Ancelotti, Di Matteo et Mancini. Clubs riches. Et la même pression. Enorme...
Ils sont bien payés, très bien. Carlo Ancelotti, Roberto Di Matteo et Roberto Mancini sont trois entraîneurs Italiens en poste à l’étranger et ils ont un peu de choses en commun. La plus encombrante est l’énorme pression qui les accable sur le banc : à Paris, Londres et Manchester souffle plus ou moins le même air. PSG, Chelsea et City sont des clubs de la même bande, celle du luxe. La crise économique n’est pas prête de les déranger. Le fair play financier prévu par Michel Platini non plus. Les millions des cheikhs et du milliardaire russe, transféré en Angleterre, jaillissent des puits sans fond. Dans toute l’Europe le marché estival des championnats est paralysé, presque dans le coma. Seuls quelques miettes bougent. Eux vont de l’avant comme si de rien n’était, sereinement. Le PSG, pour commencer, a jusqu’à présent dépensé une centaine de millions. Ils se sont servis pour mettre les mains dans les étagères de la Serie A et transporter Thiago Silva, Verratti, Ibraimovic et Lavezzi sous l’ombre de la Tour-Eiffel. Ancelotti a aussi en main la rafle faite l’année dernière par Leonardo : Pastore, Sirigu, Menez, Motta, Lugano, Maxwell. L’ex-technicien de Chelsea, Milan et de la Juve construit son puzzle avec l’obbligation de se transformer en un chef-d’oeuvre.
Les cheikhs attendent un décollage verticale et bien sûr ils ne pourront plus digérer une débacle comme celle de la saison dernière et le championnat perdu aux dépens de la modeste équipe de Montpellier. Les investissements devront changer les choses. Image, grandeur, succès. Avec cette équipe, Ancelotti doit gagner le championnat français en souplesse. Mais ce n’est pas tout. L’horizon s’élargit, place à la Ligue des Champions. En Europe aussi le PSG doit faire sa route, se battre avec les plus forts, mettre en place les fondements d’un cycle glorieux.
Roberto Mancini n’a pas encore dépensé un Livre Sterling, mais il a encore le temps et en a surtout profité l’année dernière. Lui aussi avec une vague de sous et un mercato ahurissant : Balotelli, Aguero, Nasri, Tevez, Dzeko, Yaya Touré. Le monde entier est à disposition. Le premier problème, dans ces cas, est de convaincre les grands joueurs d’épouser la nouvelle aventure. La seconde question est de savoir transformer tant d’individualités en un collectif. Mancini a commencé en gagnant la Coupe d’Angleterre. Puis il a remporté la Premier League et maintenant qu’il ne peut plus s’arrêter, il doit marcher sur la Ligue des Champions.
Di Matteo qui a conquis la coupe aux grandes oreilles en mai, taquine maintenant Ancelotti. Il dit que Carlo copie Mancini, et il y a quelque chose de vrai dans ses mots. Espérons, au contraire, que personne ne se mette à copier le jeu horrible de Chelsea dans la phase finale de la Ligue des Champions. Le football a besoin de beaucoup de choses, et bien sûr de ne pas rapeller le catenaccio : ça n’a pas de sens de dépenser autant d’argent pour jouer comme une petite équipe de province. Cet été Abramovich a déjà décroché 50 millions pour se prendre Hazard et Marin, deux baby à grandes perspectives. C’est aussi à Di Matteo de grandir : il doit démontrer qu’il n’a pas gagné par hasard. A lui de chercher d’autres succès dans un football plus plaisant, généreux. C’est une course en montée qui à la fin risque de devenir cruelle, une sorte de jeu de la tour : parce qu’il doivent gagner, mais que quelqu’un perdra. Inévitablement...