jeudi 3 août - par C’est Nabum

Petit guide pour terriens venant vivre sur un bateau

N’attirez pas le diable par l’aqueux.

Soyez les bienvenus dans ce monde merveilleux et flottant. Un bateau, même s’il dispose de tout le confort possible suppose que vous ne perdiez jamais de vue qu’il se trouve sur un territoire mouvant, aqueux et naturel. Il convient donc d’adapter votre comportement quotidien à cette dimension qui ne doit jamais vous échapper.

Vos premiers pas vous mettent déjà en danger de commettre l’irréparable. S’il n’est pas besoin d’avoir le pied marin, nous n’en demandons pas tant, il s’agit simplement de regarder où vous mettez les pieds. Une chute est à proscrire et certains pièges parsèment le pont. Soyez donc vigilants. Si par hasard, vous étiez fumeur, sachez également qu’un mégot pollue environ 600 litres d’eau et que votre choix de venir ici suppose respect et considération pour notre Loire. Usez de petits pots hermétiques destinés à cet usage.

Vous pénétrez alors dans la cabine. Si tout semble comme à la maison, il n’en demeure pas moins que nous ne sommes pas raccordés aux différents réseaux urbains qui fondent votre cadre de vie habituel. L’eau potable est un bien particulièrement précieux qu’il s’agit d’user avec parcimonie. Nous mettons d’ailleurs à votre disposition de succulents vins de Loire pour vous aider dans cette intention. Si vous en faites un usage domestique ou hygiénique, sachez également qu’elle achève sa route dans la rivière. N’utilisez expressément que des produits biologiques.

Certains bateaux, au confort plus élaboré possèdent des toilettes. Là encore, il vous appartient de modifier vos habitudes de terriens. Le broyeur est relié à une pompe qui fonctionne à l’eau de Loire. Vous pouvez donc en user sans modération tout en donnant le temps au liquide de parvenir jusqu’à vous. Autre détail qui a son importance, le sus-dit broyeur dispose d’un appétit somme tout assez relatif. Actionnez-le en plusieurs étapes, lui confiant ainsi des missions différentes. Sa première action consiste à évacuer votre dépôt intime avant qu’il ne soit agrémenté de papier toilette. Ce détail a son importance et rompt véritablement avec vos pratiques usuelles. Puis, faites donc votre toilette intime en plusieurs fois tout en évacuant de même le papier afin de ne pas obstruer la canalisation.

Si étonnement, il existait encore de par ce monde civilisé des dames ignorant que les tampons et les serviettes hygiéniques tout autant que les abominables lingettes ne doivent pas achever leur course folle dans la cuvette, nous nous devons d’enfoncer le clou. Ceci est totalement prohibé non seulement pour la tuyauterie mais plus encore pour la Loire.

Si votre bateau dispose d’une source d’énergie, n’oubliez jamais que l’électricité à bord réclame elle aussi un usage modéré. L’ampérage est limité, il faut bannir l’usage du sèche-cheveux, le vent de Loire le remplaçant agréablement. Les seuls appareils que vous pouvez brancher ne doivent réclamer qu’une faible énergie. Ce sont les chargeurs de vos appareils photographiques, téléphoniques et de votre ordinateur qui sont acceptés ici. Au-delà, il existe risque non négligeable de mettre en surcharge l’installation électrique.

Le bateau est également un lieu de convivialité ce dont nous nous félicitons. On aime manger ou boire l’apéritif sur son pont, souvent exposé au vent. Prenez garde à ne rien laisser traîner, surtout des cartons légers ou des gobelets en plastique, un souffle et ceux-là peuvent terminer leur course dans la Loire. Ce serait dommage de la souiller par inadvertance alors qu’en naviguant vous découvrirez avec effroi combien elle sert de poubelle pour des malotrus honteux.

Si le bateau navigue, c’est qu’un marinier tient la barre ou bien le macaron. Sachez qu’il est responsable de vous et que la rivière recèle une multitudes de pièges. Le capitaine doit ainsi regarder en permanence sa route.

Enfin, vous aurez à croiser des plaisanciers qui sont parfois dans une logique qui n’est absolument pas celle des mariniers. Vous découvrirez des gens fonçant à tombeau ouvert sur des engins sur-motorisés. Si tel est leur bon plaisir, il s’accompagne d’un batillage violent qui non seulement perturbe grandement la faune et la flore, ce dont ils n’ont apparemment que faire, mais qui chahute le bateau et risque de provoquer quelques désagréments si la table est mise. Contre ceux-là malheureusement il n’est rien à faire, ils se croient tout permis et vivent dans dans l’irrespect de l’environnement.

Vous voilà prêts à jouir pleinement de cette immense bonheur que constitue une balade ou une nuit sur la Loire. Prenez en compte ces quelques recommandations pour que ce privilège qui sera le vôtre ne s’accompagne pas d'inconvénients pour celle qui sert de merveilleux décor naturel. La Loire mérite que vous l’aimiez et la préserviez comme nous le faisons nous-même. Merci et bonne découverte de ce lieu unique, sauvage, authentique et admirable.

Batellièrement vôtre.



8 réactions


  • juluch juluch 3 août 10:41

    les seuls bateaux ou je suis monté furent ceux qui m’ont emmené en Corse......different !!  smiley


  • onésime leufeross 3 août 10:54

    Ne manquez pas le dernier né de notre collection.« Turbulentes tubulures »

    • ___ Après Martine et son hygiène intime
    • __ Nabum et le sanibroyeur .

    Un récit palpitant plein de rebondissements inattendus


  • Bernie 2 Bernie 2 3 août 21:29

    Il a pécho, il a pécho, il a pécho.

    Malheureusement ça a pas duré. C’est Relou et son béret ont vite gavé la marinière. Et revoilà notre chiant au clavier à nous raconter... quoi d’ailleurs ?
     ... euh... on sait pas. Enfin si, son livre à quatre pieds dont tout le monde se fout, son concert pourri sans edf dont tout le monde se fout. Et le reste dont tout le monde se fout....
     Ah bon ? c’est quoi le reste ?
    ... Euuuuhhhhh, je sais même pas. Pourquoi il cause déjà ?


  • air pur air pur 4 août 21:31

    alors que je faisais la Loire à vélo, un midi alors que nous cassions la croute du coté de Tours, nous avons vu arriver une camionnette le long du fleuve, trois hommes sont descendus et se sont baignés, bientot suivis par deux utilitaires Mercedes avec femmes et enfants, les nourrissons ont été changés sur place, les autres (femmes et jeunes enfants) sont descendus et se sont lavés a grand renfort de savons moussants et shampoings, tout ce beau monde est remonté rapidement dans les camions laissant sur place couches sales et flacons .....j’en suis toujours à me demander ce qu’il faudrait faire pour qu’un jour, sans parler d’écologie, l’idée même de respect des autres soit partagée par tout le monde.


Réagir