mercredi 18 janvier - par Emile Mourey

Après l’erreur de localisation du site de Bibracte, le malentendu d’Autun

À M. le Professeur Antony Hostein, bonjour, 

Dans votre ouvrage intitulé en sous-titre "les Éduens dans l'Empire romain d'après les Panégyriques latins", publié en 2012, vous développez une thèse concernant les empereurs gaulois qui, sur certains points, va à l'encontre de celle que j'ai présentée dans mes ouvrages publiés entre 1992 et 1996. Le 15 juillet 2013, j'ai envoyé à la Sorbonne un article Agoravox auquel vous n'avez pas répondu http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/bibracte-et-les-errements-de-la-138532. Or, en l'absence de débat, votre thèse s'est imposée à la communauté scientifique. Présentant votre ouvrage, M. le Professeur Michel Christol parle d'une crise du III ème siècle mettant en exergue, au Ier siècle, une ville romaine d'Autun fondée par l'empereur Auguste, suivie, plus de deux siècles après, "du sac infligé à la ville par les troupes de (l'empereur gaulois) Victorinus".

Malgré les grandes qualités de l'ensemble de votre étude, où sont les preuves de cette dernière affirmation ? Il n'y en a pas. 

L'affaire est d'importance, notamment pour l'enseignement que notre pays doit tirer de son histoire, valeur d'exemple. Dans votre thèse, c'est parce que la Gaule aurait fait sécession d'avec Rome qu'elle serait entrée dans une période d'anarchie. C'est ainsi que la ville d'Autun que vous présentez comme une fondation romaine, civilisée, aurait été mise à sac par un usurpateur gaulois nommé Victorinus suivi de ses Bataves. Bien que couramment admise par la communauté scientifique, il s'agit là d'une supposition extrêmement grave qui jette le discrédit sur notre histoire éduenne locale tout en exonérant le pouvoir de Rome. Il apparaît clairement, en effet, à la lecture des textes, que l'empereur Gallien a laissé, ou n'a pu empêché, les barbares de franchir la frontière du Rhin. Désespérant des tâches à accomplir, Gallien se laissa aller à une inactivité scandaleuse et relâcha les rênes de la République. Les Alemans, après avoir dévasté la Gaule ... Dans cette situation désespérée, l'empire romain était presque en ruines. C'est alors que Postumus, homme d'un naissance très obscure, revêtit en Gaule la pourpre impériale. Pendant dix ans, il exerça les pouvoirs d'empereur. Il releva des provinces ruinées grâce à son courage et à la sagesse dont il fit preuve (Eutrope, Histoire romaine, IX)...

Je ne vois jusque-là que la réaction normale d'une population gauloise qui se tourne vers un autre protecteur, un choix bien compréhensible.

Postumus, voyant qu'il était attaqué par les forces nombreuses de Gallien appela Victorinus à partager l'empire. Cet autre “Premier des Gaules”, également homme de guerre, prit le titre de César en s'alliant à Postumus (Trebellius Pollio, les trente tyrans)...

Je ne vois, là aussi, que la réaction normale d'un empereur en titre qui veut reprendre son pouvoir, mais aussi, la réaction toute aussi normale d'un Postumus qui recherche une alliance pour lui résister.

Votre problème est que vous raisonnez en partant d'une idée erronée de la Gaule. Comme je l'explique dans mes ouvrages et mes articles, en situant l'antique capitale éduenne de Bibracte au mont Beuvray, les archéologues ont commis une erreur monumentale et gravissime. En ne voulant pas comprendre l'importance du site de Chalon et de Taisey, de même. En ne prenant pas en compte mes avertissements, les responsables de la Culture et de l'Université vous condamnent aux égarements.

Comme je l'explique dans mes ouvrages et mes articles, Postumus siégeait à Cabillo (Chalon-sur-Saône). Une plaque de cheminée le prouve (explication ci-après). Victorinus siégeait à Mont-Saint-Vincent, véritable Bibracte. Deux médaillons sculptés sur marbre l'indiquent (explication ci-après). Alors que l'empereur romain a "failli", une alliance entre un chef des armées d'origine roturière qui reprend les choses en main et le successeur de la dynastie régnante, sur le haut-lieu d'une Bibracte retrouvée, me semble dans la plus parfaite logique du raisonnement militaire.

Bref, après les assassinats des empereurs gaulois, Postumus, Marius et Victorinus, par une soldatesque en proie aux factions, Victorina, la mère de Victorinus, se retrouva seule à Augustodunum/Mont-Saint-Vincent... et non à Augustodunum/Autun suivant la thèse erronée des archéologues... Les Eduens furent alors les premiers à demander au divin Claude II... de reprendre possession des Gaules ; dans l'attente de son aide, ils restèrent enfermés pendant sept mois, endurant les pitoyables conséquences de la disette. Fatigués, ils ne pouvaient plus assurer la surveillance. Alors, ils abandonnèrent les portes (du territoire) aux Gaulois rebelles qui s'y engouffrèrent. Si la fortune avait été favorable à vos entreprises et à celles des Eduens, si cet illustre Restaurateur de la République (Claude II) avait pu nous secourir comme nous lui demandions, les frères du peuple romain auraient promptement ramené le calme dans les provinces pacifiées (Eumène, Actions de grâces à Constantin/Constance-Chlore).

La cité assiégée n'est donc pas Autun, qui n'était alors qu'une fondation coloniale éduenne sur la voie de Saulieu, mais le Mont-Saint-Vincent. Victorinus étant mort n'a rien à voir dans cette affaire. Les Gaulois rebelles ne sont pas les Éduens, mais probablement ceux de Trêves ou des cités voisines qui, alliées ou poussées par leurs voisins d'outre-Rhin, ont voulu imposer leur pouvoir en Gaule. Si les Éduens ont fait appel à Claude II, c'est parce que Rome représentait encore un espoir que Gallien avait compromis

Malgré un siège de sept mois et bien que les portes du territoire aient été franchies, il n'est pas dit qu'Augnemetum - pour vous Autun, pour moi Mont-Saint-Vincent - ait été pris par les Gaulois rebelles. Eumène insiste surtout sur la désolation des campagnes, ce que confirment d'autres auteurs : les destructions se firent sur une grande échelle. Partout, les monuments eurent à souffrir ; les temples ne furent même pas respectés par ces troupes anarchiques. Les trésors s'enterrèrent et les remparts des villes furent battus en brèche, ce qui signifie que les villes murées n'ont pas été investies. Il s'agit là d'un autre phénomène : les dommages causées par l'insurrection bagaude.

À l'opposé de votre interprétation, la splendide cathédrale de Chalon-sur-Saône, construite avant cette invasion, à l'intérieur des murs de la ville, témoigne. Non seulement elle témoigne par sa magnificence, mais elle honore dans l'un de ses chapiteaux l'empereur Victorinus qui l'a fait construire, étonnant témoignage d'un pays éduen prospère avant d'être attaqué par les Gaulois rebelles et sa campagne dévastée par les Bagaudes.

Nous sommes donc en pleine contradiction. De votre coté, un raisonnement s'appuyant sur votre seule interprétation des textes. De mon côté, une autre interprétation, mais avec, en plus, des documents de nature archéologique, notamment : une plaque de cheminée montrant, en 260, un projet de construction de la cathédrale de Chalon-sur-Saône, deux médaillons polémiques sculptés sur marbre menaçant la dite cathédrale de destruction, et je peux citer d'autres documents. Ces deux médaillons ne peuvent provenir que d'une cité concurente, celle qui vint assiéger la cité éduenne.

 Votre argument d'un aïeul d'Ausone dépossédé de ses biens et exilé par Victorinus se retourne contre votre thèse. Augnemetum/Mont-Saint-Vincent n'ayant pas été investi par les Gaulois rebelles, seulement la ville d'Autun, il était tout à fait dans les prérogatives d'un Victorinus régnant de se saisir des biens d'un trop riche propriétaire foncier pro-romain.

Autun fondée par l'empereur Auguste ? Il n'y a aucune preuve. Strabon, l'historien reconnu d'Auguste, est très précis sur ce qu'il a fait en Gaule ; il ne dit nulle part qu'il ait fait quelque chose à Autun, même pas une visite. Certes, s'il est vrai que des villes gauloises se sont vouées à César, il faut bien comprendre que si le Sénat a décerné à Octave le nom d'Auguste, c'est pour qu'il soit, sur terre, le représentant de l'Auguste du ciel. Autun n'existait alors qu'en tant que ville nourricière et commerciale au profit d'Augustodunum, alias Bibracte, alias Mont-Saint-Vincent. Autun doit sa véritable (re)fondation à Constance-Chlore, au retour de la puissance romaine, après le règne des empereurs gaulois. Augusto-dunum, l'oppidum voué au Dieu Auguste du ciel, c'était le Mont-Saint-Vincent. Le temple d'Apollon, les anciens bâtiments des écoles que le rhéteur évoque, les murailles pourries de vétusté d'Ammien Marcellin, ne se retrouvent pas à Autun, mais à Mont-Saint-Vincent (preuves archéologiques difficilement réfutables).

Autres preuves de nature archéologique difficilemen réfutables, les deux médaillons polémiques sculptés sur marbre pré-cités. L'un représente un temple de Chalon, facilement identifiable, menacé d'apocalypse, le plus beau de tout l'univers selon Eumène. L'autre, la forteresse voisine de Taisey - site historique que j'essaie de sauver - menacée de même.

Menacé à droite par le feu de Dieu, l'empereur Postumus s'est réfugié dans son bois de saules. Non seulement il n'arrive pas à grimper à l'arbre généalogique des anciens rois d'Israël - ma thèse - mais ce n'est que par le serpent maudit qu'il est arrivé à se relier au rejet davidique resurgi en Gaule. Reconnaissable à sa barbe et à son corps d'Hercule, ses jambes sont animalisées par le péché. A ses pieds, le chien fidèle des chapiteaux extérieurs de sa cathédrale recule devant la colère de Dieu. 

Sur le horst de Mont-Saint-Vincent, le César de Posthumus, Victorinus, cherche, lui aussi, à se raccrocher à l'arbre davidique royal. En vain, car la branche casse. Petit hercule que son ambition écartèle sur un Mont-Saint-Vincent/Bibracte/Augustodunum dont les deux hauteurs se séparent, il en perd son pantalon. Ces deux hauteurs, c'est le haricot de Mont-Saint-Vincent sur lequel se tient Bibracte dans les chapiteaux éduens.

C'est donc une autre lecture qu'il vous faut faire des panégériques latins. 

Le rhéteur Eumène évoque longuement Augustodunum. Il en donne une description très précise, une description qu’on n’a jamais pu appliquer à Autun. L’importance qu’il lui attribue en tant que presque capitale de la Gaule - en concurrence avec Trêves - ce n'est pas Autun, c'est le Mont-Saint-Vincent. Je sais que cela va faire hurler mais c’est comme ça. L’enceinte de la ville en forme de courbe, avec ses deux extrémités garnies de tours, semblait avancer ses deux bras pour te recevoir (Actions de grâces à Constantin Auguste, ch. VII ; il s'agit, en réalité, de Constance-Chlore).


 
Et encore : Très illustre gouverneur, il est encore une circonstance qui rend cet édifice (les écoles moeniennes) plus célèbre et attire davantage sur elle les yeux des Césars et de tous les citoyens : c’est qu’elle est placée dans un lieu particulièrement bien choisi, pour ainsi dire entre les deux yeux de la cité, entre le temple d’Apollon (l’église actuelle) et le Capitole (l’oppidum et le palais voisin). Le voisinage de ces deux divinités, en rendant ce sanctuaire (Mt-St-Vincent) plus vénérable, est un nouveau motif pour le réparer dans toute son étendue.

Et il ne conviendrait pas que les deux très beaux temples de cette ville (le temple de Minerve et celui d’Apollon) soient défigurés par les constructions en ruines qui se trouvent au milieu. J’insiste sur cette pensée ; car il me semble que le premier constructeur des écoles moeniennes leur a réservé cet emplacement afin qu’elles fussent soutenues par les étreintes bienveillantes des deux divinités voisines ; et telle est en effet la position de cet auguste sanctuaire des lettres (les bâtiments des écoles) que d’un côté Minerve (le temple de Minerve), fondatrice d’Athènes, le protège de son regard, et de l’autre Apollon (l’actuelle église romane), entouré des Muses. Cet édifice, placé au front même de la cité, touchera de chaque côté à ces deux temples ô combien remarquables (Eumène, discours pour la réparation des écoles).
 
Et que devient Autun dans toute cette remise en question ? Eh bien, c’est tout simple. Le grand effort de reconstruction qu’Eumène demandait pour les écoles de Mont-Saint-Vincent, les empereurs l’ont porté sur la colonie éduenne de Marchaux pour en faire une nouvelle Rome, autrement dit le nouveau centre de la cité. Et cela explique les murailles, les portes monumentales, la cathédrale, le théâtre, le temple de Janus...et le nom qui lui a été donné que seul portait Bibracte/Mont-Saint-Vincent jusque-là. Augustodunum était devenue une cité double, un nom qui n’a survécu qu’à Autun. Nous n’avons pas craint de prendre ton nom en mettant de côté l’ancien, car Bibracte (Mont-St-Vincent) s’est appelée jusqu’à présent Julia, Pola, Florentia, mais maintenant, c’est Flavie (Autun) qui sera la cité des Eduens (Eumène, Actions de grâces à Constantin/Constance-Chlore, chap II,).

Bis repetita, il s'agit, en réalité, d'un discours de remerciements adressé à Constance-Chlore et non à son fils Constantin (pour la clarté du débat, je continue à nommer "Eumène" les auteurs éduens de tous ces discours).

Repères chronologiques.

  1. empereur Salonin : 242 - 260
  2. empereur Postumus : 260 - 269
  3. empereur Victorinus : 269 - 271
  4. empereur Tétricus : 271 - 273
  5. bataille des champs catalauniques dans la plaine de Chalon-sur-Saône en 274. L'empereur Aurelien y rétablit le pouvoir de Rome. L'armée éduenne en proie à ses dissenssions est désorganisée. 
  6. les bandes de la révolution bagaude ravagent la campagne.
  7. expédition des tétrarques romains de 285 à 295. Rétablissement du pouvoir de Rome à Gergovie.
  8.  Maximien reconstruit les bains publics de Bourbon-Lancy et attire des colons dans la ville d'Autun (1)
  9. Constance-Chlore se rend à Bibracte/Augustotunum/Mont-Saint-Vincent, accueilli par une jeunesse moennienne enthousiaste ; il relève les membres du conseil éduen couchés devant le palais. Pas de discours. (2)
  10. À Augustodunum/Mont-Saint-Vincent/antique Bibracte, Panégyrique de Constance-Chlore à son retour d'expédition en Bretagne. L'orateur le remercie de commencer à relever la cité de ses ruines.
  11. À Augustodunum/Mont-Saint-Vincent/antique Bibracte, Eumène demande au gouverneur de Lyon de faire pour son sanctuaire des belles-lettres - illam sedem - ce que les empereurs ont fait, avec l'aide des légions, en ville d'Autun - istam coloniam.
  12. À Trèves, discours de remerciement adressé à Constantin/Constance-Chlore. L'orateur remercie Constance-Chlore d'avoir relevé la cité éduenne de ses ruines (3) et déclare que,dorénavant, c'est Autun qui sera la cité des Éduens.
  13.  À Trèves, Panégyrique de l'empereur Constantin Auguste, fils de Constance-Chlore.
  • Renvois
  • (1) Discours de remerciement à Constantin, Constance-Chlore, VIII, IV,4
  • (2) Discours de remerciement à Constantin, Constance-Chlore, VIII, IX, 4
  • (3) Il faut comprendre : toute la cité, tout le territoire où vivent les citoyens éduens.

 

Merci de me répondre. Copie à Mme la Ministre de la Culture, à la Sorbonne, à la Drac de Bourgogne/Franche-Comté, ainsi qu'à MM. les élus qui s'intéressent à l'histoire et au patrimoine de leur région.

Emile Mourey, le 17 janvier 2017, extraits de mes ouvrages et articles, www.bibracte.com. Photos romanes.com

 



31 réactions


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 18 janvier 13:20

    « C’est ainsi que la ville d’Autun que vous présentez comme une fondation romaine, civilisée, aurait été mise à sac par un usurpateur gaulois nommé Victorinus suivi de ses Bataves »


    Les Bataves n’étaient-ils pas un peuple germain localisé à cette prériode au nord du territoire des actuels Pays-Bas ? Si Victorinus était leur chef, pourquoi aurait-il été gaulois ? Le flou géographique, linguistique et culturel entre « celtes » et « germains », loin de s’atténuer, semble se répandre dans de plus en plus d’ouvrages consacrés à ce temps pour lesquels l’archéologie ne fait pas bon ménage avec une histoire qui se réduit aux écrits des Romains, plus soucieux de justifier leurs conquêtes et leur supériorité que d’établir la vérité historique .

    • Emile Mourey Emile Mourey 18 janvier 15:58

      @Jeussey de Sourcesûre


      Oui, c’est une excellente question. Comme vous le dites très bien, il existe des documents qui laissent à penser que Victorinus commandait des unités bataves. Reste à savoir comment les interpréter. Je n’ai pas directement accès à ces documents mais si M. Hostein ne développe pas plus le sujet, c’est probablement qu’ils sont succincts. Apparemment Germains ralliés de la région de Trèves, il semble qu’ils aient constitué la première force de l’armée qui gardait la frontière du Rhin. Dans cette hypothèse, Victorinus succédant à Postumus et passant de César à imperator, n’aurait fait que reprendre le même commandement des unités. Or il est reconnu que Postumus était bien originaire du pays éduen. Dans mon raisonnement, Victorinus était éduen comme l’était sa mère Victorina. Ce serait donc les troupes bataves de Trèves qui l’auraient assassiné tout en entraînant Trèves dans la sécession d’avec Bibracte/Augustodunum. Dans cette hypothèse, les « Gaulois rebelles » seraient les troupes bataves de Trèves.

      Il n’empêche que cela pose question et qu’il y a matière à réflexion. Pourquoi le PC avant de la défense de la frontière était-il à Trèves, Augustodunum étant le PC arrière ? Où se faisait le passage principal des invasions ? Quid des rebelles qui ont assiégé Augustodunum ? Que faisait Trèves quand cela se passait ? J’ai retraduit le passage d’Eumène quand, après avoir évoqué la cité assiégée par les Gaulois rebelles, il évoque la désolation des campagnes, ce ne sont pas les mêmes mots qu’il emploie.C’est une erreur de continuer à parler de siège. Il s’agit d’envahissement, celle des bandes bagaudes qui ont, ensuite, désolé le pays ; rien à voir, selon moi, avec les Bataves. 

  • cathy cathy 18 janvier 15:26

    Carte localisant les germains au 1er siècle après J.C.On voit bien les limites de l’empire romain à la limite du débordement.

    Les burgons (germains) ou bourguignons Après la conquête romaine ont pris la Suisse actuelle.


  • soi même 18 janvier 16:08

    Bonjour Emile, expliquez moi comment arrivez vous à lire l’histoire en utilisant des illustrations où des sculptures de l’art roman et de la renaissance pour écrire vos hypothèses historiques quand l’on sait maintenant que l’histoire est une fable convenue.

     


    • Emile Mourey Emile Mourey 18 janvier 22:43

      @soi même

      La fable de l’art roman ? Je n’irai pas jusque-là, mais il est vrai que c’est une grave erreur que d’attribuer au Moyen-âge des sculptures qui datent et que n’ont de sens qu’au temps de l’antiquité tardive.

  • Antenor Antenor 18 janvier 21:10

    @ Emile

    A l’époque d’Auguste, on avait encore en mémoire le revirement des Chalonnais vis à vis de César. Cette ville était donc considérée comme peu fiable par Rome. La fondation d’Augustodunum / Autun s’explique dans ce contexte en plus de l’expansion éduenne en direction de la Loire. Mais à l’époque de Constance-Chlore pourquoi fonder une nouvelle capitale à Autun ? Il est possible que certains bâtiments datent seulement du IIIème siècle mais ça n’empêche pas la fondation principale de remonter à Auguste. Et pourquoi donner à cette ville le nom d’une vieille citadelle préexistante ? Pourquoi pas Constantina ?

    Il y a peu d’habitants et d’argent dans les citadelles. C’est pour cela que grands discours politiques n’en parlent pas et se concentrent sur les villes dont il faut amadouer la population.


    • Emile Mourey Emile Mourey 18 janvier 22:37

      @Antenor


      @Antenor

      Vous dites : A l’époque d’Auguste, on avait encore en mémoire le revirement des Chalonnais vis à vis de César. Cette ville était donc considérée comme peu fiable par Rome. La fondation d’Augustodunum / Autun s’explique dans ce contexte en plus de l’expansion éduenne en direction de la Loire. 

      D’accord pour que les Éduens de Bibracte/Mont-Saint-Vincent aient fondé une première station sur la voie qu’ils ont ouverte en direction de Saulieu, voie commerciale. Son quartier central de Marchaux est très certainement son nom éduen d’origine signifiant « marché ». D’accord pour y voir, par analogie avec la fondation éduenne de Bourbon-Lancy, une poussée vers la Loire et au-delà. Mais pas question d’y voir une fondation de l’empereur Auguste, même modeste. Rien ne permet de le penser. Pas de fondations romaines de cette époque en Gaule profonde, à part la colonie de Lyon et ce n’est qu’une colonie. Les textes d’Eumène sont clairs. Avant que les tétrarques ne viennent en Gaule, c’était déjà une station qu’ils considéraient comme leur ville, une ville qui d’après Eumène a été reconstruite par ces tétrarques, dont Constance-Chlore, qui y ont installé les légions. Mais il est clair que pour Eumène , ce n’était qu’une colonie - istam coloniam - sens péjoratif, alors que le Mont-Saint-Vincent/Bibracte était une « illam sedem » sens laudatif. Étant déjà la ville de Mont-Saint-Vincent, Autun était déjà dans la cité d’Augustodunum.

      Vous dites : Il y a peu d’habitants et d’argent dans les citadelles. Bien au contraire, il s’y trouve la troupe armée du seigneur et le trésor (cf la forteresse de Taisey, de Tasiacum, Thesaurus, trésor)



    • Antenor Antenor 19 janvier 19:07

      @ Emile

      Il est possible que les Eduens aient nommé Augustodunum en hommage à l’empereur Auguste afin de s’attirer ses bonnes grâces sans pour autant qu’il ait joué un rôle dans la construction. Que Bibracte/Mont-Saint-Vincent ait été renommé Augustodunum après la conquête avant que ce nom ne soit attribué à Autun trois siècles plus tard me paraît un peu alambiqué.

      Taisey et Mont-Saint-Vincent, ce n’est tout de même pas le même genre de forteresse. Si le « Trésor Public » de Chalon se trouvait à Taisey, celui d’Autun devait se trouver sur la colline de la cathédrale


    • Emile Mourey Emile Mourey 19 janvier 21:05

      @Antenor


      Vous dites : Il est possible que les Eduens aient nommé Augustodunum en hommage à l’empereur Auguste afin de s’attirer ses bonnes grâces.

      Oui, c’est une possibilité mais à laquelle je ne crois pas. Première erreur : contrairement à ce que pensent les historiens, la Gaule de l’indépendance n’a pas changé au temps d’Auguste. César avait pris soin de lui laisser ses institutions et Auguste n’a fait que de délimiter des limites de province. Deuxième erreur : ces historiens s’imaginent une cité éduenne pro-romaine dont un officier félon, Sacrovir, s’empare en 21 après J.C.. C’est faux ! Tacite a seulement dit que Sacrovir occupait la cité avec ses cohortes. Compte-tenu de ce que je viens de dire, Sacrovir, l’homme dans le sacré, ne peut être que dans la continuation de la religion druidique. Auguste n’avait interdit les sacrifices humains qu’à ceux qui postulaient au titre de citoyen romain. Ses cohortes sont des troupes territoriales éduennes. La seule connaissance que les Éduens ont d’Auguste est qu’ils lui payent des impôts. Et c’est bien pour cela qu’ils se soulèvent avec les autres cités gauloises en 21.

      Pour moi, inimaginable qu’ils aient dédié leur sanctuaire sacré à une divinité autre que la divinité suprême. D’ailleurs, dans la langue latine, le qualificatif « augustus » peut très bien se traduire par un nom : l’Auguste, lequel ne peut être que dans le ciel. De même, je doute que l’autel de Lyon ait été dédié en l’an - 12 à Rome et à l’empereur Auguste, c’est absurde ! Il me semble plus raisonnable de comprendre qu’il a été dédié à Rome et à l’Auguste des Éduens et des Arvernes (Augustonemetum). C’est un traité d’alliance entre Rome et les cités gauloises.

      Bibracte est le nom que César et Strabon utilisent pour désigner la capitale éduenne. Augustodunum était probablement son autre nom, et peut-être même plus ancien qu’on ne pense.

      Tant que la ville d’Autun était une « istam coloniam », elle n’avait certainement pas le trésor. Concernant Taisey, il ne faut pas sous-estimer la forteresse qu’elle était. Le trésor, en l’occurence les produits de l’impôt, y était certainement mieux en sécurité que dans la ville.

      Pour en revenir au livre de M. Hostein, il faut choisir :

      ou bien une Gaule à l’image de la ville en bois du mont Beuvray que remplace progressivement des grandes villes romaines à l’image d’Autun.

      ou bien une Gaule de forteresses primitives situées sur des points souvent hauts à l’image de Mont-Saint-Vincent qui fondent des colonies commerciales et nourricières en des endroits plus accessibles, comme l’est la ville d’Autun. 

  • Emile Mourey Emile Mourey 20 janvier 13:45

    @ Antenor


    Autre argument contre la thèse d’un Autun soi-disant fondé par l’empereur Auguste. Si tel était le cas, Strabon n’appellerait pas l’oppidum de Mont-Saint-Vincent , Bibracte, en l’an + 18 alors qu’Auguste vient de mourir mais Augustodunum pour honorer sa mémoire. S’il évite cette désignation, c’est manifestement parce qu’il sait très bien que ce n’est pas une fondation de l’empereur et pour éviter toute confusion. Comment se fait-il que Mont-Saint-Vincent ait porté en + 21 - cf Tacite - le nom d’Augustodunum s’il évoque le nom de l’empereur romain, alors qu’à l’instigation de Sacrovir, les Eduens et autres peuples de la Gaule se révoltent contre Rome, à cause des impôts de l’époque de cet empereur ? Impensable !

    • Antenor Antenor 20 janvier 20:45

      @ Emile

      Pour Strabon, je ne sais pas trop ; il se peut qu’il ait repris des textes plus anciens (cf la thèse de Jean-Louis Brunaux sur Posidonios D’Apamée)

      Il est en tout cas notable que chez les Arvernes comme chez les Eduens, on ait choisi le nom d’Auguste pour renommer les capitales sous le règne de l’Empereur Auguste. Ca ne peut pas être fortuit. Est-ce qu’il ne faut pas voir derrière ces noms le signe d’une alliance solide entre ces cités et Octave-Auguste ? Alliance qui connaîtra des hauts et des bas sous ses successeurs. Que les Eduens et les Arvernes aient jugé opportun d’être pro-Auguste à un moment donné parce que cela servait leurs intérêts ne veut pas dire qu’ils étaient devenus pro-romains de manière générale et définitive ; terme qui d’ailleurs n’a guère de sens appliqué à un Etat. Les Eduens étaient pro-éduens et les Arvernes pro-arvernes, point barre !

      Le destin de la Gaule des citadelles primitives dépendait aussi largement de la vie politique qui agitait les villes. Impossible de tenir le pays éduen sans tenir Mont-Saint-Vincent mais difficile de tenir Mont-Saint-Vincent sans être influent à Chalon, Autun, Mâcon... Il y a une relation de dépendance à double-sens. Les citadelles assurent une protection immédiate mais les villes permettent de la financer.


    • Emile Mourey Emile Mourey 21 janvier 00:07

      @Antenor


      Suétone, Divus Aug. ; 7 : (On appelle) « augustes » les lieux auxquels est attaché un caractère religieux, et où une consécration a lieu suivant les rites auguraux. 

      On ne peut pas être plus clair. L’abréviation « Aug » que portent dans leurs noms les cités gauloises a une signification religieuse, de même qu’Octave a reçu du Sénat ce qualificatif. Cela ne veut pas dire qu’elles étaient consacrées à Octave. Ou alors, qu’on me montre les textes qui le disent.

      En ce qui concerne l’autel de Lyon, à moins que je me trompe dans la traduction de Strabon, je ne vois qu’un autel fondé par les peuples gaulois et César. Et sur les médailles à l’autel de Lyon, je lis : ROMETAUG Rome et Augustodunum.

      Bien d’accord pour votre dernier alinéa.


    • Emile Mourey Emile Mourey 21 janvier 01:05

      @Antenor

      ROMETAUG Rome et Augustodunum, c’est-à-dire Rome et Mont-Saint-Vincent/Augustodunum/Bibracte. Nous sommes en plein dans la logique militaire : un autel consacrant une alliance sacrée entre la capitale romaine et la capitale gauloise. Lyon était alors dans la province lyonnaise de même que le pays éduen mais la capitale de cette province n’était pas Lyon mais le Mont-Saint-Vincent, qu’occupait en + 21 Sacrovir puis, en 68/69, Vindex. Tous les deux se sont soulevés contre Rome. Entre -12, fondation de l’autel et l’an + 21, il n’y a que 33 ans. Comme le dit Tacite, c’est bien à cause des impôts que les Gaulois se sont soulevés. Rien ne permet de dire que les Gaulois aient honoré ou adoré l’empereur romain. Tacite dit bien qu’ils n’avaient pas oublié leur gloire passée ; sur les médailles de l’autel de Lyon, on voit bien qu’il y a les officiants éduens d’un côté et les officiants romains de l’autre. 

  • Antenor Antenor 21 janvier 14:18

    @ Emile

    Face à la réussite politique inédite d’Octave-Auguste le plaçant à l’égal d’Alexandre, les Gaulois ont pu voir en lui un envoyé des dieux célestes. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ont vénéré les autres empereurs romains de la même manière, les révoltes qui suivirent indiquent même le contraire.

    Augustodunum a sans doute servi de capitale à Sacrovir et Vindex mais le pouvoir romain en Gaule s’exerçait depuis Lyon et l’assemblée gauloise y siégeait. Si Augustodunum était Mont-Saint-Vincent, pourquoi Sacrovir ne s’y est-il pas retranché au lieu d’aller affronter les légions à 20 km ? Même les Juifs en plein délire messianique s’étaient retranchés dans Jérusalem, Massada et Gamala. Mont-Saint-Vincent lui aurait-elle fermé ses portes comme Gergovie avait chassé Vercingétorix quelques décennies plus tôt ?


    • Emile Mourey Emile Mourey 21 janvier 16:10

      @Antenor


      Bonne réponse. En effet, pourquoi ? Mais il n’y a toujours pas de preuves qu’Augustodunum ait été consacré à l’empereur Auguste, ni les autres cités gauloises qui portent cet adjectif. Mon problème est qu’augusto ne peut être qu’un datif, donc consacré à... un dieu. Or, il faudrait en trouver mention inscrite clairement dans des fresques. Jules César a certainement vu la fresque centrale de Gourdon. Je suppose que c’est à partir de là qu’il a écrit que les Gaulois vénéraient un « dieu pater », Jupiter dans le ciel et qui, à la fois, fait naître. Deux siècles plus tard, la désignation du personnage de la fresque comme étant auguste, voir l’Auguste, s’impose. Les preuves restent à trouver.

      En revanche, pour l’autel de Lyon, j’aimerais que le historiens justifient leur interprétation qui me semble tirée par les cheveux.

    • Antenor Antenor 22 janvier 15:34

      @ Emile

      Pour le « Rome et Auguste » de l’autel de Lyon, je vois le nom d’Auguste comme un bémol apporté à celui de Rome. Les Gaulois sont d’accord pour faire partie de l’alliance romaine à condition que l’équilibre des pouvoirs institué par Auguste soit respecté par Rome. A partir du moment où les règles changent, les Gaulois se soulèvent.


    • Emile Mourey Emile Mourey 22 janvier 21:36

      @Antenor


       Strabon : C’est là aussi qu’on voit ce temple ou édifice sacré, hommage collectif de tous les peuples de la Gaule, érigé en l’honneur de César Auguste 
      Sauf mauvaise traduction de ma part du texte de Strabon, je lis que l’autel a été érigé par les peuples gaulois et par César. Je ne vois pas de César Auguste.

    • Antenor Antenor 23 janvier 22:06

      @ Emile

      Le nom d’Auguste n’apparaît pas dans la version grecque ?

      http://remacle.org/bloodwolf/erudits/strabon/livre43.htm


    • Emile Mourey Emile Mourey 23 janvier 22:42

      @Antenor


      Oui, je ne vois que le mot « Καίσαρι », César, dans le texte grec. Je ne vois pas à partir de quel mot grec le traducteur a ajouté « Auguste ». La phrase est un peu compliquée à traduire et je ne suis pas assez instruit dans le grec ancien pour la comprendre exactement. Je suppose que l’autel à été construit par les peuples gaulois et César... ou je ne sais pas. De toute façon, il me semble difficile d’affirmer que l’autel est dédié à Octave Auguste vu que Strabon ne parle que de César (Octave). Il y a, me semble-t-il, un problème.

    • Emile Mourey Emile Mourey 24 janvier 11:10

      @ Antenor


      amphithéatre de Lyon fondée en + 19

      […]E TI(beris) CAESARIS AVG(vsti) AMPHITHEATR
      […]ODIO C IVL C[?] RVFVS SACERDOS ROM(ae) ET AVG(vsti)
      […]FILII F. ET NEPOS [-]X CIVITATE SANTON. D(e) S(ua). P(ecunia).FECERVNT

      Comment expliquez-vous qu’alors qu’Octave est mort depuis plus de cinq ans qu’il y ait encore un prêtre de Rom... et d’Aug... Qu’Octave, Tibère et les suivants soient qualifiés d’augustes, oui, mais d’être un Auguste ou l’Auguste, c’est-à-dire le Dieu par excellence (qui ne peut être que dans le ciel et qui se régénère), je ne vois pas.

      Dans l’autel de Lyon, faut-il lire (cf médailles) « Rome et Augustodunum », ce qui, en toute logique, ne signifierait qu’une alliance entre deux cités, Rome représentant l’Italie et Augustodunum, l’ancienne Bibracte, Mt-St-Vincent, la Gaule entière ou seulement celle de la confédération éduenne ?... Comment lire la même expression dans la dédicace de l’amphithéâtre de Lyon alors que c’est un Santon qui l’a fondé ?


    • Emile Mourey Emile Mourey 24 janvier 12:09

      @Antenor


      Vous avez aussi des inscriptions telles que I.O.M. NUMINIBUS AUG. ((Iovi Optima Maxime), ce qui signifie : À Jupiter Auguste, très bon, très grand. Rien à voir avec Octave.


    • Antenor Antenor 24 janvier 17:54

      @ Emile

      Tous ces éléments pris en compte, l’AUG des médailles lyonnaises désigne effectivement le(s) dieu(x) du ciel. L’alliance avec Rome est en quelque sorte placée sous un patronage céleste. Quant à savoir si le nom d’Augustodunum est dédié à Octave ou au(x) dieu(x), il est possible que les Gaulois aient volontairement joué sur l’ambiguïté.


    • Emile Mourey Emile Mourey 24 janvier 18:45

      @Antenor


      Je ne dis pas non. Il est même bien plus probable que ce soit les Romains qui aient joué l’ambiguïté. Mais alors, il faut que les historiens arrêtent de nous présenter l’image d’une Gaule romanisée ou en voie de romanisation pacifique reconnaissant comme maître un empereur romain divinisé et auquel on paie l’impôt en bons citoyens.

      Je me demande si, après la conquête de César, la période qui a suivi n’aurait pas été une période d’influence judéo-éduenne plutôt que romaine. D’où l’insurrection religieuse de Sacrovir, puis le soulèvement, à l’instigation de Vindex depuis Augustodunum/ancienne Bibracte, d’un monde judaïsé, en liaison avec Jérusalem. d’où la guerre de Jérusalem : judaïsme contre romanité. Force est de constater que si la romanité l’a peut-être emporté sur un certain plan, ses dieux sont morts et que c’est celui de Juifs qui s’est imposé dans son évolution essénienne, puis chrétienne.

    • Antenor Antenor 25 janvier 20:51

      @ Emile

      Le soulèvement de Vindex se produit tout de même deux ans après le début de l’insurrection à Jérusalem. On a plutôt l’impression qu’il a pris le train en marche. Ne serait-ce pas plutôt Saul qui serait aller le trouver lui et Galba pour les presser d’intervenir ? Dans les actes apocryphes de Pierre, il est fait mention d’un voyage de Paul en Espagne à cette époque


    • Emile Mourey Emile Mourey 25 janvier 22:02

      @Antenor

      Je pense que vous avez voulu dire que le soulèvement de Vindex s’est fait deux ans avant la guerre de Jérusalem de 70. Contrairement à ce que pensent les historiens, mon avis est que les deux événements sont, non seulement liés, mais qu’ils ont fait l’objet d’une action concertée, l’apocalypse de Jean étant la fameuse prophétie dont parle Flavius Josèphe qui a soulevé toute une partie de l’empire contre Néron. Le monde de l’époque était alors l’enjeu d’une confrontation entre une romanisation que tout le monde reconnaît et une judaïsation, telle que j’ai essayé de la montrer ; Vindex n’était pas séquane mais éduen. Son nom « Vindex » est de la même famille que le Juste de Tibériade. Son discours s’est certainement tenu à un Mont-Saint-Vincent judaïsé. Tout se tient. Paul, non seulement n’a rien à voir dans ce soulèvement, mais si l’on accepte de l’identifier au Saul de Flavius Josèphe, il a tout fait pour l’empêcher. Par ailleurs, il est dit que la petite communauté de Jacques (croyant en Jésus de Nazareth) a quitté la ville avant l’attaque. La guerre de Jérusalem est un conflit entre Rome et un monde juif qui croyait que le Christ du ciel allait se manifester. Comme le dit le Jean de l’Apocalypse qui avait lu l’avenir dans le ciel : « Viens, Seigneur Jésus ! », ce qui signifie que, pour lui, il n’était pas encore descendu.

    • Antenor Antenor 26 janvier 18:12

      @ Emile

      Les Romains perdent le contrôle de Jérusalem dès 66. La garnison est massacrée et la douzième légion qui a tenté sans succès de reprendre la ville est mise en déroute à Beth-Horon. Les Juifs sont exterminés à Césarée et Alexandrie.

      Quand Vindex entre en scène en 68, Vespasien a déjà repris toute la Galilée et marche sur la Judée. Seule la mort de Néron le stoppera un moment.

      Je pense que l’Apocalypse a été écrite en 69 en plein milieu du conflit. Les quatre cavaliers de l’Apocalypse figurent les quatre empereurs Galba, Othon, Vitellius et Vespasien.

      Vous dites que le Jésus de l’Apocalypse n’est pas celui des Evangiles et pourtant vous identifiez les deux témoins du chapitre 11 à Jacques et Simon et il est bien dit que leur seigneur a été crucifié.

      Je ne pense pas que l’Apocalypse soit le mystérieux texte de l’insurrection mais qu’il évoque bien le Jésus des Evangiles.


    • Emile Mourey Emile Mourey 26 janvier 19:25

      @Antenor

      Le combat de 66 est un premier engagement. La chute de Jérusalem, c’est 70 et c’est Titus qui mène les légionnaires au combat. Le soulèvemenr de Vindex est donc bien en phase avec celui de Jérusalem.

      Flavius Josèphe dit bien que c’est à cause d’une prophétie que les Juifs se sont soulevés. L’Apocalypse de Jean s’impose à condition de me pas y voir la venue du Christ des évangiles mais d’un Jésus du ciel... qui n’est pas descendu bine que Jean lui ai dit : « Viens ! » ; Nous sommes dans la suite du livre de Jacques où, dans son dit Protévangile, il annonce la venue d’un Jésus vengeur.

      Apocalypse de Jean, appelant au soulèvement pour faire descendre Jésus du ciel, et donc proclamé un ou deux ans avant ce soulèvement : oui.

      Le texte évoque « là ou leur seigneur a été crucifié » Question de traduction. Jésus de Nazareth, oui !
      Celui des faux apôtres et des Nicolaïtes (Paul et les chrétiens d’Antioche) ? Tout cela n’est pas clair.

    • Antenor Antenor 26 janvier 21:54

      @ Emile

      Jean-Baptiste étant mort depuis plusieurs décennies, le Livre de Jacques seul ne valait plus rien. Le messie du livre de Jacques devait forcément se manifester du vivant de Jean-Baptiste. Le seul messie que Jean-Baptiste a reconnu, c’est celui de Nazareth.

      Les deux témoins sont clairement des vrais prophètes. S’il s’agit de Jacques et Simon, le Jésus de l’auteur de l’Apocalypse est celui de Nazareth. Je pense que la vieille théorie l’attribuant à Jean le Presbytre est la bonne. Le texte de l’Apocalypse me donne d’ailleurs la même impression d’avoir pris le train en marche que le soulèvement de Vindex. L’auteur essaie d’expliquer la situation aux fidèles désemparés de Jésus de Nazareth mais il n’en est nullement à l’origine et souhaite que Jésus y mette un terme.

      La conduite de Vindex démontre qu’il n’a rien à voir avec les illuminés du genre de Jean de Gischala ou de Manahem. Il me paraît beaucoup plus proche de Saul et Philippe voulant éviter les effusions de sang inutiles.

      Les insurgés se sont inspirés des textes prophétiques de l’Ancien Testament. L’Apocalypse de Jean était beaucoup trop récent pour avoir la moindre légitimité aux yeux de ceux qui attendaient encore le messie.


    • Emile Mourey Emile Mourey 27 janvier 11:00

      @Antenor


      Pour moi, l’affaire est parfaitement claire. Il s’agit de l’espérance classique juive en la venue du messie. Non pas Jésus de Nazareth qui est mort crucifié sans avoir rétabli la primauté des Juifs, mais un messie glorieux qui accomplira la promesse. Depuis les anciennes prophéties en passant par les esséniens jusqu’à cette Apocalypse de Jean (de Gischala), nous sommes sur une ligne droite que seules de mauvaises traductions et interprétations nous empêchent de voir.

      Comme j’ai essayé de le montrer tout au long de mes articles, à force de vouloir nous persuader que la Gaule a été romanisée, on est passé à coté du phénomène beaucoup plus important de sa judaïsation qui s’est accélérée au Ier siècle avant JC avec le Jésus, Christ du ciel, de l’épitre de Jacques et la dite « Apocalypse de Jean » dont le vrai titre est une « Annonce prophétique » qui ne s’est pas réalisée.

      Comme je l’ai expliqué, les basiliques/cathédrales/temples de Chalon, d’Autun, de Saulieu, de Vézelay ne sont encore que, principalement, dans le dit « Protévangile de Jacques ».
       

       

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