lundi 13 mars - par Theothea.com

« Priscilla Folle du désert » La Reine du magique Disco Bus au Casino de Paris

« Priscilla », c’est tout d’abord un formidable « Musical road movie » traversant l’Australie de Sydney à Alice Springs à bord de la Reine du désert, ce bus invraisemblable adopté par un trio de travestis en perspective de leur spectacle de Drag-Queens.

 

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PRISCILLA Folle du désert
© Pascal ITO

 

La play-list originale de 1994 rassemble d’emblée toutes les pointures en vogue du Disco (Donna Summer, Cyndi Lauper, Kylie Minogue, Thelma Houston, Madonna, Tina Turner... ) constituant de fait la piste de danse référentielle de l’époque et de surcroît toujours branchée plus de vingt années plus tard, à l’exemple emblématique du « I will survive  » de Gloria Gaynor.

La notoriété de ce Musical a totalement pris son essor avec son adaptation sur les scènes de Londres et Broadway jusqu’à parvenir aujourd’hui à Paris où il va accompagner le passage de l’hiver au printemps 2017 avant que de poursuivre en tournée des Zéniths.

Sur fond de tolérance idéologique, les différences de styles de vie y sont exacerbées alors que le thème du script est d’une simplicité fédératrice : Un comédien travesti et néanmoins géniteur est décidé à franchir la distance le séparant de son ex-épouse et de son fils âgé de 10 ans afin de se retrouver auprès d’eux après une séparation difficile.

Emmenant avec lui deux amis, « collègues de transvestisme », tous ensemble ils espèrent pouvoir ainsi exporter leur show-exhibition fantasmé à l’instar de leur modus vivendi transgressif.

C’est bien entendu la multiplicité des tribulations rencontrées au cours de leur épopée qui les feront grandir dans leurs convictions fanatiques de vivre solidaires au diapason du « feeling good ».

 

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PRISCILLA Folle du désert
© Pascal ITO

 

Sur la scène du Casino de Paris, l’histoire proprement dite sert davantage de prétexte à faire la fête ainsi réunis sous le rythme endiablé d’une bande son à réveiller toutes les générations confondues, elles-mêmes enivrées par l’énergie délirante des artistes arpentant la salle parés de leurs fameux trucs en plumes…

Bernadette (David Alexis), Dick (Laurent Ban), Bradley (Jimmy Bourcereau) y excellent de talents en confrontant leur communauté de circonstances à toutes les problématiques rencontrées au gré de cette aventure, ô combien exotique.

Cependant la véritable vedette du show, c’est leur bus qui se paye sur la scène du Casino de Paris une perspective hyperréaliste en 3D, non sans avoir auparavant assimilé une panoplie de fonctions numériques proches de la robotisation et de la réalité augmentée… en total dépaysement high-tech.

Au fur et à mesure que le voyage initiatique progresse dans les fins fonds du désert australien, la salle s’embrase sur les tubes démoniaques du Disco, comme "It's Raining Men", "Don't Leave Me This Way" ou "Pop Musik", revisités selon la sensibilité culturelle française que « la Cage aux folles » aurait préalablement marquée de manière indélébile.

 

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PRISCILLA Folle du désert
© Pascal ITO

 

Des centaines de costumes luxuriants se prêtent au jeu de la surenchère du look, des couleurs et de l’exhibitionnisme adressé en provocation au bon goût convenu, pour mieux emporter le plébiscite des festivités assumées façon Gay pride à tous les étages de la créativité scénographique.

Davantage qu’une Comédie musicale dont les chorégraphies auraient été ciselées à la perfection d’une performance délibérément millimétrée, l’impression ressentie s’avère proche d’un happening similaire à ce que pouvait être « Hair » dans les années 70, c’est-à-dire une manifestation d’énergie indomptable, nécessaire et juste impossible à canaliser tant la passion, le plaisir, la joie cherchent à s’y épanouir de manière interactive avec le public.

Au demeurant, cette création francophone est un tel régal et une si enthousiasmante réussite qu’il se pourrait fort bien que son addiction en devienne la plus consensuelle des sanctions prisées et enviées.

 

photos 1, 2 & 3 © Pascal ITO

photo 4 © Theothea.com

 

PRISCILLA Folle du désert - ***. Theothea.com - de Stephan Elliot - mise en scène Philippe Hersen - avec David Alexis, Laurent Ban, Jimmy Bourcereau, Amalya Delepierre, Kania Allard, Ana Ka, Sofia Mountassir, Stacey King, Corinne Puget, Alice Lyn, Fabrice de la Villehervé, en alternance Luka Quinn, Aramis Delamare, Nino Magnier & Alexandre Furet - Casino de Paris

 

 

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PRISCILLA Folle du désert
© Theothea.com

 




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