Le communiqué du parquet de non lieu est clair, et surtout la lettre de la procureur aux avocats : DSK est accusé d'avoir agressé sexuellement Tristane Banon et ces faits prescrits induisent un non lieu. Pire que pour le rapport Vance, qui pourtant n'innocentait pas DSK, voilà que ses avocats le déclarent blanchi. Or le parquet le déclare coupable de faits prescrits, mais bien coupable. Et coupable d'agression sexuelle.
Tristane Banon n'est donc plus une affabulatrice, le parquet a reconnu que DSK était un agresseur sexuel, sauvé par la prescription, et la bataille des arguties va recommencer. On va à nouveau nous faire prendre, du moins tenter de le faire, des vessies pour des lanternes. On laisse fuiter que la tentative d'embrasser serait le seul et unique fait qui serait considéré comme une agression sexuelle, une interprétation qui sera jugée outrancière et infondée par la clique pro-DSK. C'est surtout le seul angle que le parquet a trouvé pour ne pas offrir un non lieu sans prescription, qui aurait vraiment blanchi DSK, car il faut autrement des preuves qui sont impossibles à réunir. Cependant le fait est pour le parquet acquis, DSK est un agresseur sexuel sur la personne de Tristane Banon.
On comprend pourquoi ses avocats américains jouent de l'immunité. On comprend bien pourquoi ses avocats américains refusent le témoignage des autres femmes. On comprend bien pourquoi les avocats américains, qui insultent Diallo, tout comme les supporters de DSK ont trainé dans la boue et plus bas encore Tristane Banon, ne veulent aucune étude approfondie du passé de DSK, de ses comportements passés.
On imagine bien que pour les mercenaires pro-DSK tout le passé et le présent de Diallo étaient contre elle, tout le passé et le présent de Banon devaient être contre elle aussi, et qu'ils refusent tout passé et tout mensonge de DSK, qui ne doivent en aucun cas être pris en compte, ayant une incidence sur les histoires de DSK.
DSK est donc maintenant considéré par un des bras de la justice comme un menteur et un agresseur, un agresseur sexuel.
Nous pouvons attendre des plates excuses des Taubmann et autres Levaï à Tristane Banon, des excuses de DSK à Tristane Banon comme il l'a fait deux fois à un FMI sans mémoire, ayant oublié les mêmes excuses dans l'affaire Nagy sans aucunes incidences sur son parcours ultérieur, nous attendons des excuses des Hollande, Aubry et autres caciques du PS qui ont accueilli en héros grec DSK de retour des USA, nous attendons des excuses de tous les journalistes qui ont défoncé les plaignantes et déformé les vérités au profit de DSK, nous attendons des excuses de tous les internautes qui ont vomi Banon.
Pour sûr les mercenaires vont nous dire que c'est la seule tentative d'embrasser Banon, vue comme consentante par DSK, qui aurait pousser le parquet à une telle déclaration argumentée. Mais qui peut croire une seconde qu'une simple tentative d'embrasser sans aucune réaction violente de Banon puisse être considérée comme une agression sexuelle ? C'est qu'évidemment le dossier n'est pas vide et l'affaire ne va pas s'arrêter là. Il va y avoir une plainte au civil.
Par deux fois (et même trois avec Nagy) DSK évite que la justice juge sur le fond, ce ne fut que deux fois la forme : une plaignante pas assez crédible pour aller plus loin, bien que Vance n'ait pas innocenté DSK et ait maintenu qu'il ignorait ce qu'il avait fait laissant les deux voies ouvertes, la culpabilbilité et l'innocence, et cette fois-ci, l'agression sexuelle est reconnue par la justice et c'est la prescription qui sauve DSK. Par ailleurs la frontière entre agression sexuelle et tentative de viol est plus fine qu'un papier à cigarette. Qui peut prouver l'intention du possible coupable ?
Nous avons donc maintenant un menteur et un agresseur selon le parquet.
DSK va-t-il brandir à nouveau devant Chazal la lettre envoyée par le parquet aux avocats comme le rapport de Vance et se dire que la justice l'a déclaré blanchi ? Il préférera peut-être le communiqué qui est très court, qu'il pourra même le lire à l'antenne, en évitant soigneusement la lettre aux avocats. Voici le communiqué : Affaire Banon/DSK : communiqué de presse
Le Parquet de Paris a procédé au classement sans suite de la procédure diligentée à la suite de la plainte déposée par Madame Tristane Banon à l’encontre de Monsieur Dominique Strauss Kahn pour tentative de viol.
A l’issue de l’enquête confiée à la Brigade de Répression de la Délinquance contre la Personne (BRDP), il ressort que si faute d’éléments de preuve suffisants, les poursuites ne peuvent être engagées du chef de tentative de viol, des faits pouvant être qualifiés d’agression sexuelle sont quant à eux reconnus. Néanmoins, commis en 2003 et n’ayant été révélés qu’en juillet 2011 ces faits ne peuvent être poursuivis, l’action publique étant éteinte en application de la prescription triennale en matière délictuelle.
Vous remarquerez qu'il n'est pas indiqué qu'il n'y a aucun éléments de preuves, ce qui serait si le dossier était vide, mais faute d'éléments de preuve suffisants.
Mais mieux vaut encore la lettre de la procureur(e) par intérim : Il m'apparaît en revanche que s'agissant des faits reconnus par leur auteur dont la connotation sexuelle n'est pas discutable, ceux-ci ne peuvent s'analyser autrement qu'en délit d'agression sexuelle.
Peut-on être plus clair ? Non. C'est écrit noir sur blanc alors je le remets pour les mercenaires : la connotation sexuelle n'est pas discutable, ceux-ci ne peuvent s'analyser autrement qu'en délit d'agression sexuelle.
Que vont-ils pouvoir nous dire ces sbires ? Que la procueur(e) a écrit qu'il était blanchi et innocent de toute agression sexuelle ? La procereur parle bien : 1 de délit, 2 d'agression sexuelle.
Ceci prouve que ce soit tout de suite après ou huit ans après les faits, les difficultés des femmes agressées pour prouver le bien fondé de leur plainte sont les mêmes et que huit ans après la justice reconnaît qu'il s'est passé quelque chose ne pouvant pas être considérée comme différente d'une agression sexuelle.
Dire que DSK se pavane et donne des consignes de vote ! Dire que le PS, pour sa grande part était au courant et a soutenu cet homme comme son héraut devenu son héros. Dans son livre Ivan Levaï avoue avoir plaidé la cause de DSK auprès de Sarkozy. Et ce dernier lui a certifié qu'il avait averti DSK plusieurs fois contre ses attitudes et habitudes. Ceci veut dire que Sarkozy n'a pas hésité à envoyer au nom de la France une personne dont il savait avec une grande certitude les faiblesses d'homme incapable de se maîtriser, ce qui l'implique bien évidemment dans la dégradation de notre image au travers de DSK.
Enfin ayons une pensée, qui peut être émue, pour Tristane Banon qui va encore subir les quolibets, car les mercenaires pro DSK sont des hargneux qui ne reconnaîtrons jamais ce qu'aujourd'hui pourtant la justice, par le parquet, reconnait, elle va encore être trainée dans la boue, insultée, mais au moins le parquet lui aura reconnu qu'elle n'avait pas fait un récit purement imaginaire. Cela ne l'aidera peut-être pas vis-à-vis des dogues à l'extérieur, mais cela l'aidera au fond d'elle, car elle saura qu'elle ne s'est pas battue pour rien et que cette demi-victoire judiciaire est une bien autre victoire morale.