La démocratie directe est le moyen immédiat de prendre des décisions dans une société. Cela signifie de nous pour nous sans chefs, représentants, instructeurs ou quoi que ce soit. La démocratie directe est formée de gens simples / citoyens, sans honneurs ni titres. Comme C. Castoriadis l'affirme "la démocratie si elle n'est pas directe, n'est pas une démocratie ».
Ce n'est pas un texte théorique d'idées mais une réalité pratique. C'est la reconquête des espaces libres publics dans les quartiers et la création d'assemblées populaires où tous décident, tous participent, tous contrôlent.
Quand la démocratie directe est-elle apparue ? Nous dirions à chaque fois et partout où le peuple - la société- ont pris leurs vies entre leurs mains.
La structure de la démocratie directe n'est pas la solution à nos problèmes, mais c'est le moyen d'exprimer et de trouver la solution. Dans les système politiques et systèmes de partis aujourd'hui dévalorisés, cela peut être l'issue possible, juste que si nous nous rendons compte que la crise n'est pas seulement économique ou politique, mais touche le cœur du problème, problème systémique. Par conséquent la demande de la structure sociale horizontale, dans laquelle est incluse la démocratie directe, n'est pas seulement une critique du système actuel, mais une proposition d'abolition.
Et pourquoi parle-on de structures ? Les structures d'une société ne sont pas seulement une question d'organisation, mais une question sociale profonde. Cela signifie qu'elles reflètent l'idée que les citoyens ont d'eux-mêmes, de leurs valeurs et de leurs activités quotidiennes (par exemple dans une démocratie ou dans un régime totalitaire les relations sociales se développent différemment). Le taux élevé d'abstention lors des élections à travers le monde et la création de mouvements spontanés dans le monde entier nous montrent que les structures de parti ne peuvent plus inspirer la confiance du peuple. Ces structures ont été construites jusqu'à aujourd'hui de par la « foi » pour le parti et pour son rôle de « génie ». Le parti sait ce qu'il faut faire et qui doit le faire. Ils sont au service de solutions toutes prêtes et d'idéologies qui doivent être obéis de manière quasi-religieuse, tout comme Moïse a reçu les 10 commandements de Dieu. Aujourd'hui, personne ne peut plus croire en ces pouvoirs « métaphysiques » des parties et des représentants.
Et là apparaît la proposition de la démocratie directe.
Nous allons essayer d'organiser les caractéristiques fondamentales de la démocratie directe dans les lignes qui suivent :
1. Un élément de base pour le développement de la démocratie directe est de réaliser qu'elle va de pair avec l'égalité politique, qui signifie que les citoyens participent à égalité dans le dialogue et dans les décisions. Mais cette égalité politique ne peut exister sans l'égalité sociale et économique (par exemple un patron ne peut pas parler à égalité avec un travailleur en raison de leurs différentes positions sociales et économiques). Ainsi, la démocratie directe ne peut pas exister dans un état ou dans un régime autoritaire, où depuis le début de l'économie, par exemple, est dans les mains d'une minorité ou là où il existe des relations humaines concurrentielles du genre "votre échec est mon succès". Nous connaissons déjà le cas paradoxal du soi-disant « Etat de démocratie directe » en Suisse. Nous nous intéressons aussi aux référendums de temps en temps. Mais ces exemples ne sont que des versions très limitées qui supposent encore une fois le contrôle gouvernemental et ne doit pas être mélangé avec la demande de démocratie directe. Avec la démocratie directe (égalité politique, économique et sociale), il cesse d'exister la séparation du politique et de l'économie de la société. En fait, il n'existera plus le terme « politique » dans le sens que nous lui donnons aujourd'hui ... In case that we use direct-democracy alone, without the upper analysis, it’s possible to produce totalitarian and authoritarian decisions.
2. La deuxième caractéristique est la rotation. Dans une structure démocratique directe les participants qui prennent les responsabilités doivent être souvent renouvellés et les travaux doivent tourner. De cette façon on évite les leaders officieux, la bureaucratie et le manque d'harmonie entre le parler et l'agir. Un exemple peut être la démocratie directe dans les lieux de travail, dans les assemblées de travailleurs. Pour que tous les travailleurs puissent être en mesure de participer réellement à la prise de décisions, il est nécessaire de se faire une idée complète sur la façon dont leur entreprise est active. Si certains travailleurs sont responsables de fixer des données importantes de l'entreprise et d'avoir accès, ils auront sans doute une opinion globale de la façon dont marchent toutes les affaires. Par conséquent, ils auront plus d'information et ils vont créer un groupe informel de gestion. De l'autre côté, le reste des travailleurs qui font des travaux physiques et simples ne sera pas en mesure de juger et de décider aussi bien. Pour cette raison, la démocratie directe dans le lieu de travail signifie que personne ne travaille seulement à un travail désagréable ou seulement à un travail intellectuel. Les travailleurs devraient créer un programme équilibré et varié des responsabilités.
3. Lié à la caractéristique précédente : l'accès à la connaissance et l'information. Les raisons sont, bien évidemment, les mêmes qu'avant. Les citoyens qui ont le droit de décider et d'avoir le contrôle de leurs communautés ont la nécessité d'informer et d'éduquer eux-mêmes librement. Cela les aidera à faire des pas collectifs et des choix sûrs.
4. Comme quatrième caractéristique nous pouvons ajouter l'autonomie du processus de la démocratie directe. Cela signifie que la démocratie directe n'est pas un régime qui crée des institutions permanentes mais un processus continu, une possibilité permanente pour les participants de construire leurs propres institutions et les lois. Les peuples, dans ce cas, sont libres de découvrir de nouvelles façons de créer et d'organiser leur vie sociale, de se gouverner. Ils expérimentent en permanence les structures qu'ils utilisent et leur flexibilité afin qu'ils puissent les changer quand ils le souhaitent. Par conséquent, nous parlons d'une variété de versions que la vie sociale peut avoir, selon la situation géographique, des circonstances particulières, l'expérience obtienue et les nouvelles valeurs et significations qui apparaissent. Comme les zapatistes du Mexique disent " Essayons-ça et on verra".
5. En démocratie directe, il n'existe pas de majorités et minorités formalisées et institutionnalisées (формализиран и и институционализиран и). Comme nous l'avons dit précédemment, il y-a un processus continu de création de nos institutions. Par conséquent, les décisions peuvent être prises par consensus, à l'unanimité (единодушие) ou par majorité selon les volontés des participants (donc il n'existe pas de recette tout prête à suivre).
6. Aussi, nous pouvons dire que le « direct » (ou immédiate) de la démocratie directe exclut les médiations (посредничество) entre la société et les institutions. C'est pourquoi ça marche dans un cadre hors des mécanismes étatiques, hors partis, hors bureaucratie et tout ce qui peut être considéré comme médiateur et intermédiaire. La représentation (comme nous la connaissons aujourd'hui) est, également, abolie, non seulement parce que c'est une médiation dans la façon dont nous décidons de nos affaires, mais aussi parce que les décisions doivent émaner de tout le monde. Donc, nous observons deux significations du mot « direct » : l'immédiateté de la prise de décisions sans les représentants (le chemin) et l'immédiateté de ce qui les rend possible sans structures bureaucratiques au milieu (l'action).
7. Évidemment, les objectifs de la démocratie directe pour la justice et la participation politique ne veulentt pas seulement dire que tout le monde se rénuit en assemblée et décide pour tout. Par conséquent, la dernière caractéristique importante est la participation dans les décisions selon le degré dont vous êtes influencés par eux. C'est le seul critère à partir duquel une personne peut comprendre le niveau de sa participation dans les décisions (pour plus d'informations : Michael Albert sur Parecon). Chaque personne influencée par une décisions doit avoir le droit de lui donner un avis. Cela, évidemment, exclut tous les types de discriminations avec lesquels nous avons grandi, tels que : bulgares ou tziganes, autochtones ou immigrés, homosexuels ou hétérosexuels, homme ou femme, gros ou maigre, etc... Le processus de la démocratie directe exige des consciences personnelles et sociales libres des préjugés et des stéréotypes.
Texte écrit par des bulgares, traduit de l'Anglais par enréfléchissant. Article original