fait pas loin de 50 heures de pur chef d’oeuvre, que n’aurait pas renié Murnau ou Lang, avec des plans en noir et blanc à couper le souffle. 
      Parfois on voudrait bien que la vie ne soit qu’un long travelling, avec les oies sauvages passant dans le ciel. 
      Si le mensonge est constitutionnel au cinéma, il y a des tramways nommés désir dans lesquels on est plus porté à monter que dans d’autres !

    • pirate pirate 23 janvier 23:16

      @velosolex
      Connait pas Heimat, je jetterais un oeil. Oui sur les Western Spaghetti hier je regardais le début de mon nom est personne et j’ai remarqué un tic piqué à Léone qui produit le film, l’usage du fond sonore pour maitriser le suspens. Un film qui commence quasiment sans dialogue quasi muet comme comme beaucoup de film de l’époque je pense notamment au Flingueur avec Bronson ou à Bullit.


  • Elric de Melniboné Griffon Jaune 23 janvier 10:03

    Pour ajouter au titre : et que Willard est lucide !

    L’auteur, tu lui diras de me tutoyer quand il vient au bureau smiley smiley smiley smiley


  • Rincevent Rincevent 23 janvier 14:55

    …c’est un film sur la guerre plus que sur le Vietnam… Pour moi, c’est finalement un film sur la folie. Bien sûr, celle d’un homme, Kurtz, qui bascule de « l’autre côté ». Mais aussi celle du bidasse de base, de l’état-major, des politiques qui les commandent pour une finalité qui, comme l’horizon, est toujours aussi lointaine au fur et à mesure qu’on avance. Même Willard, pourtant revenu de tout, doit se cramponner à sa mission pour ne pas sombrer. Leur seule façon de s’en sortir (à peu près) est d’abolir toute réflexion, toute logique, toute humanité avec, accessoirement, le recours à la drogue. Même l’équipe de tournage a été contaminée, il a fallu terminer le film en vitesse…

    Après cette guerre, l’Amérique ne saura que faire de ces esquintés de retour au pays. Certains finiront même par vivre à l’écart, survivalistes avant l’heure, sauf que pour eux la catastrophe avait déjà eu lieu. http://www.humanite.fr/vietnam-les-veterans-americains-suicides-572910

    Aujourd’hui encore, cette folie continue à faire des victimes : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/01/14/97001-20150114FILWWW00025-usa-un-veteran-du-vietnam-execute.php

    J’ai vu la version longue, je trouve qu’elle ne fait que délayer le propos, je préfère la première. Apocalypse Now est, pour moi, un des dix plus grands films jamais sorti. Pour l’apprécier totalement, je conseillerais de le voir au cinéma, pas avec un écran de télé (ou alors les derniers très haute définition ?), les scènes de nuit perdant beaucoup dans les détails avec le numérique.


    • Elric de Melniboné Griffon Jaune 23 janvier 15:04

      @Rincevent

      Ce commentaire est remarquable.

      Et concernant les détails troublants qui perdurent, (et on pourrait presque le donner en mille smiley smiley ), ce qui est le plus perturbant, malgré les différents Director’s cut et versions plus ou moins longues, c’est cet achoppement/découpage/recoupage constant et varié de la scène dans la plantation indochinoise... et ça on pouvait le donner en plein dans le mille smiley smiley

      C’est quand même nous chantons le mieux les deux pieds dans la merde : cocococococococrico ! smiley


    • pirate pirate 23 janvier 19:14

      @Rincevent
      vous avez tout à fait raison c’est également un film sur la folie sur cette espèce de grande dépression nerveuse qu’est à la fois cette guerre, ce que fut ce tournage et ce que ça a signifié pour des milliers de pauvre gamin intoxiqué qui sont rentré dans l’armée sain d’esprit et en sont sorti camé, à demi fou, etc. Si je n’ai pas abordé ce sujet c’est parce que Redux, le montage originale qui au contraire ne dilue pas cette question, mais la renforce autant avec la scène de la plantation que celle des bunnies, souligne le point de vue de Coppola sur cette guerre et sur le fait qu’on ne parle pas de quelque chose d’abstrait. Dans Johnny Got his gun par exemple, bien que je conflit soit contextualiser, la folie, l’horreur, de 14 seront symbolisé par cette forme dans le lit et une voix off, c’est un film sur la guerre (et l’euthanasie notamment) dans une vision très symbolique. Or Apocalypse Now est systématiquement présenté comme une grande abstraction autour de la folie et on oublie systématiquement l’aspect purement belliciste du film et son point de vue politique

      Tout à fait d’accord avec vos recommandations de visionnage, c’est d’ailleurs au cinéma que je l’ai découvert en 79, à chercher l’hélico derrière moi, première fois que je rencontrais la THX et le sound surround  smiley je recommanderais également la BO produite pour la sortie du film et qui est ressorti il y a quelques temps, à savoir avec les lignes de dialogue et les scènes au complet, et faire un bond de trois mètres à l’arrivé du tigre. Pour les amoureux du film je conseillerais de lire Putain de Guerre de Michael Herr pour contextualiser ou, si vous le trouver, 365 jours du docteur Glasser, récit d’un médecin militaire au Vietnam. Ces deux textes nous rapproche d’une certaine vérité sur cette guerre et les guerres moderne en général.

      Il y a quelques années de ça j’avais rencontré un ancien SAS australien qui était parti là-bas après avoir fait la seconde guerre mondiale. Un géant qui en dépit de son âge vous donnait l’impression qu’il pouvait vous arracher la gorge en un clin d’oeil. Notablement barré, toujours vêtu de blanc et qui parlait de ses copains morts comme s’ils étaient toujours là. Il vivait depuis en France, je n’ai pas insisté sur mes questions je le sentais aussi border line que dangereux. J’ai payé mon respect comme on dit en anglais quand je suis allé à Washington voir le mur. Pour le PTSD (post traumatic syndrome disease) ou SPT notre armée l’a reconnu du bout des lèvres il y a quelques années, problème qu’il faudra notamment gérer après la Syrie et avec tout ceux qui vont rentrer de leur jihad. Les guerres ne se termine pas avec les traités de paix. Toute la criminalité des années 30 puis 50 repose autant sur la fin des Bat d’Af’ que sur le retour des guerres coloniales.

      Merci de votre commentaire


    • Rincevent Rincevent 23 janvier 21:49

      @pirate

      C’est vrai, j’avais oublié l’effet Surround. Moi aussi, j’avais instinctivement baissé la tête au ciné quand les projectiles arrivaient par l’arrière… Quant à la BO, il me suffit de la mettre sur ma chaine pour me retrouver dans le film, ça marche à tous les coups !


    • pirate pirate 23 janvier 22:09

      @Rincevent
      ca fait longtemps que je ne l’ai pas écouté mais c’est comme ça que je connais les dialogues par coeur. Quand j’avais 17-18 ans j’avais deux pôle extrême Voyage au bout de la nuit, que j’ai bien lu 5 ou 6 fois et dont j’ai encore ma vieille édition et la BO de ce film.... oui je sais c’est pas fort pimpant mais bon 18 ans quoi smiley


    • velosolex velosolex 23 janvier 22:42

      @pirate
      J’ai bien apprécié la version de Tardi du voyage. Le passage où notre héros se retrouve à s’occuper d’un comptoir perdu au fond de la brousse, est digne de Conrad. Surtout qu’il y introduit l’humour, et la folie. 

      Pas celle que traite Conrad, mais la folie larvaire de l’entreprise coloniale, avec cet espèce d’adjudant foireux, un salaud notoire qui prend tout à coup une dimension humaine, quand on apprend, alors qu’une photo d’une gamine tombe de son portefeuille, qu’il s’agit de sa fille adoptive, qu’il n’a jamais connu, et qu’il envoie tous les mois une bonne partie de sa solde en France, rien que pour son éducation et son avenir..
      Voilà le génie d’un auteur, sa capacité à traiter non les noirs et les blancs, mais les zones grises, diffuses, où l’on se perd, où l’on perd sa capacité de jugement, et que l’empathie vous gagne. 
      .Le génie de Céline, c’est sa grand empathie à tous les malades de la terre, et peut être envers lui même, qui était sans doute un peu malade...J’ai toujours été sidéré de voir comment il avait mal tourné, sans doute un peu fou et imprévisible à sa façon. « Entre la peste et le choléra », dira t’il devant un parterre d’allemands, dans un discours, nous avons choisi la peste ! »
       Une gueule cassée de 14 ?...

    • pirate pirate 23 janvier 23:02

      @velosolex
      faut que vous voyez le Céline qui a été fait avec Denis Lavant dans le rôle titre sur son exil danois, i découvre une diva parano, manipulateur et antisémite pathologique et pourtant Lavant avec son talent en fait un personnage tout en nuance où o se demande s’il n’est pas surtout fou.J’ai pas cette version j’ai juste Mort à Crédit pour Tardi. Mais je ne peux plus lire Céline d’ue parce que c’est trop sombre de deux parce qu’avec le temps je repère la construction, le style et que ça gène ma lecture.


    • velosolex velosolex 23 janvier 23:21

      @pirate
      C’est difficile c’est vrai de réembarquer avec Bardamu. Plus le temps passe, et plus on sent son souffle sur nous, dans le même taxi qui mène dans la noirceur, une valeur de ton que l’on trouvait plutot intéressante quand on était ado, c’est à dire encore touriste de la vie. Pour le style de celine, j’ai toujours eu l’intuition d’une certaine bipolarité, qui donne chez certains ce style flamboyant. Pas la première fois que les franges de la folie flirte avec le génie. Le tout est de ne pas y passer entier, de savoir apprivoiser la bête, avec les pinceaux, le couteau ou le stylo. Instruments de grande domination et de grande capacité discursive, il faut le dire. 

      Tardi avait été très critiqué par certains pour avoir osé s’attaquer à ce monument. Mais c’est une réussite. J’ai toujours adoré depuis gamin les romans illustrés. Ils structurent l’imaginaire et la mémoire. C’est dommage personne ne fait plus cela . On a d’un coté la Bd, pas toujours réussi d’ailleurs, avec de très bons dessinateurs, mais des scénarios lamentables, un découpé ennuyé, et de l’autre un mépris pour un genre ancien, mais qui renouvellerait peut être le gout pour la lecture, et le dessin 

    • pirate pirate 24 janvier 00:19

      @velosolex
      ah le roman illustré oui, un vieux rêve perso, comme l’usage du roman-feuilleton, j’en ai écrit un en quelque sorte pas complètement terminé du reste où le roman se compose de mini roman, le tout faisant le portrait d’une ville imaginaire inspirée d’un jeu vidéo (GTA Vice City pour ceux que ça intéresse) vous met en ligne l’un d’eux, c’est long : https://unchatsurlepaule.wordpress.com/2015/04/01/911/


    • velosolex velosolex 24 janvier 09:07

      @pirate
      Vous écrivez bien mon salaud. Vous devriez être en librairie


    • pirate pirate 24 janvier 09:27

      @velosolex
      merci c’est gentil. En fait j’ai une nouvelle de publié par un éditeur confidentiel. J’en ai bien un autre dans mes contacts, plus intéressant mais.... mais voilà comment a fonctionne un éditeur à qui vous vous adressez directement, il accepte de regarder vos manuscrits, et insiste pour que vous lui envoyez par mail vos deux romans, un de 456 pages, un autre de 140 (environs) et environs deux heures plus tard il vous explique que c’est très bien tout ça mais que la rencontre ne s’est pas faite.... soit.... quelques mois passent, l’éditeur vous invite vous et d’autres à participer à des ateliers d’écriture.... notamment pour apprendre à écrire une histoire et pas avoir de problème de page blanche... je lui fait remarquer que 1)je n’ai pas besoin qu’on m’explique comment raconter une histoire 2)que je n’ai pas de problème de page blanche, jamais, ni aujourd’hui ni hier. Alors il se froisse un peu et me fait remarquer qu’il reçoit beaucoup de premier roman sans histoire aucune... je me suis abstenu de lui rappeler qu’il avait eu deux de mes romans dans les mains, qu’il a jugé 600 pages en 2h et que les deux romans racontent une histoire, d’autant que je déteste l’autofiction en général et que quand je raconte une histoire vrai, je m’arrange pour que ça ressemble à une histoire romancé, pas une autofiction ou la rédaction de mes mémoires. Du coup il est un peu vexé, et l’autre fois il m’a fat un peu de paternalisme en m’expliquant ce que j’aurais dû coupé dans un commentaires. C’est un monsieur charmant, bobo en diable, drôle, et je pense bon éditeur, mais comme tous ses confrères il se la raconte.

      Quand aux autres, eh bien le couplet habituel : nous vous remercions, blabla... mais....blabla.... Mais bon quand vous savez que la légendaire maison d’édition de SF le Mouton Electrique refuse en 2017 les envois par mail.... et il faut voir les exigences des uns et des autres pour accepter de poser un regard sur vos textes. Donc ma philosophie est simple, j’ai un blog, mes romans sont lisibles par tous, mes nouvelles aussi, si ça intéresse les éditeurs c’est à eux de venir à moi, l’inverse coûte cher tant en argent, qu’en temps et qu’en déception. Et bien entendu les comptes d’auteur peuvent mourir en enfer. smiley


    • laertes laertes 24 janvier 18:18

      @pirate : j’ai bien aimé votre article sur un film que je considère comme l’un des plus grands sur la guerre. Au contraire de vous je trouve que la version longue (redux) est la plus mauvaise car les scènes qui ont été coupées (avec bonheur) n’apportent rien au thème central du film, ce qui est renforcé par le générique de fin (magnifique et très parlant) de la version expurgée.
      Vous avez raison de dire qu’Apocalypse Now est un film sur l’abstraction de la guerre... car en fait tout le film tourne sur l’esthétisation (musiques, cartes etc.) de la guerre donc...de la volonté délibérée de l’abstraire.............. Pourquoi ? Parceque le mensonge visuel (la beauté, l’esthétisation) est le dernier rempart (le dernier mensonge comme dirait Kurtz) devant l’horreur du réel (le fameux : horreur, horreur de Kurtz). Lacan (que je n’aime pas beaucoup) avait dit une chose très juste : le dernier voile avant l’horreur de la réalité c’est la beauté. (là encore la fameuse tirade de Kurtz sur la parfaite beauté des bras coupés entassés). C’est cette esthétisation systématique de la guerre qui paradoxalement (ou plutôt naturellement) nous en fait sentir toute son horreur car l’esthétisation (le dernier mensonge) a fait disparaître tous les mensonges (politiques ou autres) qui entourent cette guerre. D’ailleurs Kurtz le dit bien  : mensonges, mensonges.
      Quant au voyage sur le fleuve il est selon moi une métaphore magnifique du voyage dans le cerveau de Kurtz.
      Apocalypse Now est à des coudées au dessus de « Voyage » (je suis d’accord avec vous sur le film de Cimino) et de « Full metal » quant au traitement du sujet principal à savoir : la guerre (Vietnam ou autres)


    • pirate pirate 24 janvier 20:56

      @laertes
      petite anecdote le personnage de De Niro dans le Voyage au bout de l’enfer et celui de Rourke dans l’année du dragon sont en réalité inspiré d’une seule et même personne, le GI le plus décoré du Vietnam.


  • Sergio Sergio 23 janvier 15:10

     ’le film est une adaptation de Conrad, je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement


    Je suppose que vous n’avez pas manqué de voir le film éponyme de Nicholas Roeg joué par Tim Roth (que vous n’appréciez pas) et John Malkowich. J’y vois surtout le parallèle avec Apocalypse, par le voyage initiatique et dramatique sur le fleuve. Pour la réalisation, ce fût une performance vu les moyens alloués à la mise en scène, la démarche étant différente

    • pirate pirate 23 janvier 18:33

      @Sergio
       smiley pourquoi vous dites que je n’aime pas Tim Roth ? Si j’adore au contraire mais je ne suis pas sûr ’avoir vu cette adaptation, c’est possible mais je vois tellement de film dans une année, et encore je me suis nettement calmé.


    • Sergio Sergio 23 janvier 20:41

      @pirate


      ’des Saw ou le réalisateur Eli Roth qui ne m’intéresse pas’ commentaires de Hyena

      Excusez-moi c’était de mémoire et j’ai lu trop vite ... j’ai confondu !

    • Sergio Sergio 23 janvier 20:44

      @Sergio


      Je précise, ’Au coeur des ténébres

  • velosolex velosolex 23 janvier 22:12

    Bien sûr « au coeur des ténébres »de Conrad est la matrice. L’histoire est celle du type qui perd les pédales, un élément de discours que j’affectionne, autant pour le niveau vélocipédique que pour la rencontre avec les éléments de la distanciation, c’est à dire la folie. 

    C’est une recette vieille remarquez comme le monde. Le soudard type à qui l’on donne, la justification du passage à l’acte, le cadre exotique pratique pour s’exonérer des paramètres légaux, voir un statut plus ou moins héroïque, sous couvert d’une bonne bande son qui décoiffe les oreilles. Les scots avaient les pipes band, les allemands avaient lily marlène et wagner, les yankees avaient « les doors »....
    « Oh show me the way for the next whisky bar.... »
    Et on 60 en Algérie, qu’est ce qu’on écoutait pendant les séances de gégène ?....« Des pommes des poires et des scoubidous » ?
    Joan Riel en gardant la trame de l’engagement dans l’enfer vert qui vous change un homme ou le révèle à lui même, au choix, à écrit aussi un très bon bouquin, toujours un remake de Conrad. « La faille » Très bon, on le trouve en folio...
    Si vous voulez que je vous dise, le vrai héros, ce n’est surement pas cet enfoiré de Brando, encore un fils de, qui sombra dans l’innommable sur le tournage du dernier tango à PARIS, mais Conrad. ...En voilà un vrai de vrai. Il arrive à Marseille de Pologne, travaille comme mousse pendant une année ou deux, apprend le français,et puis se barre en Angleterre, ou il entre dans une école de marine. Devient capitaine au long cours, fait plusieurs fois le tour de la terre et collecte et vit assez d’histoire pour se mettre au roman. Certains disent que le style de Conrad vient de sa capacité à penser en français et à traduire ses sentiments polonais en anglais. 
    Les films de guerre, je suis pas très porté, de moins en moins ; de même la violence. J’en ai assez vu assez entendu, comme dirait Etcher, dans déjeuner en paix, « plus rien ne m’étonne des choses humaines.... » Et puis l’amour, c’est un peu comme la guerre, et réciproquement. Ca se vit, le reste ce n’est que du voyeurisme,qui vous rendra sourd, et aveugle avec ça, avec l’illusion de l’avoir vécu. 

    • Jade4230 23 janvier 22:28

      @velosolex

      Mah-jong pour que ce soit dit au plus vite


    • pirate pirate 23 janvier 22:32

      @velosolex
      oui bien sûr que le héros c’est Conrad ici, et ça restera lui, le reste... Ce qui s’est passé sur le tournage du Tango est en effet dégueulasse et notamment autant grâce à Brando que Bertolucci. Ils ont cassé Maria Schneider, détruit sa réputation avec un film qu’ils ont vendu sur une noix de beurre pour en plus produire un truc médiocre et narcissique. Je vous rassure je ne suis pas spécialement porté sur ce genre, J’en ai vu beaucoup notamment parce que mon père lui l’était (il a toujours regretté de ne pas être parti en Corée avec les anglais par exemple) et d’ailleurs le prochain article que j’ai posé sur le sujet du cinéma cause du suicide des jeunes filles smiley Il y en a un autre sur la Formation de l’Acteur en milieu politique, j’espère qu’il passera parce que je fais une leçon de mise en scène à Macron et c’est aussi valable pour les jeunes comédiens. Bon cela dit en cas où il est déjà sur mon blog.


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