Tom Personne Tom Personne 12 août 14:48
@jaja
Le problème de ce genre de position, c’est qu’il s’agit de romantisme politique : la vérité n’est plus celle des faits mais celle des émotions, ce qui explique l’incapacité à penser autrement qu’avec des catégories binaires qui, ultimement, se ramènent au bien et au mal.
Cela explique aussi la facilité avec laquelle les militants peuvent être manipulés dans le sens d’intérêts potentiellement contraires à ce qu’ils croient défendre.

« l’humanité et la solidarité ne sont pas des délits ! »
 - > En effet, et ce n’est pas ce qui a été condamné par la cour de justice, mais bien les actions illégales entreprises par l’accusé.

« La justice et les pouvoirs publics se déchaînent contre les militantEs qui ne font que procurer aide et soutien aux hommes, femmes et enfants qui en ont besoin. »
 - > S’ils procurent aide et soutien, ce ne sont pas des militants, mais des bénévoles de l’action humanitaire. Ce que je reproche à certains, c’est justement d’être aussi des militants politiques. Si tel est le cas, ils doivent respecter les règles du jeu démocratique.

« Celles et ceux qui, comme Cédric, dans la vallée de la Roya ou ailleurs, apportent une aide humanitaire aux migrantEs, ne doivent en aucun cas être poursuivis ni condamnés. »
 - > Il n’y a pas d’exemption à l’Etat de droit, mais les juges savent examiner si les circonstances d’une affaire sont atténuantes ou aggravantes.

« La liberté de circulation et d’installation sont les seules réponses dignes pour celles et ceux qui fuient la guerre, la misère, les discriminations et cherchent l’asile. »
 - > Mais Cédric Herrou n’est pas en mesure de déterminer si les migrants qu’il aide à passer la frontière sont bien des réfugiés ou plutôt des migrants économiques, d’autant que même les autorités, seules légitimes pour cela, n’y arrivent que difficilement.
 - > De plus, la liberté d’installation en question nous ramène au terme d’anarcho-humanitarisme que j’emploie dans l’article. Il est permis de penser que les citoyens des Etats démocratiques ont le droit de choisir qui rentre ou pas dans leur pays, comment et pourquoi. On peut aussi militer pour l’abolition des frontières, mais à condition d’être clair sur la question, et pas de s’abriter derrière des considérations généreuses pour masquer son ordre du jour.

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