jeudi 11 mai - par VICTOR Ayoli

Au bistro de la Toile : alors, à quelle sauce la Macronnade ?

 

- Eh ! Victor, tu crois qu’ils vont s’inscrire à Pole Emploi tous les ministres et sous-ministres qui vont se faire lourder ? Ça devrait pouvoir être considéré comme un licenciement pour motif économique tu crois ?

- En quelque sorte, oui. Virés pour avoir été incapables, justement, d’améliorer l’économie de telle sorte que la hantise numéro Un des électeurs – le chomdu – recule réellement. Quant à leur propre sort, ils ont de grasses retraites, et un carnet d’adresse adossé sur des relations ouvrant à bien de juteux renvois d’ascenseur.

- Bon. Alors on a stoppé le risque Le Pen. Mais ce galopin de Macron, tu crois qu’il faut le suivre ?

- « Ouate-Inde-Scie » comme disent les Rosbifs. Mais puisqu’il est là, essayons d’être positifs, de ne pas lui faire de procès d’intention et de crier avant d’avant mal. Pas facile pour le minot de faire monter l’aïoli entre les idées de gauche – protection sociale, justice, égalité des chances – et la réalité de la mondialisation – capitalisme dérégulé uniquement axé sur le fric et faisant table rase de toutes dimensions sociales, écologiques, environnementales.

- Bon courage…

- Comme tu dis. Donc, comme on l’a pour cinq ans, il faut faire avec. Regardons ce qui est le plus craignos dans son programme.

C’est d’abord la loi Travail. Les accords d’entreprise l’emportent sur les accords de branche. C’est déjà inscrit dans la Loi El Khomri. Donc rien ne change. Mais il veut remettre le plafonnement, chez les prud’hommes, les indemnités de licenciement. Bof. Il suffit que les syndicats discutent sur une limite assez haute qui garantisse aux salariés lourdés abusivement des indemnités conséquentes, tout en freinant les patrons parce qu’ils sauront le prix des abus. La réduction du nombre de fonctionnaires. Il veut « réduire le nombre d’agents publics de 120 000 sur la durée du quinquennat ». Sur cinq ans, ça fait 24 000 par an. On est loin du programme Fillon. Un régime de retraite unique. Moi je n’y vois pas d’inconvénient.

Mais il veut redonner à la France sa place prépondérante en Europe et a explicitement parlé de rapprochement des normes sociales et fiscales dans les pays de l’Union, ce qui est une revendication essentielle des Insoumis. Il veut remettre en place un service national pour tous les jeunes. C’est très bien.

- Alors on lui laisse sa chance ?

- A-t-on le choix ? Tu vois le bordel qui se met en place pour les élections législatives !

À gauche ? C’est la bagarre entre les Insoumis de Mélenchon et les Communistes. C’est saccager le formidable espoir levé par les sept millions de voix alors que l’union pourrait, là encore, amener une force d’opposition redoutable. Lamentable. Les Socialistes ? Enfin, ce qu’il en reste – parce que beaucoup vont lécher les santiags du garnement pour essayer de sauver leur gamelle - ils abandonnent les idées innovantes de Hamon – revenu universel, taxer les robots – pour se recroqueviller sur des vieilles lunes ayant échoué.

À droite ? Là aussi beaucoup tentent de se recycler dans la Macronnade triomphante. Quelques autres – les moins mauvais - balancent à la poubelle le programme de leur candidat « pittoresque » pour tenter de retrouver l’esprit gaulliste. D’autres enfin franchissent le rubi (très) con et s’acoquinent avec le F.Haine. Parti qui, lui aussi se carcagne et qui n’est pas loin d’une nuit des longs couteaux…

- Et de François, qu’est-ce qu’il en reste ?

- Le mariage pour tous. Ce qui n’est tout de même pas négligeable.

- C’est vrai, mais ce n’est pas pour ça qu’on l’avait élu. Allez, à la nôtre !

 


Illustration : merci au regretté Chimulus



4 réactions


  • Sergio Sergio 11 mai 14:09

    Bon je commence, personne n’en doutera :


                               « LA SAUCE HOLLANDAISE !  »

  • oncle archibald 11 mai 14:52

    Dans la macaronade aux anchois on ne met pas de fromage, ou alors juste un peu de parmesan, surtout pas du Hollande ! C’est très bon.


  • lejules lejules 12 mai 01:21

    qu en pensez vous ?
    https://networkpointzero.wordpress.com/2017/03/24/2017-le-coup-detat/

    message a faire passer c est important merci


  • BA 12 mai 13:11

    Le vrai visage de Macron :

    Comment Macron m’a séduit, puis trahi.

    EN 2010, LE JOURNAL LE MONDE EST AU BORD DE LA FAILLITE ET EMMANUEL MACRON PROPOSE SON AIDE « BÉNÉVOLE » AUX JOURNALISTES. MAIS LE BANQUIER D’AFFAIRES ROULAIT EN FAIT POUR UN DES GROUPES QUI VOULAIT RACHETER LE JOURNAL…

    Je suis Adrien de Tricornot, je suis journaliste au Monde. En 2010, le groupe Le Monde avait de grosses difficultés financières et j’étais vice-président de la Société des Rédacteurs du Monde.
    Nous les journalistes, au travers de la Société des Rédacteurs du Monde, étions les principaux actionnaires du groupe *. Nous savions que nous allions devoir faire appel à de nouveaux investisseurs, et voir nos parts diminuer. Nous allions perdre le contrôle actionnarial du journal. Il fallait nous entourer de spécialistes : avocats, banquiers d’affaires.

    C’est à ce moment là qu’Emmanuel Macron, jeune banquier chez Rothschild, fait savoir à une journaliste, qu’il est prêt à nous aider « pro bono ».

    Emmanuel Macron se présente à nous comme un banquier d’affaires qui fait de l’argent, mais n’y trouve pas du sens, membre de la Fondation Jean Jaurès, voulant défendre la liberté de la presse, ancien assistant de Paul Ricoeur… Et donc prêt à nous aider bénévolement.

    Et Emmanuel, puisque c’est comme ça qu’on l’appelait à l’époque, devient vite un conseiller important pour nous. On allait le voir le soir chez Rothschild, quand tous ses collègues étaient sortis ou dans des cafés pour se tenir au courant discrètement. On le trouvait formidable, super brillant…

    Le 2 septembre 2010 après-midi, on se retrouve une nouvelle fois dans le bureau d’Emmanuel Macron. On lui rend compte de l’état de nos négociations. On s’apprête à conclure avec l’offre Bergé-Niel-Pigasse, qui n’était pas la direction vers laquelle il nous avait conseillé d’aller. Mais l’entretien reste très cordial.

    Le 3 septembre au matin, nous avions une réunion avec les conseillers de Pierre Bergé [un des futurs repreneurs du Monde], 10 avenue George V. La coïncidence, c’est qu’à la même adresse, il y a les bureaux… d’Alain Minc. Or Minc, ancien président du Conseil de Surveillance du Monde, conseille à l’époque le groupe Prisa qui est un des autres candidats au rachat de notre journal.

    Après notre rendez-vous, nous discutons quelques minutes entre nous avec Gilles Van Kote, président de la Société des rédacteurs du Monde, notre avocat et sa collaboratrice, en bas de l’immeuble. Je vois la porte de l’immeuble s’ouvrir. Un petit groupe sort autour d’Alain Minc, pour aller déjeuner ; le dernier à sortir est Emmanuel Macron. Je croise son regard, il me semble qu’il me voit également  ; il échange quelques mots avec Minc tout en restant sur le pas de la porte, puis Macron disparaît derrière la porte cochère et ne sort pas.

    Là je dis à mes collègues : «  vous n’allez pas me croire, mais avec Minc, il y avait Macron ». Mes amis me disent que je suis peut-être un peu fatigué, mais que ça n’est pas possible.

    Je décide d’aller voir si Macron est toujours derrière la porte. Je ne vois personne dans l’entrée, personne derrière la porte, personne dans la cour.
    Je reviens sans l’avoir trouvé. Mais avant que nous nous séparions, je décide de faire une autre tentative, et je demande aux autres de m’attendre.
    Je monte à l’étage et je sonne au bureau de Minc, mais tout le monde est parti manger. Et je me dis, tiens, si j’allais monter voir aux autres étages.
    J’avais une sorte de pressentiment. J’avais vu que Macron se cachait, or quelqu’un qui se cache doit continuer à se cacher.

    Je monte les marches. Mon téléphone sonne en appel masqué. Je n’ai pas su qui c’était, j’ai raccroché.

    Et puis j’arrive au dernier étage de l’immeuble. Je vois que la porte de l’ascenseur est bloquée – et effectivement quand j’avais essayé de prendre l’ascenseur, il n’était pas dispo. Et tout au bout de l’étage, sur le palier, il y avait Emmanuel Macron qui s’était bien « replié » au moment où il m’avait vu !

    Il avait bloqué la porte de l’ascenseur, et je ne sais pas si c’est lui qui m’avait appelé en masqué pour savoir si c’était moi qui montait les marches. On s’appelait beaucoup à l’époque, mais pas en appel caché ! Ceci dit, c’est peut-être juste un hasard.
    Surtout, étrangement, quand j’arrive sur le palier du dernier étage, Macron regarde ses pieds et a son portable à l’oreille et fait comme s’il ne me voyait pas. Et précisément au moment où j’arrive sur le seuil du dernier étage, j’entends « Oui allô c’est Emmanuel… » : Il se met à démarrer une conversation au téléphone. Pile au moment où j’arrive. Je ne sais pas s’il y avait vraiment quelqu’un à l’autre bout du téléphone…
    Et moi je vois ce type juste devant moi, qui fait comme si je n’étais pas là. Je suis totalement sidéré. Je pourrais être en colère de la trahison, car on voit bien qu’il a essayé de nous cacher quelque chose, mais je suis assez content de l’avoir trouvé !

    Je me rapproche à quelques centimètres de lui, mais toujours rien… il continue à « parler » au téléphone.

    Je lui tends la main et lui dis : «  Bonjour Emmanuel. Tu ne nous dis plus bonjour ? Mes autres collègues t’attendent en bas ».

    J’ai senti à ce moment l’angoisse en lui. Il avait du mal à respirer. Son cœur battait à 200 à l’heure.
    Je lui demande ce qu’il fait là. Il me répond :
    «  – J’attends des clients »
    « – Tu attends des clients, comme ça, sur le pas de la porte ? Pourquoi tu ne rentres pas ? »
    «  – Bah, parce qu’en fait on nous prête des locaux ici, mais j’ai pas encore la clé… »
    « – En tout cas mes collègues t’attendent en bas, ça serait bien que tu descendes leur dire bonjour »
    « – Non je ne peux pas, j’attends des clients…  »
    Finalement, je lui force la main pour qu’il descende dire bonjour à mes collègues. Macron retrouve petit à petit son aplomb, pendant qu’on redescend au rez-de-chaussée.

    Je repasse la porte d’entrée de l’immeuble, cette fois avec Macron. Là, mes amis, goguenards, s’attendaient à me voir revenir bredouille. Ils passent de l’état goguenard à celui de la sidération. Parce qu’effectivement Macron était bien là !

    Macron discute quelques instants avec notre petit groupe. Parmi mes collègues, notre avocat d’affaires, qui est assez rompu aux négociations d’affaires, sait que dans ce domaine tout est permis, mais était sidéré.

    Et Gilles Van Kote [à l’époque président de la société des rédacteurs du Monde, puis directeur du journal de 2014 à 2015], qui était aussi présent ce jour-là, m’avait dit un jour : 
    « On a été trahis par tellement de gens que si même Emmanuel nous trahit, c’est à désespérer de l’humanité. »
    Quelques minutes plus tard après être parti, Gilles Van Kote m’envoie ce texto :
    « Tant pis pour l’humanité.  »

    https://www.streetpress.com/sujet/1486723160-macron-le-monde


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