vendredi 10 février - par Jeussey de Sourcesûre

Colombie : Santos éclaboussé par les pots de vin brésiliens

Mardi dernier, le président colombien Juan Manuel Santos s’est trouvé impliqué dans le scandale de corruption massive qui secoue le Brésil depuis plusieurs mois.

Le procureur général colombien Nestor Humberto Martinez a déclaré que l'entreprise brésilienne Odebrecht avait participé au financement de la campagne électorale de M. Santos en 2014 pour un montant de 940 000 €.

L'argent aurait été remis à M. Santos par M. Otto Bula, ancien sénateur du Parti libéral, parti fondé par l'ancien président Álvaro Uribe (collaborateur du Cartel de Medellín, ami intime de Pablo Escobar et principal opposant à l'accord de paix de l'an dernier avec les FARCS).

M. Martinez, le procureur, a indiqué qu'Odebrecht avait confié à M. Bula 4,5 millions d’euros pour soudoyer des fonctionnaires non encore identifiés afin d’obtenir un contrat de construction routière.

La plus grosse partie de l'argent a été versée par des entreprises au Panama et en Chine, mais deux transferts vers la Colombie ont servi au financement de la campagne de M. Santos.

Le secrétaire « à la transparence » (ça ne s’invente pas !) M. Camilo Encisco a tenté de discréditer ces allégations et a déclaré que M. Santos accueillerait favorablement toute enquête : "C'est la parole d'un criminel, qui est à la recherche d'avantages juridiques à tout prix, contre la parole d'un gestionnaire de campagne », a-t-il déclaré.

Le géant du BTP brésilien est au cœur de l’opération « Car Wash » qui englobe les pratiques de corruption et les pots de vin versés à la compagnie pétrolière brésilienne Petrobras en échange de contrats. L’entreprise Odebrecht a admis avoir versé 750 millions d’euros en pots de vin à des fonctionnaires des pays de la région.

C’est après que la firme ait été condamnée à payer une amende de 3,5 milliards de dollars aux États-Unis dans le cadre du MERCOSUR que les autorités colombiennes ont commencé à enquêter.

Le mois dernier, M. Santos a affirmé qu'il voulait que « tout le poids de la loi tombe » sur tout membre de son gouvernement impliqué dans le scandale.

Au Venezuela voisin mardi, M. Hector Rodriguez a déclaré lors d'une conférence de presse que l'enquête sur les prévarications de l’entreprise brésilienne devrait être menée jusqu'à sa conclusion ultime, quelles que soient les personnalités qui risquent de tomber

Dimanche, le président vénézuélien, M. Nicolas Maduro a annoncé que le gouvernement prendrait en charge et achèverait 16 chantiers ouverts par Odebrecht, puis gelés par ordre d'un tribunal brésilien.

Ces chantiers comprennent les travaux du métro de Caracas et les réseaux de téléphériques de banlieue de la capitale vénézuélienne, des ponts, des complexes industriels et la rénovation d'un aéroport à l'extérieur de la capitale.



1 réactions


  • Pere Plexe Pere Plexe 10 février 20:21

    L’argent du pétrole à toujours servi les pays ayant une industrie pétrolière à intervenir .

    Intérieurement et extérieurement.
    Souvent de manière peu légale.
    Elf à longtemps servi la « francafrique »...et aussi les petites et grandes magouilles hexagonales.
    Les USA ont sans doute le plus fort lobby pétrolier qui à largement participé aux diverses turpitudes de ce pays.
    Russie, Gabon, Venezuela, Algérie... la liste est longue des pays ayant recours à cette pratique.
    Que le Brésil ait eu, lui aussi, recours au procédé n’a vraiment rien de surprenant.



    Que se soit les states qui soient à l’origine des révélations en dit long sur la « justice » internationale 






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