mercredi 8 mars - par C’est Nabum

Le conteur s’invite à l’école

Le vieux maître rentre par la fenêtre.

JPEG Rivières d'images et fleuves de mots

Partager le bonheur de conter ; l’envie de donner à comprendre la Loire et son histoire devrait être chose facile surtout quand tout cela s’adresse aux enfants. Ne croyez pas que ce soit si simple : il faut convaincre, dépasser les conservatismes, briser le silence pour enfin toucher ce merveilleux public aux yeux écarquillés. C’est vers les enfants que je veux poursuivre mon action de vulgarisation et de découverte des mystères de notre belle rivière. Aidez-moi dans cette mission si vous le voulez bien.

La Loire n’est pas un long fleuve tranquille ; quand j’ai quitté sur la pointe des pieds ce formidable métier d’instituteur que nos responsables ont voulu salir en lui accolant le curieux titre de « professeur des écoles », j’ai proposé à ma hiérarchie de venir dans les écoles parler de la Loire et de ses légendes. Ma demande était naïve : je pensais qu’elle allait être relayée et il n’en fut rien. J’ai rongé mon frein et ma déception durant une année, puis j’ai décidé de prendre mon destin en main et passer outre le feu vert d’une administration aussi tatillonne que conservatrice.

Tout a commencé durant le voyage du Tacon avec l’école de Sigloy. À l’initiative de madame Le Maire de la commune, je suis allé raconter mon périple, dire deux ou trois contes aux enfants des sections maternelles. Ce fut un bonheur, prolongé par la joyeuse troupe des bambins m’accompagnant jusqu’à mon canoë afin que je poursuive mon avalaison. L’idée avait séduit une autre élue, Madame Le Maire de Bou qui me demanda d’animer la dernière journée de classe pour tous les élèves de l’école, sur le port de la Binette. Une fois encore, les enfants m‘écoutaient, reprenaient en chœur les chansons de l’ami Casimir. Les contes et chansons étaient dits à la communale.

J’avais bien, dans ma dernière année d’exercice, laissé tomber plusieurs fois l’habit d’enseignant pour endosser celui du conteur. C’était dans des classes qui me recevaient en tant qu’intervenant et je l’avais fait sans prévenir qui que ce soit. Je pense bien que c’est ainsi la seule manière qui vaille dans ce monde bureaucratique et tatillon. Le grand ministère exigeant une multitude d’agréments pour franchir le seuil du rêve et de l’imaginaire.

Le conteur se passe très bien de tout ça et surtout de l’autorisation d’une hiérarchie qui n’a jamais été son amie. C’est ainsi, que sans eux et par le truchement de la toile, je vais poursuivre mon lent travail de pénétration souterraine de ce monde mystérieux. Je suis invité par une classe de collège du côté de la Charité et une école primaire à Ancenis dans le cadre, semble-t-il, d’un même concours auquel ne doit certainement participer aucune classe du Loiret.

Je vais aller à eux, conter la Loire et ses légendes pour mon plus grand plaisir. J’ai déjà proposé une balade contée pour les beaux jours et un petit spectacle, si la chose peut s’envisager, et j’espère de tout cœur développer cette activité en dehors des clous officiels qui m'irritent et me désolent. Les enfants ignorent tout de la rivière, de ses habitants, de son histoire, de sa mythologie. Une vraie activité pédagogique peut s’établir en collaboration avec les enseignants pour peu qu’ils osent m’inviter.

J’ai également répondu favorablement à une invitation des œuvres universitaires pour animer une soirée en contes et chansons sur la Loire dans le cadre d’une classe découverte Loire. Il ne faut pas désespérer des structures mais surtout ne pas attendre d’elles qu’elles relaient l’information. C’est pourquoi j’use encore de ce procédé pour faire savoir et pratiquer ce que certains qualifieront de publicité. Je m’en moque ; l’essentiel étant de toucher des écoles et des maîtres, de donner l’envie de découvrir cet univers merveilleux.

Les légendes, les animaux de la rivière, les personnages historiques, les vieilles croyances, les contes traditionnels, les récits mirifiques sont autant de supports qui devraient attirer les professeurs et séduire leurs élèves. Les beaux jours arrivant, une balade contée le long des berges peut se mettre en place pour encore mieux appréhender la magie de la Loire. Tout est ouvert à celui qui répond d’un simple clic.

Tour est possible ; il suffit d’exprimer une envie et d’avoir un peu de curiosité. Je ne doute pas un seul instant que mes jeunes collègues soient capables de franchir le pas et d’oser l’expérience. Je suis à votre disposition pour des projets ponctuels, des actions plus suivies, des animations ou des sorties. Nous trouverons bien un terrain d’entente si le désir est réel. Je ne suis qu’un humble passeur de mots ; accordez-moi votre confiance.

Je veux consacrer le printemps qui arrive à cette nouvelle activité. L’école buissonnière se fera ligérienne si le cœur vous en dit. Pour les parents qui liraient ce billet, vous avez, bien sûr, la possibilité d’en parler aux enseignants de vos enfants. Le bouche à oreille, il n’y a que ça de vrai dans le monde du conte. Pour les enseignants, rien n’est plus simple : écrivez-moi. Nous trouverons bien un terrain d’entente en bord de rivière : c.est.nabum@gmail.com

Conteusement leur.

Concours2.jpg

le lien du concours http://www.rivernet.org/educ/rifm2/Php/Accueil.php

 



12 réactions


  • marmor 8 mars 17:34

    J’espère que vous allez enfin avoir l’audience que votre talent est en droit d’attendre...Content pour vous que vous ayez enfin pu briser les barrières de l’incompréhension, de l’obscurantisme, tant des radios que des éditeurs, de votre hiérarchie professionnelle, des édiles locaux, des soi-disant artistes.


  • juluch juluch 8 mars 17:38

    Vous allez trouver surement votre équilibre Nabum  smiley


    attention aux enfants, on dit qu’ils dévorent de temps à autre les conteurs pour s’approprier ses histoires.....

  • eric 8 mars 21:01

    Faut pas complexer comme cela. « vieux maître » Ou alors c’est une figure de style ?

    L’âge d’ouverture des droits à la retraite est de 60 ans pour le personnel sédentaire de l’éducation nationale. Il est de 55 ans pour les agents du service actif (instituteurs, professeurs des écoles). À l’atteinte de la limite d’âge, la pension est accordée d’office. Elle est notamment de 65 ans pour les agents du service sédentaire et de 60 ans pour ceux du service actif pour une retraite à taux plein.


  • fred fred 9 mars 07:59

    A moi...conte deux maux...l’EN n’est hélas plus à la hauteur de son travail..reste les places publiques ?


  • Taverne Taverne 9 mars 09:42

    Bonne nouvelle, il ne sera pas donc plus l’apanage exclusif des politiciens. Il faut remettre ces conteurs à zéro.


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