samedi 7 janvier - par pirate

Stanley Kubrick - Fear and Desire - no one is innocent

Ça a longtemps été une légende du cinéma. Un mythe digne de celui inventé par Jackson dans Forgotten Silver, un trésor, une arlésienne longtemps considérée comme perdue, le tout 1er film de Stanley Kubrick. Il faut dire que la faute en revient pour commencer à son auteur, mythologique perfectionniste obsédé du contrôle, qui avait fait détruire toutes les copies de son premier travail. Et de là les cinéphiles de se demander, bien entendu, à quoi pouvait bien ressembler l’ouvrage si supposément imparfait que le génie, intronisé ainsi par le grand public et la critique panugirquement panégyrique, avait détruit. Etait-ce mauvais comme n’importe quel boulot de débutant, brouillon comme le premier Tarantino, ou était-ce simplement un des effets de l’hystérique besoin de contrôler de son auteur, son perfectionnisme poussé à l’absurde. Pas exactement, ce n’est tout simplement pas un film.

La guerre conceptuelle.

Kubrick est un cinéaste d’idées. Il ne vous entraîne pas dans une histoire dans le but de vous dérouler un petit scénario mais situant des esprits dysfonctionnants dans une société, un lieu, ou une guerre pas moins dysfonctionnants. Avec un postulat qui va revenir souvent dans ses films, l’abstraction. La mort du personnage de Sellers dans Lolita est traité dans un hors champ à double sens. La guerre du Vietnam, qui s’est essentiellement déroulée dans la jungle, est montrée ici dans une zone urbaine (la ville impériale de Hué dans le contexte de la guerre) qui lui renvoie aux conflits modernes. Les personnages de Docteur Folamour sont tous systématiquement enfermés dans des lieux de décision où ils ne voient rien de ce qui se passe dans le monde réel. La folie de Shining apparait par petites touches, au détour d’un manuscrit par exemple, sans que jamais l’explication du cimetière indien ne soit réellement donnée, et d’ailleurs le tout se termine par un labyrinthe où le minotaure qu’interprète Nicholson se perd lui-même. Difficile de ne pas voir ici un symbole de l’esprit perdu du personnage. Et ici dans l’usage de l’abstraction, Fear and Desire fait office de modèle étalon.

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La voix off nous avertit, il ne s’agit pas de se contextualiser dans un conflit ou un autre, nous sommes dans une guerre absolue, dans une forêt abstraite, avec des personnages quasi interchangeables. D’ailleurs Kubrick fait jouer son officier « américain » par le même acteur que l’officier ennemi, procédé qu’il réutilisera par ailleurs avec sa vedette Peters Sellers. Au reste les uniformes sont des composites que Kubrick va volontairement mélanger et interchanger, puisque si l’officier ressemble à un officier de l’armée de l’air anglaise, ses compagnons portent des uniformes et des casques de parachutistes allemands tandis que l’ennemi emprunte une partie de ses uniformes à… l’armée américaine. Il n’y a donc ici ni bon, ni méchant, ni ami, ni ennemi, juste des hommes perdus.

Des hommes qui vont à chaque fois révéler des personnalités différentes de ce qu’on imaginait d’eux au premier plan. Où l’autorité masque la lâcheté et une forme de sadisme, où la brute se révèle plus humaine et plus désespérée qu’on n’aurait pu le penser, où l’innocent n’est en fait qu’un fou effrayé et narcissique.

Cinéma russe, voix off et symbolique.

En dehors de l’aspect abstrait du conflit, et de l’évident manque de moyen, on sent chez Kubrick une volonté de conceptualiser son récit à l’extrême en lorgnant ici très volontiers du côté du symbolisme russe et d’Eisenstein. On y pense très notamment lors de la scène entre la prisonnière et le jeune homme. Tous les sentiments traités par des plans fixes où les individus sont rarement ensemble à l’image, comme pour mieux souligner leur complet isolement, le montage se fabriquant sur ces moments d’isolement complet où chacun se vide qui de sa terreur, qui de sa folie et de ses interrogations. La voix off, qui reviendra tant dans l’Ultime Razzia que dans Lolita installe un détachement par rapport aux évènements qui souligne encore plus l’aspect abstrait du film. Un film qui se détache notamment de son contexte pour laisser errer ses personnages dans leurs propres dédales, la peur et tout en même temps leurs désirs inassouvis. Désir qui au contact de la mort devient toujours une fabuleuse et désespéré tentative de vivre une ultime fois, comme ce soldat qui se sacrifie dans un baroud d’honneur pour en finir avec une vie ratée. Comme ce jeune homme qui, confronté à la violence de ses compagnons, va révéler la sienne propre dans une tentative absurde d’être aimé de sa victime.

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En réalité, débarrassé des contraintes de la narration ou des nécessités d’établir précisément la frontière entre les protagonistes de leurs antagonistes, Kubrick nous en dit plus ici sur la guerre et va nettement plus loin dans la complexité de ses personnages que dans le très surestimé Full Métal Jacket. Tous ses personnages, pour autant abstraits qu’ils fussent n’en demeurent pas moins extrêmement humains en ceci qu’ils montrent à chaque fois, selon le contexte, différents aspects de leur personnalité, qu’on peut subtilement deviner dès le départ. Je pense notamment à l’officier qui d’un donneur d’ordre énergique va montrer à la fois son goût du pouvoir et de la crainte qu’il peut inspirer, comme sa notable incapacité à faire autre chose que donner des ordres justement. Le tout en montrant finalement un individu aussi perdu que les autres, confronté à ses proches lâchetés et impuissant à y remédier autrement que par le sacrifice des autres. Car ne l’oublions pas, comme le montre l’excellent Lolita, Kubrick est aussi le cinéaste de la perversité et de l’ambiguïté. Celui qui en très peu de plans et quelques dialogues éclairent ses sujets, comme ses personnages sous l’éclat cruel de l’homme, à la fois bourreau et victime. Qu’il s’agisse du jeune Alex d’Orange Mécanique, jouet lucide d’une société malade, du poète amoureux et malheureux de Lolita, petit monstre victime de sa passion, le voleur trop pressé de l’Ultime Razzia, ou ici d’hommes en uniforme perdus dans la barbarie. Kubrick traite tous ses personnages sous ces deux angles supposément opposés et qui se complètent tout à la fois. Ce n’est pas un cinéaste de la perversité comme pouvait l’être Hitchcock, mais un cinéaste qui intègre celle-ci dans son récit de sorte qu’elle le distorde, et nous convie à nos propres contradictions notre propre ambiguïté. L’érotisme et la sensualité s’invitant ici au point le plus pervers de son histoire, en quelque plan, et bien mieux que cette autre film surestimé (et ennuyeux) qu’est Eyes Wide Shut. Bref un concentré pur et sans tâche de tout ce que nous dira le réalisateur par la suite.

Leçon de cinéma

Il y a sur le net quantités d’amateurs qui se lancent, avec les moyens techniques fabuleux actuels, dans le tournage de courts. Les plus ambitieux tentent en général de copier les effets faramineux du cinéma geek américain actuel. Parodies ou spin off de la Guerre des étoiles ou de Matrix, ces cinéastes en herbe ne semblent vouloir montrer que leur capacité à bien imiter une machinerie milliardaire avec trois logiciels, une caméra et des amis. En gros des capacités de technicien et de réalisateur comme les désirent Hollywood, à la fois prolixes et pas chers. Capables de faire beaucoup avec peu, comme justement Iron Sky, ce petit bijoux d'économie et de drôlerie pondu en Finlande à ceci près que les finlandais avaient l’ambition d’avoir un propos là où la plupart ont l’ambition de montrer qu’eux aussi ils peuvent faire Hollywood à la maison. Si l’idée est d’être engagé par un studio pour intégrer une chaînes de montages derrière un écran, à fabriquer des micros effets pour rectifier la coiffure d’une vedette, l’idée est bonne. Kubrick ici montre qu’avec des dialogues soigneusement écrits (même s’ils sont bien entendu en soit très « intello ») et très peu de moyens. Un sens du cadrage et de la photographie précis, référencé et soigné. Avec un propos fort, et une volonté de ne pas s’inscrire autrement que dans un travail personnel, d’auteur, on pouvait largement faire sinon d’excellents films, du moins montrer toute sa richesse et ses capacités en tant que futur réalisateur de long à gros moyens ou non (rappelons que Reservoir Dog a coûté un million de dollars, la campagne publicitaire beaucoup plus…). Pour quelqu’un qui voudrait montrer qu’il y a encore des cinéastes en France et pas seulement des fils de famille et des journalistes geeks qui n’ont pas grand-chose à raconter, ce film est assurément à étudier sur toute les coutures.

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20 réactions


  • Sur Arte y avait un reportage marrant sur les signes (liés à Appollo, on disait que c’est Kubrick qui avait fait les films sur la lune ;..) et les incohérences spatiales, la moquette qui change de sens entre 2 plans, on retombe sur l’étage du dessous en restant ds les couloirs etc...
    Il y a qd même une pensée convenue chez Kubrick. Eyes Wide Shut n’ose pas....ça par ex :
     
    « Roger Holeindre, plus jeune résistant, accusant Jack Lang de pédophilie au Coral (Gard voir wikipedia) où un petit gamin noir a été retrouvé mort la tête dans un seau de merde et sodomisé. »  
     
    https://www.youtube.com/watch?v=J8qcb9gYNlY
     
    Orange mécanique, délinquant standards ... Full Metal Jacket contrition classique américaine sans msg politique... Barry Lindon des erreurs sociologique historique ... Lolita, pédophilie de bon ton bobo ... Spartacus std ...
     
    Devinez le film :
     
    Drogue au volant, excès de vitesse, insulte à agents, 200km/h sur le périph à contre sens, trafic de drogues, vol de la sécu, tel est le héros. Clichés consuméristes en veux tu en voilà, salle de bains de Seigneur, Maserati, Art et Décoration à tous les plans, jet privé avec champagne à volonté, yacht, aucune critique sociale tolérée, que de la diarrhée bien pensante consumériste qui flatte l’immigré héros et son bobo rassuré. Vous n’ avez pas encore reconnu ? Un peu de bumga bunga à la Berlu avec les masseuses asiatiques sur yacht capitaliste... Grand film pour des sexes poussant des caddies en écoutant du rap, espérant la Maserati capitaliste et les putes de la Caste ... démago pour lécheurs de culs du système et encenseur des abrutis dealers, forcément à grand succès au Benêtland ...
    Collusion classique, déjà dénoncée par Marx, entre le Capitalisme et le Lumpenprolétariat (le nègre du riche ... même pas en filigrane ...), le riche et l’ immigré contre le souchien présenté comme un débile aux entretiens d’ embauche ...ou un trouillard. Normal seul le souchien communiste ou nationaliste peut gêner le Seigneur Capitaliste, l’ immigré est son bon rappeur garde chiourme décérébré. La réalité crue en bobovision panégyrique.
     

     


    • pirate pirate 7 janvier 11:00

      @La Baudruche de l’ex-France soumise
      bonjour Bougon. cette légende urbae à propos de kubrick nous vient d’un faux docu dont le but initiale était de démontrer lepouvoir de l’image ; Comme beaucoup de réalisateur américain le rapport à la sexualité est souvent convenu et surtout puritain. Pour le reste je me défie de la boite à fantasme morbide des imaginations malades. Je n’ai pas lu le reste vous fatiguez pas.


    • @pirate
      Un indice : Le Seigneur Capitaliste et son garde chiourme colon sont ... encensés.
       
      Et pourtant c’est mieux comme propagande que le Juif Süss !
       
      « Un jardin d’enfants benêts, consacré à auto-exploration anale et à la robe de papa, voilà l’école progressiste. » Naïade Vagino Bécassine


    • mmbbb 7 janvier 12:04

      @pirate t inquètes je ne me fatigue pas a lire des artciles Du con pour rappel je ne lis pas tele Z va te faire soigner connard 


    • pirate pirate 7 janvier 12:09

      @mmbbb
      Ah bonjour Gilles de la Tourette. On drait ue mes trolls sont de sorties, c’est normal, ils n’ont pas de vie et c’est samedi. Alors. :

      A) je ne m’inquiète pas ontrairement à cette légende urbaine qui court das votre tête, je n’écrs pas pour vous.
      B)Vous préférez Télérama ? smiley


    • Pseudonyme Pseudonyme 7 janvier 13:03

      @pirate

      .....merde déjà samedi ! Merci du tuyau, je vais faire des courses !  smiley


    • keiser keiser 7 janvier 13:51

      @pirate
      Salut
      « est montrée ici dans une zone urbaine (la ville impériale de Hué dans le contexte de la guerre) »

      A propos de Full Metal Jacket, ce n’est vraiment pas mon préféré.
      Je pense que c’est surtout du fait qu’il a été tourné en Angleterre.
      Et pour un film censé se passer en Asie, la lumière british n’est pas ce qui se fait de mieux.
      Sans compter les palmiers qu’ils déplaçaient, comme dans « le Salaire de la peur » et les plantes en plastiques. 
      Bon, je pense qu’il n’a pas fait cela par hasard.
      Il se peut aussi que comme il n’aimait pas sortir, il a tourné au plus près de chez lui.
      mais le résultat final pour moi qui connait l’Asie, n’est pas représentatif de ces pays.
      Voila, c’était juste un petit rectificatif et je vais essayer de voir ce film que je ne connaissait pas, merci du renseignement.


    • mmbbb 7 janvier 14:31

      @pirate tu provoques tu affabules tu recois des coups Quant a ma tete elle n’est pas handicapee Les handicapes peuvent etre aussi salopes que le quidam normal Tu le prouves Quant a la Telerama je ne lis pas pas de bol et encore moins Libe et le Monde Toi tu peux les lire puisque que tu es dote « d’une intelligence cognitive »  C’est pour cela que je ne peux pas lires tes articles Il faut de faire soigner ta tete elle est vraiment pourrie . 


    • pirate pirate 7 janvier 14:42

      @mmbbb
      je reçois des coups quand ça ? smiley Gille de la Tourette mon adorable petit troll ne te dresse pas comme ça sur tes ergots ta vie je m’en fout.. Je ne lis pas Libé ni le Monde non plus ça tombe bien, c’est eux qui devraient me lire smiley okay à Noël prochain on t’offrira Télé 7 jours


  • laertes laertes 7 janvier 15:00

    Bon article sur Kubrick. Je suis d’accord avec vous ; eyes wide shut est l’un des plus mauvais films de Kubrick selon moi. Mais même ses « mauvais » films sont intéressants.
    Je pense que Fear and Desire et ses premiers films (Paths of Glory inclus) sont influencés par la photographie et sa priorité accordée aux plans. Mais chez Kubrick, comme chez Welles d’ailleurs, les plans sont travaillés pour renforcer un univers psychologique soit de la situation, soit du personnage (ou des deux). C’est pour cette raison que ses films semblent si stylisés en apparence. Dans le fond c’est davantage pour créer une atmosphère intrigante et mystérieuse , voir labyrinthique qui fait que ses films sont si excitants.


  • WALD 7 janvier 17:13

    Bonjour, 


    Cela fait plaisir de lire ici un article de cette qualité. Vous me donnez envie de rechercher fear and desire. Par contre, je ne partage pas votre avis sur Eyes Wide Shut.

  • velosolex velosolex 7 janvier 21:27

    Toujours très bien. C’est sûr et certain que Kubrick c’est du lourd, un grand maître ; dans les années 50 et 60 on s’en rendait moins compte, avant qu’il n’explose, tant la concurrence était forte. Ces années d’après guerre restent pour moi la quintessence du septième art. Le cinéma c’est vrai ne se prenait pas encore la tête, et surtout son public n’était pas composé que de teenagers, dans des salles archi combles....Des cinémas dans tous les patelins, et puis des gares, on l’on pouvait monter dans les trains qui arrivaient. Tiens ça me fait penser à « Un homme est passé », de Sturgess. Houston, aussi bien sûr, immense, mais tant d’autres, des cinéastes parfois de seconde zone payés au lance pierre, et qui vous faisant un chef d’oeuvre en 15 jours, dans ces petits bijoux qu’on a appelé plus tard « films noirs »..Fitzgerald qui eut une carrière de météorite alcoolique et finit comme scénariste payé au cachet à Hollywood parle très bien de ces productions, et de ce monde interlope, sur fond de dérision personnelle, dans « les souvenirs de Pat Hoby », pas très connu, et dont ne vous regretterez pas la lecture. 

    Il faut mettre « Ultime razzia » de Kubrick dans cette catégorie, une histoire de tueur embusqué qui doit descendre un cheval....Les scénarios de Kubrick sont souvent très étranges, et se comportent de façon insaisissable, comme des poupées gigognes qui révèlent toujours plus de sens cachés quand on les explore. Bien qu’il y ait toujours une histoire au premier degré, comme une portée musicale sur laquelle se perdent les digressions, et les hommes, que Kubrick prend un plaisir à maraboutiser, à leur planter des aiguilles vaudous dans tous les sens. 
    Les auteurs ne sont pas très satisfaits des adaptations. Anthony Burguess s’estimera trompé par l’adaptation d’orange mécanique, car il était clair pour lui que l’idée de cette oeuvre était de dénoncer la violence, et ses mécanismes. Quand à Stephen King, idem, il ne pardonnera pas l’adaptation de son roman « shinning ». . Peut être que les créateurs ne supportent les adaptations que quand elle n’arrivent pas à la hauteur et aux possibilités d’une oeuvre littéraire, le must pourrait on croire par rapport aux possibilités d’un film, étant à priori soumis davantage à l’épure, à la simplification
    . Kubrick fait partie de ces grands littéraires du cinéma, au même titre qu Antonioni, par exemple. Je pense à « Blow up », et « l’avventura » films eux aussi touffus, étranges, partant d’une base de départ assez simple pour se perdre dans des ramifications extraordinaires. 

    • pirate pirate 7 janvier 21:38

      @velosolex
      Je crois que Burguess en veut à Kubrick parce que comme vous le disiez il a gouroutisé la violence et aujourd’hui l’habit même d’alex est devenu iconique tout comme l’affiche, après c’est une histoire vécu pour l’un et un prétexte pour l’autre. Les réalisateurs américains dans leur majorité ont se tort de rendre la violence séduisante. Avec King c’est encore une fois que Kubrick se fiche du fond de l’histoire, la question des fantômes et du cimetière indien pour se concentrer sur la folie et construire un récit autour du concept même, le roman en soi n’est que porteur 1) à cause du récit 2) à cause du nom de son auteur


    • velosolex velosolex 7 janvier 21:56

      @pirate
      Kubrick a été bien au delà de king, ce que ce dernier ne lui a pas pardonné. Chef d’oeuvre absolu, à la croisée de plusieurs genres : On aurait tort de ne voir qu’un film fantastique, issu du scénario original. Le propos de Kubrick est bien de montrer que le monde des apparences est faux, et les relations, les interactions construit sur les dialogues ne délivrent que la partie émergée de l’iceberg. Toutefois je dirais que l’histoire du cimetière indien est comme un clin d’oeil au chamanisme, et à ce monde occulte, si loin de l’univers américain matérialiste, et qui revient aussi en temps que conscience refoulée.

       L’écrivain incarné par Nicholson, à priori solide, perd pied rapidement dans cet univers qui a plus d’imagination que lui, où l’invisible et la mémoire des lieux remonte comme les eaux balayant les couloirs de l’autel.
       Par contre, sa compagne, à priori plutôt faible, « femme-enfant » trouve des ressources insoupçonnées pour s’en sortir. C’est un thème obsessionnel chez l’auteur. Les états de crise ont ceci de particulier qu’ils révèlent les hommes à eux mêmes, et cet hôtel est un radeau de la méduse, avec ses requins, et même son capitaine Achab, baignant dans des courants contradictoires, où le passé et le présent ne font plus qu’un. Mais n’est ce pas là la préfiguration de la vraie vie, avec ces heures au cadran qui ne signifient rien. 

    • pirate pirate 7 janvier 22:00

      @velosolex
      comment y disent déjà les djeunz sur internet  ? +100000000000 smiley


  • Nowhere Man 7 janvier 22:50

    @l’auteur
    La guerre du Vietnam fut essentiellement urbaine. Kubrick ne s’est pas trompé.
    Les campagnes furent copieusement bombardées et arrosées de napalm, mais les affrontements se déroulèrent dans les villes. C’est moins cinégénique mais c’est ainsi.

    "En 65 La stratégie états-unienne s’est articulée autour de deux tactiques :

    1) Une tentative de punir le soutien nord-vietnamien au FLN et détruisant l’infrastructure du Vietnam du Nord par les bombardements aériens (Opération « Rolling Thunder », ce qui signifie « roulement de tonnerre »)

    2) Les missions « chercher et détruire » dans la campagne vietnamienne, en vue de punir les paysans pour leur soutien au FNL en détruisant des centaines de villages et en tentant d’imposer au FNL et à l’APL l’affrontement classique. L’objectif principal était d’infliger un maximum de victimes dans une guerre d’usure.Au cours de ces trois années de bombardements permanents l’opération « Rolling Thunder » a atteint son but, qui était de détruire l’essentiel de l’infrastructure nord-vietnamienne. Au moment où Johnson a annoncé la suspension des bombardements du Nord-Vietnam, le 31 mars 1968, les opérateurs états-uniens avaient du mal à trouver des objectifs à bombarder encore."


  • pirate pirate 7 janvier 23:11

    oui mais non, la guerre du Vietnam a notamment opéré un peu partout en dehors du fait que Giap s’est aperçu après l’échec du Têt qu’un échec sur le terrain pouvait être une victoire dans les médias, les américains avaient face à eux la question des tunnels, la stratégie du terrorisme et celle intraitable de la piste Ho Chi Minh. Même si les USA ne se sont pas fait abattre par l’armée de Giap, leur façon de se battre était inadapté au contexte notamment parce qu’ils étaient dans un pays montagneux, forestier, avec une société paysanne et légaliste.


  •  
    Aucun bobo de la gogoche ne peut comprendre Giap, c’est tautologique et anthropologique
     
    Bobo de la gogoche se laisse pousser les ongles car il se croit un mandarin... servi par des esclaves coolies migrants. Comme bobo Uleski.
     
    « Les américains nous ont combattus avec la science, nous, nous leurs avons fait la guerre scientifiquement » Général Giap
     


    • pirate pirate 8 janvier 12:06

      @La Baudruche négrière patronale verdie

      Bougon je sens à vos multiples pseudos que votre propension à dire n’importe quoi à toute occasion vous offre quelque péripétie avec la modération. Nonobstant je suis ravi de voir que vous ne savez toujours pas de quoi vous parlez, ni bien entendu à mon propos, borné que vous êtes par vos préjugés de médiocre mais j’augure que pour ce qui s’agit du général Giap ou de stratégie militaire vous êtes une bille de belle taille. Merci quand même de vous ridiculiser à toute occasion vous faites le bonheur de mes zygomatiques smiley


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