lundi 14 novembre 2016 - par Paul ORIOL

C’est loin l’Amérique ?

Personne ne conteste la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle des États-Unis d’Amérique (ÉUA). Étant donnés leur place et leur rôle dans le monde, il est évident que cette élection est importante pour les Étasuniens d’abord mais aussi pour les Français, les Européens et tous les habitants de la planète.
Il suffit de penser aux réticences de Donad Trump sur le réchauffement climatique et de se souvenir du rôle des ÉUA à Kyoto et à Copenhague…

14 novembre 2016
 
 Personne ne conteste la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle des États-Unis d’Amérique (ÉUA). Étant donnés leur place et leur rôle dans le monde, il est évident que cette élection est importante pour les Étasuniens d’abord mais aussi pour les Français, les Européens et tous les habitants de la planète.
Il suffit de penser aux réticences de Donad Trump sur le réchauffement climatique et de se souvenir du rôle des ÉUA à Kyoto et à Copenhague…

Au lendemain de l’élection de Barack Obama, le premier président noir des ÉUA, beaucoup se sont faits des illusions, comme ici après la victoire des bleus, blacks-blancs-beurs, toute proportion gardée quant à l’événement. L’élection de Barack Obama n’avait pas la signification que beaucoup avaient voulu lui donner.

Il a intégré la sphère dirigeante des ÉUA.
En huit ans, sa politique n’a pas changé profondément les ÉUA. Et, quel que soit le jugement porté sur cette politique, Barack Obama avec ses équipes est, en partie, responsable de la victoire de Donald Trump. Il n’a pas réussi à réduire la division du peuple étasunien que Hillary Clinton découvre après sa défaite.

Il en est de même en France. Quoi que pense Jean-Christophe Cambadélis des enfantillages de la gauche dont il a parlé récemment, quels que soient les résultats de la prochaine élection présidentielle, François Hollande et le Parti socialiste en sont fortement responsables. Surtout qu’ils disposaient, un moment, de tous les pouvoirs politiques : présidence de la République, majorité à l’Assemblée nationale, majorité de gauche au Sénat, majorité dans tous les conseils régionaux (excepté Alsace et Guyane).

Les électeurs étasuniens qui ont élu Barack Obama hier, sont-ils si différents de ceux qui ont élu Donald Trump aujourd’hui ?
Hillary Clinton a recueilli plus de voix (60 839 922 soit 47,8%) que Donald Trump (60 265 858 soit 47,3%) mais n'a obtenu que 228 grands électeurs contre 290 pour Donald Trump quand il en faut 270 pour être élu dans ce scrutin indirect.

Ce phénomène s’est produit 5 fois aux ÉUA, dont la dernière, en 2000, lors de l’élection de George W. Bush grâce aux résultats de la Floride entachés, en plus, de fraude électorale ce qui n’est pas le cas cette fois. Al Gore avait aussi recueilli au niveau national environ 500 000 voix de plus que George W. Bush. C’est dire une certaine constance de l’équilibre démocrates-républicains.

Par ailleurs, Barack Obama a dû composer avec le Congrès n’ayant pas la majorité. En même temps que l’élection présidentielle, des élections avaient lieu, pour le Sénat et la Chambre des représentants. Si les Républicains conservent la majorité qu’ils avaient sous la présidence de Barack Obama, ils perdent cependant quelques sièges dans les deux assemblées, ce qui ne traduit pas un grand changement dans l’électorat.

 

Composition du Sénat

Parti

Avant l’élection de novembre 2016

Après l’élection de novembre 2016

 

Parti démocrate

44

46

 

Parti républicain

54

52

 

Indépendant

2

2

Total

100

100

https://ballotpedia.org/United_States_Congress_elections,_2016

 

Composition de la Chambre des représentants

Parti

Avant l’élection de novembre 2016

Après l’élection de novembre 2016

 

Parti démocrate

186

194

 

Parti républicainn

246

241

 

Vacant

3

0

Total

435

435

https://ballotpedia.org/United_States_House_of_Representatives_elections,_2016

 

Comparant les résultats des sondages sortie des urnes de 2012 lors de l’élection qui opposait Barack Obamam à Mitt Romney et ceux de 2016, la proportion des Africains-Américains (7-8%), des Latino-américains (27-29%) et des jeunes (38-37%) qui ont voté pour Mitt Romney ou Donald Trump est identique. Par contre dans ces mêmes populations, les résultats de Hillary Clinton sont inférieurs à ceux de Barack Obama de 5 à 6 points.
En 2016, plus de 7 millions de voix (5,44%) se sont portées sur les petits candidats alors qu’ils n’étaient que 2,2 millions (1,74 %). Des millions d’électeurs qui n’ont probablement pas voulu prendre position pour l’un ou l’autre des deux gros candidats.

Sondage Sortie des urnes : CNN

 

Hillary Clinton

Donald Trump

Barack Obama

Mitt Romney

Africain-américains

88

8

93

7

Latino-américains

65

29

71

27

Age 18-29 ans

54

37

60

37

En regardant les chiffres, on peut dire que les équilibres n’ont pas changé profondément, que les résultats témoignent plus d’une désaffection pour la personnalité de Hillary Clinton qu’une poussée des Républicains ni à la présidentielle, ni lors des élections pour le Sénat ou la Chambre des Représentants.
Ce sont le système électoral, les thèmes et les termes de la campagne de Donald Trump, la position hégémonique de la classe politique, des démocrates aux républicains, au nez pincé, de l’aveuglement des sondages, de l’hégémonie de la presse qui font de cette élection un échec de tous les compétents.

Alors que l’électorat national se divise à parties égales entre démocrates et républicains, plus de 200 journaux ont pris position pour Hillary Clinton, contre six seulement pour Donald Trump d’après Jean-Bernard Cadier, correspondant BFMTV à Washington. C'est là une tâche importante sur la démocratie malgré l'existence du suffrage universel.
Non seulement, et ceci explique peut-être cela, cette presse soutenait Hillary Clinton, vantait sa compétence et en plus annonçait, les sondages aidant, sa victoire. Et même la possibilité pour le parti démocrate de reconquérir le Congrès !

Ni les thèmes abordés par Donald Trump, ni son vocabulaire, ni son comportement personnel n’ont éloigné les électeurs malgré la pression constante des media. Ce qui est le plus spectaculaire, ce sont les prises de position de la presse et les commentaires des grands compétents internationaux. Leur assurance pour se tromper, pour expliquer pourquoi ils se sont trompés, pour nous assurer qu’ils ont compris…
A rendre crédible n’importe quelle information sur la toile !

Le 8 novembre, plus de 150 questions, variables suivant les États, ont été posées aux électeurs par référendum.
Alors que le salaire minimal est de 7,5 dollars de l’heure pour l’ensemble des États-Unis, il a été porté de 8,05 à 12 dollars d’ici 2020, par 59 % des votants dans l’Arizona où Donald Trump l’a remporté avec 49,5% des voix, de 8,31 à 12 par 55 % dans le Colorado où Hillary Clinton l’emportait avec 47,2%, de 7,5 à 12 par 55 % dans le Maine (Clinton 47,9 %), de 9,47 à 13,5 dollars par 60 % dans l’État de Washington (Clinton 54,9%).
Le port d’arme a été limité par 71 % des votants dans l’État de Washington, (Clinton 54,9%), par 67 % en Californie (Clinton 61,5%) et le Nevada par 50 % (Clinton 47,9).
Autrement dit, dans ces États, ces mesures ont été adoptées par une partie importante des citoyens qui n’ont pas voté pour le même candidat à la présidentielle.

Comme souvent, ce qui se passe aux ÉUA arrive quelque temps plus tard en Europe. Beaucoup se demandent s’il faut s’attendre à des résultats similaires ici, d’autant que des élections importantes doivent avoir lieu dans les mois qui viennent : référendum en décembre en Italie, élections au printemps en France et aux Pays-Bas, à l’automne prochain en Allemagne.

Bien entendu, la presse française n’a pas fait mieux que la presse étasunienne. Ils se sont contentés de commenter les sondages et les commentateurs des sondages. Ils sont prêts à recommencer. A vrai dire, ils n’ont pas arrêté. Le spectacle est continu.

Papa, c’est loin l’Amérique ? Ne te laisse pas faire ! Ne te laisse pas mener par le bout du nez ! Pense par toi-même, agis, parle, vote !



7 réactions


  • Hecetuye howahkan howahkan 14 novembre 2016 10:48

    Salut...pour moi pas assez....dans un autre amas galactique serait parfait...cela dit valons nous mieux ? sommes nous si totalement différents...sommes nous partageurs, coopératifs, animés de bonnes intentions envers sa vie , la vie qui nous est donnée et donc celle des autres, sommes nous aidant, compatissant, éveillés à la profondeur de la vie, sommes nous en paix avec nous mêmes donc avec les autres.........etc ....etc..

    non , nous ne sommes plus cela ! cette société qui tue est notre création et elle n’est pas la faute de l’oiseau qui mange le vers elle est lié à la perte de nos capacités oubliées.....en panne....dont parle le mythe allégorique de Adam et de Eve ..le paradis (mental et donc terrestre) perdu....çà parle de cela..

    l’homme fut bon et en paix...

    notre histoire ancienne est totalement soit fausse..soit aussi en plus oubliée...

    si vis pacem para panem


  • roman_garev 14 novembre 2016 10:49

    « Comme souvent, ce qui se passe aux ÉUA arrive quelque temps plus tard en Europe. »

    Pas toujours. Cette fois-ci, le même « cauchemar des libéraux » s’est produit quelque part en Europe presque sumultanément : justement ce dimanche deux pays de l’Europe de l’Est, jusqu’à présent et depuis longtemps strictement pro-européens, otaniens et anti-russes (car les trois vont tjrs ensemble, dans le même emballage), à savoir la Bulgarie et la Moldavie, ont élu chacun leur président pro-national (« pro-russe », selon les libérales).
    À ajouter Daniel Ortega à Nicaragua réélu le 7 novembre, donc même avant Trump...
    Cela fait à penser à une tendance mondiale d’anti-globalisme.
    Certains appelent cela « la révolution globale de Poutine ». Auraient-ils vraiment tort ? 

  • tiers_inclus 14 novembre 2016 11:45

    Il serait temps que le bilan des grands électeurs soit publié correctement c’est à dire 306 vs 232 (total 568 barre à 568/2 +1).
    Le Michigan, l’Arizona et le New-Hampshire restaient à décompter lorsque les médias superficiels ont publié le résultat 279 vs 228. Trump a remporté le Michigan et l’Arizona (27 grands électeurs) et Clinton 4 grands électeurs du New-Hampshire.


  • microf 14 novembre 2016 16:57

    @A l´Auteur
    « Personne ne conteste la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle des États-Unis d’Amérique (ÉUA) »
    Bien sûr que cette élection est contestée aux Usa, il ya dans de nombreux états des manifestations violentes et on prévoit un risque de guerre civile aux Usa, n´est ce pas cela la contestation ?.
    Je pensais quant á moi que les Usa étaient les champion de la démocratie, chant qu´on nous a toujours rabattu, pourquoi une partie des Usa et du monde est dans cet état ? on se croirait en Côte d´Ivoire au temps du Président GBAGBO et de OUATTARA, il ne manquera plus que la France envoi les troupes aux Usa pour aider la Clinton comme cela s´est passé en Côte d´Ivoire, pour aider OUATTARA heureusement que lá bas aux Usa, cela ne marchera pas, Dieu merci.


    • rogal 14 novembre 2016 19:28

      @microf
      Exact, Paul Oriol ne suit pas bien les actualité. La frustration des partisans de Clinton est compréhensible : battue avec la majorité des voix. La question est de savoir ce que d’aucuns cherchent à en faire de plus que promouvoir une modification de la règle électorale.. Comme dit Libération, « La résistance s’organise ».


    • Paul ORIOL 15 novembre 2016 08:48

      @rogal
      D’accord avec vous deux.
      Je voulais dire qu’il n’y avait pas de contestation officielle des résultats, pas d’accusation de fraude comme pour Bush en Floride.


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