mardi 25 octobre 2016 - par Serge ULESKI

Au bas mot... Obama

 

   44e président des États-Unis, élu pour un premier mandat le 4 novembre 2008 puis réélu, pour un second, le 6 novembre 2012, la présidence de Barack Hussein Obama touche à sa fin, et force est de constater que l'on ne compte plus les éloges à son endroit ; une présidence décontractée est évoquée, un président-animateur et orateur sans rival aussi ; une animateur des intérêts de son pays comme d'autres... des ventes de la firme qui les emploie, et bon baratineur ce président ? Tous se gardent bien de le préciser.

Qu'à cela ne tienne ! d'autres plus lucides ou simplement, libres et courageux, n'hésitent pas à résumer la présidence Obama comme suit : Obama, c'est la continuation de la politique de Bush-fils par d'autres moyens, à savoir les mêmes : bombes et re-bombes !

Bush fils détruira l'Irak. Obama qui ne voulait sans doute pas être en reste, réservera le même sort à la Syrie et à la Libye car, en ce qui concerne ce pays, si les balles et les bombes étaient françaises et britanniques, on sait que le renseignement aérien et terrestre était américain ; politique étrangère qui, de Bush à Obama, laissera des millions d'Arabes - musulmans pratiquants ou non -, sans secours, sans protection, sans frontières, sans Etat, sans droits, sans armée, sans police (en dehors des sociétés privées américaines de mise à disposition de mercenaires sans foi ni loi) et sans recours ; des millions d'êtres humains à la merci de prédateurs sortis d’on ne sait de quel chapeau ; groupes « jihadistes » qui ne cessent de croître comme des champignons après la pluie depuis l'arrivée d'Obama  : Al-Qaïda, Al-Nosra, Aqmi, Boko Haram, l’Etat islamique... et d'autres encore.

Toujours à propos du bilan de la présidence Obama, et dans la foulée, évoquons brièvement le fait que jamais la cause palestinienne n'a été autant bafouée car jamais Israël et les Monarchies du Golfe, deux alliés incontournables des USA, n'ont autant dominé au détriment de la liberté et de la justice des Peuples de cette région.

En ce qui concerne l'Europe, là encore, jamais l'étau américain (avec l'allemagne en soutien) et son rouleau compresseur ne se sont autant opposés à une construction européenne un tant soit peu indépendante sur un plan économique et politique, jusqu'à créer sans hésiter ni sourciller, les conditions d'un conflit ouvert entre l'Europe et la Russie de Poutine.

Et puis enfin, à l'intérieur des frontières des USA, jamais, sous Obama, il n'a été aussi périlleux d'être pauvres et noirs aux Etats-Unis ainsi qu'ouvriers payés à quelques dollards de l'heure ; la candidature ephémère de Bernie Sanders et les événements dramatiques de "maintien de l'ordre" de la société américaine auront au moins permis de le rappeler au monde entier. Autant pour ceux qui, en 2008, ont salué la victoire de ce Président noir, comme un miracle - miracle poétique ; deux auteurs auront mérité la palme d'or et de la bêtise et de l'ignorance à ce sujet : Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau ; deux auteurs antillais, qui plus est.

Quand on vous dit que la littérature contemporaine est incapable de penser le monde !

Et puis, allez donc chercher et trouver ne serait-ce qu'une seule excuse à ces deux acolytes car ces derniers auraient dû se souvenir que l'on ne juge pas un homme sur la couleur de sa peau.

 

 Cerise sur le gâteau indigeste d'une présidence d'un égoïsme sans précédent - "Tout pour ma gueule ! Ma gueule à moi d'Américain affairiste et dominateur !' -, car jamais les USA ne nous ont autant donné à comprendre qu'ils ne partageront le monde avec personne, la présidence Obama, présidence tout en ombre chinoise, accouchera de crises financières sans égard pour notre économie, ici, en Europe.

Qui aime bien, châtie bien sans doute !

 

 

obama,états unis,usa,politique,afrique,élections,amérique

  Pour faire court, on dira qu'Obama, ce Président bavard monté en chaire et qui n'a jamais vraiment quitté l'estrade de son église - l’Église unie du Christ, une branche progressiste de l’Église protestante réformée -, n'aura donc pas cessé, huit années durant, de rembourser l'argent collecté en 2008 lors de sa campagne ; une collecte record nous avait-on précisé.

 Une chose, une dernière.... oh ! trois fois rien : de leur côté, jamais les médias dominants français, publics comme privés n'ont autant fait l'éloge d'une présidence américaine, celle d'Obama ; une présidence en trompe l'oeil... pour des aveugles en particulier.

Et puis, finalement, n'est-ce pas, quelque part, ce nouvel ordre mondial (USA, Otan, Israël, les Monarchies du Golfe et les banques) né d'un mondialisme pour multinationales seules qui paient leurs salaires à tous ?

C'est à croire... tellement l'engouement des médias pour cet ordre est manifeste, eux tous serviles, flagorneurs impénitents aux ordres du Grand mensonge par omission.

 Qu'est-ce à dire alors ?

 Il sera dit que ces médias viennent, une fois de plus, confirmer ce divorce tant décrié avec le réel ; notre réel, et celui des Peuples, au quotidien, car jamais la vérité n'aura été autant méprisée par ceux qui sont pourtant censés la protéger ; la vérité des faits et leur chronologie.

Aussi, pour cette raison, on ne méprisera sans doute jamais assez tout le personnel de ces médias, et un métier en particulier (pour ce qu'il en reste !) : celui de journaliste.

 

 

_______________

 

  Au bas mot... Obama...

 Ou l'excellence d'une candidature et d'une campagne sans programme

 

 Billet de blog publié au lendemain de l'élection d'Obama à la présidence des USA : en 2008 donc.

 

 ***

 

  Suite à la victoire de Barack Obama, et face à tous les changements attendus (ou mal-entendus ?), à quand... l'énumération de tout ce qui... dans la société américaine et dans la politique étrangère des Etats-Unis ne changera pas sous la présidence Obama ? 

 Voici quelques pistes...

 L’Irak, l’Afghanistan, la pauvreté et les inégalités dans la société américaine, Israël-Palestine et la politique du "as little as possible", la crise financière en attendant une crise économique, la peine de mort, In God we trust, la rivalité idéologique et économique Europe-Etats-Unis, la gestion de la relation avec une Chine devenue "Hyper-puissance financière et économique", l'Otan et la Russie...

  (N'hésitez pas à contribuer à cette énumération ! Pour cela, utilisez la fonction "commentaires" !)

 

 Et dans cette attente... qu'il soit permis de dire, ici, que Barack Obama, avant d’occuper la Maison Blanche en janvier, pourra longuement remercier les politiques de ces trente dernières années, de Reagan à Bush, en passant par le couple affairiste des Clinton car, si ces politiques n’avaient pas finalement condamné des pans entiers de la société américaine blanche à partager le sort de la grande majorité des noirs dans les domaines de la santé, de l’éducation, du logement et des salaires, jamais Obama n’aurait été élu...

La crise financière étant le dernier clou dans le cercueil des Républicains, de la présidence en lambeaux de Bush, les Américains n’ont rien trouvé à sauver ; et les élites économiques et financières dangereusement discréditées, elles, ne se sont pas gênées pour financer la campagne d’Obama au-delà de ses espérances car... elles ont très vite compris que Barack Obama, l'homme sans passé, l'homme neuf, était seul capable de les sauver eux tous avant le retour de... "business as usual !"

Au crédit d'Obama, toutefois : l'excellence de sa candidature ; une candidature sans programme, certes ! mais néanmoins parfaite* ; dans le cas contraire, crise ou pas, les Américains n’auraient vu en Obama qu’un noir de plus (et de trop), avant de s'empresser de lui opposer une fin de non recevoir ; et son propre parti n'aurait pas été le dernier à le faire.

 

Et puis très lisse et très policée la candidature d'Obama sortie tout droit d'un casting pour une pub de la Silicon Valley : Microsoft, par exemple ; world company, world people, world President pour un monde... "world", cette candidature ?

 

***

 

  Nul doute, Obama aura bénéficié de circonstances exceptionnelles ; les Clintons le savaient : il suffisait de se baisser pour ramasser la victoire - eux qui n’étaient pas disposés à laisser le premier noir venu de nulle part la leur rafler.

 Aussi, ne nous réjouissons pas trop vite : noir ou pas, avec Obama, la question raciale demeurera encore et pour longtemps, au coeur de la société américaine, indissociable de son fonctionnement, les appartenances ethniques étant un critère absolu de détermination et ce, bien avant celles de la classe sociale ou du parti politique auxquels on peut appartenir.

 

________________

 

Pour prolonger, cliquez : Obama - coalition pour l'Irak

 



7 réactions


  • rogal 25 octobre 2016 15:43

    Doublement de la dette fédérale en 8 ans : de 10.000 à 20.000 milliards de dollars (100 % du PIB).


  • Christian Labrune Christian Labrune 25 octobre 2016 18:38

    Toujours à propos du bilan de la présidence Obama, et dans la foulée, évoquons brièvement le fait que jamais la cause palestinienne n’a été autant bafouée
    --------------------------------------------------------------------------------
    On n’en a vraiment rien à foutre, de la cause palestinienne. Cette fiction imbécile est en train de s’effondrer. Les pays sunnites qui entourent Israël en ont ras-le-bol des « Palestiniens » et de leur connerie incurable. Après ce qui s’est passé la semaine dernière à l’UNESCO, on peut bien dire qu’il n’y aura plus jamais de « cause » palestinienne. Déjà, bien des pays européens, à commencer par l’Angleterre, commencent à refuser d’envoyer le fric de leurs contribuables pour payer les frais du terrorisme et servir des pensions aux famille des assassins, proportionnelles au degré d’abjection des crimes commis.

    A cette page, une intéressante déconstruction du mythe « palestinien », par un journaliste arabe.
    http://www.europe-israel.org/2015/06/le-mythe-palestinien-demonte-par-un-journaliste-arabe/


    • Serge ULESKI Serge ULESKI 27 octobre 2016 13:40

      @Christian Labrune

      « On n’en a vraiment rien à foutre, de la cause palestinienne »
      Qui « on » ?

      Moi j’aime bien « la cause palestinienne ». Vous permettez ?!!!!


  • Algérien (---.---.96.154) 25 octobre 2016 21:30

    L’image du haut de page illustre bien la « présidence » Obama : une illusion née d’un jeu d’ombres et de lumière.

    Cet homme sandwich a fait durer la transition d’un complexe militaroindustriel qui s’est adapté à la conjoncture et à la géopolitique d la cyberguerre. En cela c’est un bon Tom !
    Sans sa femme cet homme aurait été un être quelconque, un bon bourgeois de Chicago :. de plus, il avait bien dit à ses électeurs noirs qu’ils ne comptent pas sur lui.
    Au fond , Bush père et fils auront plus marqué l’histoire du monde que ce tocard .

  • JP94 25 octobre 2016 23:41

    Guère de changement dans ce pays où être un Noir pauvre vous donne plus de chance d’aller en prison pour un crime que vous n’avez pas commis que de voir un policier (blanc) être condamné pour avoir tué un Noir ....
    Les crimes racistes de la Police américaine ont repris de plus belle sous Obama ...

    Le vrai changement, ce sera quand un représentant des classes populaires ( blanc ou non ) accédera au pouvoir dans ce pays. On a déjà quelques élus locaux de cette catégorie ...

    Grâce à Obama,maître des illusions, homme de paille des capitalistes américain, les Etats-unis ont pu continuer et étendre leur guerres et leur politique impérialiste, soutenir des coups d’Etat : Honduras ( contre Zélaya ) , Venezuela ( contre Chavez puis Maduro) , Brésil ( contre Roussef) , Paraguay, (contre Lugo ), la liste n’est pas close ... et pour les autres continents c’est déjà fait ... 

    Obama aura aussi été le modèle avoué de Hollande : comment se faire passer pour un candidat de progrès quand on est le candidat de la guerre et de la régression sociale ... et ça paie : on a en France une extrême-droite en progrès et aux USA, les candidats n’incarnent aucun espoir ... c’était aussi le but : ’éliminer les velléités de changement social.

    On va aussi avoir le TAFTA, le CETA , tout ça grâce à ce magnifique tandem Hollande -Obama chacun jouant sa partie. La destruction de notre outil industriel ( Alsthom, Areva etc ...) et pour très vite, de notre production agricole artisanale de qualité ... 


    Mais je me rappelle très bien d’un concert de jazz où j’étais allé juste après la première accession à la présidence d’Obama : la salle comptait 300 places, je dirais. 
    Or voilà que les musiciens de jazz, Noirs américains, cherchent à entraîner la salle, acquise à eux, à ovationner le nom d’Obama en rythme accompagnés par les musiciens.
    Rien à faire ! 
    les musiciens insistent, y mettent beaucoup du leur ... 
    Rien à faire ! A la fin ils ont laissé tomber . 
    La salle, pourtant, était évidemment plus acquise à la cause noire que la société US. Mais elle savait qu’en aucun cas Obama n’incarnait d’espoir pour la condition noire aux Etats-unis. ( les statistiques sont effarantes dans ce pays) .
    Ainsi, en France, très vite, les gens un tant soit peu politisés n’étaient pas dupes de cet Obama et de la politique qu’il allait mener.

    Et à présent entre Clinton et Trump, finies les belles promesses ... Clinton c’est la guerre et le l’impérialisme. Trump, ce ne sera pas le promoteur du progrès social ... voilà où Obama a mené le pays. Et il ne laissera aucun regret .

  • ZenZoe ZenZoe 27 octobre 2016 09:25

    ...« la présidence Obama, présidence tout en ombre chinoise »...

    Un président américain métissé noir avec une ombre chinoise ? C’est un président universel alors ? smiley


Réagir