lundi 5 décembre 2016 - par Christophe Bugeau

Autriche-Italie : 0,5 à 1

Le nouveau second tour de l’élection Présidentielle en Autriche s’est donc soldé par la victoire de l’Européiste Alexander Van der Bellen face au représentant du parti « d’extrême-droite » FPO Norbert Hofer. Mais en Italie, le Référendum sur la modification de la constitution s’est soldé par une nette victoire du NON, amenant Matteo Renzi le premier ministre italien à démissionner. Quelles leçons en tirer pour les futures élections prévues en France et en Europe en 2017 ?

Concernant l’Autriche, tout d’abord, il faut se souvenir que le second tour de la présidentielle avait été annulé en mai 2016 suite à des « irrégularités », les bulletins par correspondances (méthode utilisée pour la première fois) ayant été ouverts sans véritable contrôle et les deux candidats étant à 50-50. L’élection prévue à nouveau en octobre avait dû être reporté suite à un problème de bulletin. Mais cette fois le verdict des urnes semble clair, Norbert Hofer a reconnu sa défaite mais fait tout de même 46,5 % des voix, alors que l’ensemble de la classe politique et des médias ont fait barrage contre lui.

Rappelons que cette situation où les deux partis du centre-droit et du centre-gauche ont été éliminés dès le premier tour et où les deux candidats présents, écologiste et droite extrême est inédite et prouve que la politique suivie par les partis de gouvernement (les deux gouvernent au sein d’une grande coalition) est désapprouvée par une bonne partie de la population (voir http://www.christophebugeau.fr).

Quant à Matteo Renzi, il a largement perdu son pari et son référendum, le non l’emportant à près de 60 % ! Il avait été clair par avance et avait annoncé son retrait en cas de défaite d’où sa démission. Il est probable que le projet de constitution permettant de facto de stabiliser la pouvoir dans les mains des partis centristes européens a fait l’objet d’un rejet clair, tout comme la politique de Matteo Renzi.

Désormais, le mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo (qui a obtenu la mairie de Rome lors des dernières élections municipales) est clairement en « embuscade » et va demander la tenue d’élections anticipées. Il n’est pas certain qu’il les obtiennent mais les prochaines législatives sont en 2018 et le gouvernement mis en place sera peut-être un gouvernement technique. Quoi qu’il en soit, les partis de gouvernement sont dans une situation difficile et les italiens dont les banques sont elles aussi dans une situation difficile, veulent clairement du changement !

Quant au reste de l’Europe : la conclusion est nette, avec un nouveau référendum montrant le rejet du système actuel, après le Brexit de juin dernier, et des élections en Autriche qui dès le premier tour avaient écartées les partis de gouvernement, il y a décidément un vent nouveau qui souffle sur le vieux continent, et l’élection de Trump ne peut que le renforcer.

Or, des élections sont prévues l’an prochain en Allemagne et en France (dans les deux cas Présidentielles et Législatives) et aux Pays-Bas (législatives). Au vu de l’évolution en Europe des surprises pourraient bien avoir lieu : si en Allemagne Angela Merkel semble toujours favorite, les résultats électoraux en septembre dernier d‘Alternative Fur Deutchland en Poméranie où il a devancé le parti de la chancelière (pourtant élue de la Région), prouve que tout n’est pas joué d’avance !

Aux Pays-Bas, Geerts Wilders, président du parti « populiste » du PVV souhaite pour sa part un référendum sur une sortie de l’Union Européenne et de l’Euro. Mais avec 10 % des députés, il faudrait qu’il fasse un saut quantitatif important.

Pour la France, la présidentielle est désormais une inconnue : le Président sortant ne se représente pas, ce qui est une première sous la V° République, le favori de la primaire de la Droite, Alain Juppé, a été éliminé laissant la place à François Fillon dont le programme économique et social sera difficile à faire passer auprès de nombreux français de droite comme de gauche !

La présidentielle est désormais un jeu ouvert quel que soit le candidat qui représentera le PS. Mais quel que soit le résultat, il sera difficile de gouverner : si Marine Le Pen venait à être élue, elle ne pourrait bénéficier d’une majorité à l’assemblée et si François Fillon venait à être élu, il est possible qu’il soit obligé de faire alliance avec le PS pour gouverner et avec son programme, c’est la France qui serait dans la rue ! Et n’oublions pas qu’un troisième larron peut toujours s‘inviter au bal ! 



8 réactions


  • Alpo47 Alpo47 5 décembre 2016 10:24

    Nous vivons certainement la période la importante de l’histoire de l’humanité, celle des choix qui détermineront l’avenir de notre civilisation pour des siècles.

    Si l’oligarchie parvient encore à imposer ses hommes-liges, nous entrerons dans une dictature Orwellienne, où nous serons tous contrôlés,suivis ...-c’est en très bonne voie de réalisation- et où l’oligarchie, les 1% comme on dit -en fait bien moins- contrôlera le monde et tous les aspects de nos vies. Ils renforceront encore leur mainmise.
    Si les « hommes libres » parviennent à faire un pied de nez à l’oligarchie -ce réveil et ses derniers évènements pourraient aller dans ce sens- pour construire un monde plus solidaire et « humain », alors nos sociétés pencheront vers un autre destin.
    Le balancier est encore en équilibre et nul ne peut encore dire vers où il va pencher. L’oligarchie détient encore de nombreuses cartes, le chaos économique provoqué -presque certain- ou une "belle et grande guerre- sont deux de leurs dernières options pour garder la main.

    Mais l’espoir se rallume en nous, car partout, les hommes s’éveillent et font acte de refus. Et c’est cela notre plus grande arme : la désobéissance passive. Refus du système, refus d’écouter les médias, refus de consommer de manière inutile ...

    Oui, il y a encore une chance pour l’humanité. Mais gare à ne pas la manquer.


    • Onecinikiou 5 décembre 2016 17:38

      @Alpo47


      Vous avez raison sur le constat, mais il convient de le contextualiser et de dire que l’oligarchie, à travers les mass-médias qui sont ses porte-voix et l’ensemble des partis politiques « institutionnels », ont soutenu l’écolo-libéral et eurobéat en Autriche contre son adversaire invariablement qualifié par l’ensemble de la superstructure idéologico-médiatique, en Autriche mais aussi (et surtout) en France, d’extrême-droite. Un terme tout à fait abusif et qui sert de disqualification morale à but politique. 

      Dans ce panorama l’attitude des gauchistes sectaires est certainement la pire : en refusant par préjugés la main tendue des dissidents de l’authentique souveraineté nationale et des patriotes, en cautionnant les éléments de langage et les grilles de lecture des ploutocrates et de leurs affidés - combattant ainsi avec les armes de leurs prétendus adversaires - ils participent indéniablement du statu quo en pérennisant le pouvoir de l’oligarchie euro-mondialiste que vous dénoncez. Ils en sont les meilleurs alliés objectifs, les éternels idiots utiles. 

    • Alpo47 Alpo47 5 décembre 2016 17:48

      @Onecinikiou

      Je suis d’accord sur le constat. Citons parmi les plus débiles des débiles, nos jeunes « antifa », supposés d’extrème gauche. Constamment en train de chercher à bastonner tous ceux qui veulent s’opposer au système en place. Défilez donc dans la rue pour ... augmenter les retraites ... diminuer les impots ...etc ... et vous aurez votre baston-antifa.
      Le système en question a juste construit sa propre « opposition », des individus et groupes, idiots utiles, et qui avancent cachés pour jouer leur rôle, notamment discréditer toute opposition.


  • Tall Tall 5 décembre 2016 10:41

    L’UE pourrait bien imploser de manière assez brusque, un peu comme l’Urss en 1990.

    Pourquoi ?
    Parce qu’elle manque de réactivité pour endiguer la gronde populaire, et que ce sont fondamentalement les Etats qui ont le pouvoir physique dans l’UE.
    L’UE n’est qu’une bande de fonctionnaires et de politiciens financés par les Etats et logés dans des bureaux à Bruxelles. C’est tout.
    L’UE ? Combien de divisions ? aurait dit Staline

    • aimable 5 décembre 2016 11:09

      @Tall
      que pouvons nous attendre d’une commission non élue , qui est a la solde des lobbies et d’un parlement de pantouflards qui va a un petit train de sénateur qui sommeil .
      tout ceci est a réformer , si impossible , a liquider !


  • LE CHAT LE CHAT 5 décembre 2016 11:27

    tout devient possible , plus rien n’étonne dans cette Europe en train de se gangréner !

    2017 va être palpitante ....


  • cétacose2 5 décembre 2016 14:10

    Efficace ! quel peut bien ètre le fabricant de ces urnes à double fond que l’Autriche vient d’utiliser et que le gouvernement français s’apprète à acheter en masse à l’approche des présidentielles ?


    • izarn izarn 5 décembre 2016 16:40

      @cétacose2
      Ce serait une méthode bien pitoyable pour gagner encore 5 ans de pouvoir, pour etre effacé de la carte aprés...
      Mais le Système est pret à toutes les crasses, les merdias sont au fond des chiottes :
      Dernier sondage au « Monde », « Le point » sur l’Italie : 50/50 !
       smiley
      Y sont bons les mecs avec 60% de non !
      Encore mieux qu’en France en 2005 !
      L’Italie compte bien plus que l’Autriche...En observant qu’il s’agit d’un Vert, et non pas d’un UMPS.
      Donc je dirais 0,1 contre 1,9.


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