Christian Labrune Christian Labrune 20 avril 09:52

J’entendais tout à l’heure les informations de France culture, et il était question de l’attaque chimique en Syrie. On interrogeait Jean Lassalle qui, depuis son voyage en Syrie et sa rencontre avec Bachar el-Assad, ne croit plus vraiment à la culpabilité du « dictateur ». « Depuis qu’il vous a serré la main, lui disait perfidement le journaliste, vous lui faites entièrement confiance ». Non, pas du tout, répondait l’autre, dont le point de vue est tout à fait comparable à celui que reflètent la plupart des interventions sur cette page. En tout cas, Il ne peut pas croire qu’un homme aussi sympathique puisse utiliser un gaz neuro-toxique (sur la nature du gaz employé, il n’y a plus guère de doute) des populations civiles.

J’avoue qu’à entendre cet avis, je suis un peu troublé et tenté de retoucher mes propos sur cette page. J’écrivais hier soir que les Poutine, les Lavrov, les el-Assad étaient de grands idéalistes un peu naïfs, et je crois même avoir utilisé cette expression peu flatteuse : des « ravis de la crèche ». Je pense que là-dessus, tout le monde sera d’accord.
Jean Lassalle, lui, est un dur à qui on ne la fait pas. Il est le type même du politicien retors, calculateur en diable, qui a toujours plus d’un tour dans son sac. Il me fait irrésistiblement penser à un Talleyrand habile aux combinaisons les plus vicieuses - mais quelquefois nécessaires en politique, hélas ! Se trouvant à Damas en face du jeune Bachar el-Assad, il aura tout de suite jaugé le personnage : un enfant de choeur à qui on donnerait, s’il était chrétien, le bon Dieu sans confession.

 L’ordinaire duplicité machiavélienne du député des Pyrénées-Atlantiques, paradoxalement, est un gage de lucidité. Si Jean Lassalle dit que le « boucher de Damas » est un ange, eh bien, j’incline à penser qu’il faut le croire.


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