vendredi 21 avril - par roman_garev

À la recherche de la Russie

Par le Saker – Le 1er avril 2017 – Source The Saker

Que l’on aime la Russie ou non, je pense que tout le monde sera d’accord pour dire que ce pays est vraiment différent, différent d’une manière profonde et unique. Et il y a quelque vérité là-dedans. Un célèbre auteur russe a écrit que « la Russie ne peut être comprise rationnellement » (il a utilisé l’expression « ne peut pas être comprise par l’intellect »). Ajoutez à cela quelques politiciens plutôt excentriques comme Vladimir Jirinovsky, connu pour mêler des analyses très rationnelles et bien informées avec des absurdités absolues et vous avez la fameuse formule « la Russie est une devinette enveloppée dans un mystère à l’intérieur d’une énigme ». Franchement, ce n’est qu’une amusante exagération, la Russie n’est pas si mystérieuse. Elle est cependant plutôt très différente des pays européens de l’ouest, du centre et de l’est et même si un gros morceau de la Russie se situe à l’intérieur du continent européen à l’ouest de l’Oural, en termes de civilisation elle est très éloignée de ce qu’on appelle l’« Occident », en particulier l’Occident moderne.

Par exemple, la Russie n’a jamais connu de « Renaissance ». Je dirais même que la Russie n’a jamais vraiment connu de Moyen Âge puisque, en tant qu’héritière de l’Empire romain d’Orient (c’est-à-dire Byzance), ses racines plongent dans l’Antiquité. Alors qu’on pourrait sans doute décrire les phases de la civilisation occidentale selon la séquence Moyen Âge -> Renaissance -> Modernité -> Époque contemporaine, dans le cas de la Russie, elle serait beaucoup plus courte : Antiquité -> Modernité -> Époque contemporaine.

Aparté

Vous remarquerez que j’ai placé les racines de la civilisation occidentale moderne au Moyen Âge et non dans l’Antiquité. La raison en est que lorsque les Francs ont finalement conquis l’Empire romain d’Occident, ils l'ont détruit à un tel point que l’époque qui a suivi l’effondrement de l’Empire romain d’Occident est appelée l’« Âge sombre » (la Russie, soit dit en passant, n’a jamais traversé ce millénaire de ténèbres et, par conséquent, n’a jamais eu besoin d’une quelconque « renaissance » ni de « renaître »). Contrairement au récit historique officiel, la civilisation occidentale actuelle n’a jamais eu aucune racine dans l’Empire romain, et encore moins dans l’Antiquité grecque. Les vrais fondateurs du « monde occidental » étaient, à bien des égards, les Francs.

Je dirais donc que si la Russie se trouve en Europe, géographiquement parlant (du moins sa partie la plus peuplée), culturellement, elle n’a jamais partagé une histoire commune ou, encore moins, une culture commune avec l’Occident. Dire que la Russie est « asiatique » est également problématique pour deux raisons essentielles : premièrement, la Russie, en tant que culture, est née du baptême de l’ancienne « Rus  » par Saint Vladimir à la fin du Xe siècle. Le type de christianisme que la Russie a reçu était romain, et non franc. Je ne crois pas que quiconque soutiendrait sérieusement que Rome ou Byzance étaient « asiatiques ». Donc les racines culturelles et spirituelles de la Russie ne le sont pas. Ethniquement parlant, la plus grande partie des Russes sont des Slaves, mélangés à des degrés divers à d’autres groupes ethniques. Et bien que je trouve personnellement la catégorie de « Blanc » d’une faible valeur analytique, je ne pense pas que quiconque soutiendrait sérieusement que les « Blancs » sont des Asiatiques. Cela nous laisse avec l’État russe, la forme de gouvernement russe, et ici, oui, je dirais que ce sont les envahisseurs tatars-mongols asiatiques (un terme inapproprié et trompeur, mais c’est celui qui est communément utilisé) qui ont créé l’État russe moderne. Le facteur qui complique les choses ici est que depuis que la Russie est devenue un Empire de style occidental sous Pierre Ier, elle a été gouvernée par une élite principalement occidentalisée qui avait plus en commun avec les élites de l’Europe occidentale qu’avec la majorité des masses russes. C’est un processus complexe et à facettes multiples qui a vu se produire de nombreux phénomènes contradictoires et nous pouvons en discuter éternellement, mais ce qui est certain est que ce processus a pris fin en 1917 avec un coup d’État bourgeois libéral (maçonnique) suivi, huit mois plus tard, d’une prise du pouvoir par les communistes et une guerre civile sanglante. Alors que ni le coup d’État de février ni la prise du pouvoir communiste en novembre n’étaient de véritables « révolutions », l’année 1917, prise dans son ensemble, a vu se produire une immense révolution : une classe dirigeante a été intégralement remplacée par une autre, totalement différente.

Je n’ai ni le temps ni l’intention de discuter de la période soviétique ici, je l’ai fait à de nombreuses reprises ailleurs, mais je présenterai seulement ma conclusion principale : il n’est pas possible de considérer la période soviétique comme la continuation de la Russie d’avant 1917. Oui, géographiquement, l’URSS couvrait plus ou moins l’ancien Empire russe et oui, la population qui vivait dans la Russie d’avant 1917 a continué à vivre dans la nouvelle Union soviétique, mais les racines de l’idéologie bolchevique/communiste dominante au pouvoir ne sont pas à chercher dans l’ancienne Russie et dans les valeurs culturelles, spirituelles et religieuses russes traditionnelles : leurs racines ont été importées d’Occident (exactement comme les principaux dirigeants de l’insurrection bolchevique). Je dirais cependant qu’en 1917, un genre d’élite occidentale (l’aristocratie) a été remplacée par une autre (le parti communiste) et que les deux étaient des « importations » et non des « produits intellectuels russes ». J’irais même plus loin et dirais que le peuple, la culture et la civilisation russes ont été persécutés pendant ces 300 dernières années et que c’est seulement avec l’arrivée de Vladimir Poutine à la tête de l’État russe que cette persécution a pris fin.

Permettez-moi de préciser immédiatement que ces trois siècles passés n’étaient pas uniformes et que certaines périodes ont été meilleures pour le peuple russe et certaines pires. Je suggérerai que la période durant laquelle Piotr Stolypine était Premier ministre (1906-1911) a été probablement la meilleure pour la Russie. Les temps les pires pour la Russie sont arrivés seulement six ans plus tard, lorsque la bande de Lénine-Trotsky s’est emparé du pouvoir et a immédiatement commencé à se livrer à une campagne génocidaire contre tout ce qui était « russe » dans un sens culturel, spirituel ou intellectuel (cette orgie sanglante ne s’est calmée qu’en 1938). Dans l’ensemble, même avec des variations très fortes, je crois que, dans un sens culturel et spirituel, la nation russe a été opprimée à des degrés divers entre 1666 et 1999 environ. Cela fait 333 ans : une longue période, quels que soient les critères.

Et puis il y a la Russie moderne, que j’appelle « Nouvelle Russie ». Ce n’est clairement pas la Russie d’avant 1917, mais pas non plus la Russie soviétique. Et pourtant, c’est une Russie qui, pour la première fois en trois siècles, s’inscrit enfin dans un processus visant à se débarrasser progressivement des modèles culturels, politiques et socio-économiques occidentaux et qui tente de réinstaurer ce que j’appelle la « sphère civilisationnelle russe ». Bien sûr, il ne faudrait pas être naïf ici : Poutine a hérité d’un système politique entièrement créé par des « conseillers » américains dont l’unique but était de continuer à opprimer et à exploiter le peuple russe. Les coûts humains et économiques des années Gorbatchev et Eltsine ne peuvent être comparés qu’aux effets d’une guerre majeure. Et pourtant, de cette horreur, a émergé un dirigeant dont la loyauté n’allait qu’au seul peuple russe et qui s’est donné pour but de libérer la Russie de ses oppresseurs étrangers. Ce processus de « récupération de la souveraineté » est loin d’être achevé, il nécessitera probablement de nombreuses années et connaîtra beaucoup de hauts et de bas, mais il a indéniablement été entamé et, pour la première fois depuis des siècles, le dirigeant du Kremlin n’est pas quelqu’un que l’Occident peut espérer soumettre ou coopter.

D’où la paranoïa hystérique à propos de Poutine et de ses méchants Russkofs.

L’Occident est terrifié par le risque très réel que, pour la première fois en 333 ans, la Russie peut redevenir vraiment russe.

Une pensée terrifiante, en effet.

Considérons le bilan de ce que nous pouvons appeler la « Russie opprimée ». Cela a commencé avec la défaite infligée par Pierre Ier à l’une des plus grandes puissances militaires européennes, la Suède, pendant la Grande guerre du Nord (1700-1721). Si vous êtes intéressé, allez voir dans Wikipédia cette liste des guerres russes entre 1721 et 1917 et soyez particulièrement attentif à ces guerres énumérées comme des « défaites » pour la Russie et remarquez qu’à l’exception de la guerre de Crimée, de la guerre russo-japonaise et de la Première Guerre mondiale, la Russie a gagné toutes ses guerres pertinentes/importantes (guerres dans lesquelles la Russie a joué un rôle essentiel ou qui étaient pour elle un enjeu capital). Personnellement, je ne considérerais pas que la Russie a perdu la guerre contre le Japon (les historiens japonais non plus, d’ailleurs), et dans le cas de la Première Guerre mondiale, la Russie s’est essentiellement auto-détruite à la veille de la victoire. Quant à ce que j’appelle la « grande guerre œcuménique contre la Russie » (elle réunissait les catholiques romains, les anglicans et les musulmans ottomans), je l’appellerais un « laid dessein » dont les pires conséquences pour la Russie ont rapidement été atténuées. Opposez cela à la guerre vraiment importante, l’agression de Napoléon contre la Russie, dans laquelle celle-ci a vaincu toute seule une coalition unissant fondamentalement toute l’Europe contre elle. Regardez cette photo d’un monument sur le lieu de la plus grande bataille de la guerre, la bataille de Borodino, et vérifiez la liste des pays alliés contre la Russie :

France 
Italie
Naples
Autriche 


Bavière
Berg
Saxe
Westphalie
Prusse
Hollande
Espagne
Portugal
Pologne
Suisse
Confédération allemande
Total : 20 nations
Infanterie : 145 000
Cavalerie : 40 000
Canons : 1 000

C’est-à-dire 15 pays contre la Russie. Il y avait moins d’agresseurs pendant la « grande guerre œcuménique », mais trois des agresseurs sur quatre n’étaient pas seulement des pays, mais des empires entiers : l’Empire français, l’Empire britannique, l’Empire ottoman. S’il s’agit de 15 pays contre un ou de trois empires contre un, un schéma commence à émerger. Alors que pendant la Seconde Guerre mondiale, seuls six pays ont participé à l’invasion initiale de l’Union soviétique (l’Allemagne, la Roumanie, la Finlande, l’Italie, la Hongrie, la Slovaquie), de nombreuses unités plus ou moins « volontaires » s’y sont jointes.

L’unité européenne à son meilleur, en effet.

Chaque fois que l’Europe a rassemblé toutes ses forces pour finalement vaincre, soumettre, conquérir et assimiler la Russie, celle-ci l’a emporté et n’a fait que devenir plus grande et plus forte. Cela bien qu’étant, à bien des égards, une Russie paralysée, déchirée par de profondes contradictions internes, dirigée par des élites que les masses russes trouvaient, au mieux, peu enthousiasmantes. Certes, les tsars, individuellement, étaient vraiment populaires, mais le régime, l’ordre n’étaient pas ce que je considérerais comme populaires ou représentatifs de la vision du monde et de la culture des masses russes. Et pourtant, la Russie a gagné. Encore et encore. Bien que faible.

Certains diront que c’est du lointain passé, que le monde est différent aujourd’hui, que personne en Europe ne pense plus à ces guerres. Mais ce n’est pas vrai. Pour une raison, chacune de ces guerres a été accompagnée d’une campagne de dénigrement frénétique de la Russie dans la presse et la littérature, et toutes ces guerres étaient présentées comme menées au nom des nobles valeurs européennes et contre les hordes barbares de l’Orient sauvage. Dans les années où la Russie n’a pas fait l’objet d’une attaque militaire, elle a toujours été l’objet de sanctions économiques sous un prétexte pieux ou un autre. Le roi Salomon avait raison lorsqu’il a écrit : « Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera, il n’y a rien de nouveau sous le soleil ». Progressivement et insidieusement, la haine et la peur de la Russie sont devenues une partie de l’identité culturelle occidentale. Considérant comment l’Occident a appris à craindre une Russie paralysée et affaiblie, pouvez-vous imaginer la terreur qu’une Russie véritablement unie inspirerait ?

Savez-vous comment s’appelle le parti politique de Poutine ? « Russie unie », bien sûr.

Gardez à l’esprit que durant ces années, la Russie était dirigée par une élite désespérément pro-occidentale et que tous les dirigeants russes, de Pierre Ier à Dmitry Medvedev, sauf Alexandre III et Joseph Staline, ont voulu être acceptés comme un partenaire égal par l’Occident. Mais les élites occidentales n’avaient pas besoin d’un partenaire ou d’un allié, ce qu’elles voulaient, c’était un esclave obéissant.

Vladimir Poutine a dit tout à fait clairement qu’il n’avait aucun projet de ce genre.

À propos de Poutine, il y a quelque chose d’autre dans son règne qui le rend tout à fait unique : son pouvoir réel ne vient pas de la Constitution russe ou du fait qu’il est le commandant en chef des forces armées, du renseignement et de la sécurité russes. Si c’était vraiment le cas, les élites russes, qui sont encore largement pro-occidentales, auraient trouvé une manière de le renverser il y a longtemps, avec l’assistance de l’Oncle Sam, si nécessaire. Non, son pouvoir réel réside dans le fait indéniable que le peuple russe le reconnaît non seulement comme son dirigeant mais aussi comme son représentant, si vous voulez, à la tête de l’État russe et sur les questions internationales. Il y a une confiance personnelle, un capital politique personnel, que le peuple russe a donné à Vladimir Poutine, qui le place à part de toutes les autres personnalités politiques russes. Ce sentiment est si fort que même de nombreux anciens opposants politiques sont maintenant devenus ses partisans et que ceux qui s’opposent encore ouvertement à lui le font avec grandes difficultés et inconfort personnel.

Cette autorité personnelle de Poutine ne s’étend pas à Medvedev ou, encore moins, au gouvernement russe. Je dirais que celui-ci est largement impopulaire, comme l’est la Douma, mais le manque d’alternatives viables au pouvoir du parti « Russie unie » rend ce manque de popularité presque sans importance.

Si nous prenons le terme « monarchie » dans son sens originel de « pouvoir d’une personne » et si nous nous rappelons que de nombreux tsars étaient personnellement populaires même lorsque leurs régimes ne l’étaient pas, nous pourrions dire que le règne de Poutine est une sorte de « néo-monarchie » russe très traditionnelle et que Poutine a trouvé une manière de combiner les formes externes de la démocratie avec les caractéristiques internes de la monarchie russe. Fait intéressant, le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov a décidé de créer une garde personnelle pour Vladimir Poutine (vous pouvez lire à ce propos ici). Pour se conformer à la loi, ces gardes personnels ont tous démissionné de leur charge et ont offert leurs services à Vladimir Poutine comme personne et non au président russe.

Inutile de dire que les soi-disant « experts russes » en Occident rejettent tout cela comme un signe du gouvernement « autoritaire » de Poutine et le décrivent au mieux comme un « homme fort » et au pire comme un « dictateur ». En vérité, la peur et la haine sont très mauvaises conseillères et il n’est pas surprenant qu’ils se trompent autant. Cela dit, les « experts russes » ne sont pas payés pour comprendre la Russie, ils ne sont payés que pour la diaboliser.

Alors où est la Russie ou qu’est-elle aujourd’hui ?

À l’heure actuelle, je dirais que la Russie est à la fois une promesse et un processus. En tant que promesse, elle est très vague, il y a de nombreuses idées sur ce qu’était ou devrait être la « vraie Russie ». Elle est un idéal qui est davantage perçu que compris. En tant que processus, la Russie est beaucoup moins ambiguë : décolonisation, reconquête de la souveraineté, résistance et proclamation sans complexe d’un modèle civilisationnel unique et différent. Les temps où les Russes singeaient stupidement l’Occident sont apparemment vraiment révolus. Certains disent que l’avenir de la Russie est dans le Sud (le Caucase, l’Asie centrale, le Moyen-Orient, le sous-continent indien), certains voient le futur de la Russie à l’Est (la Sibérie et l’Asie de l’Extrême-Orient, en particulier la Chine), tandis que d’autres le voient dans le Nord (la Sibérie, de nouveau, et l’Arctique).

Mais personne ne le voit plus en Occident.

Évidemment, ce n’est pas la manière dont beaucoup d’Européens voient les intentions de la Russie. Les Polonais et les Baltes, en particulier, restent éveillés la nuit par des cauchemars d’invasion russe de type conventionnel ou « hybride ». Cela me rappelle une blague russe qui dit à peu près ceci : un homme se promène dans la rue lorsqu’une femme à son balcon hurle soudain : « Au secours ! Cet homme est sur le point de me violer ! »L’homme, déconcerté, lève la tête et dit : « Chère Madame, vous êtes folle. Je n’ai aucune intention de vous violer. D’ailleurs, je suis ici dans la rue et vous êtes au-dessus de moi à votre balcon ». À quoi la femme rétorque : « Peut-être, mais je m’apprête à descendre ! ».Exactement comme cette femme, les Polonais et les Baltes, peut-être mus par un profond sentiment de culpabilité mêlé à un vieux complexe d’infériorité, tentent-ils péniblement de se convaincre que la Russie veut vraiment les envahir. La Russie, bien sûr, n’a absolument aucun besoin de plus de terres et encore moins de la population férocement hostile et carrément psychotique de ces pays. En réalité, le projet russe pour ces pays est simple : tout simplement acheter les États baltes et laisser les Polonais et les Allemands profiter de leur traditionnelle lune de miel. Du point de vue russe, ces pays et ces peuples ne sont pas des prix convoités mais des charges inutiles.

En revanche, la Russie ne peut pas ignorer l’Ukraine, surtout pas une Ukraine occupée par des nazis. Quant au reste de l’Europe, il restera toujours un important marché pour la Russie et un endroit que les Russes se plairont à visiter, en particulier l’Europe du Sud et méditerranéenne. La dernière chose dont la Russie a besoin c’est une guerre, en particulier une guerre inutile et potentiellement dangereuse, avec l’Occident. Enfin, il est probable que la Russie cherche à établir des relations étroites avec les pays du sud de l’Europe qui n’ont jamais vraiment voulu mener une politique anti-russe, notamment la Grèce et la Serbie. Donc, tout en n’étant plus une priorité, l’Occident ne deviendra jamais sans importance.

Le plus difficile et aussi le plus intéressant à deviner est ce que la Russie deviendra sur le plan interne. Probablement pas une monarchie, du moins pas dans un avenir prévisible. Le dernier sondage suggère fortement qu’une majorité de Russes ne veulent pas échanger un système républicain démocratique pour une monarchie. D’ailleurs, dans un pays où les chrétiens orthodoxes vraiment religieux sont une minorité, une monarchie aurait réellement très peu de sens. Le problème avec le système actuel est qu’il est entièrement basé sur la personne de Vladimir Poutine. En fait, je dirais qu’il n’y a pas de « système actuel » du tout, il y a seulement une personne, Vladimir Poutine, qui, alors qu’il est immensément populaire, doit traiter tous les nombreux problèmes russes, « en mode manuel » – donc personnellement. Dès que quelque chose échappe à son attention personnelle, les choses se gâtent. Ce n’est tout simplement pas un système viable. Et pour aggraver encore les choses, il n’y a aucun successeur crédible de Poutine en vue. Si quelque chose lui arrivait demain matin, la crise qui frapperait la Russie serait immense. Ajoutez à cela que les Russes ont une longue histoire de bons dirigeants auxquels ont succédé des médiocres et vous verrez combien l’actuel « one man show » est une menace grave pour l’avenir. Je dirais par conséquent que le développement d’un véritable système politique russe (par opposition à un dirigeant individuel) devrait être considéré comme l’une des priorités stratégiques les plus importantes pour les Russes qui ne veulent pas que leur pays redevienne une colonie occidentale. Hélas, la bataille entre les « intégrationnistes atlantistes » (les gens de Medvedev) et les « souverainistes eurasiatiques » (les gens de Poutine) laisse très peu de temps pour ce genre d’effort.

Donc oui, « la Russie est de retour », mais elle est encore très vacillante sur ses pieds et incertaine quant à l’endroit où aller ensuite. En ce moment, son avenir dépend du sort d’un seul homme et c’est extrêmement dangereux.

Article original paru sur The Unz Review

Traduit par Diane, vérifié par Julie, relu par Michèle pour le Saker francophone



45 réactions


  • Olivier Perriet Olivier Perriet 21 avril 09:52

    la Russie, soit dit en passant, n’a jamais traversé ce millénaire de ténèbres et, par conséquent, n’a jamais eu besoin d’une quelconque « renaissance » ni de « renaître »

    C’est la thèse classique de « la Russie seule vraie continuatrice de l’Empire romain », ou en d’autres termes de la Russie « orthodoxe ». C’est aussi l’historiographie d’il y a 50 ans : « le sombre Moyen-Âge » (une période de plus de 1000 ans prise en bloc !) on en est revenu depuis longtemps.

    Pour l’absence de « Renaissance » en Russie, c’est à voir : bien sûr qu’il y a eu diffusion de ce mouvement en Russie.

    Et sur la Russie seule et unique, pas de problème :
    On voit que ça fonctionne super bien en Syrie. Vous pouvez rester en tête à tête avec Assad le chimique et le Parti de Dieu libanais, pour susciter de nouveaux Daesh.


    • JC_Lavau JC_Lavau 21 avril 10:08

      @Olivier Perriet. Tu n’en as pas encore marre de faire aussi niaiseux, têteux des media Soros-CIA-USsraël ? 


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 21 avril 10:38

      @JC_Lavau

      Aussi longtemps que les faits ne me démentent pas :

      l’action occidentale en Syrie n’a pas été concluante, l’action russe non plus.


    • JC_Lavau JC_Lavau 21 avril 11:00

      @Olivier Perriet dans ses oeuvres écrites : « Assad le chimique ».

      Tu n’en as pas encore marre de faire aussi niaiseux, têteux des media Soros-CIA-USsraël ? Tu n’en as pas encore marre d’aligner les contre-vérités dictées par tes maîtres ?

    • vesjem vesjem 21 avril 19:34

      @Olivier Perriet
      olive, arrête ton baratin de troll ;


  • Christian Labrune Christian Labrune 21 avril 10:06

    en termes de civilisation elle est très éloignée de ce qu’on appelle l’« Occident », en particulier l’Occident moderne.

    à l’auteur,
    Pour écrire ça, il faut probablement n’avoir jamais lu Dostoievski, Gogol, Tourgueniev ou Tchékov !


    • roman_garev 21 avril 13:16

      @Christian Labrune
      Juste au contraire, pour écrire ce que vous avez écrit, il faut absolument « n’avoir jamais lu Dostoievski, Gogol, Tourgueniev ou Tchékov ».

      Allez-vous prétendre que la réalité de la Russie, son peuple, son état d’esprit, sa conception du monde et de la société, etc., décrits si brillamment par les génies que vous avez énumérés, témoigneraient d’une proximité quelconque de l’Occident ?? 

    • phan 21 avril 20:04

      @roman_garev
      Avez vous lu Alexandre Soljenitsyne ? surtout « Deux siècles ensemble » : le livre censuré, disponible en langue française, pas en anglais ni en espagnol ?


    • roman_garev 21 avril 23:02

      @phan
      Non, la question juive ne m’intéresse pas spécialement.


    • phan 21 avril 23:42

      @roman_garev
      La révolution bolchévique et les oligarques russes : c’est quand même l’histoire contemporaine russe, non ? Le devoir de mémoire est il en sens unique ?
      Comment la Russie s’est débarrassée du communisme sans bain de sang, sans l’aide de l’Occident ?
      Il y a aussi un auteur français qui connait bien la Russie
      Ivan Blot - « La Russie de Poutine » - Ed. Bernard Giovanangeli , décembre 2015
      C’est 3 fois dans l’Histoire que la Russie a sauvé la France :
      Lors de la conférence de Vienne après la chute de Napoléon, l’empereur russe , Alexandre Ier , refusera le démembrement de la France , voulu par les Prussiens et les Autrichiens.
      La deuxième fois fut lors de la bataille de la Marne, en 1914 : En attaquant l’Allemagne , le tsar Nicolas II obligea celle-ci à renforcer ses troupes sur le front de l’Est , et les troupes manquantes à l’Ouest ont permis la victoire des Français .
      Et l’URSS est la nation qui a le plus contribué à la défaite allemande en 1945.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 22 avril 10:53

      @roman_garev

      Alors là, j’en tombe sur le cul.
      Car le Saker lui s’y intéresse à cette question et il la sait cardinale.
      La lecture du « deux siècles ensemble » de Soljenitsine est une vraie révélation.
      Il remet les pendules à l’heure et opère une défense objective, équilibrée et remarquable de la Russie et de son gouvernement injustement accusée au début du XXe siècle par une presse occidentale déchaînée.
       
      Lire ce livre ouvrirait les yeux à bien de nos concitoyens qui ne comprennent rien à ce qui se passe sous leur nez.
       
      Je recommande aussi Douglas Reed. Lui il ne prend pas de gants comme Soljenitsine, mais ils vont dans le même sens.


  • Leonard Leonard 21 avril 10:41

    La Russie est de retour ?

    Pardon mais depuis les 59 tomahawks en Syrie et la MOAB en Afghanistan...
    Je n’entends plus beaucoup Poutine...

    (simple constat sans prise de position)


    • sylvie 21 avril 12:15

      @Leonard
      c’est surtout trump que l’on n’entend plus smiley


    • Leonard Leonard 21 avril 12:52

      @sylvie

      Normal... ce sont les généraux qui ont parlé pendant une semaine...
      Quand on est pas compétent on délègue... mais pas sur qu’on délègue à plus compétent...


    • microf 21 avril 13:17

      @Leonard
      Il médite mon cher Leonard, il médite, le Président Poutine á qui j´ai donné le nom du « Mozart » de la politique, médite, c´est pourquoi pour le moment, vous n´entendez rien de lui, mais, prenez votre temps, vous allez l´entendre bientôt.
      Deux proverbes Russes á méditer par tous ceux qui cherchent des problèmes á la Rusie.
      « les Russes ne s´énervent jamais lorsqu´ils sont attaqués, ils méditent »
      « Les Russes tardent á se mettre en selle, mais ensuite, ils chevauchent très vite »


    • roman_garev 21 avril 13:31

      @Leonard
      Poutine n’est pas quiconque à se faire entendre du type Trump qui peut dire n’importe quoi en se réfutant dans la minute suivante et qui ne connait même pas le cap de ses porte-avions ? Poutine est plutôt à se faire voir.


      Voyez-vous que cette frappe massive des Tomahawks n’a changé absolument rien sur le théâtre syrien ? (Sauf que les Amerloques avec leur coalition fameuse demandent la permission à la Russie pour chaque leur envol.) Le lendemain de cette frappe les avions syrient s’envolent de l’aérodrome que Trump espérait détruire comme si rien n’était...

      Voyez-vous que l’Armée arabe syrienne libère chaque jours des nouveaux villages et bourgs occupés par les islamistes ?

      Non, vous ne le voyez pas, car vos merdias ne vous le montrent pas.

      Vous en verrez encore des choses (ou ne les verrez pas, c’est selon la volonté de Reuters qui passe sous silence des faits vrais génère des fake news et pour l’usage de votre petit monde occidental vivant de plus en plus dans la réalité factice), soyez patient.

    • Olivier Perriet Olivier Perriet 21 avril 14:04

      @roman_garev

      Voyez-vous que l’Armée arabe syrienne libère chaque jours des nouveaux villages et bourgs occupés par les islamistes ?

      Et du coup, à ce rythme absolument fulgurant, vous estimez que la libération du pays aura lieu dans quel délai ?

      Encore 2 ans, 5 ans ? À peu près ?


    • roman_garev 21 avril 16:29

      @Olivier Perriet
      Veuillez chercher des prophètes ailleurs.


    • covadonga*722 covadonga*722 21 avril 16:41

      @roman_garev
      Mr Perriet en tiens pour la ligne Fabius les islamistes « font du bon boulot ».

      C’est une spécificité bien française les « éduqués » souvent de gauche font leur guerres idéologiques par peuples interposés , en France ils ont soutenus impavidement les khmers rouge , khomeyni alors les égorgeurs de daech ou d’al nosra ça n’est pas pour les effaroucher , vous remarquerez que le martyr du peuple yéménite ne les perturbent pas plus que ça, dame ! les bombes l’ écrasant n’étant pas russes il doit moins saigner .

    • Olivier Perriet Olivier Perriet 21 avril 18:38

      @covadonga*722

      Ah, l’herbe est toujours plus verte dans un pays exotique dirigé par un homme à poigne qui ressemble vaguement à un dictateur.

      Sur les année 80 je ne sais pas, mais en 2017, votre idole identitaire est avec les héritiers de Khomeiny et le Parti de Dieu libanais. Peu importe donc ce que fait celui qui tient le manche, seul le knout est bon.

      Erdogan pourrait vous plaire aussi je pense. On se demande bien ce qui vous freine.


    • JC_Lavau JC_Lavau 21 avril 19:26

      @Olivier Perriet. Tu n’as pas encore remarqué que ta paranoïa t’occasionne quelques légers problèmes relationnels ?


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 21 avril 19:33

      @roman_garev

      Oui, certes.

      Mais à un moment on jugera les résultats de la politique russe ; et on ne pourra pas éternellement fuir ses responsabilités en disant que c’est la faute des Occidentaux.


    • JC_Lavau JC_Lavau 21 avril 19:53

      @Olivier Perriet. Les femmes ont jugé. Voir l’évolution des taux de natalité.


  • Christian Labrune Christian Labrune 21 avril 10:46

    à l’auteur,
    Qu’il y ait une certaine paranoïa des occidentaux lorsqu’ils considèrent la Russie, cela s’explique probablement par les conséquences de 1917, et par la division du monde en deux blocs à l’époque de la guerre froide qui en fut la conséquence. Mais à partir de l’effondrement de l’empire soviétique, il aurait plutôt fallu voir tout ce qui nous rapproche des Russes, et considérer comme De Gaulle que l’Europe s’étend « de l’Atlantique à l’Oural ». Une Europe sans la Russie, ça ne sera jamais l’Europe. Au reste, après la guerre de 40 et la concurrence pour le développement des armements nucléaires, les gouvernants de la Russie, malgré la religion communiste et son imbécile eschatologie, auront toujours su aussi garder très bien la tête froide, même à l’époque des missiles de Cuba, et la guerre sera donc toujours restée froide, ne dépassant jamais les limites imposées par la logique de la dissuasion. La Russie obéit à la même rationalité que celle du monde occidental. J’irai jusqu’à dire la même chose concernant la Chine, très vieille civilisation, de moins en moins différente de la nôtre, et dont les conflits surtout économiques avec l’Amérique par exemple, paraissent devoir désormais se traiter par la voie diplomatique et la négociation. Rien à voir avec le comportement délirant et suicidaire de quelques autres entités qui constituent actuellement un réel danger : la Corée du Nord, l’Iran et aussi bien le bloc sunnite, qui paraissent étrangers, eux, à une civilisation contemporaine de plus en plus unifiée et qui est assurément la même de San Francisco à Tokyo. Il n’aura fallu qu’une cinquantaine d’années après l’expédition de Perry pour que le Japon de l’ère Meiji abandonne ses vieilles structures médiévales, et la Chine actuelle n’a déjà plus rien à voir avec celle de la dynastie mandchoue et même celle de Mao.
    Les littératures et les arts de l’Extrême-Orient sont très familiers désormais au Français cultivé, et l’inverse est tout aussi vrai. Par un très heureux syncrétisme, nous sommes devenus aussi « chinois » que les peuples d’extrême orient sont devenus occidentaux.
     Ce qui est un peu contradictoire, c’est que tout en dénonçant une espèce d’hostilité des états occidentaux vis-à-vis de la Russie, qui est incontestable, vous en arriviez pourtant, de fait, à la justifier, en posant des différences là où il n’y en a pas. Opposer les « slaves » (dont la vocation aurait été pour les nazis d’être d’éternels esclaves) aux Francs qui sont à l’origine des états de l’Europe occidentale, ça me paraît une vision des choses un peu surannée et depuis longtemps dépassée.


    • Doume65 21 avril 13:51

      @Christian Labrune
      « il aurait plutôt fallu voir tout ce qui nous rapproche des Russes »
      100% d’accord. Du reste, Poutine a bien cherché à faire passer la Russie dans l’UE, ce qui prouve qu’il n’a rien contre l’occident, comme on l’entend trop souvent, y compris dans cet article (dont on ne connait pas l’auteur). Mais Les USA n’ont pas voulu, et leurs petits chiens européens ont alors aboyé.


    • Christian Labrune Christian Labrune 21 avril 16:23

      @Doume65
      La démocratie, chez nous, n’est pas au mieux de sa forme. En Russie c’est bien pire, mais il n’y a aucune raison de penser que cela doive durer indéfiniment. On a bien là-bas ce qu’on appelle désormais une « démocrature », laquelle n’a cependant pas grand chose en commun avec celle qu’on voit se mettre en place chez les Turcs où les choses ne pourront aller que de mal en pis. L’exemple de la théocratie iranienne, qui dure depuis plus de trente-cinq, ans n’est pas de bon augure.
      La politique annoncée par Trump, d’un rapprochement avec la Russie, était une bonne chose. Ce qui vient de se passer en Syrie ne paraît pas aller dans ce sens-là, mais la réaction des Russes aura quand même été des plus modérées. A contrario, Trump paraissait en vouloir beaucoup aux Chinois lorsqu’il a été élu,, mais depuis qu’ils font ce qu’ils peuvent pour ramener à la raison le psychopathe de Pyongyang, il paraît avec eux beaucoup plus accommodant. Quand la situation le permettra, il n’y a donc pas de raison de penser que les choses ne puissent s’arranger aussi bien avec les Russes.
      Les opinions d’une ’Europe en pleine perte d’influence en sont réduites à prendre parti d’une manière assez ridicule, tantôt pour un camp, tantôt pour l’autre, et toujours à contretemps, au lieu de vouloir une position ferme et indépendante qui permettrait de maintenir intelligemment les équilibres.
      Cet article, apparemment, n’a pas été écrit, comme je l’avais cru d’abord, l’ayant lu trop vite, par celui qui l’a publié ici. On ne peut donc pas demander à son auteur des éclaircissements, mais je trouve cette analyse très fantaisiste par bien des côtés. Inutile de tirer à boulets rouges constamment contre Poutine, même si nous n’aimerions guère le voir gouverner la France, mais la poutinolâtrie, qui procède toujours d’une énorme naïveté, cela me fait toujours beaucoup rigoler.


  • xana 21 avril 11:23

    Merci Roman Garev pour avoir diffusé cette analyse très pertinente du Saker.
    Le Saker m’a appris (ces dernières années) beaucoup de choses sur la Russie et parfois je regrette un peu de ne pas avoir émigré plus loin que la Transylvanie...
    .
    J’entends déjà hurler les russophobes habituels.
    Eux n’apprendront rien, mais ils ne sont pas là pour apprendre.
    Ils savent déjà tout ce qu’il y a à savoir pour être un bon chien de garde des « valeurs occidentales » : La propagande n’a pas besoin de se baser sur des faits vérifiés. Mentez avec assurances, braillez fort et fermez la gueule à ceux qui ne disent pas comme vous.
    Mais bon, tous les tyrans ont eu des serviteurs pour réaliser leurs basses oeuvres.


  • microf 21 avril 13:51

    @xana@roman_garev
    Très très bon commentaire, et tant pis pour les russophobes.
    Cet article sort á point pour clarifier certains points sur la Russie.
    Le peu que je sais de l´histoire Russe, c´est que c´est peuple qui a beaucoup souffert, surtout á cause de l´Occident, et c´est vrai, pour une des premières fois, il peut aujourd´hui aspirer á la liberté ceci grâce au Président Poutine.
    Dans les années juste après son ascension aui pouvoir, Poutine en voyage officiel en France a été interviewé á la télévision Francaise, répondant á une question du journaliste qui lui demandait s´il consédérait la Russie comme Européenne, Poutine lui a dit oui, et qu´il était pour cette Europe qui s´étendrait de Baltique á l´Adriatique, et qu´il s´étonnait d´ailleurs que le journaliste lui pose une telle question, car pour lui c´était clair la Russie fait partie de l´Europe.
    Il doit être très décu de cette Europe á qui il a tellement tendue la main et qui ne lui cherche que des problèmes.
    Même si on ne l´aime pas, est ce qu´on peut ignorer un voisin comme la Russie ?.
    Il est temps que cette Europe s´assaye á la table et fasse la Paix avec la Russie avant qu´il ne soit trop tard.
    Sur la personne de Poutine, c´est une personne providentielle non seulement pour la Russie, mais pour le monde, je ne sais á quelle sauce nous serions mangés si ce monsieur n´était pas lá.
    En Aout 1999, dans un Discours á la Nation, le Président Yelsine, prononce un Discours et dans ce Discours, ces mots prophétiques« J´ai décidé de vous donner un homme qui va redresser et consolider notre Nation, cet homme, c´est Poutine ».
    Depuis l´arrivée de cet homme au pouvoir, la Russie a fait des bonds formidables, et comme dit dans l´article, pour une fois, les Russes se sentent libres, j´ai vécu á l´Est juste á la fin du Communisme, et en sais quelque chose, après la chute du mûr de Berlin, les Russes rasaient les mûrs, aujourd´hui non.

    Il ya un film que je recommande toujours á visionner, á savoir Attila le Hun qui commence par ce générique"

    « Malgré la décadence et la corruption, affaiblie par les rivalités politiques et les guerres, l´Empire Romain était encore la plus grande puissance sur la terre.
    Puis un nouveau peuple les Huns, fiers et indépendants, arrivèrent par les terres de l´Est, une ancienne prophétie raconte qu´un jour, un homme unirait les tributs et disputerait á Rome le droit de règner seul sur le monde ».

     https://youtu.be/89xuAJlpBLE
    D´après ce film, ce peuple survint des terres de l´Est, de ce peuple un homme Attila, qui unifia les tributs et disputa sérieusement á Rome le droit de règner seul sur le monde.
    A la mort d´Attila, d´après le film, l´Empire Romain s´éffondra, ce fut la période la plus sombre que connut l´Occident", ceci est dit dans le film, allons nous revivre l´histoire ?.

    Un peuple sorti de l´Est, la Russie, de ce peuple un homme le Président Poutine, qui est entrain de réunir les tributs ( BRICS et autres pays émergeants ), et qui sérieusement dispute avec succès á la nouvelle Rome ( USA.EU ) le droit de règner de manière brutale sur le monde.
    Souhaitons qu´il vive assez longtemps pour faire ce travail, ceci pour le bien de l´humanité qui en a très besoin.


  • UnLorrain 21 avril 15:59

    Au cours d’une visite en Russie en aout 1913,le general Joffre a obtenu du grand duc Nicolas,l oncle du tsar et son chef d etatmajor general,la promesse d un engagement massif des troupes russes des les premiers jours de la guerre. Les armees imperiales attaquent en effet la Prusse orientale avant meme d avoir achever leur concentration,obligeant les allemands a prelever plusieurs division sur le front occidental. La victoire sur les Autrichiens a Lemberg,mais surtout les defaites de Tannenberg et des lacs Mazures,en Pologne,sont la consequence de ce veritable sacrifice d une alliee qui perd en quelques semaines la fines fleur de ses officiers et de ses soldats.

    Cela n empeche pas la republique francaise,comme la monarchie britannique d ailleurs,d abandonner l empereur dechu et sa famille a un sort tragique en refusant de leur donner asile apres la revolution.

    Chui sur que la Russie a de la memoire hehehee.


  • pipiou 21 avril 17:49

    Bien sûr que si la Russie a connu la Renaissance : après l’URSS  smiley


  • ELCHETORIX 21 avril 18:33

    Bonjour
    Et merci d’avoir publié cet article du SAKER francophone .
    Personnellement j’aime l’histoire et la culture et civilisation ancienne et contemporaine de ce grand pays la Fédération de RUSSIE , autant que celle de mon pays la FRANCE .
    Le soleil se lève à l’ EST et le soleil c’est la vie , et la vie est l’espérance et le bonheur de tout un chacun .
    RA .


  • QAmonBra QAmonBra 21 avril 19:36

    Merci @ l’auteur pour le partage.

    Excellente initiative d’avoir relayé sur AV cet article du saker francophone, un de mes sites préférés de par la qualité de ses articles.

    Personnellement, ce qui me fascine et m’épate c’est la capacité historique des russes, dans leur expansion vers l’Est, a intégrer dans leur nation des Peuples très divers non seulement en respectant scrupuleusement leurs langues, religions et cultures, mais également en prenant des mesures visant a comprendre, préserver et pérenniser cette diversité.

    Quand on compare leur comportement à celui des occidentaux, notamment à l’égard des populations autochtones durant les colonisations, on a assurément la preuve irréfutable qu’ils ne sont pas des occidentaux.

    En fait, les seules périodes où ils ont failli à cette remarquable tolérance, ont été les moments où ils ont subi la désastreuse influence de l’occident : Le « socialisme » de Lénine et le libéralisme de Eltsine.

    Qui sont les arrogants arriérés ? Les véritables barbares ? Les belliqueux indécrottables ? Il y a belle lurette que mon jugement est fait. . .


  • antiireac 21 avril 20:48

    L’auteur comme d’habitude glorifie l’etat russe jusqu’à la nausée sans se poser la question s’il ne lasse pas ses lecteurs qui à force d’entendre le même son de cloche se pose bien la question si tout ça est vrai s’il ne s’agit pas de duper et manipuler les lecteurs ...


    • microf 21 avril 23:56

      @antiireac
      Si vous êtes lassez de le lire, alors ne lisez plus ces articles, c´est aussi simple que cela.


    • antiireac 22 avril 12:44

      @microf
      Le problème ce que l’auteur fait de la propagande et pas de l’information et donc pour cela il est condamnable.


  • eric 21 avril 22:06

     Cet article me donne l’impression d’avoir été écrit par deux personnes différentes. Il y a des choses à mon avis très justes. Notamment sur l’isolement de Poutine dans le système local ; Je me souviens d’un de ces premiers télé most ou ils répondait aux questions posées de tous le pays ; Il avait fait remettre en marche le chauffage dans une école de SIbérie ou d’extrême orient ; C’est très vrai que quand seul le président de la république peut résoudre un problème de ce genre, on est pas loin de l’autogestion et du bordel généralisé ; Je constate aussi par exemple en Lituanie, que les russes rachètent le pays. En revanche, leur souci de leurs minorités locales fait qu’effectivement, on peut comprendre les inquiétudes des locaux non russes. En particulier en Estonie je dirai.

    Sur d’autres aspects, on est très proche des discours tout mâchés sur l’idée nationale russe officielle, ses différences irrédentistes, ses spécificités et les reconstitutions historiques ad hoc.

    Cela me rappelle une émission sur « qu’est ce que les étrangers pensent de la Russie », cela devait être Kulture ou la chaîne de Moscou. En face, de moi, il y avait un des rejetons de la famille des cinéastes ; les Mikhalkoff and co, qui me faisait le coup de la Russie eurasiatique...

    J’y croirai quand les russes mangeront essentiellement du riz avec des baguettes en buvant du sake et en lisant de la poésie Coréenne dans des poses bouddhistes.

    Tel que je le voit après prêt de 30 ans de Russie, il me semble que beaucoup de différences réelles tiennent au fait que le communisme, qui est un conservatisme, a gardé la Russie au 19ème siècle à bien des égards. Pour prendre un exemple trivial, Oui, les femmes russes sont des femmes, mais comme l’étaient nos grand mères. Mais aujourd’hui, au Bolchoi aussi, on choisit les danseuses les plus androgynes et on élimine celle qui ont trop de formes en cédant à la mode américaine. Après nous, mais comme nous.

    Oui, et surtout après le Crimée, il y a un lien particulier entre Poutine et je dirai une large majorité. Mais c’était pareil avec De Gaulle et dans un cadre démocratique.

    Quant à la russophobie, je n’y croit pas. En tout cas pas comme phénomène massif et durable.
    La dernière fois qu’il y a eu une forte russophobie en France c’était lors de la répression des polonais au 19 ème.

    De toutes les positions diplomatiques qu’Obama dictait à son féal Hollande, ce sont ses positions contre la Russie qui ont provoqué le plus de réaction dans le plus de tendances politiques variées.

    Je pense au contraire que les français sont très largement russophile. Cependant la russophilie, à mon avis majoritaire des uns, repose en général sur une méconnaissance de ce pays aussi large que elle des rares russophobes.

    Je l’ai déjà raconté, mais il y a 2 ans je crois, j’ai été à la Fête de l’Huma, stand PRCF, les militantes m’expliquaient le Donbass contre les fascistes...mais elle ne savaient pas le situer sur la carte...A l’opposé, je vois des cathos tradi collecter des trucs pour le même Donbass sans trop avoir l’air d’être au courant que ce sont les Ukrainiens de l’ouest qui sont de fidèles catholiques...


  • eric 21 avril 22:16

    Ah oui, et le poème de Tiouttchef se termine par « la Russie on ne peut qu’y croire » ( on ne peut pas la comprendre avec son intelligence, on ne peut pas la mesurer), c’est très beau, très creux si on réfléchit, très russe en apparence. Mais il faut se méfier...

    Le poème le plus connu de Tiouttchev s’appelle « Silentium ! », c’est à dire le Silence, signifiant l’impossibilité de comprendre les autres. On cite fréquemment en Russie un des vers de ce poème « Toute pensée qui s’exprime est mensonge »

    Il était diplomate et censeur...

    Il a énormément écrit sur la question des rapports entre occident et Russie. Compte tenu de son double statut, ce n’est rien de dire qu’il était dans la ligne générale de l’époque. Je dirai que le cœur de l’article illustre mon propos sur une certaine hibernation de la pensée en Russie depuis cette époque là. Mais il y a beaucoup de choses qui se mettent à bouger aujourd’hui.


  • JP94 21 avril 22:44

    A propos de Nouvelle Russie, j’étais justement en train de lire un bouquin fort convaincant et intéressant, et fondé sur une approche scientifique, ce qui n’est pas le cas de celui-ci, même si on lit des choses intéressantes, mais aussi très contestables, car fondées non sur une approche scientifique mais des a priori voire, une vue métaphysique, essentialiste, plutôt.


    Il y aurait une essence russe comme il y aurait une France éternelle.
    Comment peut-on avancer une thèse semblable ? La Russie est une construction historique, avec des enjeux de classe.

    Non, l’Histoire de la Russie est méconnue ici, à tort, mais justement il faut une approche autre que celle-ci, qui n’explique rien, n’analyse rien, et puis pour toute la période jusqu’à aujourd’hui élude des faits, que ce soit depuis 1917 où vous ne comprenez rien à ce qu’est une Révolution dans un contexte de révolution en Europe liée au refus de la Guerre impérialiste, que la Russie a partagé avec d’autres pays : Allemagne et Hongrie notamment... 7

    Et en 1917, il y a eu 14 pays ( dont les pays occidentaux, les Etats-unis, le Japon ... tous à soutenir la Contre-Révolution ... donc si Octobre 17 s’est fait, comme durant la Grand guerre patriotique, c’est parce que le peuple russe s’est reconnu dans cette révolution. Comment voulez-vous qu’un pays en proie à une guerre civile triomphe face à 14 pays ennemis capitalistes ( forcément), si le peuple ne suit pas ? le peuple russe, qui a perdu 5 millions de soldats de 14 à 17 ( pays ayant subi les plus grosses pertes, on l’oublie), refusait cette guerre mais s’est battu face aux envahisseurs qui voulaient abattre l’espérance de la Révolution là où elle naquit, et pour empêcher sa propagation.

    Ensuite, la question religieuse hier et aujourd’hui est éludée, le rapport avec l’espace irano-turco arabe, très différent de ce qu’il est en Europe ...

    Bon le petit bouquin que je recommande est 
    La Nouvelle Russie est-elle de droite ou de gauche , par Bruno Drwesky, historien , maître de conférence, chercheur , professeur à l’Inalco, politologue... ( éditions Delga)

    Il ne jette pas la pierre à Poutine,mais analyse sa politique étrangère notamment, avec tous les courants qui caractérisent la Russie aujourd’hui et qui d’ailleurs, tout en évoluant la caractérisaient depuis 17 et avant. Un petit bouquin très instructif, où l’on retrouve d’ailleurs pas mal d’observations sur les Russes quand on en connaît.
    La Russie n’est pas une, même si elle a une unité et forme une entité.

  • JC_Lavau JC_Lavau 21 avril 23:23

    Voir le césarisme, par Alexandre Douguine.


  • arthes arthes 22 avril 08:17

    Ahhhh la Russie.


    J ai un ami qui a pas mal sillonne dans ce vaste pays et dont j ai retenu la formule ; la philo
    sophie c est comme la Russie ; pleine de marecages et quelquefois envahie par les allemands.

    Mais la formule : La Russie est une devinette enveloppee dans un mystere a l interieur d une enigme.....Me plait beaucoup.

    Je la ressortirai a ma fille qui a choisit de continuer sa vie d etudiant dans ce grand pays et qui le decouvre et me le narre depuis bientot un an qu elle y vit...Je suis persuadee qu elle trouvera cette formule parfaite.
    Je n y suis allee la bas qu une fois , cet hiver, et oui c est surprenant et tres attachant...Et il vaut mieux perdre tous ces reperes occidentaux pour comprendre ou on met les pieds si on veut aimer la Russie a ca juste mesure ou demesure plutot, il y a un monde puissant en germe derriere la facade froide et imperturbable des russes, et aussi une chaleur et une generosite ...Enfin il faut parler le Russe...Parce que l anglais , c est pas tres rependu la bas et voire pas du tout, et je ne vois pas comment approfondir sa connaissance de ce pays particulierement quant il y a la barriere de la langue.
    Et aussi : Ce n est pas un pays facile pour y vivre et meme impossible si on ne comprend pas la mentalite russe, rien a voir avec l occident.


    Les russes sont russes, avant tout , et pas surprenant qu ils suivent Poutine comme un seul homme.

    • covadonga*722 covadonga*722 22 avril 09:11

      @arthes
      bonjour ,


      tout est question de perception,
      Kipling disait :

      nous voyons les Russes comme les plus orientaux de l’Occident quand eux se voient comme les plus occidentaux de l’Orient .

    • JC_Lavau JC_Lavau 22 avril 12:32

      @covadonga*722. Do you like Kipling ?

      - I do not know : I have never kipled.

    • arthes arthes 22 avril 16:25

      @covadonga*722
      Bonjour, 


      C est pas mal vu en effet, et amusant comme formule smiley

  • julius 1ER 22 avril 09:17

    quelle vision de l’Histoire !!!

    totalement réactionnaire et à sens unique !!!
    le chapitre sur les Francs ... complètement faux !!!

    la vision sur Stolypine à sens unique, l’un des seuls de l’Hyper -Droite conservatrice de l’époque à chercher à réformer après la Révolution de 1905 ... 
    oui mais vous oubliez de dire assassiné par ses pairs , des gens de l’Hyper -Droite conservatrice qui justement ne voulaient rien réformer du tout et reprendre tout ce qui avait été concédé par le Tzar après la dîte-révolution de 1905 !!

    d’où à nouveau la Révolution de 1917 !!!
    mais justement votre idole Poutine( je me demande d’ailleurs qui vous finance pour asséner une telle agit-prop) reprend le même chemin que les Tzars.. corruption, pouvoir unique et partage avec Medvedev autre illustre corrompu, absence de Démocratie et finalement aucune réforme qui aille dans le sens du progrès et d’une Démocratie vivante et participative !!!

    il finira dans les oubliettes de l’Histoire car vous avez beau falsifier celle-ci dans votre Histoire romancée digne de la collection Arlequin .....

     les faits sont têtus et il y aura à nouveau une Révolution en Russie c’est inévitable au vu des forces antagoniques en présence ... c’est juste une question de temps !!!

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