lundi 20 mars - par Theothea.com

« Les Choristes » théâtralisent La Maîtrise des Hauts-de-Seine stylisée Folies Bergère

En prolongeant, treize années plus tard, son propre film « Les Choristes », à l’affiche dès 2004 selon une inspiration de « La Cage aux rossignols » réalisée en 1945, et donc en le transcendant aujourd’hui par un spectacle musical vivant, Christophe Barratier a acquis l’étrange impression de remonter aux origines de son projet artistique davantage que d’en faire, en aval, œuvre de diversification.

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LES CHORISTES
© CYRIL MOREAU / BESTIMAGES

La sobriété ingénieuse du décor, partiellement rotatif, conçu par Stéphanie Jarre invite, en passant du dehors au-dedans, de la cour d’école à la salle de classe, à une dialectique actualisée entre Pédagogie et Institution où les forces de la « contrainte subie » se disputent avec celles de la « réalisation de soi » comme si le match anciens-modernes pouvait y trouver son exutoire symbolique en la nécessaire mue de l’enfant juste avant que celui-ci ne devienne majeur.

Ayant demandé à Bruno Coulais de composer six nouvelles chansons s’ajoutant aux meilleures préexistantes pour complèter l’impact choral accompagnant du début à la fin du spectacle l’encadrement adulte face à l’univers de l’enfance incarnée ici par le relais en trois groupes de 15 enfants (3/4 garçons & 1/4 filles) issus de la Maîtrise des Hauts-de-Seine, le metteur en scène a souhaité faire de cette création scénique le socle référentiel des choristes dont le film ne pourrait s’avérer être, a posteriori, que la bande annonce ès qualité.

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LES CHORISTES
© CYRIL MOREAU / BESTIMAGES

La gageure de taille était qu’il fallait notamment faire oublier que Gérard Jugnot, François Berléand et surtout la voix d’or de Jean-Baptiste Maunier en têtes d’affiche de la mémoire cinématographique collective, puissent s’effacer naturellement au profit de l’enjeu du récit conté désormais telle une fable musicale universelle et intemporelle.

Ainsi, par exemple, Jean-Louis Barcelona interprétant le professeur de musique Clément Mathieu engagé comme simple « pion » à l’internat provincial du Fond-de-l’étang ou Patrick Zard’ endossant le costume autoritariste de Rachin son directeur initiateur de la méthode « Action - Réaction », ont-ils pour mission dédiée de composer les archétypes de ces fonctions tel que l’imaginaire de chaque spectateur aurait pu les concevoir dans son intuition psychologique et sa perception sociétale.

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LES CHORISTES
© Theothea.com

Aussi, dans un jeu de rôles reconstitué comme une partition de musique où l’ensemble de ces représentants disciplinaires soutiendraient, chacun à sa façon, les voix des « chérubins », la scénographie modélisée façon « Music-hall » s’articule en une succession de tableaux où les pulsions de vie rencontrent celles du mal et c’est donc au cœur de cet éternel combat existentiel, à connotation métaphorique, que chaque spectateur est immergé dans l’écoute miraculeuse de fameux « leitmotivs », à l’instar de « Vois sur ton chemin » ou « Caresse sur l’océan », que tout le monde a dans l’oreille et d’où, par instants suspendus, s’élève magique le timbre d’un jeune soliste prodige au sein des Folies Bergère… alors que, par alternance programmée chaque soir, d’autres voix d’ange sont d’ores et déjà prêtes afin d’assumer ce formidable privilège à leur tour. 

photos 1 & 2 © CYRIL MOREAU / BESTIMAGES

photos 3 & 4 © Theothea.com

LES CHORISTES - ***. Theothea.com - de & mise en scène Christophe Barratier - avec Patrick Zard', Jean-Louis Barcelona, Victor Le Blond, Jean-Pierre Clami, Aude Candela, Michel Pilorgé et les choristes de la Maîtrise des Hauts-de-Seine - Les Folies Bergère

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LES CHORISTES
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