L’apocalypse serait donc prévue cette année.
Cette fois, ce n’est pas Paco Rabanne qui l’affirme mais une bande de joyeux drilles qui n’a pas trouvé mieux que de nous sortir un comput mexicain de derrière les fagots. Cette calculette exotique nous donnerait avec précision la date butoir du grand basculement (soit le 21 décembre 2012) à partir duquel typhons, raz-de-marée, éruptions volcaniques, retournement des axes polaires, continents engloutis et autres réjouissances auraient lieu avant l’anéantissement total de l’humanité. Le programme est en vente libre sur tous les bons sites ésotériques du Web et l’on y trouve un luxe de détails qu’il serait prudent, si vous êtes un adulte responsable, de prendre en considération.
Au prochain solstice d’hiver, the place to be est résolument au pic de Bugarach. Aux dernières nouvelles, le point culminant du massif des Corbières abriterait une base extraterrestre susceptible de vous retrancher, vous et votre famille, des cataclysmes qui s’abattront sur notre planète [1]. Hébergés par des survivants de l’Atlantide dans une soucoupe volante (voire, selon certaines sources, par des Mayas galactiques [2]), vous aurez le loisir de méditer sur l’idée fixe de David Vincent ou les thèses des frères Bogdanov. Si vous étiez, enfant, amateur de bastons cosmiques aux rayons laser, 2012 devrait vous ravir ; par comparaison, Dark Vador s’appellera cul-cul-la-praline. Les aliens avaient autrefois le bon goût de nous épargner ; la fin du monde n’appartenait qu’aux comics, à la littérature SF et aux superproductions en technicolor des vacances scolaires. Mais cette année, on innove. Inutile de se pelotonner sous les draps pour se soustraire aux attaques de monstres nocturnes, inutile de mettre en rewind la scène du film où tout explose, là, une seule et unique prise, 100% interactive, sera offerte sans lunettes spéciales. Nostradamus le garantit et même l’horoscope babylonien. C’est dire si l’on ne rigole plus. Entre l’astre Nibiru, avatar du dieu Marduk, qui devrait défoncer la planète Terre dans le courant de cette année et le pétulant François Hollande, élu président de la République par l’énergie du désespoir, il va falloir parer au plus atroce. Et ne comptez pas sur un éventuel lot de consolation.
« Les Français sont les champions du pessimisme » : les instituts de sondage colportent cette idée, répétée à l’encan sans la moindre preuve scientifique, des nano-enquêtes sur des micro-panels servant à valider cet étrange théorème. En décembre prochain, après l’apocalypse, un miraculé d’Ipsos ou de la Sofres, toujours possédé par le démon du marketing, surgira probablement des ruines de sa boutique et décrètera, dans une irrépressible pulsion, que les Français sont ramollis du genou ou chatouilleux des pieds. Un nouvel axiome se mettra alors en place et, homologué par l’air ambiant, deviendra une vérité incontestable. Le pessimisme des Français rejoindra dans l'inconscient la force des Turcs ou la connerie des balais et traversera de nouvelles générations. Il n’empêche que la fin du monde n’a pas été promulguée par des Français et que, selon des gens bien informés, l’OVNI de la rédemption se trouverait en France, quelque part dans le Midi. Alors, pouët-pouët camembert : si l’on est pessimiste, on a aussi de l’espoir.
Une question, cependant, me taraude : le monde étant ce qu’il est, mérite-t-il d’être sauvé ? Si ma nationalité m’oblige à répondre « non », ma conscience universelle m’incite à opiner du chef. Parce que dans la vie, il n’y a pas que des choses moches. Doug, par exemple, un corniaud abandonné dont l’absurde laideur a fait le tour du monde, est une boule d’amour de chien qui fait la joie de sa nouvelle famille. Le sémillant budwig [3] qui, une fois préparé, ressemble à un paquet de vomi, est une mixture dont les bienfaits vous ressusciteraient un mort. Et que dire de la tête de veau gribiche, du boudin créole ou du bon Vieux Boulogne [4] - triomphe de la puanteur - qui réjouissent les papilles les plus exigeantes ? Et les prodiges de la nature ? Cette petite larve poilue, par exemple, qui rampe sur une branche de fenouil en y laissant une traînée glaireuse ne cache-t-elle pas, en fin de compte, un majestueux papillon ?
Justement, les papillons. Dans les années cinquante vivait à Paris un homme singulier qui naviguait sans complexes dans les profondeurs sidérales du cosmos, proposant à ses pareils d’en goûter les promesses s’ils se ralliaient à sa confrérie. Robert Stern – qui se faisait appeler l’Ange Cyclamen par ses recrues – se flattait d’avoir été choisi par le Seigneur pour sauver le monde par la tendresse. L’objectif de sa mission était d’encourager les hommes à trouver l’âme-sœur afin que, raccordés par un même élan amoureux, ils puissent se transformer en papillons et s’envoler au firmament. Une armada d’anges (14 000 en tout) devaient les accueillir pour des noces éternelles dans leur nouvelle demeure - un astre invisible baptisé Cyclamen, ellipse aux sept soleils de la couleur du spectre flottant au large de Vénus, couvert de plantes mauves de 200 mètres de hauteur et situé à quelques 110 999 889 kilomètres de la Terre. Si aucune recherche astronomique n’est venue corroborer l’existence de cette planète du bonheur, le sage affirmait néanmoins pouvoir l’atteindre en 5 minutes et 23 secondes [5], agissant ainsi comme navette messagère entre l’homme et sa métamorphose, entre la Terre, usine à fabriquer de futurs anges et Cyclamen, repos céleste de la transformation achevée. Cette mue devait permettre à l’humanité de survivre à la fin du monde et de lui donner enfin un sens, tout d’amour et de concorde, vers une société mature – et éthérique - libérée de la méchanceté. La tendresse – ou quelque chose de similaire – serait le bouclier contre la déchéance et l’irréversible dégringolade humaines à condition : primo, d’avoir la main légère sur le sel (catalyseur de hargne et de malveillance) ; secundo, de traquer sans relâche son ou sa dulcinée ; tertio, de sensibiliser les autorités compétentes à l’immense bénéfice que pouvait susciter l’apaisement du monde, ou mieux, sa béatitude complète.
http://blog.sonuma.be/lange-cyclamen/
L’Ange Cyclamen et son escouade joignaient l’acte à la parole en battant le pavé parisien, distribuant aux passants tracts et précieux conseils : « Filez le coton ! Mes enfants, filez le coton ! », et encourageaient l’ONU à une prise de conscience sur l’urgente nécessité à passer de l’état de chenille à celui de papillon. Une leçon inaugurale de leur « Ecole de Tendresse » précisait les modalités du processus par le biais de conférences de presse, porte-à-porte, rassemblements dans la rue, diffusion de grigris à l’effigie de la doctrine France Absolutiste (ou « vérité suprême de l’amour »), pour hâter la fusion des corps, des esprits et des sentiments. Survie, sauvetage, délivrance et exode vers la planète heureuse formaient les maîtres-mots de leurs harangues où l’amour, au centre de tout mouvement ascendant, représentait le seul moyen de parvenir à quelque chose de vivable. Rien de bien nouveau sous le soleil, me direz-vous, la secte de l’Ange Cyclamen étant juste une variante ufologique du salut chrétien. Alors, à ce stade, le bon sens nous titille sur la question qui tue : qui, de Robert Stern ou de Jésus de Nazareth, est plus branquignol que l’autre ?
Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Si l’un est un doux dingue sans conséquence, l’autre est un va-t-en-guerre lucide qui, depuis deux mille ans, s’est laissé tondre la laine sur le dos. La machinerie a mouliné l’un des plus grands rebelles de tous les temps pour en faire un sirop, soit trop sucré soit trop collant. Et si Jésus, mon idole, était du genre déraisonnable, il est à parier que l’ange Bébert ne faisait frémir que les bigotes de son quartier. Mais leur message participe du même élan : monter d’un cran au-dessus du gorille, prendre sur soi, partager la soupe et être sympa (grosso modo et avec mille guillemets) en sachant qu’on y perdra toujours des plumes. N’oublions pas également que la dimension mystique de leur démarche respective possède infiniment plus de profondeur, de sublime et d’héroïsme qu’une quelconque servilité religieuse, acquise et confortable. La Grâce appelle les âmes libres et ardentes ; on n’y vient pas chercher son ticket numéroté, comme à la préfecture.
Le conjungo ultime de Cyclamen Stern serait plutôt un fabliau de pouponnière à côté des super biscottos évangéliques, mais il a le mérite de vouloir sauver le monde et d’y mettre de la bonne volonté. Je ne vois d’ailleurs pas ce que je pourrais reprocher à un type dont l’unique ambition est de trouver l’amour de sa vie et d’inciter les autres à en faire autant. Je le trouve même courageux, le gourou, d’insister sur la tendresse, l’affection, la chasteté et le bonheur, à l’heure où cinquante ans plus tard, j’apprends, effarée, que dans une station de ski de ma connaissance, une boîte échangiste élégamment nommée « La Trace Blanche » va bientôt ouvrir ses portes aux vacanciers d’hiver. Cette nouvelle me pousse à espérer le décollage d’autres rêveurs comme lui, qui parlent d’amour, de papillons et de planètes multicolores à la veillée des chaumières au lieu de nous bourrer le mou d’accessoires porno vendus en réunion Tupperware par des mères de famille affranchies (de quoi, au juste ?) « parce que y’a pas d’mal à s’faire plaisir » nous dit Jessica, un bambin sur les genoux, en examinant une culotte vibrante à 80 euros. Monter d’un cran…
Moi, j’ai envie que le monde soit sauvé. D’abord parce que j’ai des projets pour le reste de ma vie et que ça me chiffonnerait d’y mettre un mouchoir dessus, ensuite parce qu’il y a beaucoup de travail à abattre avant d’atteindre une véritable stature humaine. Et ne serait-il pas irresponsable de laisser ce chantier en plan ? Alors, PO-SI-TI-VONS : dépasser le stade de la culotte vibrante ne devrait pas poser de problème. Certes, je suis optimiste – cela fait juste 2 500 000 ans qu’elle nous rend complètement fous (comme le sparadrap sur le doigt du capitaine Haddock) mais tout de même, nous pouvons encore tabler sur l’espérance, et sur l’envie d’espérer. Sur la foi et la charité aussi. Et sur Robert Stern qui a dû rejoindre, d’un coup d’ailes scintillantes, les Chérubins et les Trônes au plus haut des cieux.
[1] ARGOUN, J. d’, Révélation sur le Mont Bugarach, Chante Merle, 2006.
[2] ARGÜELLES, J., The Mayan Factor : Path beyond Technology, Inner Traditions Bear & Company, 1987.
[3] Je tiens la recette d’un proche (qui préfère garder l’anonymat de peur de passer pour un beatnik) ; le budwig ou « crème de cent ans » inventé en Suisse par le Dr Budwig et diffusé par le Dr Kousmine est une bouillie bio constituée de céréales, de fruits, de yaourt, de graines moulues et d’huile de lin.
[4] Elu « France’s smelliest cheese » (2004) par l’université de Cranfield, Bedfordshire : http://www.telegraph.co.uk/news/ukn...
[5] BRETON, G., Les nuits secrètes de Paris, Crémille, 1970.
Photographie : REDON, O., Vieil ange, XIXe siècle, pastel et fusain sur papier, 51 x 36 cm, Musée du Petit Palais, Paris ;
Bonjour Sandrine
Onfray et le pessimisme, voici ce qu’il en pense , ICI
Et en 2012 , rejoignez tous le club des irréductibles optimistes .... !
Est pessimiste celui qui se livre sans fin à la valse du désordre de sa pensée ;-)
Parfois cela donne des philosophes ICI , sinon des passions tristes ;-)
Et ça va swinguer, Antoine, c’est moi qui vous le dis !
Et si la fin du monde avait déjà eu lieu, sans qu’on s’en rende compte. D’où cette légère distorsion qu’on sent, entre d’un côté cette petite chose tenace qui vibre en nous, et de l’autre un spectacle quotidien d’affres et de turpitudes en tous genres.
Bonjour Sabine,
"L’enfer, c’est ici" a dit un philosophe inspiré. Et il est vrai que le spectacle du monde n’a rien de paradisiaque.
Je vous rejoins : mon intelligence émotionnelle oscille constamment entre l’attrait puissant de la lumière et la désolation de l’ici et maintenant. Avec une légère pointe de dérision en plus. Et l’envie fréquente de rire devant l’absurdité qui nous entoure.
Et si la vie n’était simplement qu’un purgatoire, un défouloir où libérer la brutasse qui sommeille en nous et ce, pour évoluer plus léger vers autre chose ? Je ne sais pas, moi, passer de l’Homo Sapiens Sapiens à l’Homo Perfectus par exemple ? Nous faut-il encore 3 millions d’années supplémentaires pour y arriver ?
L’espoir fait vivre.
;-)
Buongiorno,
C’est là qu’on vit : entre le besoin vital de lumière et de pureté et la constation amère des turpitudes. La fin du monde a eu lieu (c’est pas la peine de sauter dans la première soucoupe qui passe), mais il continue en nous. L’humour, ah l’humour. Une sacrée porte de sortie.
Bonjour Sandrine,
En ce début de siècle, les millénarismes, princes apocalyptiques font leurs études de marché et rameutent l’éventuel chaland, because, business is business. Cependant, nul ne peut ignorer la déconfiture actuelle et exponentielle des valeurs humaines. Notre comportement vis-à-vis de notre environnement est une insulte à la vie et à intelligence. La conscience générale se nourrit des consciences individuelles et si l’on regarde autour de nous, ce n’est pas très beau à voir. Individualisme, égoïsme, sectarisme et culte de la personnalité à tous les étages sont prôner en boucle par ceux qui sont sensés montrer l’exemple, gouverner. Sauver le monde par la tendresse, belle idée, message universel de nombreux prophètes dont le Nazaréen, est sans doute la seule alternative. Ordonnance et remède unique applicable immédiatement : « Agit avec les autres comme tu aimerais qu’ils agissent avec toi ». A la question, le monde mérite il d’être sauver ? Je vous répondrais par une citation d’Hemingway : « Le monde est un endroit merveilleux et il faut tout faire pour le sauver … » Je suis d’accord avec la deuxième partie de la citation. Comme d’habitude ce fut un plaisir de vous lire, votre texte est joliment écrit et les pointes d’humour qui le jalonne apportent sourires et détente.
Merci Gabriel.
On dit que l’optimiste est un imbécile.
Vu le foutoir dans lequel l’intelligence nous a menés, j’assume de ne plus m’aventurer au-delà de ma crétinerie. J’y trouve une douceur suave qui convient parfaitement aux limites de mes synapses. Et vous savez quoi ? C’est régénérant.
Au plaisir de vous lire !
"Vu le foutoir dans lequel l’intelligence nous a menés, j’assume de ne plus m’aventurer au-delà de ma crétinerie."
J’adore !
En plus qu’est-ce que c’est bon d’être bête !
On est vendredi 13 aujourd’hui, un article qui tombe bien...
Saperlipopette ! vendredi 13 ! Je ne l’avais même pas relevé !
Avec un cierge à l’ange Cyclamen et l’humeur "révolution (de velours) permanente", on devrait s’en tirer... à condition toutefois de ne pas trop forcer sur le budwig, un peu lourd au décollage...
Excellent texte, tellement vrai, et qui rejoint totalement ma pensée (à part peut être la culotte vibrante sur laquelle je n’ai guère d’opinion ?
)
Harfang, croyez-moi, vous devriez sérieusement réfléchir à ce concept de culotte vibrante. Cela n’a rien d’anodin pour l’évolution de l’humanité. Elle pourrait en faire un virage à 80.
;-)
Bonjour,
J’aime beaucoup votre article, Sandrine, très bien écrit, et décalé comme je les aime, avec des petits instantanés de vie sympas comme tout ! 
Merci donc.
Bonjour Valérianne,
Je prends deux pilules de votre prénom chaque soir avant de m’endormir. J’y rajoute aussi un peu de passiflore. Cela me permet, la nuit, de folâtrer en toute quiétude au milieu des pâquerettes. C’est assez cool, je dois dire.
Et votre plaisir est le mien. Merci.
Bonjour l’auteur,
Bel article, humour et sérieux à la fois, avec un bon message d’espoir. Il en faut !
2012 année de l’Apocalypse comme vous dites, mais sans prendre cela réellement, peut être devrait on y voir quelque chose de plus symbolique. Nous savons tous que beaucoup de chose ne vont pas dans ce monde, peut être faudrait il faire sa propre introspection pour que lumière soit faite sur de nombreux évènements ... http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/lumiere-et-verite-107919?debut_forums=0#forum3179849
Cordialement
En effet, Maurice, mais j’attire tout de même votre attention sur l’immense portée du 21.12.2012. Avez-vous remarqué que la somme de ces chiffres égale 11 ? Hasard ou réalité scientifique ?
Je vous laisse méditer sur cette bombe...
http://fr.wikipedia.org/wiki/11_%28nombre%29
;-)
Bonjour Sandrine L.
A la bourse des sentiments, la tendresse est à la hausse !
Si vous en trouvez quelque part, j’achète tout.
Du pessisimisme, il y en a, à revendre !
Tout le monde vend. L’action a tellement chuté qu’on rince gratis. Spéculer sur la tendresse, c’est mieux, mais c’est plus cher !
On se contentera de l’espoir. Comme disait mon grand père, faute de grives, on mange des merles.
Bonjour Vipère,
Et si l’on mangeait juste les oiseaux de mauvais augure ? Cela suffirait déjà à nous rendre plus heureux.
Bien à vous.
Bonjour Sandrine et bravo comme d’hab !
N’oubliez jamais que l’espérance est une des vertus majeures prônée par le branquignol de Nazareth !
Bonjour Furax,
En bonne chrétienne, j’ai mes vertus théologales tellement fichées en tête que la foi et l’espérance en sont devenues une seconde nature.
Mais comme toujours, la charité coince.
Il fallait vraiment être archi-dingue comme Jésus pour nous proposer ce deal.
Et vraiment super zinzins comme nous, chrétiens, pour en accepter les conditions.
Un petit texte qui pourrait vous plaire :
.
« Qu’est ce que l’Apocalypse ? Un chant de catastrophe ?
Pas du tout : un poème de triomphe, l’affirmation de la victoire des justes et le chant délirant du règne final de la plénitude… La fin du monde est la fin de ce monde, c’est à dire, somme toute, la fin de notre misère…Aussi, voyez comment réagissent les hommes de l’an 1000… Le Royaume de Dieu approche ? Soyons-en dignes dès maintenant. Bien mieux devançons le….
Dès maintenant, pensent-ils, parmi nous, il faut insérer la paix de Dieu… Loin de s’affaisser, l’activité de ces hommes possédés par la conviction d’une fin prochaine de la cité terrestre en reçoit au contraire une sorte de coup de fouet.
Henri Pirenne souligne l’ « optimisme » et le « sursaut d’énergie » qui marque ce début du XIème siècle et son contraste avec les années précédentes. La population augmente, la vie économique reprend, de nombreux monastères sont fondés. La grande période de construction des églises commence quelques années avant l’an 1000… On voit ici que la véritable espérance chrétienne n’est pas évasion. L’espoir de l’au-delà éveille immédiatement la volonté d’organiser l’en deçà.…
S’il y a dans l’Apocalypse un indice sur l’avenir du monde, il nous est donné dans la perspective d’un millénium, d’une longue phase historique secrète mêlée à l’histoire, où la loi nouvelle s’incruste progressivement dans les institutions collectives de l’humanité. Il oriente donc vers l’idée d’un développement spirituel continu, bien que sinueux, ambigu et disputé, plutôt que d’une chute progressive de l’Histoire dans la malédiction ».
Emmanuel Mounier. La petite peur du XX ème siècle."
En même temps "bien que sinueux..."
Ce texte confirme ce dont j’essaie de me convaincre, malgré tout.
Le charme d’Emmanuel Mounier : être un mec cool en toute circonstance.
Non seulement, il a toujours su dialoguer chaleureusement avec les autres confessions mais je découvre à l’instant qu’il validait avant l’heure tous les postulats New Age !
Et le "bien que sinueux" lui laisse une marge d’erreur relativement confortable... mais cependant pleine d’espérance !
:-)
ah tu lis Henri Pirenne ?
Je fus en classe avec son petit - fils....
@ l’auteur,
Voui, voui.
La tendresse, je ne sais pas, c’est un objet que j’ai peu rencontré. Peu reçu, donc peu donné.
En revanche, si la fin du monde est proche (j’ai du mal à l’écrire sans rire), tout ne serait pas négatif. Ce serait, par exemple, une excellente occasion :
-de rouler à 190 km/h sur autoroute, la nuit, en écoutant Bruce Springsteen
-de s’ébattre sans capote et en toute liberté avec qui bon vous semble et partage votre avis
-de deviser gravement - ou non- avec force Vosnes Romanée et Châteaux Yquem avec les amis qui nous restent, sans craindre la maréchaussée et le cholestérol
-d’abuser des andouillettes AAAAA, qu’elles viennent de chez Moodis ou de chez Duval
- d’enfin pouvoir dire "je vous pisse au fondement", Monsieur (Madame) le (la) Directeur (trice) Général (le)
Voyez ?
Plus sérieusement, comme l’intéret général n’est qu’une chimère (il n’y a qu’une juxtaposition d’intérêts particuliers, souvent divergents, toujours illogiques, au sens où dans la méme journée, mon intéret peut étre de suivre tel intéret général ou particuliers, et le soir méme l’inverse, seoln que je suis piéton ou cycliste le matin et automobiliste le soir, par exemple), la fin du monde ne veut rien dire.
Comme Camus disait "n’attendez pas le jugement dernier, il a lieu tous les jours". Je crois que tout individu, même brillant et avisé, ne peut concevoir que la fin de son propre monde, savoir sa mort. Celle-là est certaine, programmée, elle empeste votre vie quotidienne (fais pas ci, fait pas ça, économise toi pour durer, etc).
Pour l’individu, seul sa propre mort compte et peut s’imaginer, à l’aide des nombreux exemple qui jalaonnent la vie d’un homme à mesure qu’il viellit un peu. La fin de "son monde".
La fin du monde, c’est la fin de son monde, pour chacun, à des dates naturellement différentes.
Demandez au cancéreux de Villejuif ce qu’il pense de la dette souveraine, du triple A ou de Mélenchon...
La fin "du" monde, ça n’existe pas, c’est abstrait, cela ne peut se concevoir, commele concept "les gens". Donc, on s’en fout.
Du reste, si un choc frontal avec je ne sais quelle méga-météorite survenait, qui surviverait pour désigner les justes, qui serait encore là pour faire le constat amiable ?
Et surtout, pourquoi faire un constat ?
"Hein ? Alors bon, je vous en prie", comme disait Desproges.
PS : sinon, j’aime bien
C’est vrai qu’on s’en fout, Saturne. Mais un peu de nouveauté et d’inattendu uraniens mettraient de l’ambiance dans cette partie-ci du globe qui, repue et désabusée, commence à s’ennuyer ferme.
Ceci dit, je signe tout de suite pour un débat sur n’importe quoi autour d’une bouteille de Vosne Romanée Conti.
"Ceci dit, je signe tout de suite pour un débat sur n’importe quoi autour d’une bouteille de Vosne Romanée Conti."
Comme vous y allez ! La dernière fois que j’ai vu une bouteille de Romanée Conti, son prix tournait au alentour de 8000€. Donc, si vous m’invitez à votre débat (moi aussi, je me fous du sujet, dans ce cas-là), j’apporte les chouquettes et vous, la bouteille ! (Au motif que : "De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins" !! :-)) :-)) )
... (suite)
J’aime bien le commentaire pertinent de Sabine, voulais-je dire.
"Peu reçu, donc peu donné." Ca, je comprends et mesure :-)
Aussi, si c’était le grand badaboum incessamment sous peu, ça serait enfin l’occasion pour chacun de se laisser aller à sa folie personnelle et libératrice, au mépris de toutes les conventions qui la brident. Oh bullshit, j’ai presque envie que ça arrive finalement.
Article amusant, donc grave.
D’accord avec Saturne, qui le replace dans la bonne dimension.
Je ne voudrais pas faire mon Shakespeare, mais :
"la vie est une histoire racontée par un idiot à un sourd, pleine de bruit et de fureur
et qui ne signifie rien". ( Mac Beth)
Alors, pourquoi pas la fin du monde ?
Pourquoi pas la culotte vibrante ?
Pourquoi pas le Nuit St Georges ? (qui a ma préférence, je le signale à l’auteur et à PhilVitte, surtout en cas de Nuit sans Georges...)
C’est important, les objets.
Vialatte ( que ça n’a pas sauvé), ne disait-il pas :
"L’homme n’est que poussière. C’est dire l’importance du plumeau".
Sandro,
"Et c’est ainsi qu’Allah est grand"...
Ou encore :
"Dieu a crée le chat pour que l’homme puisse caresser le tigre".
Je vous laisse, j’ai ma chatte Elvire à aller caresser.
PS : Sabine a raison, c’est un beau fil. Il n’y en a plus tant, ici.
Bonjour,
Bel article qui donne plaisir à lire.
J’en suis resté au stade primitif (pour ne pas dire primaire) de me demander de quoi le monde est fait. Expression commode et vague souvent utilisée en politique, en économie, en morale, en philosophie, en sciences, ce fameux monde contient trop d’dées différentes pour se contenter de l’article singulier (et masculin). Le monde donc, suivant la définition de l’un ou l’autre.
Montaigne, ce grand sceptique, ne disait-il pas : "le monde est une branloire pérenne".
Quant à sauver tous ces mondes-là, en est-il besoin ? Pour quoi faire ? Question trop épineuse pour moi.
Je préfère ceux qui s’attaquent à une tâche autrement plus ardue, mais aussi imprécise, sauver les gens de la bêtise. Autre gageure.
Et puis, soyons optimistes (à défaut d’autre chose). L’espérance est la fontaine du bonheur. Monde ou pas, cela est bien dit, mais cultivons notre jardin ; (hou, l’égoïste !).
Bonjour Jason,
Il n’y a pas à tortiller, on n’est jamais déçu avec Montaigne.
Merci pour votre petit mot.
Bien à vous.
Z’êtes quand même pénible, Sandrine, avec votre espoir et votre espérance !
On vous propose de vivre un truc extraordinaire, un truc qu’aucun humain n’a jamais vécu et qu’aucun humain ne vivra plus après nous : LA FIN DU MONDE ! Et vous, vous faites la fine bouche, genre j’ai encore deux ou trois petits trucs que j’aimerais bien faire avant... et puis je voudrais bien dépasser d’abord le stade de la culotte vibrante... et puis j’ai encore douze épisodes de Julie Lescaut à voir...et puis... et patati et patata. Non mais ça va pas bien ? LA FIN DU MONDE ! Certes c’est un one shot, mais un one shot de première ! Du jamais, jamais vu !
Bon ben voilà, vous m’avez bousillé ma journée avec votre espérance,votre amour et votre tendresse !
Mais je vous pardonne, juste pour "pouët-pouët camembert" que j’ai imaginé accompagné du petit geste de la main qui va bien et qui m’a bien plu quand même. 
sue père fille-ci con tue noues tien tout hait Jo lit
Dom y Loulou,
J’ai dû avaler un acide pour me mettre au diapason de psychédélisme naturel. Et je suis contente : j’ai tout pigé !
Mais quand même, prenez soin de vous.
Ouais, je sais PhilVite, je suis rabat-joie mais j’avoue qu’in petto, je sens un peu la frustration poindre à l’idée de ne pas être aux premières loges et d’assister en 4D à Armaggedon - avec effets spéciaux de la BUF Compagnie, couleurs hyper-saturées, perceptions tactiles et tout le tremblement.
Va falloir que je trouve un compromis pour en être sans y être.
Vous me faites douter, là...
:-)
Non, non, Sandrine, il faudra vous y faire, ce genre de chose, ça se vit à 100%. Aucun spectateur ne sera admis, que des acteurs très très concernés !
Mais plaisanterie mise à part, si on me laissait le choix entre vivre le grand chambardement définitif et poursuivre gentiment ma vie, même avec toutes ses péripéties présentes et à venir, je signerais sans hésiter pour le feu d’artifice final. Par curiosité d’abord, et pour l’occasion de vivre enfin un "carpe diem" véritable. Vous imaginez ? Pouvoir dire "rien à foutre de demain" pour la bonne et simple raison qu’il n’y aura pas de demain. Pour personne ! Quel pieds !
Bon ben maintenant atterrissons, j’ai reçu une enveloppe des impôts. Faut que je l’ouvre...
(Sinon, c’est quoi comme acide, ce que vous prenez, parce que moi j’ai du mal à décoder les messages explicites et implicites de Dom y Loulou ?)
Je vous conseille les mini-champignons à tête pointue (dans toute bonne bouse de vache qui se respecte) avant d’en goûter à de plus ronds, de plus grands, de plus atomiques.
Finalement je peux parfaitement accepter l’idée de ne pas comprendre... :-))
Attention, les champignons atomiques sont de mauvais candidats pour nous faire une grandiose fin du monde. Ils salopent le boulot, c’est ni fait ni à faire. Et après y’a des créatures toutes tordues et toutes bizarres qui apparaissent. Beurk, pas bon le champignon atomique ! J’en veux pas, merci bien ! Je vous laisse ma part. Non, ne me remerciez pas ! :-))
Étymologiquement, le mot apocalypse est la transcription d’un terme grec (ἀποκάλυψις / apokálupsis) signifiant « mise à nu », « enlèvement du voile » ou « révélation ».
Rien à voir avec la destruction ou la mort.
En effet.
:-)
"Adam et Eve virent qu’ ils étaient nus, ils eurent honte et se vêtirent."
La nudité est celle du coeur.
Quand Adam (l’ Homme au sens générique, Dieu immanent, incarné, le "Ciel" intérieur) féconde Eve (mental, qui donne la connaisance (fruit) "je suis" (Descartes)) de sa lumière, celle-ci devient Marie, la nouvelle Eve : fécondation virginale : et fait naître l’ "enfant de lumière" -le "fils de l’ Homme"- dans l’ étable délabrée de l’ intériorité.
La "fin du monde" est nouvelle naissance.
Qu’ il entende qui a des oreilles pour entendre : "le royaume des cieux voici qu’ il est au-dedans de vous".
L’éléphant, à 6 secondes près ; le serpent, à 23 secondes près ; le gnou, à 2 minutes près, je parviens à prédire assez justement ce qu’ils vont faire, en termes de déplacement, ce qu’il y a de plus visible chez une bestiole.
Mais pour le papillon, j’ai beau passer au dixième de seconde, j’échoue à prédire sa trajectoire.
Tout juste puis-je poser qu’il évolue principalement en milieu floral, où il peut être nécessaire de rappeler que toutes les fleurs ne sentent pas la rose et qu’on peut le voir parfaitement immobile posé sur la fraise violacée de Fernand, écroulé ivre mort sur le chemin vers son arbre à pipi. Fernand, c’est deux heures d’avance que je sais comment et vers quoi il va bouger, ce qu’il va faire, ce qui remplit sa pensée.
Bien que je puisse dire ne plus m’étonner qu’il m’étonne, le papillon m’étonne.
Et de tous les AVoxiens, dont il faut préciser que certains sont aussi prévisibles qu’une Prim’Hostein ou qu’une boîte à prout, Sandrine Lagorce est certainement celle qui bouge le plus comme un papillon. Je ne sais pas s’il y en a qui sont capables de prédire ce qu’elle va nous faire comme prochain dessin mais moi, j’en suis incapable.
Je veux bien considérer qu’il n’est pas trop humiliant d’être infoutu de prévoir le circuit d’un lépidoptère tant je suis nintelligent, mais je trouve très lamentable d’échouer à prévoir quoi que ce soit d’une créature dont je suis censé être le cousin.
Bah, je me console en me disant qu’elle est complètement folle. (Que ceux qui lui rapportent ça soit maudits sur mille générations. Ce qui est, au seuil du prochain décembre, vous en conviendrez, géoptimiste)
Faute d’être capable de saisir la religion de son mouvement, essayons au moins d’épingler la bestiole, de la fixer comme disent ceux qui se résolvent à cette ultime solution.
En guise d’épingle, utilisons celle du sérieux. Rien de tel pour pétrifier celle qui se croit le droit de changer d’humeur tous les millionièmes de seconde.
Prenons-la au mot. Elle les a écrits, ha ha ha, on peut donc lui en faire procès.
Vous là, Sandrine là, vous commencez avec "Sauver le monde par la tendresse"
Difficile de faire plus sophiste.
Car il faudrait, en bon principe euclidien, démontrer d’abord que le monde est à sauver. Il faudrait donc au moins commencer par définir ce qu’est ce monde en question, puis en quoi il serait en train de disparaître, enfin en quoi ce serait dommage, même d’un point de vue universel ou absolu.
Faute de ces préalables minimaux, chacun pourrait, comme vous, inventer quand ça le démange, quelque urgence imposant à nos pensées la nécessité d’une réaction immédiate et proposer alors quelque solution ou virage. Et de nous envoyer en plein décor quand il suffisait sans doute de poursuivre tout droit.
Point besoin d’avocat, votre cause est entendue, pour avoir inventé un drame, pour nous avoir fait peur pour rien et nous avoir incité à rechercher une solution là où n’y a pas de problème particulier, vous êtes condamnée à être fixée.
Pin up.
Procès fait, la Jeanne brûlée, sur la tendresse, j’ai deux trois petites choses à dire.
Il m’est apparu possible de l’exercer religieusement et quasiment à tout propos.
Alors que chacun va vite à croire qu’elle ne s’exerce éventuellement que sur lit de pâquerettes, elle peut se pratiquer quasiment partout.
Je ne vois guère que le contexte de guerre pour limiter son espace, et encore...
Par exemple, en tant que patron, que ce soit d’une menuiserie, d’un restaurant ou d’un piano bar, il est possible de faire preuve de tendresse tant avec ses clients qu’avec son personnel.
Beaucoup de métiers comportent des phases physiquement dures ou pénibles, que ce soit dans une mine, dans un atelier de confection ou sur un navire de pêche. Sans aucun doute, dans bien des métiers où l’on produit de véritables biens, le corps est malmené.
On pourrait donc en déduire que dans ces contextes, le corps étant à la souffrance, la tendresse n’a pas sa place.
Mais ce n’est pas aussi simple. Il faut regarder de près en quoi consiste la tendresse.
Dans un câlin d’amoureux, la tendresse consiste à ce que chacun fasse de sorte à ce qu’in fine, les deux ressentent des caresses, rien que des caresses, physiques, verbales et psychologiques.
Dans le travail, la tendresse peut exister mais selon une autre liturgie. Dans le travail, manifester de la tendresse consiste à absorber soi-même toute la souffrance que ce travail exige pour que les conditions de l’autre soient plus douces.
Vous m’avez déjà compris mais comme cette vision vous est probablement inédite, je vais en fournir des exemples.
Prenons deux amoureux. Les voilà sur le fameux tapis de pâquerettes. Alors qu’a priori, chacun irait à oeuvrer afin que tous les deux se sentent dans du coton, l’un des deux prend le parti de s’allonger ici sur un chardon, là sur un caillou, de contorsionner son corps de sorte à en faire un hamac doux, confortable et chaud pour l’autre. Il aura les jambes allongées, le tronc redressé et devra donc faire un effort soutenu avec ses bras pour maintenir cette position d’autant plus difficile que l’autre est allongé est entièrement appuyé sur lui. Et la performance va durer une heure. Voilà déjà une façon d’être tendre en prenant sur soi tout ce que le contexte pourrait avoir de dur.
Dans le prolongement de ce principe et sur un plan plus psychologique, l’un pourrait aller à dire concernant un certain problème "Ne t’inquiète pas, je m’occupe de tout". Ca aussi c’est de la tendresse.
Dans le travail consistant à porter un bastaing à deux personnes, celui qui est le plus tendre ira à se saisir de la poutre non par son extrémité selon un principe d’équité mais par ses deux tiers. Il portera alors une charge plus lourde que l’autre.
Et si le travail exige de passer dans un nuage de poussières pour visser quelque boulon, le plus tendre ira le premier à la manoeuvre pour épargner l’autre de la pollution.
Ainsi, pour autant qu’un patron ait la tendresse pour religion, il peut d’une part participer très souvent aux tâches pénibles et d’autre part, se cogner ce qu’il y a de plus dur.
Ca existe et pas qu’un peu. Ils sont innombrables les patrons qui souffrent de ne pas souffrir le plus dans leur entreprise et qui se placent alors constamment là où c’est le plus dur.
Il va de soi que dans les entreprises trop grandes ou trop éparpillées, les patrons ne voient plus trop leurs salariés à la peine. Ils parviennent assez facilement à dénier ce fait et adoptent alors la religion inverse qui pose que les Chefs ne doivent plus marcher que sur de la soie et ne surtout jamais rien porter de plus lourd qu’un stylo.
Tiens, une anecdote. J’étais encore puceau de tout quand je réalisais des stands. Un jour, au Grand Palais, me voilà à finir un stand pour un éditeur de tissu. La décoratrice qui avait conçu ce stand était Rena Dumas, l’épouse du patron et proprio d’Hermès. Il était 22h et nous étions les derniers, elle et moi, à peaufiner cette présentation. Arrive Jean-Louis Dumas. Pendant quelques minutes, il ne touche à rien et se demande probablement quelle contenance adopter pendant que Rena et moi sommes à la peine. J’ai beau me défoncer, elle en bave aussi. Voilà que Jean-Louis tombe le manteau, le foulard blanc, et passe manoeuvre. Et plus il entre dans ce rôle, plus il allège nos charges.
C’est de la tendresse. Bien entendu, il n’aurait probablement fait ça devant du monde, surtout pas devant des gens le connaissant. Mais là, dans cette intimité à trois, il n’avait plus de rôle de grand PDG à tenir et il est passé aux seaux, à l’escabeau, à l’aspirateur et à l’éponge.
Focalisant trop sur la tendresse au lit, ou sur celle qu’une mère prodigue à son enfant, on ne réalise pas les millions de gestes de tendresse qui se manifestent en chaque instant dans les millions de conditions hostiles ou pénibles qu’impose le travail.
Quand une mère porte 4 sacs remplis d’eau minérale, elle souffre mais accepte cette surcharge parce qu’elle est animée d’un esprit de tendresse envers les siens. Idem quand un parent se cogne 4 heures de transports pour aller travailler.
Vers 1900, un navire conduit des prisonniers politiques depuis Saïgon vers l’île de Poulo Condor. Dans cale, les malheureux se retrouvent à baigner dans un vieux cloaque jusqu’au torse. On pourrait pomper ce jus mais on le laisse s’accumuler depuis des années afin de briser les orgueils des rebelles qu’on appelle pirates. Les Viets ne supportent pas que les femmes aient leurs organes génitaux dans cette saleté alors tout le temps que dure le voyage, ils les mettent au sec en les supportant à bout de bras. J’y vois de la tendresse.
Sur une des pentes très boisées entourant la cuvette de Dien Bien Phu, les hommes de Giap s’affairent à hisser des canons de 80 mm silencieusement. Tout à la main sur un sol pentu et glissant sur lequel ils s’agrippent de leurs orteils. Des jours et des jours que dure cette lourde besogne. Un canon se met à glisser, il repart en arrière. L’un des besogneux ne supporte pas que le travail de toute son équipe soit anéanti, il se jette devant la roue, se retrouve écrasé mais sauve l’affaire. J’y vois encorfe une des formes possibles de la tendresse bien que tout le contexte soit au feu et à la mitraille.
En fait, c’est constamment et depuis la nuit des temps que nous manifestons de la tendresse en nous sacrifiant à la place de ceux qu’on aime. Ainsi, la tendresse ne se résume pas à un contexte de câlins dans un lit ni même à un shampoing, à une séance de massage ou de manucure entre amoureux, elle se manifeste dans toute la gamme des possibles sacrifices de soi au profit d’un autre ou des autres
Ce sens de la tendresse la plus exigeante du don de soi est bien entendu variable selon les personnes et caractères, m’enfin l’un dans l’autre, le monde en a largement fait preuve.
Et il va sans dire que soigner sa manière de jouer Thaïs, d’écrire un texte ou de restaurer un vieux meuble est en soi une marque de tendresse.
Bien entendu que nous souffrons de toujours trop d’égoïsme voire de cruauté et il faut alors continuer de faire la promotion de la tendresse. Mais il faut d’abord voir les immenses champs d’action où elle peut se manifester et où elle se manifeste déjà.
Bonjour Easy,
Je suis très embêtée d’être en désaccord avec une démonstration si étayée.
Je ne définirais pas la tendresse comme vous la comprenez : sens du sacrifice, sentiment de culpabilité, éventuellement inconscience ou masochisme.
Il me semble que la tendresse, au-delà des clichés romantiques, est un sentiment plus léger, plus doux, n’impliquant pas de si lourdes conséquences. Un mélange de gentillesse, de perception aiguë de la fragilité de l’autre, de sympathie, d’indulgence, voire parfois d’un filet de pitié.
Avoir de la tendresse pour quelqu’un me paraît nous placer toujours un chouillat plus haut que lui et nous fait contempler, lucide, sa vulnérabilité.
J’ai du mal à voir dans la tendresse une telle exigence de dévouement et d’héroïsme. Je la situe dans un registre plus abstrait, plus aérien. Plus résigné aussi. Presque mélancolique.
Quant à l’histoire du transport entre Saïgon et l’île de Poulo Condor, j’y vois là de l’authentique noblesse.
A part cela, ça va, vous ?
Bonsoir Sandrine,
Peut-être comprendrez-vous un peu mieux avec mon second pavé.
Je conviens avoir une acception de la tendresse qui n’est pas l’acception commune.
Tout de même, j’avoue être étonné par votre difficulté à passer de l’acception commune à l’acception plus sacrificielle qu’est la mienne.
Je dois alors rappeler à la chrétienne que vous êtes que le regard que le Christ avait posé sur les gens depuis la croix où il étouffait, a la réputation d’être celui de la tendresse. Paternelle, fraternelle, mais tendresse
Vous le savez Sandrine, on ne produit rien de qualité qui n’ait exigé de soi un sacrifice. Or, si la tendresse est à ce point nécessaire à vos yeux qu’elle seule puisse nous sauver, si elle est à ce point rare qu’elle doive naître, c’est que ce n’est pas quelque chose qu’on trouve sous le pied d’un cheval. Ce n’est pas quelque chose qui nous est livré comme le vent.
Je veux bien qu’une personne chanceuse ayant toujours été épargnée de la mine et de la marine, telle Françoise Bettancourt en vienne à ne voir de tendresse que dans ses mots doux adressés à son bébé. Mais elle ne voit alors pas qu’il y a une autre forme de terndresse qu’elle pourrait adresser à sa mère contre le sacrifice de milliards.
Pour Françoise, la tendresse ne nécessite effectivement aucun effort, aucun sacrifice. Alors elle ne sacrifie rien et n’exprime donc aucune tendresse envers sa mère.
Vous qui réparez des toiles abîmées en intégrant leurs histoire et déboires, vous qui vous cramez la vue et les poumons aux vapeurs de trichlo, d’acétone, d’éthanol et d’essences pour leur prodiguer des soins bourrés de tendresse, vous n’avez jamais vu leur avoir sacrifié quelque chose de vous ?
Lorsque Michel Ange respirait pendant des mois les poussières de marbre, vous pensez qu’il ne réalisait pas sacrifier quelque chose de lui, quelque chose d’au moins physique ?
Vous croyez que Bernard Palissy, avant de devenir célèbre et bien payé, ne se rendait pas compte qu’il sacrifiait énormement jusqu’à son parquet, jusqu’à son couple ?
Parce que vous croyez vraiment que ces fous n’avaient pas sur leur bébé, un regard rempli de tendresse ?
Sinon, à part ça, je vais bien comme il est poli de dire. Je vous remercie de vous en soucier.
Tiens, passons plus lourdement métaphysique.
Face à la question du suicide que chacun se pose, au minimum concernant des suicidés, on y oppose divers arguments. Par exemple "M’enfin, demain tu rencontreras peut-être le bonheur"
C’est là un jeu tout en légèretés.
Le jeu dur consiste à se demander, dans la mesure où l’on considère l’individu isolément, où se situe l’utilité qu’il vive
UTILE.
Il s’avère que beaucoup de cultures ignorent le concept d’utilité et que ça leur vaut de résoudre très facilement la question du suicide.
Il semblerait que dans les cultures connaisant le concept d’utilité et où l’on juge bien des choses en termes d’utilité, surgisse le concept de bonheur qui sert à le contourner quand il s’agit de vivre ou de se suicider.
La question d’utilité de vivre à laquelle on ne peut répondre en toute raison, que négativement est artificiellement réglée chez nous par la réponse que le bonheur est atteignable. Le sentiment de bonheur ressenti avalant la question de l’utilité, il suffit de croire au bonheur et à sa quête pour avoir envie de vivre. Le désir sublime ainsi la raison.
Dans les cultures sans concept d’utilité, il n’y a pas non plus celui de bonheur et encore moins celui de sa quête ou conquête.
""Quant à l’histoire du transport entre Saïgon et l’île de Poulo Condor, j’y vois là de l’authentique noblesse """
Vous appelez alors noblesse le sentiment qui pousse une mère à laver au plus vite les fesses de son bébé. Pour moi c’est de la tendresse.
En 1958, pour une broutille, Serge Lifar et le Marquis de Cuevas se retrouvent en face à face une épée à la main. Cela après une semaine de préparation et de tension.
Ils se battent. Au premier sang (celui de Serge), ils cessent. Le lendemain, Serge pansé va rendre visite au Marquis. Ils fondent immédiatement tous deux dans les bras l’un de l’autre et pleurent. J’estime que chacun ressentait alors de la tendresse, pour l’autre, pour eux-même, pour leur paire.
De la noblesse jusqu’au premier sang. De la tendresse ensuite.
Bonjour Sandrine,
excellent article, j’ai beaucoup ri entre la crème budwig et la culotte vibrante.... :))
A propos de vibrations, si je ne crois absolument pas à une "fin du monde" telle qu’on l’entend, il se pourrait que nous, les humains, passions d’un cycle d’évolution à un autre qui modifierait notre champ vibratoire...
en gros, l’humanité pourrait (ou pas) cette année franchir un autre pas au niveau de sa conscience...Pourquoi n’y aurait il que la chenille qui devient papillon ? ;)
Les maitres nombres :
11- Unité redoublée, puissance amplifiée, la concrétisation atteint un niveau élevé d’ordre mental, intellectuel et spirituel, l’Idéal est à réaliser, Inspiration.
22- Ce nombre extrêmement conquérant, signe de raison et de sagesse, est un signe extraordinairement puissant, qui peut tout construire pour l’humanité ou l’opprimer.
33-Guide et compassion. Ce nombre évoque la capacité à communiquer, mais aussi à prendre la responsabilité dun système ou dune communauté.
Bonjour Laotse,
Alors, ce serait donc vrai ? L’Âge du Verseau se confirmera-t-il par un déclic libérateur le 21 décembre prochain et conduira l’humanité dans un processus d’accomplissement ?
C’est bath comme projet, j’aime bien. Mais ce serait mieux si la progression était rapide, qu’on en voie un jour les fruits.
En revanche, j’avoue être plus rétive sur la symbolique des additions et des soustractions.
Mais je reste ouverte à toutes les théories.
;-)
L’article est super, le fil aussi. C’est à noter, c’est pas tous les jours dimanche sur AV.
Allez, je sens que notre sublime papillon tourne autour du pot du christianisme alors je vais dire deux trois mots.
Par je ne sais quel phénomène hypnotique, on va donc à considérer, je l’ai dit plus haut, que la tendresse n’existe qu’entre couche et couches alors que c’est archi faux et de très loin.
Ce resserrement d’acception sur la tendresse se produit en fait sur tout l’édifice chrétien.
Il y a d’abord une beaucoup trop forte focalisation sur le Christ.
Elaguons d’abord le buisson
Laissons de côté les bidules magiques et autres résurrections. Restons-en à l’idée que Jésus aura été très illuminé d’amour mais aux bons ordres de Dieu (On pourrait tout aussi bien concevoir des principes d’amour similaires sans référence à un quelconque Ordre de Dieu et cet amour pourrait être alors d’enveloppe bien plus vaste où l’on pleurait autant sur un tomatier en train de mourir de soif que sur un type en train de crever de faim)
Restons-en à l’idée qu’il aura été bon conférencier et harangueur.
Jusqu’à la veille de son procès, qu’aura-t-il qu’un autre doué n’aura pas fait ?
Arrive son procès dont il ressort qu’il ne se renie pas. Ce que des millions d’hommes, des gentils comme des méchants auront fait.
Et arrive la Passion. Cette Passion, pour pénible qu’elle soit aura d’abord été infligée à quelqu’un qui était clairement un trublion de l’ordre établi. Il ne s’agit pas d’un gamin qu’on aura extirpé de sa chambre.
Ce supplice infligé à un rebelle ou dissident était horrible mais j’en connais beaucoup qui en ont bavé autant et pour moins que ça. Qui en auront bavé plus longtemps surtout. A des virgules près, ya un certain Kadhafi qui aurait vécu sensiblement la même chose et pour certains prisonniers d’Abu Graïb ou de Guantanamo, ça aura pu durer plus longtemps. Je passe sur les suppliciés pour cause de Falung Gong et sur ceux dont Duch s’était occupé.
La Passion, si Jésus n’a rien fait pour s’y soustraire (hors toute magie) ce n’est pas lui qui l’a décidée. Le Pilate aurait décidé soit la remise en liberté, soit une simple pendaison, que resterait-il du chemin de croix ?
A côté de cette performance mise en scène par Pilate et sur laquelle Jésus ne pouvait rien faire, je connais des cas où des gens se sont montrés disposés à endurer les pires tortures rien que pour éviter que d’autres y passent. Ces autres torturés, ils se seraient mis à table, ils auraient fait cesser leur souffrance. Voilà des gens qui ont donc accepté à un point extrême de souffrir à la place d’autres.
Et encore, s’il s’agit d’un Jean Moulin ou d’une jeanne qui étaient tout de même à manier les armes et à tuer, mais il y a eu bien des gens n’ayant jamais fait le moindre mal à qui que ce soit qui ont accepté les pires supplices pour protéger quelqu’un.
Si donc on défocalise du cas particulier du Christ, on se met à voir que tout autour de nous, il y a eu et il y a encore plein de gens très courageux, très accrochés à leur foi et très disposés à souffrir le martyr à la place d’autrui.
Pire.
Lorsque Jésus avait recruté 12 autres rebelles, il les a placés assez inutilement en situation hautement périlleuse. Et effectivement, combien de ses zélotes ont été torturés sans avoir droit à la moindre magie de réssurrection.
Il m’apparaît que rien ne nous aura été plus nuisible que notre focalisation aveuglante sur le cas du Christ.
D’abord, cette focalisation, en l’unicisant, nous donne l’impression qu’il a fait quelque chose d’unique, d’impossible à imiter, de sublime, d’infini, et fait passer tous les autres êtres humains pour des rigolos, soi-même compris.
Arrive donc la problématique du complexe personnel qu’éprouvent tous les hypnotisés du Christianisme. Ce complexe qui les amène à penser qu’ils n’en font jamais assez, les conduit également au mépris des efforts qu’entreprennent les autres.
Au regard des efforts incroyables qu’ont accepté de fournir les mineurs pour nous livrer quelque charbon, de ce qu’ont enduré les pêcheurs hauturiers des temps à voile, des vitriers et miroitiers qui se cramaient vue et poumons dans les vapeurs de mercure et d’acide, je trouve que personne n’y aura prêté attention.
On n’aura vu que Louis XIV, on n’aura pas vu les menuisiers, les tailleurs de pierre, les terrassiers de Versailles
Le focalisme sur Louis XIV, il n’y aucune raison que l’autre Eglise, celle de Rome, ne l’ait pas elle aussi pratiquée.
Le fait que tant aient enduré tant de souffrances tant dans les ateliers que les champs de labour et de bataille sans que quiconque n’y prête attention, sinon éventuellement les plus proches, et encore, nous aura rendus cyniques, méprisants et sourds donc dénégateurs entre nous.
Adorer le Christ en raison de la Passion c’est dénier l’humanité qui nous entoure.
Concernant les trois vertus théologales, elles peuvent sembler trois choses indépendantes à sommer pour bien faire. En réalité elles sont en triangle équilatéral qui se mord la queue ou tourne en rond tel un ouroboros. Voyez comme elles se soutiennent et se justifient mutuellement.
Une religion qui tient par trois devises incapables de se suffire isolément n’est qu’un cul-de-sac mental.
Au bilan, je regrette infiniment cette hypnotisation des chrétiens sur la figure du Christ. Ils ont beau feindre marteler que leur Christ est bien réincarné en chaque gueux, ils ne prient que sur le Premier et ne jurent que par Lui. Reléguant le reste du monde à une part congrue, ils passent à côté de la réalité.
Pour moi, c’est vraiment sans aucune considération majuscule pour le Christ que je vois en chacun de nous des manifestations de tendresse.
Et elle n’est pas forcément facile à voir cette tendresse, même avec mon habileté à la détecter.
Là où j’y parviens assez bien c’est par exemple face à un type qui s’échine dix heures durant à batailler avec une charrue pendant que sa famille est à des travaux moins durs. Il rentre alors complètement fourbu. Vidé d’avoir exprimé pendant tant d’heures et au prix de tant d’efforts une tendresse indirecte, loin des yeux de tous, il est incapable d’ajouter à son prodigiueux service le moindre mot doux exprimant aussi de la tendresse mais selon une autre grammaire, plus urbaine, et passe pour un rugueux.
Incompris, il ne lui reste plus qu’à atendre le lendemain dans les vapeurs d’un quelconque vin. Et c’est lui qui va s’écrouler avant d’atteindre son arbre à pipi. Un coup la fraise vers le ciel d’où viendra peut-être un papillon, un coup la fraise enconcée en plantoir comme pour labourer encore un peu cette putain de terre.
Mutatis mutandis, aune déplacée d’un cran dans le registre du moins dur physiquement, Fernande aussi s’est épuisée en manifestations de tendresse indirecte tout au londe de la sainte journée. Et le soir venu, elle aussi est exténuée et ne peut plus exprimer une tendresse en mots parfumés à la violette.
Dans ce jeu étrange, qui semble dur au premier abord, et où l’on est tenté de dire que Fernand et Fernande ont surtout trop de pudeur pour exprimer la tendresse urbaine, l’intelligence de Fernand le pousse à augmenter au maximum sa charge pour que Fernande ne soit pas aussi crevée, pour qu’elle passe la journée sur un registre plus câlin et que le soir venu, il soit alors à la fête.
Mais comme rien n’est simple, Fernand à beau redoubler d’ardeur, Fernande refusant de se sentir portée redouble aussi d’efforts et finalement, voilà le couple super épuisé. Il va crever vite fait d’épuisement en laissant une ferme magnifique à leurs enfants qui ne se douteront de rien et qui ne se souviendront que de parents trop durs.
Comment réduire les effets pervers que j’énonce ici sinon en convenant qu’en tout état de cause, il est indispensable que la femme travaille nettement moins durement que l’homme. Il faut une différence de niveau de sacrifice physique entre les sexes et cet écart culturel devra s’appeler ’mesure de sauvegarde de la tendresse’.
"Adorer le Christ en raison de la Passion c’est dénier l’humanité qui nous entoure."
Un très long com. pour dire que vous n’ avez rien compris :
Nous sommes tous des Christs.
(je vous explique plus haut ce qu’ il faut comprendre -si ça vous "chante"-, et c’ est en chacun de nous)
a Easy, Il t’invite à ta singularité.
"Ils ont beau feindre marteler que leur Christ est bien réincarné en chaque gueux, ils ne prient que sur le Premier et ne jurent que par Lui. Reléguant le reste du monde à une part congrue, ils passent à côté de la réalité."
Vous parlez avec légèreté, et gratuitement. Je précise : (j’ avais peu de temps hier soir)
parlons de "réalité"
Après avoir lu s’ il vous plait mon com. plus haut..., Dieu apparaît sous forme de buisson à Moïse : le buisson ardent -organisme vivant- représente l’ Homme nouveau rayonnant, l’ arbre de vie. du tangible.
Jésus donne sa chair à manger (hostie) car tout est don, tangible, Dieu se trouve donc aussi sous forme de proie dans la nature, chair végétale ou animale : la faim est amour au niveau organique (comme ensuite l’ amour bestial (altérité physique -mâle et femelle- tout est image d’ un autre degré d’ être), puis être amoureux, et pour finir l’ Amour inconditionnel (altérité tout court). du tangible.
"Qui me voit voit mon père" (Jésus) et qui reçoit son prochain me reçoit et donc reçoit mon père" (Jésus). du tangible. La chair.
Jésus ne croit pas en Dieu, il EST... Dieu (nous tous) : sur la croix il appelle son père qui ne répond pas : il se met à la place de l’ Homme qui appelle un dieu de croyance, du mental, donc de fantasme, et ne reçoit jamais de réponse ...et qui meurt.
Le mauvais larron est croyant ("si tu es le Christ descend de ta croix")
Pas de Dieu de fantasme, mais du tangible.
Seules les religions de "politico-oligarques religieux" ont intérêt à un dieu de croyance pour assujétir les foules : hypocrites, sépulcres blanchis : c’ est vrai surtout pour l’ islam (Muhammad est chef de clan + les successeurs califes) mais aussi pour les religions institutions chrétiennes ;
les théologiens, prêtres furent les pires ennemis du Christ.
Dieu n’ a pas fait de nous des robots ou des zombies, il nous donne non un paradis, des bienfaits etc. mais bien plus, Il nous donne d’ être LUI. Du tangible qui dépasse la raison et qui est tout simplement jubilation d’ être, joie sobre de l’ inevitable existence (le néant n’ est pas par définition), paix intérieure, le mental se tait, n’ est qu’ oeil de "je suis".
Moïse, l’ Homme ancienn n’ est pas, le buisson ardent -l’ Homme nouveau- EST.
Du tangible : vous-même, votre capacité à rayonner, nouvelle naissance (maïeutique du Ciel qui féconde la nouvelle EVE en vous)
"Si tu savais le don de Dieu" (Jésus), ...pour moi la parole la plus puissante qui nous est adressée ; à l’ époque à une femme (quelle horreur pour les juifs de l’ époque, et samaritaine en plus !)
Si tu savais le don de Dieu ! "brûlez" !
les croyants se fourvoient, les athées ne comprennent pas : l’ élu n’ est ni l’ un ni l’ autre.
Encore une chose : à Moïse Dieu ne dit pas qu’ il est un Dieu du cosmos ou de l’ humanité,
mais "le Dieu d’ Abraham, le Dieu d’ Isaac et le Dieu de Jacob" : le Dieu de easy au delà de son mental livré à lui-même, bien bavard (moi aussi), un Dieu personnel, intime, vous même...
Votre mental n’ est qu’ oeil de "Je suis" (idem bouddhisme où le mental n’ est qu’ un sixième sens ou un troisième oeil)
@ Jean
Pour ma part, mon intervention ici consistait à requalifier quelque chose dont personne ne doute qu’elle existe, la tendresse. Je la vois plutôt protéiforme donc abondante quand les autres intervenants du fil auront semblé la trouver rare. Si rare qu’il soit besoin qu’elle surgisse pour que le monde soit sauvé.
Différemment, vous parlez ici de quelque chose dont l’existence est très mal définie, très contestée et faisant l’objet d’autant d’interprétation différentes qu’il y en a sur la schizophrénie et le 11 sept.
Je ressens parfois la tentation d’assister quelque mage dans un numéro mystique. Ce doit être si ennivrant de faire surgir des poissons volants ou des Bodhisattava de sa bouche sur fond de rideau noir.
Mais je préfère nettement les rideaux que l’on traverse. J’aime bien la scène mais lui préfère les coulisses où je vois la colleuse d’ailes et le tireur de ficelles à la manoeuvre.
J’ai la reconnaissance de tous ceux qui peinent et suent pour me fournir de l’eau propre, du pain, des vitres, des draps et des carrelages de qualité. Même la panse pleine, je ne suis pas intéressé par le déni. Je sais ce que je dois à Fernand et Fernande, je ne les trahirai jamais et je ne bidonnerai donc jamais sur scène à vos côtés.
Ca ne veut pas dire que je n’éprouve pas de reconnaissance pour les clowns, loin de là. Mais mon culte va d’abord à Fernand et Fernande
Les éléments tangibles imposent leur tangibilité d’eux-mêmes. Ils n’ont besoin ni de rhétorique cataphatique, ni d’un Monsieur Loyal, ni de caractères gras ou néon pour établir la pertinence de leur existence à nos yeux.
Cela dit, je poursuivrais volontiers la discussion mais dégageons d’abord les encombrants de la piste.
Pensez-vous qu’il existe des allumés et si oui, citez m’en quelques uns en précisant en quoi ils le sont.
Je réponds point par point, mais ne m’ étendrez pas plus.
La tendresse peut être mièvrerie, de toute façon ponctuelle. Je vous
parle d’ un état d’ être permanent ; la tendresse est manifestée :
mais vous pouvez rayonner et là, c’ est parfaitement invisible aux
autres et il est indifférent de le montrer, les actes suivent...
C’ est évidemment mal défini (et même inconnu, pour l’ instant)
puisque l’ humanité est en gestation.
Ce qui vous est proposé (proposé à
vous-même, de vous même, c’ est la sérénité, la joie d’ être, je
ne vois pas ce que ç’ a à voir avec des draps de qualité ou des
carrelages : chaque chose à sa place !
Si une panse pleine vous suffit, l’ Homme ne se nourrit pas
seulement de pain ; mais ça vous regarde et d’ autre(s)
lecteur(s) comprendront si ce n’ est vous.
Un beau carrelage c’ est bien pour l’ Homme ancien ; le clown, le
danseur, le chanteur, l’ artiste m’ apportent "le plus" : ce qui
fait que l’ Homme est Homme et non animal (danse, chant, sourire etc.)
Vous devriez proposer au site de supprimer la possibilité des
caractères gras ; je ne peux répondre mieux : je n’ ai fait que
vous répondre sur votre incompréhension du Christianisme, rien
d’ autre ! ...et sa tangibilité, concrétude (qui aurait donc dû vous plaire) que personne ne saisit. Mais vous
pouvez aussi vous passer de me lire. Et même de me répondre (ce
que font les athées et croyants, j’ ai le plus souvent aucune
réponse -donc merci à vous-)
Des allumés ? aucun intérêt, soyez-le vous-même, démerdez-vous, c’
est la seule chose qui importe ; le rayonnement est contagieux :
votre joie, sourire, (et non tendresse -parfois affectée,
mièvre- et ciblée sur une connaissance) soulage le déprimé (parfois même suicidaire) qui est en
face de vous,
lui apporte le rayon de miel salvateur (même si c’ est
temporaire) ; c’ est la seule façon de donner authentiquement, et
croyez-moi ça vaut pour lui bien plus qu’ un beau carrelage.
Amicalement.
La tendresse est bonne pour les enfants -quel que soit l’ âge-, le
rayonnement pour l’ adulte : à chacun sa nourriture selon l’ âge.
L’ Homme d’ aujourd’ hui est encore ado. Faites avec.
Pour les ’allumés’ vous bottez en touche et vous ne voulez pas poursuivre alors que vous vous étiez posé en personne ayant tout compris.
Je me contenterais alors de dire que concernant les caractères gras (à vous faire remarquer de bien des civilisations s’en passent) ils sont là pour attirer l’attention, pour souligner une importance.
Le mot BAR en néon est là pour attirer l’attention et préciser ce qu’il y a dans la boutique.
Mais en aucun cas cette enseigne ne suffit pour constituer la réalité du bar.
En écrivant ’tangible’ en gras, vous aurez parfaitement dit en quoi la tangibilité est importante pendant que vous n’aurez pas, par ailleurs, prouvé sa réalité.
A mon sens, il est plus important de prouver quelque chose à l’aide de minuscules que de procéder d’abord d’enluminures.
Pour les allumés, il y a un nommé Dupont et un Durant, ça vous va ? je ne peux que citer des noms et pas leur réalité.
Il en va de même pour la tangibilité, je ne peux que décrire et nommer, à vous de la vivre, de l’ expérimenter.
J’ en arrête là avec vous puisque vous n’ êtes pas en mesure de traduire les mots (inévitables sur un blog) en réalité, on cause donc pour rien.
Pour être plus précis tout de même, si vous voyez le mot "BAR", qu’ on vous décrit un bar, mais que vous n’ y entrez pas ; vous n’ en aurez aucune idée ou alors rien de concret.
Entrez donc dans le bar, je ne peux le faire à votre place ; ainsi en est-il de la concrétude de la spiritualité, je ne peux y entrer à votre place. Ou tangibilité que je ne peux vivre à votre place.
Votre remarque est en même temps ma réponse.
Ah vous poursuivez tout de même. Tant mieux
Moi, votre BAR m’a tenté et je vous ai écouté. Il s’agit bien entendu d’un BAR spirituel. Vous avez annoncé à grand renfort d’enseignes néon que j’y trouverais tangibilité mais surtout, vous évez prétendu m’en convaincre non par mon expérience mais par vos explications.
Ces dernières ont échoué.
Ainsi, vous aurez été maladroit (et non chrétien) en posant en tout début de polémique avec moi que je ne comprenais rien puis que vous aviez la capacité de me faire comprendre.
Vous auriez été plus avisé de me dire éventuellement que ça ne s’explique pas, que ça se vit (ou ne se vit pas)
Cette erreur que vous avez faite, beaucoup de maîtres es religion la commettent. D’où mes commentaires sur les Chrétiens (ceux qui interpellent avec des "Tu n’as rien compris, s’pice de bouricot" )
A fin identique, j’aurais beaucoup vivre avec les moines de Tibérine. Là on ne verse pas dans le "T’as rien compris" ni dans les néons. A défaut, j’ai vécu des expériences similaires avec d’autres et je ne suis toujours pas sûr de conserver ma tête bien longtemps
Au fait, vous qui en êtes rempli, est-ce qu’à votre sens Jésus en Croix nous regardait avec au moins une part de tendresse ou pas du tout ?
Idem quand il regardait la femme adultère
Idem quand il regardait ceux qui se proposaient de la lapider
Idem quand il regardait Pilate.
Idem quand il regardait Barrabas
Idem quand il regardait les marchands du temple
Idem quand il regardait le Joseph qui l’avait nourri
Merci de votre patience, j’ai besoin de vous.
Vous avez minimisez le sens du Christianisme, relisez-vous ; et je n’ ai pas droit de vous contredire ? à quoi sert ce blog ? devez-vous avoir forcément raison ?
"Au fait, vous qui en êtes rempli"
Non, je cherche, réfléchis, l’ être doit être une pièce d’ orfèvrerie qu’ on martèle au feu (des souffrances ? des expériences de la vie, rencontres, lectures, que sais-je encore ? même chaque seconde est une expérience), transforme. Simple avis.
"est-ce qu’à votre sens Jésus en Croix
nous regardait avec au moins une part de tendresse ou pas du tout ?
Idem quand il regardait la femme adultère
Idem quand il regardait ceux qui se proposaient de la lapider
Idem quand il regardait Pilate.
Idem quand il regardait Barrabas
Idem quand il regardait les marchands du temple
Idem quand il regardait le Joseph qui l’avait nourri"
Ca le regarde ; indices : quand il rencontre un jeune homme riche qui lui parle : il l’ écoute d’ abord, puis le regarde, ensuite seulement "il l’ aima". L’ Amour de l’ altérité n’ est pas spontané, il se crée (peut-être), mais il y faut d’ abord le potentiel en soi, d’ où le bar où vous entrez vous-même.
Face à Hérode, qui le traite de fou, il est indifférent, sans doute intérieurement indifférent, pas de contact possible (pas seulement en paroles mais contact subjectif, invisible -comme on considère quelqu’ un à un degré ou un autre : mais pas de haine, de l’ indifférence comme pour un banal objet, ce qu’ "est" Hérode puisqu’ "il n’ est pas" voir mon com plus haut sur l’ Homme ancien)
Pour Pilate, il sent l’ hésitation, une humanité, alors il lui parle, à cette partie de lui éveillée.
Tout dépend de l’ interlocuteur. Degré d’ éveil.
Je ne peux en dire plus, juste des indices à méditer.
Le mal n’ existe pas, il n’ existe que l’ ignorance, le manque d’ éveil intérieur et ses conséquences.
"Vous auriez été plus avisé de me dire éventuellement que ça ne s’explique pas, que ça se vit (ou ne se vit pas) "
Une fois de plus dois-je marteler l’ évidence ?, dans un blog on n’ a que des mots comme outils.
Cette fois c’ est du gras et souligné (si ça passe)
C’ est pénible de discuter avec vous, il faut définir les possibilités limités d’ un blog -une lapalissade-, ou alors vu vos très longs com habituels vous vous parlez en fait plus à vous-même ?
"""" Vous avez minimisez le sens du Christianisme, relisez-vous ; et je n’ ai pas droit de vous contredire ? à quoi sert ce blog ? devez-vous avoir forcément raison ? """"
J’ai minimisé le sens du Christianisme en posant que si l’on retire, à l’histoire du Christ, la Passion qui a été entièrement décidée et mise en scène par Pilate, si l’on tient compte qu’il a subit ce supplice, qu’il ne l’a pas choisi pour l’éviter à un autre, même pas à un voisin de cellule et si l’on fait toujours abstraction des tours de magie, il ne reste de Jésus que son entreprise de prêche dont il est difficile de dire qu’elle ait été extraordinaire dans la forme comme dans le fond d’autant que cette entreprise incluait de s’entourer d’apôtres qui exposant alors aux pires sévices. Diogène de Sinope aura eu lui aussi des convictions très fortes, qu’il aura osé énoncer devant les plus puissants, mais il n’a exposé la vie d’aucun zélote et son effet aura été pourtant important.
Mais je ne vois pas où je vous aurais interdit de me contredire. Je vous ai invité à me répondre, je vous ai lu, j’ai suivi votre tentative d’explication mais elle a échoué parce que vous avez cru que l’effet néon suffisait pour faire le contenu d’une boutique. Et voilà que pour effacer votre turpitude, vous me faites un faux procès en interdiction.
Alors autant vous le dire encore plus explicitement que jamais : Je vous prie de me contredire mais en évitant les enluminures (Je reprécise que vous pouvez utiliser le néon pour souligner l’importance d’un mot ou d’une phrase mais pas pour constituer son contenu. A moins d’être vendeur d’enseignes)
""""" "Au fait, vous qui en êtes rempli"
Non, je cherche, réfléchis """"
Voilà qui diffère du "Tu n’as rien compris" de votre première intervention ici.
Voilà qui est à mon sens non taliban, plus raisonnable, plus chrétien et donc plus humble
Ensuite, à ma question "Y avait-il, selon vous, une part de tendresse dans le regard du Christ quand il nous regardait depuis sa croix ?" vous bottez en touche par "ca le regarde"
Sur un topic orienté plus exclusivement en christianisme, votre pirouette aurait pu passer " Mah quelle idée d’introduire la question de la tendresse ici ? "
Mais il se trouve que ce topic porte spécifiquement sur la tendresse et pas n’importe laquelle. Il est ici question de la Tendresse en Solution Absolue et cette assertion est proposée par une chrétienne, ce que personne ici n’aura contesté.
¨Parler de la tendresse sur ce topic n’est donc pas incongru. D’autant que je crois vraiment que la Tendresse serait la Solution et que tous les participants semblent en convenir.
Il faut donc en parler et chrétiennement (on pourrait en parler islamiquement mais ce serait moins ad hoc et j’ai idée que ça ferait des étincelles pas câlines)
D’où le fait que je demande à celui qui posait avoir tout compris du christianisme, vous, Jean : Si la tendresse a place quelque part dans le christianisme, si elle est proposée depuis 2000 ans en Solution, où se sera-t-elle exprimée, où aura-t-elle été décrite, combien son mot figure-t-il dans la Bible ?
Je vous ai proposé 7 rencontres ou face à face christiques à examiner mais en aucun endroit, vous n’avez détecté au moins une part de tendresse.
Du reste, dans l’ensemble de votre intervention, vous n’avez toujours pas dit un mot sur la tendresse.
Je ne dis pas que votre néon prétendait qu’on allait trouver de la tendresse ou sa recette au comptoir de la boutique mais l’un dans l’autre, c’était tout de même bien cela que j’escomptais y trouver en vous y suivant.
Hélas, chou blanc. Je ne sais ce que vous escomptiez que j’y découvrisse mais il ne devait pas s’agir de tendresse
Je réponds donc à la place du chrétien que vous dites être et je propose de considérer que sur la croix et même pendant le dur chemin, Jésus a porté sur nous un regard comprenant une grande part de tendresse se confondant, comme d’habitude, à une part d’espérance altruiste.
Je pense qu’il a accompli, en particulier sur la croix, une extraordinaire conversion de sentiments bruts pour faire de sa souffrance une espérance de douceur, non plus ou non pas pour lui-même mais pour nous.
Espérance de quoi ?
La même espérance que celle d’une mère pour son bébé, une espérance que sa vie soit douce, toute faite de tendresse reçue et donnée. C’est une espérance complexe car il s’agit certes d’espoir de douceur environnementale ou contextuelle pour demain et après demain mais il y a aussi ou déjà une part de ce voeu qui est immédiatement exhaussé dans le sourire à l’instant offert. Sourire c’est déjà constituer cet environnement doux et sans danger.
Convertir sa souffrance physique en voeu de douceur physique, c’est un difficile et sublime travail intellectuel qui part d’une farouche volonté de ne vouloir, depuis toujours, pour autrui et coûte que coûte, que de la douceur, que du confort physique et moral, que de la bienveillance.
Cette performance, des milliards d’individus y sont parvenus à l’adresse de leurs plus proches et pas seulement pendant 33 ans. Il y a plein de gens qui pendant deux fois plus longtemps n’ont eu d’autre obsession que de rendre la vie la plus douce possible à leurs enfants et à leurs parents.
Mais Jésus aura été le seul à l’avoir réussie à l’adresse de tous, à celle de ses bourreaux inclus.
Restait à l’y représenter avec ce sourire représentant la part d’immédiateté de son bon voeu à notre adresse. Ce que trop de sculpteurs et de peintres ont omis.
L’évocation de ce sourire d’allure paradoxale que je propose d’attribuer au Christ crucifié me ramène à une anecdote.
Certains Vietnamiens -jamais vu ça chez d’autres- affichent, en guise de masque émotionnel, uniquement un sourire paradoxal. Je ne saurais en spéculer du sens mais je mettrais ma main au feu qu’il n’est pas contrôlé ou conscient. (il ne s’agit cependant pas du rire aux éclats paradoxal de certains schizophrènes)
Et bien il est arrivé que des GI’s chopent et torturent un peut-être Viet-Cong, en tous cas un type en haillons civils et qu’il ne se départisse pas d’un tel sourire.
Ca s’est su parce que ça rendait les GI’s tellement fous furieux qu’ils avaient eu le réflexe d’en filmer la scène comme pour montrer à quel point il était justifié de frapper encore plus fort.
Bon, je vois que Sandrine a baissé le rideau en promettant de remettre ça prochainement sur un autre papier.
Alors, à tous, bonne nuit pleine de tendresse selon l’acception que vous préférez
Sandrine merci pour cet article !
Bonsoir Sandrine, ce matin j’étais en "coup de vent" et j’ai oublié de vous signaler tout le bien que je pense suite à votre article....
Les intervenants sont de qualité suite à votre texte, ici publié.
Je retiens surtout le salut à "tous les vivants"....formulé par un avoxien dans le fil des posts.
Vivent les Vivants !
Sur la tendresse.....
La tendresse.....mais oui, mais c’est bien sûr !
A l’auteur,
Halte à la morosité, une culotte vibrante pour chacun et un bon enterrement de leader coréen du Nord avec ses pleureuses pour rigoler.
Ajoutons à cela, parce que j’aime la Corée, le visionnage de l’incroyable documentaire de l’excellente équipe de Steap-tease : Une délégation de très haut niveau, revu sur Youtube il y a peu.
Il faut écouter ces députés belges bramer "viens poupoule" et "Paulette, tu es la reine des paupiettes" au fin fond de la Corée du Nord si vous doutez du sens de la vie.
Cher Pie,
Une Nord Coréenne sobrement vêtue d’une culotte vibrante et chantant "Viens Poupoule" du haut de la tribune officielle aux obsèques de Kim Jong-il aurait fait mon bonheur. Mais le désespoir expressif des foules fut déjà un très beau cadeau.
Effectivement, cela aurait eu de l’allure mais, compte tenu de la faiblesse de la production électrique dans ce beau pays, il y a peu de chance que la culotte vibrante y fasse carrière.
bonjour Sandrine,
Bonjour Sandrine,
Il faut d’abord que je vous complimente pour le style. Vous avez un talent pour l’écriture. C’est si vrai que j’ai lu votre texte au premier abord juste pour le plaisir, pour la musique et pour les mots.
Par la suite on s’est penché sur le sens et ma foi, ce n’est pas creux. Donc, non seulement vous parlez bien mais encore pour dire quelque chose.
Revenons au thème central.
Voici une liste des fins du monde annoncées , on en dénombre 183 depuis la chute de l’Empire Romain.
Mon grand âge fait que j’en ai déjà vécu quelques unes aux temps modernes et je peux donc parler d’expérience. Soyez tranquille, tout ira bien. Je sais que vous avez des goûts de luxe mais peut être pourrez vous vous contenter de célébrer l’évènement avec une bouteille de champagne du supermarché du coin, ne videz pas votre tirelire.
Votre article me fait du bien parce que j’appartiens à cette engeance des pessimistes nés, mais qui voudraient bien se tromper, by the way because of my fuckin’ citizenship too !
Parce que vous aimez le beau et que vous semblez bonne, il vous sera beaucoup pardonné, y compris d’être une pom-pom girl du nazaréen, mais enfin comme aurait dit Brassens : "Il y a des chrétiens bien singuliers".
Je vous souhaite le meilleur, dans ce monde et dans l’au-delà.
Merci pour votre bienveillance, Abou Antoun.
Il y a une vraie tendresse dans votre ton.
;-)
Chère Sandrine,
Vous conviendrez être une bavarde, en tous cas aux yeux des AVoxiens. Cent fois moins que d’autres, plus laborieuse que d’autres, m’enfin bavarde tout de même.
Là vous ouvrez un topic sur la tendresse, brandie en clef de clef de tout puisque face à l’armagueddon
Et si ce n’était vos deux lignes en réaction à mon intervention, vous n’en aurez rien dit.
On propose que naisse la tendresse pour empêcher le drame de la fin du Monde mais de ce méta remède on n’est pas foutu d’en dire deux lignes quand on sait écrire mille encyclopédies sur le Lac des Cygnes.
Et si ce n’était que ça.
Il se serait pu que la tendresse, même à naître, soit si évidente à tous que la définir ou en parler ressorte inutile.
J’aurais donc défini la chose pour rien.
Or ce n’est pas cela que j’ai fait. Je n’ai pas défini "pour rien" la tendresse selon l’acception commune. J’ai redéfini la tendresse ou j’ai requalifié en tendresse des pensées et motivations qui, pour d’autres, ne contiendrait peut-être pas de tendresse. Conscient que ma vision n’est pas commune, j’ai abondé d’exemples et de cas pour expliciter le champ que j’accorde à la tendresse et sur le travail que je dois accomplir pour la voir même dans le coeur d’un geste rude, même dans le geste paradoxal.
Et les autres intervenants étant restés on ne pourrait plus coi, vous aurez été la seule à contester mon élargissement d’acception tout en restant extraordinairement timide ou taiseuse ou en deçà de ce à quoi vous m’avez habitué.
Que votre acception aille à ne voir de tendresse que dans le coton direct et seulement dans le cocon sept fois protégé de cocons, ce que péjorativement on appellerait le mièvre, je le conçois et je saurais en défendre le principe isolationniste bien que je préférerais défendre le principe qu’elle se trouve dans toutes les réalités confondues.
Notre différence d’acception je la conçois et la comprends, je l’ai dit d’emblée. Mais ce que je ne pige pas c’est que vous soyez si muette de votre vision. Je me serais attendu, de la part de quelqu’un qui sait si bien aligner les mots, une bien plus ample dissertation sur cette Tendresse Solution Absolue qui serait encore à advenir.
Je reproche à mon acception trop large de tuer l’acception commune à 7 cocons qui a sa raison d’être et je cherche comment poser alors deux mots différents sur ces deux périmètres trop différents. Vous seule, dans vos deux maigres phrases sur le sujet, avez proposé que j’appelle "noblesse" ma tendresse élargie, en particulier dans le cas de Poulo Condor.
Bien qu’elle soit fort lapidaire, je vous remercie pour cette propostion.
Mais je ne parviens pas à m’y faire.
Sans prétendre qu’il n’y a pas une relation entre noblesse et tendresse, j’y vois une trop grande différence de contenu et de finalité pour les confondre. Il me semble que la noblesse sert surtout l’image sociale et l’honneur de celui qui la manifeste alors que la tendresse sert surtout le confort physique et psychologique de celui à qui elle est offerte.
Se montrer noble propose de soi une image plutôt fière
Se montrer tendre propose de soi une image plutôt humble
Pour que ce soit parfaitement clair, je ne me fais ici du souci que pour vous tant je trouve votre laconisme inquiétant sur cette question où je vous attendais des plus flamboyantes.
Explorant toutes les explications possibles à un tel silence, j’ai envisagé que la tendresse soit pour vous un point sensible ou fragile, que ce sujet vous place sur quelque fil de rasoir. Mais je me retrouve à ne pas savoir m’expliquer pourquoi vous en ayez fait le titre et le centre d’un article.
Acte manqué ?
"Vous conviendrez être une bavarde"
Vous conviendrez ne pas manquer d’air !
easy, for sure, but not easy-going !
Behh ???
Evidemment que je suis un bavard !
Cher Easy,
Comme mentionnée plus haut, ma définition de la tendresse n’est toujours pas la vôtre. Que la mienne soit vulgairement banale, gnangnan, caricaturale, mièvre importe peu. Elle est "ma" définition strictement circonscrite à "mon" monde.
Peut-être qu’en ourdou, en tagalog, en swahili ou en estonien, le mot tendresse recouvre une acception plus large, plus profonde et plus raffinée mais il se trouve qu’en français, la définition de ce sentiment est moins étendue que celle que vous en donnez. (La langue est le reflet de la culture et le Français moyen, c’est bien connu, n’est qu’une brute à gourdin).
Nous pouvons toujours éplucher le Littré pour coller d’autres vocables plus précis aux sens que vous prêtez à la tendresse, mais la tendresse, bordel, c’est la tendresse et pas autre chose. Ce n’est ni de l’amour, ni de l’abnégation, ni du devoir, ni du sacrifice, ni tout ce que vous voudrez.
Evidemment, j’aimerais être d’accord avec vous sur ce point, mais je ne le suis pas. J’y peux rien, c’est ainsi. Il m’est même difficile d’approfondir le concept tant j’ai l’impression d’avoir défini ce mot le plus clairement possible. Quant à l’acte manqué, peut-être, je n’en sais rien, qui sait... mais on s’en fout un peu.
J’espère grandement être de votre avis la prochaine fois.
:-)
M’enfin Sandrine, d’accord, je suis mille fois d’accord pour que votre acception soit la commune (Je la trouve étroite mais son essence me plaît beaucoup et je suis certain que cette essence étendue dans tous les champs relationnels peut précisément nous sauver)
Je répète que ce qui m’étonne de la part d’une bavarde, mais moins que moi probablement, de la part de quelqu’un qui propose explicitement la tendresse en Solution Utime face au mégadrame de l’Humanité, vous ne soyez toujours pas à en dire plus que deux lignes.
Oubliez ma définition sans doute trop élargie. Ce que j’en ai dit est nul, jetez-ça à la poubelle, n’en parlons plus.
Mais faites donc long sur cette tendresse clef de clef de tout.
Et je vous en supplie, vu l’urgence, vu qu’il va falloir convaincre 7 milliards d’agités, à moins que les enluminures soient indispensables ou consubstantielles à la chose, donnez dans le concret, dans le comportementalisme.
Au moment où l’on explique comment construire l’Arche et y embarquer, sous un délai de 10 mois, on n’a pas vraiment besoin de mise en musique ou en peinture.
Comment on est tendre avec un bébé, je vois assez clairement et je pense que chacun le sait. Mais que dois-je faire, comment dois-je me comporter pour être tendre vis-à-vis de vous, de Jean d’ici, de Poutine, de Morice d’ici, de Michèle Alliot-Marie et de Nicolas Sarkozy, surtout s’il manque des canots ou si la passerelle est très étroite ?
Bon, c’est entendu, je ferai plus long la prochaine fois.
;-)
"Mais que dois-je faire, comment dois-je me comporter pour être tendre"
La tendresse est le comportement, manifestation...
... de l’ indéfinissable.
Je ne pense pas qu’ on ait de l’ Amour pour quelqu’ un sur un blog ou à distance, on en ressent mais sans donner. Tout ce qu’ on peut faire ici c’ est anonymement donner ses mots et les gens en font ce qu’ ils en veulent : prendre ou laisser. On ne "voit" qu’ un pseudo.
Le pire est que dans la vie réelle on ne voit guère l’ intériorité des gens, les corps sont comme les pseudos : drame de la solitude existentielle qu’ il nous faut assumer.
On n’ assume qu’ en rayonnant, qu’ importe si on est compris ou pas.
L’ Humanité réelle est en gestation. La nôtre balbutie seulement. Oeuvrons !
@Jean,
Un peu de tendresse : Essayez avec Otis Redding
A Sandrine
Si nous connaissons effectivement les manifestations de la tendresse, et les exemples sont nombreux.
Bon nombre d’entre nous s’y sont adonnés sans pouvoir cependant définir véritablement ce sentiment.
Et portant qui n’a vu, une mère couver tendrement du regard son chérubin ?
Ou des petits vieux marchant en se donnant tendrement la main ?
Après avoir longuement cherché, une proposition semblerait convenir à ce sentiment :
La réorientation de notre propre conscience vers l’autre, vers le bonheur de l’autre dont on connait la vulnérabilité.
Bien à vous
C’est ça la tendresse http://www.youtube.com/watch?v=-dwcnNMc9ps
Une autre devenue classique.
je ne connaissais pas Jean et c’est très beau.
Et merci Sandrine pour cet article. Comme l’a dit un des commentateurs plus haut, savourer les mots est un des premiers plaisirs de votre article.
J’ adore aussi et malgré que nous ne soyons que des pseudos c’ est avec coeur que je vous la transmets à tous.
TOUT EST BIEN QUI FINIT BIEN !!
Muchas gracias, Jean, pour cette jolie conclusion.
Merci à tous.
Et à bientôt...

a Jean
le principe de la ruine, de l’édifice détruit est comme vous l’écrivez....
Ce qui est détruit de l’intériorité sera reconstruit....

