mardi 9 septembre 2014 - par GéraldCursoux

Aimer les pauvres

Les Pauvres n'aiment pas les Riches ; les Riches doivent-ils aimer les Pauvres ?

Il y a donc deux sous ensembles : les Riches et les Pauvres. C'est du moins ce que l'on peut tirer d'événements récents, certain Prince ayant eu une attitude et des mots qui laisseraient entendre à ceux qui sont chargés de décrypter ses messages subliminaux qu'il n'aimerait pas les Pauvres. Précisons qu'il ne fait pas partie du 1 % des superriches qui possèdent environ 40 % du patrimoine mondial ; il est dans le premier décile, c'est à dire l'un des 7000 millions d'individus qui possèdent 85 % de cette richesse (si vous avez de la difficulté à suivre achetez le dernier Piketty), comme beaucoup d'entre nous (mais si, mais si !).

Rue Solférino une tempête s'est déclarée sous les cranes car l'amour des Pauvres est le présupposé fondateur de l'idéologie. On a touché à l'ontologie socialiste et la réaction a été vive : nos valeurs de Gauche, nos mandants, l'égalité républicaine, le corps social, travailleur et tavailleuses et., etc. Ce message est adressé à des électeurs qu'il faut retenir, d'autant qu'ils ont une fâcheuse tendance à aller voir ailleurs, relayé par un syndicalisme de combat qui est là pour défendre les Pauvres face à ces salauds de Riches – qui n'ont qu'à bien se tenir car on va s'occuper d'eux ! Mais si on analyse le spectre politique des forces en présence – Pauvres et Riches -, est-ce un bon choix de se ranger du côté des Pauvres pour, non seulement arriver au pouvoir, mais encore et surtout s'y maintenir ? Le Prince bavard aurait-il fait ses calculs pour sa réélection ?

Raisonnons : Qui veut être riche ? Tout le monde, c'est à dire ceux qui le sont veulent le rester et ceux qui ne le sont pas le devenir. Qui veut être pauvre ? Personne (à l'exception de ceux qui estiment que cela ne vaut pas la peine d'être riche, que les efforts pour y arriver sont trop durs, et qui, comme les poètes, rêvent d'un ailleurs – on les comprend et ils méritent notre sympathie). En démocratie Pauvres et Riches ont tout à fait le droit d'être au pouvoir ; pour cela ils doivent être majoritaires : rien d'autre. Mais comment les Pauvres pourraient-ils y être durablement puisque personne ne veut être pauvre ? Sitôt installé le « Prince des Pauvres » va faire en sorte que ses électeurs gagnent plus d'argent et quittent la pauvreté. Inévitablement ils va donc les perdre, car pour défendre leurs patrimoines et leurs droits nouveaux ces ex-pauvres vont passer dans le camp des Riches !

Quant aux Riches comment peuvent-ils perdre le pouvoir alors que tout le monde veut être riche ? Par bêtise, en concentrant trop la richesse, pour faire passer dans le camp des Pauvres ceux d'entre eux qui n'ont pas trouvé leur compte dans la gestion du « Prince des Riches ». Mais avec une saine gestion le camp des Riches devait être toujours largement au-dessus de la barre fatidique des 50 %. D'autant qu'il est dans leur intérêt de réduire autant que faire se peut l'importance numérique des pauvres pour vivre en sécurité comme en Suisse ou au Qatar... puisqu'on le sait, ce ne sont pas les riches qui peuplent majoritairement les prisons.

L'amour des pauvres doit donc être situé dans ce contexte ; et l'on voit donc que les aimer ou pas ne change rien au résultat. Reste à savoir si les Pauvres aiment les Pauvres ? Pas en tant que pauvres, c'est certain, mais par solidarité et valeurs partagées. Quant aux Riches, la cupidité nécessaire à la bonne gestion fait que ces sentiments ne sont que les accessoires nécessaires à la vie sociale pour conforter les patrimoines.



11 réactions


  • Scual 9 septembre 2014 13:06

    François Hollande aime vraiment les pauvres.

    Dès son arrivée au pouvoir il a tout fait pour qu’il y en ait le plus possible.


  • Hecetuye howahkan howahkan Hotah 9 septembre 2014 13:07

    discours bien de cette planète, superficiel,les autres qu’ils crèvent....bref rien de nouveau coté néo con sioniste..cela n’empêchera pas l’auteur d’y passer bientôt ...la mort qui est l’inconnu et l’absolu que nous éviterons ainsi toute nos vies ce qui a pour effet que nous ne touchons JAMAIS au sens profond,cette mort que l’on fuit nous fait aussi fuir la vie...alors il reste de faux sens inventés par un cerveau rétrécit...je possède etc pourquoi pas.......

    posséder est une désespérance énorme de celui qui souffre dans sa vie....alors on fait semblant, on bourgeoise, on intellectualise, et pourquoi pas....

    et le prix de cette névrose est un être criminel qui aujourd’hui carement dit : oui c’est bien d’etre criminel ,de mépriser etc etc

    pourquoi pas, mais il faudrait aller au bout du raisonnement oh ami au dessus des autres, tu es si fort, si puissant , si brillant, tu devrais aller jusqu’au bout et refuser tout contact avec ceux que tu méprises, bien sur oh homme fabuleux presque un dieu, montre nous donc ce que seul avec toi même sans personne tu pourras accomplir, alors nous les pauvres on ira te voir œuvrer en famille , oh certes pas très longtemps car oh génie impérial, sans les autres , tu n’existes plus....en quelques semaines voir jours tu es MORT.....

    tu n’es rien mais te croit quelque chose alors que ton seul destin est de ne plus être..commes les autres.......


  • julius 1ER 9 septembre 2014 19:02

    @l’auteur, 

    bon exercice sur le sujet et excellente digression quand à la finalité de la pensée.....
    au delà du cas de F Hollande , n’est ce pas la schyzophrénie d’une grande partie de la population qui est en question car la plupart des gens aspirent à être riches ils veulent les singer avoir de grosses bagnoles, des maisons avec piscine etc ........ quitte à épuiser la planète car la course à la richesse sans limites n’est qu’un leurre et plus qu’un problème, c’est une addiction. !!!!!!
    d’hors et déjà cette course est suicidaire car la pauvre terre est trop petite pour supporter quelques milliards de milliardaires avec leurs lubies et des désirs sans fin, comme si le désir matériel était devenu l’alpha et l’oméga d’une civilisation............ si c’est le cas nous sommes tous déjà condamnés !!!!!!!!

  • rocla+ rocla+ 10 septembre 2014 09:11

    L´amour est un bouquet de violettes
    L´amour est plus doux que ces fleurettes
    Quand le bonheur en passant vous fait signe et s´arrête
    Il faut lui prendre la main
    Sans attendre à demain,
    L´amour est un bouquet de violettes
    Ce soir, cueillons, cueillons ses fleurettes
    Car au fond de mon âme
    Il n´est qu´une femme
    C´est toi qui seras toujours
    Mon seul amou


  • Neymare Neymare 10 septembre 2014 11:29

    La plupart des gens ne veulent pas etre riche en tant que tel que pour etre riche. Ce qu’ils recherchent c’est le bonheur, et ils se disent « si je suis riche, je serai heureux », pourquoi ?
    qu’est ce qui les rend « malheureux » ou « pas si heureux que ça ? »
    C’est la comparaison : le cerveau humain a toujours besoin de référence pour se situer dans ce monde : quand un pauvre voit un riche, inconsciemment, (ou consciemment) il se compare, il se dit : « pourquoi lui et pourquoi pas moi ? »
    Et c’est la meme chose chez les riches, car leur cerveau marche de la meme façon : tout va vient quand ils se comparent au peuple ordinaire, son ego le rassure : « je suis supérieur, car j’ai un niveau social plus élevé » (l’ego n’est content que quand la comparaison tourne a son avantage), mais si il rencontre quelqu’un de plus riche ou de plus puissant, son ego en prend un coup, il veut encore plus.
    Donc que vous soyez riche ou pauvre, vous ne serez pas forcément plus heureux dans le premier cas : vous serez certes dégagés des soucis matériels, ce qui est déjà bien, mais non de la volonté de l’ego d’etre toujours plus. Et si vous etes riche, vous vous ajoutez un souci supplémentaire : tout faire pour le rester, et c’est la porte ouverte a toutes les compromissions.
    On voit donc que la seule solution qui peut vous amenez vers la tranquillité d’esprit est de faire cesser le fonctionnement de l’ego, chose très difficile pour le riche, puisqu’il base tous ses fondements psychiques sur une illusoire supériorité de son égo, chose plus facile pour le pauvre, qui de toute façon n’a pas grand chose a perdre.
    Lorsque vous arrivez a faire cesser cette manière de fonctionner de l’ego (c’est notre éducation qui lui a appris a fonctionner comme ça, un indien dans la foret amazonienne se foutra bien de la richesse ou de son rang social), vous vous détachez complètement du matériel, et vous ne souffrez plus du tout de cette façon binaire (ou plutot dualiste) de voir les choses


  • Neymare Neymare 10 septembre 2014 11:37

    c’est par le biais de ce conditionnement de l’ego, qu’on peut faire faire tout ce qu’on veut a l’homme « civilisé », et c’est par ce biais que cette société de consommation le tient
    Il faut donc analyser le fonctionnement de son propre ego, ses réactions aux pensées, aux évènements, pour comprendre son fonctionnement, et ainsi pouvoir supprimer ce conditionnement, c’est comme ça qu’on devient vraiment riche, non pas riche matériellement mais riche dans son fonctionnement mental, car alors au lieu de rester étriqué dans une vision que d’autres ont fabriqués pour vous (et pour pouvoir vous asservir), vous sortez complètement de cette prison mentale, et vous devenez libre, et tout l’argent du monde ne vaudra jamais cette liberté


  • marauder 10 septembre 2014 12:08

    De quoi parle-t-on ?

    Parce qu’aujourd’hui, apparament, en france, en gagnant 2000 euros par mois (4000 en couple), on se sent pauvre. A des échelles différentes, c’est le cas ailleurs en europe, surtout au nord.

    Pathétique.

    Sinon, d’accord avec Neymare, sauf qu’on ne peut non plus commencer par l’un en dédaignant le coté « vie publique », les deux efforts sont conjoints, étroitement liés.

    Se sentir libre à l’intérieur, ca doit permettre de proposer des idées pour coopérer, participer, contrer les dominations, aller voir ses voisins, proposer ses services a la vielle d’en face, garder les enfants en se créant un collectif, s’échanger des connaissances, réfléchir a la démocratie locale (municipalisme)...


    • Neymare Neymare 10 septembre 2014 14:11

      @marauder
      C’est l’ego qui créé le coté vie publique et en général votre vision personnelle du monde. Sans ego tout celà s’effondre, parce que ce monde est psychique, comprenez que ce sont vos liens psychiques avec tout ce qui existe qui créent votre personnage et sa vision du monde et ses réactions vis a vis de ce monde
      L’ego se croit toujours responsable (ou fier) de ce qui arrive, et il pense toujours qu’il peut sauver ou changer le monde. Or il n’en est rien : l’ego n’étant qu’une construction psychique faite de liens ne pense pas en soi, et n’agit pas.
      C’est tout a fait contre intuitif, mais pour etre plus clair, ce qui doit vous arriver arrivera, et ce qui doit arriver a ce monde arrivera également, c’est un peu comme si le scenario était écrit d’avance.
      L’illusion vient du fait que l’on croit avoir de l’influence sur ce scénario, ou qu’on en est responsable : « si je suis pauvre c’est de ma faute, alors j’ai des complexes vis a vis de ceux qui sont riches », ou alors « je suis riche, je ne le dois qu’à moi, donc je suis supérieur a ceux qui le sont moins »
      ça c’est l’illusion, la réalité est qu’il n’existe qu’un seul esprit que nous partageons et que celui ci réparti les roles, et nous donne les moyens de jouer ces roles qu’il a réparti
      Ceci est particulièrement perceptible quand vous affaiblissez l’ego : vous vous rendez compte qu’en faite il vous suffit d’agir en spectateur (càd faites ce que la situation vous indique de faire mais sans vous y impliquer psychologiquement) et que c’est le flux de la vie qui fait tout.
      Et moins l’ego sera présent, plus ce flux de la vie pourra vous indiquer la bonne direction a prendre, donc on ne se pose plus de questions : c’est pas qu’on a les réponses, mais on n’a plus de questions, c’est ça que les bouddhistes appellent l’illumination


    • marauder 11 septembre 2014 06:45

      L’illusion vient du fait que l’on croit avoir de l’influence sur ce scénario, ou qu’on en est responsable : « si je suis pauvre c’est de ma faute, alors j’ai des complexes vis a vis de ceux qui sont riches », ou alors « je suis riche, je ne le dois qu’à moi, donc je suis supérieur a ceux qui le sont moins »

      Nan, faut faire la part des choses.
      Il est un fait que cet ego tout puissant nous fout en l’air. Il est fait aussi qu’on aime avoir le pouvoir et le garder (cette peur de la mort...). Par contre, il est indéniable qu’un riche a du pouvoir concret sur le monde, ca n’est PAS une illusion. Quand un pauvre ne réussis pas a percer dans son domaine, ca n’est pas non plus qu’une illusion que de comprendre que sa chance est moindre. C’est juste sociologique.

      Les théories fumeuses sur l’ego n’enleve en rien la possibilité d’acquierir un niveau de conscience certainement plus dégagées de cela. Ca n’enleve en rien l’intention profonde de ne pas s’emmerder pour les autres, bien au contraire.

      Les théories new age sur l’ego sont bien souvent la pour t’éviter d’agir en ce monde.

      Beauccoup confondent facilement le non-agir taoiste et la résignation a essayer de faire ce monde quelque chose de plus agréable a vivre.


  • rocla+ rocla+ 10 septembre 2014 14:15

    et si on est ni pauvre ni riche  , on fait comment …. ?


  • julius 1ER 11 septembre 2014 09:10

    il faudrait parler d’un récent sondage, qui dit que les 2/3 des français n’aime pas les pauvres,car ils assimilent ceux-ci à des assistés..... sic !

    par contre les riches remontent dans leur estime car de 2008 à 2011, la côte d’amour des riches avait baissé....... sondage et propagande quand tu nous tiens !!!!!!!!!!!!!!!
    alors si les français n’aiment plus les pauvres va-t-on leur faire un procès pour non-assistance à personne en danger ??????
     une des questions que ce genre de réflexion m’inspire, est : les français savent-t-ils vraiment qui sont les assistés de ce système ?????????????
    pour moi la réponse est claire, ils n’en savent rien tout comme ils ne comprennent pas où se situent les véritables enjeux économiques, mais çà c’est une autre histoire..

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