samedi 18 février - par ddacoudre

20 ans et c’est pire

Etre attentif.

Chacun se souvient de la déclaration sur la fracture sociale par Chirac dans sa campagne électorale de 1995. Je rappelle qu'il s'agit en l'espèce de désigner par là le fossé qui sépare une partie de la population socialement intégrée avec une autre constituée de personnes socialement exclues. Ceci n'est en rien un événement exceptionnel dans une société sédentarisée qui organise sa concentration humaine dans des cités où la population doit se former, se conformer aux us, coutumes et lois qui les unie. Immanquablement nous savons que les us, coutumes et lois subissent une évolution qui tient de leur essence même, à leur imperfection et impossibilité de pouvoir couvrir la totalité des interactions entre les individus. Si c'était le cas se serait dramatique, car nous serions dans un monde déterministe, soit un monde fini. Dénier cela est être assuré de toujours avoir un mauvais jugement. Il n'est pas inutile de rappeler cela, parce que notre monde en perpétuelle évolution inclue, le développement de l'exclusion de tous ceux qui pour des raisons diverses économiques, sociales, éducatives, psychiques ne peuvent se conformer ou s'opposent au conformisme sociétal structurant. Ne pouvant élaborer qu'une organicité évolutive aléatoire, toutes résurgences de manquements, de perversions, de fractures comme le soulignait Chirac sont autant de symptômes auxquels il faut être attentif, car ils sont les indicateurs des maux que la dites organicité engendre dans son essence, car elle n'est pas un corps biologique inné, mais une construction culturelle en constante mutation. Ainsi, penser contre toutes évidences et observations historiques que toute organisation se maintiendra en l'état par la force ou par l'éducation est vouée à l'échec.

Rien attendre de ceux qui ont de l’argent.

Nous comprenons cela quand il s'agit de technologie, car elle nous passe entre les doigts si je puis le dire ainsi, mais quasiment pas quand il s'agit de nous. Nous aimerions que les choses ne changent pas et qui plus est que les autres s'y plient. Or comme ce n'est pas comme cela que le monde évolue, se développent des exclusions de toutes natures qui ne peuvent se résorber seulement par les lois et les forces de l'ordre ainsi que la répression pénale qui les accompagnent.

Aujourd'hui en 2017 soit 20 ans plus tard cette fracture sociale s'est aggravée d'une part du fait des raisons économiques et d'autre part du choix de la réponse politique pour y pallier. Economique, par une financiarisation de l'économie et une intransigeance du capitalisme à redistribuer et une volonté politique, celle vouloir par l'état réguler les inégalités sociales sans disposer des moyens financiers pour le faire, du seul fait qu'il ne dispose plus des moyens d'émettre de la monnaie et dépend donc du bon vouloir de ceux qui ont de l'argent et qui s'en battent l'œil de la fracture sociale.

Hier c’était déjà la tolérance zéro.

Nous avons donc vu le gouvernement de Chirac avec Sarkozy comme ministre de l'intérieur à partir de 2002 faire le choix de la répression pour maintenir sous l'éteignoir les exclus. J'écris souvent que ni les lois, ni les forces de police, ni la justice n'ont pas pour vocation de faire accepter la misère ou la pauvreté à ceux qui sont socialement exclus. Cela ne signifie pas que l'on va accepter que les exclus usent de moyens illégaux pour s'en sortir, mais l'on peut comprendre que naissant dans la frange de population exclue il soit difficile pour certain de se sentir intégré quand l'on est rejeté dans des cités ghettos. Le choix de la seule répression fait par Sarkozy ministre de l'intérieur, puis président n'aura fait qu'aggraver la situation, par plusieurs choix, la suppression de la police de proximité, la tolérance zéro et la culture du résultat.

L’abus est nocif pour la démocratie.

Cette courte entrée en matière pour en arriver à la campagne électorale qui rebondit à nouveau sur la sécurité. En 2012 Sarkozy avait déjà fait ce choix, il a perdu l'élection. Il semble que Fillon pour rebondir malgré l'affaire qu'il traine, après une visite chez Sarkozy, endosse sa veste sécuritaire, il est vrai dans un conteste différent, puisque nous sommes en état d'urgence. Et le revoilà avec la proposition de la majorité pénale à 16 ans. Alors, il est vrai comme je l'écris plus haut tout évolue et nos enfants sont beaucoup plus physiquement développés que leurs parents au même âge. Mais cela n'engendre pas une maturité intellectuelle à toute épreuve, qui elle se constitue de la capacité à raisonner sur la base de sa propre expérience et des acquisitions de savoirs. Du seul fait de leur âge ils sont forcément limités et soumis à toutes les influences, bien plus que ne le sont les adultes. Eux qui n'y échappent pas non plus, comme en témoigne l'aggravation de la fracture sociale que les citoyens n'ont cessé d'aggraver. Cela en se laissant instrumentaliser malgré leur maturité supposée et en gobant tous les boucs émissaires que les médias leurs présentaient, l'identité, la laïcité, l'islamophobie, la chasse aux abus, la chasse à l'évasion fiscale, la mise au pilori des élites et hommes politiques, le sentiment permanent d'insécurité, les incivilités. Tous ces sujets grossis par l'effet loupe des médias, qui les ont relayé des semaines voire des mois, ont laissé croire que la seule solution pouvait se trouver dans la seule répression envers et contre l'histoire humaine qui démontre que si elle est nécessaire, elle ne se suffit pas à elle seule, mais que sont abus conduit toujours vers la fascisation ou des dictatures.

Des adultes qui n’ont pas plus de jugeotes que des enfants de 16 ans.

Alors, si aujourd'hui des hommes politiques comme Fillon, Le FN et tous ceux qui s'inscriront dans cette démarche tel Macron en sont restés à ce stade, c'est la démonstration de l'échec des politiques qui ont été menées, un dénie des réalités des sociétés humaines et de la graine future d'inquisiteurs. Car tous ceux qui ont voulu des sociétés parfaites ont toujours élevé des buchers ou coupé des têtes comme nous le démontre aujourd'hui Daesh. Au bout de 20 ans ceux qui ont dirigé le pays en comptant sur la répression pour contenir l'exclusion et la pauvreté sont responsables de la pérennisation et de l'aggravation des ghettos et ils postulent aujourd'hui avec comme innovation les méthodes qui ont échoué hier.

Mais en fait ce qui est le plus grave n'est pas que les hommes politiques s'accrochent à cela, s'ils s'y accrochent c'est qu'une bonne partie des citoyens maintenus dans la peur depuis tant d'années, alors qu'ils n'ont pas 16 ans, mais sont adultes pour analyser une situation, en sont demandeurs. Leurs réflexions annihilées par la pensée unique, ils ne se donnent pas les moyens de maitriser l'exclusion et de la réduire par la création de sources de revenus liées à une activité ou des emplois qui existent dans d'autres choix industriels et politiques.

 

Il ne faut donc pas compter sur Fillon, le FN et autre Macron pour apporter une solution. La politique menée jusqu'à aujourd'hui n'a fait qu'accroitre la détestation des forces de police dans les ghettos et plus généralement tout ce qui ressemble à une autorité, elle a été le ferment du développement de ce que l'on appelle l'islam politique qui souffle sur les braises comme le FN, mais pas pour les mêmes fins. Et c’est tristement que Fillon et Macron pour ne pas se laisser distancer laboure le même sillon La justice contrairement aux affirmations de laxisme a puni à remplir les prisons. Qu'une population veuille que les peines soient disproportionnées aux délits est un fait qui s'entend et se lit sur les réseaux. Cela vient à contre-courant de l'histoire de la justice. L'état a retiré au peuple le droit de rendre la justice (excepté aux assises, bien qu'il y ait maintenant un appel sur le jugement rendu), car de sa part elle n'était que vindicative et vengeresse.

Tout cela était prévisible et de plus ce n'est pas un phénomène franco français nous le retrouvons dans tous les pays occidentaux. Dès 1999 j'écrivais cela : « L’effondrement du communisme a entraîné un recentrage de l’idéal socialiste laissant des vides idéologiques qui se sont remplis d’acrimonies confessionnelles et nationalistes.

Le débat du Nord contre le Sud est devenu un débat du libéralisme contre l'islamisme ou des chefs de guerre de tout poil, car les pays pauvres, ne trouvant plus d'échos et de soutiens dans un idéal politique éteint, se sont réfugiés dans la religion et l’identité culturelle pour porter leurs espérances. Cela, faute de trouver un Nord qui leur propose comme idéal autre chose qu’une exploitation à terme dans laquelle la règle est de manger les autres. Alors que l’islamisme par exemple leur offre de retrouver une espérance et une dignité d’humain et, y développe une instruction coranique dont nous ignorons ce qu’elle engendrera. Mais une chose est sûre, c’est qu’ils ne sont pas instruits dans l’amour de l’occident. »

 



4 réactions


  • fred fred 18 février 11:03
    Jusqu’au départ de De Gaulle, la France était sur une pente évolutive..Sa population avait du pouvoir d’achat et notre pays était respecté partout dans le monde...Puis vint l’époque des voyous avec Pompidou et TOUS les suivants qui n’eurent pour objectif d’endetter le pays à leur profit et de démolir le modèle social qui était le notre...Plus de 50 ans ont passé et les voyous au pouvoir sont toujours les mêmes..Les français seraient ils décérébrés ?
    J’ai comme un doute...

    • ddacoudre ddacoudre 18 février 12:37

      @fred

      bonjour. De Gaulle est attaché à une histoire dramatique et a su fédérer autour de lui.s’il fut un grand personnage il n’a pas su évoluer dans l’histoire qu’il avait lui même construite, 68 en témoigne malgré les compétences de Juillet ou marie France Garaud. S’adapter à une évolution dont l’on ne peut jamais maitriser tous les paramètres est la difficulté que rencontre tout un chacun et encore plus les gouvernants, c’est le fond de mon article ou j’y explique que pour palier aux ignorances de la survenance des événement ou a notre insuffisance de monnaie nous utilisons la répression en croyant qu’un coup)de bâton suffit à nourrir son homme.
      je ne sais pas si l’on peu qualifier de voyou tous les hommes politiques car pour en avoir côtoyer beaucoup la grande majorité son sincère même si l’on constate avec une certaine professionnalisation des dérives. il est vrai que De Gaulle bénéficié d’une confiance totale de la part des citoyens, ce qui est devenue une denrée rare, d’où découle beaucoup de problème car peu de société survivent dans sans la confiance réciproque.
       cordialement.ddacoudre.over-blog.com.


  • alain_àààé 18 février 14:33

    comme je l écrivais dans un autre commantaire nous avons eu POMPIDOU qui s occupa du dédommagenent de l algérie et dépendait des rotchills nous avons un MACRON qui a travaillé pour ces mémes banquiers et qui espérent que le soit disant génocide en algérie pourrait rapporté le gros lot aux rotchills quel similitudes ?


    • ddacoudre ddacoudre 18 février 18:39

      @alain_àààé

      bonjour. ce n’est pas faux,en la demeure c’est complètement déraisonnable de juger des événements passés avec les savoirs d’aujourd’hui, car eux ne pouvaient pas savoirs ce qu’ils ignoraient.
      cordialement.ddacoudre.over-blog.com


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