vendredi 27 janvier - par PRCF

A propos du débat sur la ré-industrialisation de la France

Commentaire du PRCF et proposition d’action commune aux militants franchement communistes.

 Le PRCF fut le premier dans les années 2000 – ses affiches de l’époque en font foi – à lancer une campagne sur le thème « Oui, il faut produire en France et réindustrialiser notre pays ».

Il fallut alors affronter les gauchistes boboïsants qui jugeaient dépassés le travail, l’industrie et la lutte pour le salaire (en un mot, le combat ouvrier), les internationalistes de salon, pour qui défendre le produire en France est « nationaliste », et les européistes à tous crins pour lesquels l’ « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » (cœur du Traité de Maastricht) est le dernier mot du progrès.

Aujourd’hui, plusieurs candidats se réclamant de la gauche font mine de vouloir relancer ce débat à défaut d’avoir agi pour lui quand ils étaient ministres. Ne parlons pas de Benoit Hamon dont la proposition-leurre de « RMU » banalise le thème de la fin du travail, donc de la résignation au dés-emploi massif de la classe ouvrière industrielle et de la masse des travailleurs productifs.

 

On pourrait donc penser que le texte ci-joint (doc. 1), cosigné par Montebourg, Laurent, Martinez, Mailly, Coquerelle, Généreux (PG), est très opportun dans la mesure où il invite à défendre l’industrie contre la finance. Or c’est plus douteux qu’il n’y paraît comme le montre avec intelligence le texte critique rédigé par nos camarades du réseau FV-PCF (ci-dessous, doc. 2).

Tout en partageant la ligne générale de cette critique : la contradiction principale n’oppose pas « la finance » à « l’industrie » car la finance est le cœur du capitalisme moderne, nous ajoutons qu’il est impossible d’engager la rupture avec le capitalisme sans…

  1. nationaliser les secteurs-clés de l’économie (secteur financier mais aussi très grandes entreprises industrielles et infrastructures : aéroports, ports, autoroutes…),
  2. reprendre la maîtrise nationale du commerce extérieur, protéger le « fabriqué en France » (industriel mais aussi agricole),
  3. placer les entreprises nationalisées sous le contrôle démocratique conjoint de la puissance publique, des travailleurs et des usagers et sur cette base, planifier la reconstruction équilibrée des territoires dans le cadre d’une République une, souveraine et indivise,
  4. coopérer d’égal à égal entre Etats souverains sur la base de l’échange maîtrisé et mutuellement profitable.
  5. Arracher la Recherche et l’Université aux mains du capital et les remettre au service de la nation et des « lumières communes ».

Mais ces mesures seront-elles-mêmes impossible sans ce préalable décisif : la SORTIE par la porte à gauche de la funeste zone euro-mark, de l’U.E. et de l’OTAN, socle d’une rupture révolutionnaire avec le capitalisme et de la construction du socialisme pour la France (ce qui exige plus que jamais, dans les formes propres à notre pays et à notre temps, la conquête du pouvoir par la classe ouvrière et par le monde du travail).

C’est dans cet esprit que, dépassant le cadre des seules analyses, le PRCF – qui soutient de manière critique la candidature Mélenchon mais qui ne s’est soumis ni au dispositif de campagne de ce dernier, ni au PCF « euro-constructif » et socialo-dépendant – diffuse présentement à la porte des entreprises, usines en tête, son 4-pages programmatique pour le Frexit progressiste et pour une République sociale et souveraine, une, laïque et indivisible, démocratique et populaire, fraternelle et internationaliste.

Surmontant les divergences qui ont récemment séparé des communistes sincères sur la tactique électorale, retrouvons-nous tous, camarades, sur ces fondamentaux communs à tous les vrais communistes pour aller ensemble à la porte des usines. La clé du changement, c’est que les vrais communistes reprennent ENSEMBLE le dialogue et l’action commune avec les premiers intéressés au changement de société : les OUVRIERS.

Georges Gastaud, secrétaire national,
Jo Hernandez, responsable Luttes du PRCF,
Antoine Manessis, responsable des relations unitaires.

21 janvier 2017

http://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/a-propos-debat-re-industrialisation-de-france-commentaire-prcf-proposition-daction-commune-aux-militants-franchement-communistes/


DOCUMENTS :

1 – L’Appel paru dans le monde et réunissant des dirigeants du PCF, du PG, de la CGT et de FO.

2- La critique formulée par FV-PCF

Document 1, Appel de MM. Montebourg, Martinez, Généreux, Laurent, Mailly, Thibault, etc. : « Redonnons la priorité à l’industrie »

Ce chiffre-là glace d’effroi. Et même en pleine campagne électorale, où les discours doivent donner de l’élan, il faut bien le citer. Peut-être même le crier : depuis 2001, l’industrie française a perdu chaque jour, en moyenne, 165 emplois. Une ville comme Lourdes ou Fontainebleau « rayée » chaque trimestre, et cela pendant quinze ans. Au total, près d’un million d’emplois directs perdus. Ça suffit ! Si enclin à fustiger de « démagogue » tout discours à rebours de ses idées austéritaires, le patron des patrons, Pierre Gattaz, promettait effrontément de créer « un million d’emplois » si le coût du travail baissait suffisamment.

Selon la même magie de l’appauvrissement, François Fillon, assure lui de diviser par deux le taux de chômage. Ils trompent les Français ! Pour retrouver le sentier du développement et de l’emploi, le pays ne doit pas jouer les Pères Fouettards du salariat mais s’appuyer sur la mère de toutes les batailles productives : l’industrie. Même à l’heure du numérique et de la robotique, l’industrie entraîne avec elle toute l’activité, la recherche, l’investissement et, au final, l’emploi.

Réorientons les activités industrielles et productives. Dans une dynamique nouvelle de développement, les activités industrielles devront être vigoureusement stimulées et réorientées de manière à répondre aux besoins fondamentaux tels qu’une alimentation saine, respectueuse de la rareté des ressources naturelles (terre, eau, air), une santé protégée et des logements économes en énergie… Cette réorientation s’inscrit pleinement dans la perspective de la nécessaire transition écologique et ne pourra être opérée qu’avec des travailleurs mieux formés.

Changeons la place du travail et favorisons un nouvel entrepreneuriat dans l’économie et la société. La place du travail dans notre société et dans notre économie est fortement questionnée aujourd’hui. Le chômage et le mal emploi se répandent, les compétences sont globalement mal valorisées. Or l’innovation n’est pas le fruit spontané des nouvelles technologies mais bien le résultat des interactions humaines.

Le développement industriel a besoin de salariés innovants, aux compétences reconnues, bien rémunérés, occupant des emplois stables et prenant une part active aux décisions. Seuls des salariés compétents et impliqués sont, en effet, en mesure de donner aux entreprises les capacités d’innover. Ici réside le compromis fondamental entre le capital et le travail sans lequel aucun développement n’est possible.
Remettons la finance à sa place.

De concert avec une organisation du travail fortement rénovée, de nouvelles formes de travail et d’entrepreneuriat devront être stimulées. L’innovation ouverte, l’externalisation ouverte, les tiers lieux, les « fab lab », les très jeunes entreprises devront être soutenus. L’économie sociale et solidaire devra être encouragée et l’économie collaborative promue et protégée afin de ne pas devenir un avatar « ubérisé » du capitalisme financiarisé.

Remettons la finance à sa place. La finance continue d’étouffer l’industrie. Le temps des marchés financiers et celui des publications de résultat trimestriel ne sont pas ceux de l’entreprise et des projets industriels. Sans parler des exigences excessives de rendement des capitaux propres qui privent les entreprises de nombreuses opportunités industrielles et commerciales. Le principe même de cette finance folle est profondément inégalitaire puisqu’il rémunère les « facteurs » selon leur propension à la mobilité.

Ancrons également les activités dans les territoires. C’est un autre enjeu essentiel de la nouvelle dynamique de développement. Un tel ancrage repose sur les différentes dimensions de la proximité territoriale : compétences, ressources et valeurs. Si le renforcement des différentes dimensions de la proximité trouve naturellement sa place dans une dynamique nouvelle de développement, il en va de même de l’économie circulaire ou encore de l’économie de la fonctionnalité.

L’économie circulaire élimine la notion de « déchet » en considérant, dès la conception des produits, leur recyclage et leur réparabilité dans une perspective opposée à l’obsolescence admise, voire programmée. L’économie de la fonctionnalité met, elle, l’accent sur une utilisation raisonnée et le plus souvent partagée des services que peuvent rendre les biens, plutôt que leur propriété individuelle.

Nous ne croyons pas que la politique d’austérité suivie depuis des années soit de nature à donner à la France la perspective et le dynamisme dont elle a besoin. Les coupes claires budgétaires ne peuvent que provoquer la récession et la contraction des débouchés des entreprises. Seul un développement des activités productives soutenu par une politique publique de relance et des dispositifs financiers tournés vers l’investissement dans l’industrie – et non au versement de dividendes accrus – permettra de retrouver le chemin de la prospérité. Il s’agit d’un enjeu collectif qui engage tous les Français, et qui doit être au cœur des débats qui vont animer les campagnes électorales à venir.

Signataires :
Jean-Baptiste Barfety, fondateur de la Conférence Gambetta ; Marie-Françoise Bechtel, député République moderne ; Gabriel Colletis, professeur de sciences économiques (Toulouse 1-Capitole) ; Eric Coquerel, Parti de gauche ; Laurent Cordonnier, maître de conférences en économie, Université de Lille ; Franck Dedieu, délégué général République moderne ; Pierre Dubreuil, ancien conseiller régional Ile-de-France, chargé du projet « Nouvelle Europe, auprès d’Arnaud Montebourg ; Guillaume Etievant, économiste, expert auprès des comités d’entreprise ; Olivier Favereau, économiste ; André Gauron, économiste ; Jacques Généreux, Parti de gauche ; Gaël Giraud, chef économiste de l’Agende française de développement ; Gaëtan Gorce, sénateur PS ; Roland Gori, psychanalyste ; Alain Grandjean, économiste associé de Carbone 4 ; Michel Husson, statisticien et économiste à l’Institut de recherche économiques et sociales ; Pierre Laurent, secrétaire national PCF ; Jean-Claude Mailly, secrétaire national du syndicat FO ;


Philippe Martinez, secrétaire national du syndicat CGT ; Benjamin Masse-Stamberger, journaliste ; Arnaud Montebourg, candidat à la primaire de la gauche ; Etienne Morin, professeur d’économie en classes préparatoires ; François Morin, professeur émérite de sciences économiques, Toulouse 1-Capitole ; Pierre-Alain Muet, député PS ; Christophe Ramaux, maître de conférences en économie, Université de Paris 1 ; Robert Salais, directeur de recherche émérite en économie au CNRS ; Danielle Simonnet, parti de gauche ; Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE. Bernard Thibault, ancien secrétaire national de la CGT.

Voir en ligne : sur le site Le Monde


Document 2 : Analyse critique de FV le PCF

Sous le titre « Montebourg, Martinez, Généreux : « Redonnons la priorité à l’industrie » », des dirigeants politiques et syndicaux appellent à réorienter l’économie dans un texte signé aussi par Pierre Laurent, une démarche qui semble unir largement des frondeurs socialistes aux insoumis.

Ce texte, critique des politiques économiques conduites depuis des décennies par la gauche et par la droite, est utile au débat, mais il est aussi porteur de l’illusion qu’une autre politique économique dans le cadre de ce capitalisme mondialisé, est possible.

Contribution au débat sur cet appel.

Le constat de la désindustrialisation est net et le discours patronal qui promet toujours plus d’emploi en baissant le coût du travail est dénoncé. Cependant, le texte ne propose pas vraiment d’analyses des causes de cette situation. S’agit-il simplement que nous avons un mauvais patron des patrons et qu’un autre pourrait avoir une autre orientation ?

Le texte se consacre principalement justement à proposer de « réorienter » l’économie autour de quelques idées.
l’économie doit être orienté vers la réponse aux besoins
il faut changer la place du travail dans la société, reconnaitre les compétences et les droits des salariés…
il faut de nouvelles formes de travail et d’entrepreneuriat…
il faut une économie circulaire et développer une économie « de la fonctionnalité » (autrement dit, utiliser un service plutôt que posséder un bien…)
il faut une économie ancrée dans les territoires

Notons que ce texte n’aborde pas directement la question de la propriété des moyens de production, le mot nationalisation n’y figure pas. Mais dans un premier temps, mettons de coté cette question. Le texte n’est évidemment pas proposé comme une analyse marxiste, mais chercher à mener la bataille politique pour un développement industriel favorable aux travailleurs. Voyons s’il est utile pour cela.

Il évoque l’économie collaborative en refusant l’ubérisation, mais sans expliciter ce qu’elle pourrait être autrement. L’économie dite collaborative repose sur le fait que chacun participe à la production d’un service, dans un partage ou échange de temps qui peut prendre plusieurs formes, mais qui revient toujours à supprimer la notion de contrat de travail. C’est tout l’enjeu de la colère des Uber qui se battent pour un meilleur revenu et dont certains se considèrent bien comme des salariés d’uber alors qu’ils sont des auto-entrepreneurs.. Que peut être une économie collaborative qui considère les collaborateurs comme des salariés avec leurs droits ? Le texte ne dit rien du statut d’auto-entrepreneur, et au contraire valorise les nouvelles formes d’entrepreneuriat. Il reste de ce point de vue dans une grande ambiguïté sur la question clé des droits au travail.

Il insiste sur l’innovation, les fab-lab, les très jeunes entreprises... Mais on ne peut que constater que la multiplication des lieux d’innovation ne conduit pas au développement de l’emploi industriel. Le modèle des « fab-lab » cherche même au contraire à supprimer l’usine en permettant à chacun de fabriquer ses propres objets grâce à la « 3D »… Si la notion de production en grand volume est dépassée, à quoi sert l’industrie ? Le développement du logiciel nous fournit là aussi un exemple qui a quelques décennies, autour du « logiciel libre ». Dans ce secteur, depuis les années 80, des milliers de « jeunes entreprises » se sont créés, souvent dans le modèle économique du logiciel libre présenté comme alternatif. On ne peut que constater que les grands logiciels libres (Linux, open office…) finissent dépendants de grands groupes, et que les nouvelles entreprises du logiciel libre sont bien des entreprises de marché dans un secteur de services où le jeune ingénieur peut être fortement valorisé, à condition qu’il soit extrêmement productif, et qu’il peut être aussi extrêmement précaire… l’instabilité permanente des structures économiques dans ce secteur est une énorme lessiveuse des droits des salariés, qui, après 40 ans, sont majoritairement rejetés… De plus, en France notamment, ce secteur n’a pas permis le développement réel d’une grande filière logicielle, et de plus en plus, ce sont de grands progiciels US, allemands ou d’Europe du Nord qui se déploient, y compris dans le secteur public.

Le texte affirme « Remettons la finance à sa place. La finance continue d’étouffer l’industrie. » et propose une politique de relance contre l’austérité. Mais on ne comprend pas bien pourquoi la finance n’étoufferait que l’industrie, et pourquoi pas la distribution, les services, et jusqu’à l’administration ? La mode de la « ville numérique » par exemple est considérée par de nombreux élus locaux comme la solution de l’équation budgétaire. La digitalisation de l’administration permettrait de supprimer de nombreux emplois. A vrai dire, nous avons une expérience de grande taille là aussi, le ministère des finances, qui a perdu la moitié de ses emplois avec entre autres la déclaration d’impôts sur internet et continuera avec le prélèvement à la source… Est-ce que cela a quelque chose à voir avec la finance ?

Le texte propose de développer l’économie circulaire qui supprimerait la notion de déchets. Ceux qui connaissent le secteur de l’agro-alimentaire peuvent être surpris. S’il y a des acteurs économiques qui depuis longtemps ont supprimé la notion de déchets, ce sont bien les industriels de l’agro-alimentaire qui cherchent depuis toujours à réutiliser tout ce qui rentre… Ainsi, une fromagerie va fabriquer des produits « nobles » et des sous-produits jusqu’à récupérer l’eau de lavage des machines pour en extraire ce qui reste… On dit dans ce secteur qu’il entre du lait et qu’il ne ressort que de l’eau un peu verdie…

Au fonds, si le développement initial du capitalisme s’est fait avec un faible rendement et énormément de déchets, depuis des décennies, la recherche de rentabilité et la concurrence pousse tous les industriels à chercher à augmenter le rendement, donc réduire les déchets, et trouver comment valoriser les déchets qui restent…

L’économie de la chimie est par exemple très circulaire ! On parle même dans ce secteur d’économie incestueuse, car tout le monde achète et vend à tout le monde, et le sous-produit de mon client peut devenir une ressource pour moi…

Même dans la distribution, qui était un des gros secteur de pertes notamment alimentaires, avec les problèmes de péremption, le marché est en train d’inventer des solutions pour réduire ces déchets… en accélérant leurs ventes dans des structures dédiées et orientées vers… les pauvres et la solidarité… En caricaturant, Le slogan « 0 déchet » devient alors « Donner votre yaourt (presque) périmé à un SDF… »

Enfin, le texte insiste sur la place des « territoires », comme si au niveau local, le capitalisme était très différent. S’agit-il d’une convergence avec Emmanuel Macron, dont le premier soutien, le sénateur maire président de la métropole de Lyon, Gérard Collomb ne cesse de valoriser le rôle essentiel de la métropole dans le développement économique, multipliant les « schémas directeur » de l’économie, de l’énergie… Derrière cette place des territoires, se cache à la fois le refus de parler du cadre national, de l’enjeu donc de la souveraineté nationale sur l’économie, et donc de la mondialisation, mais aussi l’illusion que le local protège justement de ces forces obscures de la mondialisation. Or, ceux qui viennent de la campagne savent à quel point les relations entre petits propriétaires agricoles peuvent être… peu citoyennes ! Ce n’est pas pour rien que historiquement, le monde paysan était un des points d’appui de la droite.

Enfin, il faut aussi noter ce dont le texte ne parle pas du tout..

Il ne dit rien des échanges dans le capitalisme mondialisé. L’exemple du solaire photovoltaïque est pourtant éclairant. Voilà une filière industrielle qui a été présenté comme une économie territorialisée, massivement aidée, par des subventions, des aides fiscales, des projets publics… l’électricité renouvelable reste fortement aidée malgré les baisses de prix en production, avec de nombreuses expériences d’économie collaborative, citoyenne… Or, le résultat est une catastrophe industrielle avec des restructurations sans fin, dont la fermeture annoncée de Silia sur l’ex-site Bosch de Vénissieux.

Fallait-il bloquer les panneaux chinois aux frontières ? La question du « protectionnisme » n’est pas abordée, sans doute parce qu’elle ne permettrait pas certaines signatures.

Peut-on vivre sans échanges ? dans l’autarcie ? aucun des signataires ne le soutient bien sûr, mais derrière la « territorialisation » se cache pourtant une illusion. On pourrait mieux maitriser l’économie au niveau local. Les élus qui essaient de défendre et redévelopper le commerce local savent pourtant à quel point c’est difficile, et qu’il ne suffit pas de mettre du foncier, voire de l’immobilier à disposition pour faire vivre un commerce. Il y a la question essentielle des modes de vies et de consommation, écartelés entre pauvreté et mobilité… La société n’est jamais « locale » (en tout cas depuis le développement du capitalisme, donc quelques siècles…).

L’expression par exemple des « territoires à énergie positive », utilisé comme modèle de la « transition énergétique » est assez illustrative. D’abord si tous les territoires sont à énergie positive, que deviennent les excédents d’énergie ? Faut-il maintenir des territoires « négatifs » pour absorber les surplus ? ou se résoudre à les considérer comme des déchets ? Ce n’est pas une question théorique. Sur le marché « spot » de l’électricité, il arrive que la production de l’éolien offshore dépasse largement la consommation. Comme on ne sait pas vraiment stocker cette électricité, on en sait quoi en faire, et cela fait chuter le prix de marché de l’électricité jusqu’à des situations ou le prix de vient négatif !! On va jusqu’à payer le fournisseur d’éolien pour qu’il ne produise pas !

On comprend mieux la limite de cette déclaration dans une formule qui la résume.

Ici réside le compromis fondamental entre le capital et le travail sans lequel aucun développement n’est possible. Remettons la finance à sa place

En quelque sorte, la contradiction principale qui mine notre société ne serait pas entre le capital et le travail, mais entre le capital et le travail réuni qui devrait donc passer un compromis, pour faire face à la finance.

Il n’est pas nécessaire d’être un grand lecteur de Marx pour comprendre que se cache derrière cette idée une grave erreur, voire pire… Nous savons que toute rupture politique supposera un compromis entre le travail et le capital. On ne construit pas le socialisme en un jour, et Lénine avec la NEP, comme les cubains à leur 6eme congrès, ont inventé des formes de compromis dans leur situation entre marché et plan, capital et travail. Mais l’erreur fondamentale est de penser que la finance ne fait pas partie du capital ! Au contraire, elle en est le cœur, la tête et les armes…

On peut s’interroger sur les objectifs conjoncturels de ce texte… donner un coup de main à Mondebourg dans sa primaire ? inviter des militants à aller voter pour lui ? Ce serait une action d’apprenti sorcier, qui pourrait se finir par conforter la concurrence Mondebourg Hamon en faveur… de Vals !

Décidément, il est urgent de faire grandir une bataille communiste pour un programme de rupture avec la mondialisation capitaliste qui pose la question du socialisme.



9 réactions


  •  
     
    « RÉGULARISONS LA TRAITE NÉGRIÈRE ISLAMISTE A SOROS ET DONNONS LEURS LE RU POUR PONDRE DANS DU BOBO BÉTON »
     
    ’Pourquoi les robots ont inutiles à l’industrie du Boobaland’ Ben Mamon
     

    Hegel : la putasse bobo (la bête sauvage) de l’Echange
     
    “Quand on confond l’État avec la société civile bourgeoise [bobo], quand on lui assigne pour détermination la sécurité et la protection de la propriété et de la liberté des personnes [droitdelhommisme gogocho], c’est l’intérêt des individus en tant que tels [petit capitaliste] qui constitue alors la fin ultime en vue de laquelle ceux-ci sont réunis [...]Or, le rapport de l’État aux individus est tout à fait différent [...] L’individu proprement dit n’a d’objectivité, de vérité, de Sittlichkeit [mœurs et politesse communs], que s’il est membre de l’État” PhD § 258
     
    Marx : la putasse gogoche (le droitdelhommisme) du Capital
     
    "On fait une distinction entre les « droits de l’ homme » et les « droits du citoyen ». Quel est cet « homme » distinct du citoyen ? Personne d’autre que le membre de la société bourgeoise. Pourquoi le membre de la société bourgeoise est-il appelé « homme », homme tout court, et pourquoi ses droits sont-ils appelés droits de l’homme ? (...)
    Constatons avant tout le fait que les « droits de l’homme », distincts des « droits du citoyen, » ne sont rien d’autre que les droits du membre de la société bourgeoise, c’est- à-dire de l’homme égoïste, de l’homme séparé de l’homme et de la communauté. La Constitution la plus radicale, celle de 1793, a beau dire : Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. « Art. 2. Ces droits (les droits naturels et imprescriptibles) sont : l’égalité, la liberté, la sûreté, la propriété. » 
    La question juive


    • Et hop ! Et hop ! 27 janvier 14:13

      @La Baudruche négrière patronale verdie : Je n’avais jamais remarqué ce passage de Marx. 


      Il cite la DDHDC de 1793, elle reprend le titre de celle de 1789.

      La distinction entre l’homme et le citoyen n’est pas ce qu’il dit, le citoyen est en France le citoyen français qui a nécessairement des droits (et des obligations) plus étendus qu’un étranger, justement la citoyenneté : droit de voter et d’être éligible à des emplois publics, obligation de service national, etc..

      Toutefois il est vrai que le terme citoyen qui était avant 1789 l’exact équivalent de bourgeois, on était citoyen ou bourgeois d’une ville, citoyen étant préféré pour les villes qui étaient constituées en république comme Venise, Gênes, Pise, Genève. Il est vrai aussi que la révolution de 1789 a été une révolution bourgeoise, c’est la bourgeoisie quia pro le pouvoir pour instaurer, comme en Angleterre, un régime de monarchie parlementaire où la Bourgeoisie domine et mettre en place le régime manufacturier.

    • @Et hop !
      Pour Hegel et Marx le citoyen est membre de la communauté avec contraintes politiques, les droits de l’homme concernent la société civile, l’échange, la liberté individuelle et la propriété
      La dialectique de Hegel (et de Marx) consiste à développer la liberté dans l’Etat (où la communauté) suivant l’immanence humaine (l’ontologie) et la science.
      Hegel pose la société civile comme maillon faible de la communauté (la guerre de tous contre tous) et, étonnant pour son époque, aussi l’outil comme possible aliénation (la Technique), que Marx reprend ds le fétichisme de la marchandise et la dépossession de l’outil de travail, et Ellul/Heidegger/Nietzsche ds la Société Technicienne (La Machine aliénante l’existentiel humain, qui correspond plus à ce que dit Hegel). Et tous reposent sur Kant, l’éthique (État où religion) repose sur la conviction morale immanente (et ce n’est pas le contraire) non sur la connaissance scientifique uniquement (contre le positivisme), dans une dialectique modifiant le sujet. Ainsi l’homme naturel civil est l’animal, la bête sauvage dit Hegel (entre 2 solidarité, la famille naturel qui disparait, l’Etat politique qui disparait ... par gogochisme).
       
      « L’homme tel qu’il est membre de la société bourgeoise, l’homme non politique, apparaît nécessairement comme l’homme naturel. Les ‘droits de l’homme’ prennent l’apparence des ’droits naturels’, car l’activité consciente se concentre sur l’acte politique. L’homme égoïste est le résultat passif, simplement donné, de la société décomposée, objet de la certitude immédiate, donc objet naturel. La révolution politique décompose la vie bourgeoise en ses éléments, sans révolutionner ces éléments eux-mêmes et les soumettre à la critique. Elle est à la société bourgeoise, au monde des besoins, du travail, des intérêts privés, du droit privé, comme à la base de son existence, comme à une hypothèse qui n’a pas besoin d’être fondée, donc, comme à sa base naturelle. Enfin, l’homme tel qu’il est, membre de la société bourgeoise, est considéré comme l’homme proprement dit, l’homme par opposition au citoyen, parce que c’est l’homme dans son existence immédiate, sensible et individuelle, tandis que l’homme politique n’est que l’homme abstrait, artificiel, l’homme en tant que personne allégorique, morale. L’homme véritable, on ne le reconnaît d’abord que sous la forme de l’individu égoïste, et l’homme réel sous la forme du citoyen abstrait.
      Cette abstraction de l’homme politique, Rousseau nous la dépeint excellemment :
      ‘Celui qui ose entreprendre d’instituer un peuple doit se sentir en état de changer, pour ainsi dire, la nature humaine, de transformer chaque individu, qui par lui-même est un tout parfait et solidaire en partie d’un plus grand tout, dont cet individu reçoive, en quelque sorte, sa vie et son être, de substituer une existence partielle et morale à l’existence physique et indépendante. Il faut qu’il ôte à l’homme ses forces propres pour lui en donner qui lui soient étrangères et dont il ne puisse faire usage sans le secours d’autrui.’ (Contrat social, livre II.) » 
      La question juive


    • « En dissolvant les nationalités, l’économie libérale fit de son mieux pour généraliser l’hostilité, pour convertir l’humanité en une horde de bêtes féroces – les concurrents sont-ils autre chose ? – qui se dévorent mutuellement parce que les intérêts de chacun sont égaux à ceux de tous les autres. Après ce travail préliminaire, il ne restait plus à l’économie libérale qu’un pas à faire pour atteindre son but : il lui fallait encore dissoudre la famille. »
       
      ’Esquisse d’une critique de l’économie politique’ Engels
       
      La dissolution de l’État (la communauté politique objective) et de la famille (la communauté naturelle subjective) laisse que le séparé [bobo de la gogoche] cher au Capital, de la société civile droitdelhommiste


  • Et hop ! Et hop ! 27 janvier 14:02

    Enfin un article qui critique et qui débat sur le fonds et sur les faits.


    " Le PRCF fut le premier dans les années 2000 à lancer une campagne sur le thème « Oui, il faut produire en France et réindustrialiser notre pays ».

    Non, non, la critique des délocalisations et de l’immigration (qui sont les délocalisations de l’industrie qui est forcée de rester sur place comme le bâtiment et l’hôtellerie) ont commencé lorsque ces tendances ont été imposées par le MEDEF : se souvenir des affiches du PCF et des interventions de Georges Marchais. 

    Le but des délocalisations et de l’immigration de main d’oeuvre est la conséquence de la financiarisation, c’est à dire du détournement les forces productives de France de leur double fonction qui est 1°) de donner une activité aux gens et 2° de fabriquer des produits correspondant à leurs besoins, pour leur donner comme fonction de générer le maximum de profit pour les actionnaires, c’est-à-dire pour les spéculateurs financiers. Ces profits ne sont plus essentiellement les dividendes mais les plus-values. Délocaliser, c’est fabriquer pour beaucoup moins cher avec des esclaves et sans normes environnementales, et continuer à vendre au même prix, donc faire des énormes bénéfices.

    Anticapitalistes financier de tous les bords politiques, unissez-vous !

    Mélanchon, FN, UPR, Solidarité et Progrès, PRCF, même combat pour anéantir la classe dominante internationale.

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 30 janvier 19:04

      @Et hop !
      Les délocalisations étaient rares avant Maastricht. Il fallait l’accord du Ministre des Finances et du Directeur du Trésor, ce n’était pas interdit mais régulé.

      C’est après 1992 qu’elles se sont multipliées, avec la fin du contrôle des mouvements de capitaux.
      Les capitaux doivent circuler librement dans l’ UE et hors de l’ UE.
      L’article 63 du TFUE interdit de restreindre cette circulation.


      On a donc depuis, des capitaux qui sortent pour aller s’investir dans les pays à bas salaires, en Europe ou ailleurs. Et des financiers qui achètent des entreprises françaises pour les siphonner, des fonds de pensions qui achètent le fleuron de l’industrie française, ou qui achètent des terres agricoles ou du patrimoine, sans que les Gouvernements n’aient rien à dire.

  • cyril 27 janvier 17:03

    Pathétique. Vous pouvez retirez le R de PCRF car ce que vous dites est digne dy PCF d’autrefois.

    Vous êtes pour l’exploitation par le travail capitaliste de toutes et de tous.

    Rien de nouveau sous le soleil.

    Vous ne comprenez rien à ce qui se joue de nos jours.

    La finance n’est pas la cause de la crise structurelle du capitalisme, mais la conséquence du manque de rentabilité du capital dans l’économie productive de marchandises (relisez Marx).

    Les gains de productivité liés à l’informatisation et la micro-électronique font que le travail humain vivant se raréfie. Ce ne sont pas les services qui pallieront cela.

    Pour l’ économie circulaire, cela revient à rationaliser et optimiser le procès de production. Et en vous lisant, il faut donc plus de déchets pour que cela tourne mieux ! c’est pathétIque.

    Ce que vous proposez, c’est le GOSPLAN à la papa où les travailleurs n’ont qu’à la fermer et produire toujours plus pour une illusoire émancipation qui ne viendra jamais dans le cadre de votre économie capitaliste quand bien même elle serait planifiée.

    Il n’ ya rien à attendre de vous, du PCF, du front de gauche.


  • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 27 janvier 19:54

    Il existe diverses sortes de nationalisations.
    Asselineau l’explique dans cette vidéo à partir de 1 h.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 29 janvier 06:48

      @Fernand
      Quelle ignorance ! Il serait peut-être temps de faire la différence entre les fonctionnaires au service de l’ Etat et les élus ? Asselineau est Haut fonctionnaire, il ne choisit pas les élus pour lesquels il travaille.
      Ce sont les Français qui les ont élus, et c’est le Président de la République qui désigne les Ministres. Les fonctionnaires ne choisissent rien du tout. Ils font avec.


      Asselineau a travaillé aussi bien pour Mitterrand que pour Sarkozy, comme tous les fonctionnaires de France. Ses relations avec Pasqua ? Pas de quoi fouetter un chat.

      Il n’a aucune casserole judiciaire, on ne peut pas en dire autant du FN, du PS et de l’ UMP !!


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