lundi 10 avril - par VICTOR Ayoli

Coût de l’attaque Trump en Syrie : 33 millions de repas au Restos du cœur

10 morts suite à la destruction, par 59 missiles étasuniens Tomahawks, de la base aérienne syrienne de Shayrat. À noter que pas un avion n’a été touché : ils avaient été évacués avant !

Bravo ! S’exclame la « communauté internationale » (en fait les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France, maintenant lèche-bottes docile des Yankees.)

Prix catalogue d’un missile Tomahawks : 575 000 $. Le prix de revient de ces dix morts est donc de 33 925 000 $ soit au cours du jour 31 889 500 € soit 3 188 950 € pièce. Ce n’est tout de même pas donné l’occis « Trump made », même pour des soldats syriens. Mais l’Oncle Sam est généreux… Cette petite démonstration de force de Trump représente 21 547 mois ou 1 795 années de SMIC français. Ou encore 33 millions de repas au Restos du cœur.

130 morts civils quelques jours avant dans les bombardements de la partie ouest de la ville de Mossoul. Là, ça passe dans la colonne pertes collatérales. Peu d’émotions dans les médias. C’est en Irak, donc les morts, même par centaine, c’est la routine. « Pas vendeur ça, Coco. Tu m’en fais une brève »

40 ou 50 morts dans des églises en Egypte. « Discret Coco, discret, faut pas irriter les patrons du PSG ».

58 morts dans le bombardement de Khan Cheikhoun, petite ville syrienne tenue par les islamistes. Les morts seraient victimes d’une intoxication foudroyante aux gaz.

« Oui, Coco ! C’est bon ça ! Gazés. T’entend Coco ? Gazés. Ça c’est vendeur ! Tu m’en fais la Une. Avec une photo de gosses morts, étendus, presque nus si possible. Fais-moi au Photoshop un montage qui tire les larmes. C’est le buzz assuré. Comme pour le petit Aylan sur une plage turque. Les ventes vont monter, et nos patrons milliardaires seront contents ! »

Haro sur Assad, ce boucher qui massacre son propre peuple. Et qui le gaze en plus !

Pendant que j’écris, j’entends, plus que je n’écoute, ce falot de Ayrault, ministre des affaires étrangères, asséner les vérités de ses maîtres otaniens : aucun doute possible : c’est le régime de Bachar el Assad qui est responsable du massacre chimique de Khan Cheikhoun. Aucune preuve solide mais tous les médias agitent la grosse caisse à manipuler. Ceci avant même qu’une enquête n’ait été diligentée et établisse soit qu’il s’agissait de bombes chargées de gaz toxiques (thèse des Étasuniens et de leurs lèche-bottes), soit de bombes ayant touché un atelier de production de gaz toxiques (thèse des Russes). Aucun journaliste sur place, aucune ONG digne de foi. Des images qui ne prouvent rien.

Les infos viennent de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), une source particulièrement fiable puisque représentée en tout et pour tout par une seule personne courageusement planquée en Angleterre, et qui répercute aux médias de la « communauté internationale » les « fakes » de ses amis égorgeurs islamistes. Derrière l’OSDH, un seul homme : Rami Abdel Rahman, de son vrai nom Ossoma Suleiman, sunnite laïc, membre de l’opposition, qui vit à Coventry en Grande-Bretagne. Il n’a pas mis les pieds en Syrie depuis 2000, date à laquelle il a quitté le pays pour des raisons politiques. Oui mais il y a aussi des autopsies. Sauf qu’elles sont faites par les Turcs de ce grand démocrate d’Erdogan, autre source particulièrement fiable !

Que Assad soit le responsable de ce gazage, c’est possible mais pas prouvé. Le fiston à Hafez est une sombre crapule fort capable du fait. Mais l’action impulsive de Trump - après la comédie de son ambassadrice à l’ONU montrant, des trémolos dans la voix, des photos de gosses gazés – met le monde au bord du gouffre. On se souvient des « preuves » de la possession d’armes « de destructions massives par Saddam Hussein » brandies par les responsables étasuniens à cette même ONU. Mensonges, manipulations soutendus par la volonté de main mise sur les richesses pétrolières de l’Irak.

Ça sent le gaz ! Oui, ça sent le gaz ! Oui mais pas seulement celui des bombes utilisées contre les populations civiles par Assad ou/et par l’État Islamique à Khan Cheikhoun.

La guerre de Syrie est une guerre du gaz. Assad refuse depuis des années le passage d’un gazoduc qatari sur son territoire. Ce gazoduc est destiné à faire concurrence au gaz russe qui alimente largement l’Europe.

Le gaz sera la principale source d’énergie fossile de ce siècle, plus que le pétrole. Or il a été découvert, à partir de 2009, dans la partie Est de la Méditerranée, d’énormes ressources de gaz mais aussi de pétrole de très bonne qualité. Les estimations actuelles font état de 9 700 milliards de m3 de gaz et de 3,4 milliards de barils de pétrole. Planqué sous la mer et sous la terre. Principaux bénéficiaires potentiels : Israël et la Syrie. L’exploitation n’a pas commencé.

Mais ce n’est pas tout. Du gaz et du pétrole, il y en a des millions de barils et de m³ en Russie, en Iran et dans les pays du Golfe. Ce gaz, il faut l’acheminer vers les clients les plus gourmands : les pays européens. La manière la plus rentable, c’est le tuyau, le gazoduc. Mais on ne peut pas faire passer les tuyaux n’importe où. Il faut qu’il traverse des pays « amis ». Or il y a une féroce rivalité entre la Russie et les pays du Golfe (Qatar, Arabie, etc.) sous influence étasunienne pour le passage de ces oléoducs. Les Russes avancent leurs projets Nord Stream, à travers la Baltique et South Stream, à travers la Mer Noire.

Ces projets concurrencent le projet « occidental » Nabucco qui devrait traverser la Syrie et la Turquie. Aucun des projets ne peut être mené à bien dans la situation chaotique du Moyen-Orient. C’est beaucoup de pognon de perdu pour les rapaces pétroliers et gaziers étasuniens, européens et russes. Mais aussi turcs qui voudraient bien prélever leur commission sur le stockage et le passage de tout m³ de gaz qui traverserait son territoire ! Seulement il y a un hic : Bachar el Assad ne veut rien savoir ! Il faut donc détruire ce mauvais coucheur, quitte à détruire son pays. Mais il y a un deuxième hic qui reste en travers de la gorge des oligarques gaziers occidentaux : les Russes. Ceux-ci sont en concurrence directe avec les monarchies du Golfe pour vendre leur pétrole et gaz ainsi que ceux venant d’Azerbaïdjan et d’Iran. Et donc se positionnent en protecteur de Bachar el Assad.

Se greffe sur ces rivalités économiques une composante religieuse, secondaire mais bien réelle. Les pétromonarchies sunnites du Golfe ont une haine viscérale des chiites. D’où leur volonté de détruire la Syrie de Bachar qui est Alaouite (une branche du chiisme).

Le massacre chimique de Khan Cheikhoun fournit à Trump un prétexte inespéré qui lui permet de reprendre pied dans un conflit où son pays n’a pris que des bouffes depuis des mois. Il n’est qu’une excuse pour une intervention militaire. Les actions unilatérales sont des actions impérialistes, et les Etats-Unis se moquent bien du droit international. Ils l’ignorent lorsque cela les arrange. Et puis il faut fournie du travail au complexe militaro-industriel qui fait la pluie et le beau temps dans ce pays qui a besoin de guerres. Les problèmes internationaux entre Etats doivent être résolus par le dialogue et non par les bombardements.

Et nous qu’est-ce qu’on fait dans cette galère ? On joue les supplétifs des Étasuniens. En espérant bénéficier d’avantages tarifaires sur le gaz du Golfe et de contrats d’armes juteux avec les tyrans de ces pays féodaux. Les belles paroles sur les droits-de-l’homme n’ont pas grand-chose à voir avec les affaires… Et Ayrault continue à dégoiser ses konneries. Comment peut-on avoir confié la diplomatie française à se sous-nul ?

Mais alors, Daech ? L’État islamique ? Ils sont gênants mais sont un bon prétexte pour intervenir dans ces régions. Et puis, il faut faire la part du feu : quelques attentats sont bien utiles pour mettre en place un État « musclé » à travers l’état d’urgence…

Mondo cane…

 

Sources :

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2013/08/30/syrie-ca-sent-le-gaz-246283.html

http://www.tdg.ch/monde/poutine-denonce-agression-syrie/story/13567172

http://www.voltairenet.org/article174022.html

Illustration X - Droits réservés



13 réactions


  • Jeekes Jeekes 10 avril 13:20

    « Que Assad soit le responsable de ce gazage, c’est possible mais pas prouvé. »
     
    Pourquoi y’a toujours la phrase de trop dans vos articles ?

    Vous savez le truc qui vous ridiculise...


  • Spartacus Spartacus 10 avril 13:37

    Un tomahawk c’est 300 sociétés qui participent directement, ce sont des milliers d’emplois...

    Des centaines de milliers de familles qui peuvent vivre dignement....

    Maintenant Assad ne gazera plus personne car il a compris....

    Effectivement le gauchiste de base a beau rôle de dénoncer les « méchants américains », il est vrai que c’est parce que avant O Bama avant n’avait rien fait, il y a eu un gazage de pauvres gens dernièrement....

    • samuel 10 avril 14:08

      @Spartacus

      Sans compter qu’un Tomahawk créer aussi de l’emploi là où il atterri.
      Imaginé cette fourmilière de personnes qui doit nettoyer les gravats et reconstruire les bâtiments détruits.

      C’est ça l’économie circulaire. Que c’est beau ! Et encore, ce ne sont que des Tomahawks. Imaginez si on utilisait des minutes men !

      A côté de l’économie de la mer de Mélenchon nous avons l’économie du Tomahawk de Spartacus !!!

    • amiaplacidus amiaplacidus 10 avril 14:22

      @Spartacus

      Comme le disait l’économiste de service ; construire un mur puis le détruire 1 semaine après, ce n’est pas une opération blanche, c’est deux opérations de développement.

      C’est bien là où l’on reconnaît, indépendamment de tout aspect moral, la profonde imbécillité du libéralisme.


    • samuel 10 avril 14:57

      @Spartacus

      Ah oui en passant.

      « L’extermination des juifs et tziganes c’était des emplois direct dans la fabrication du Zyklon B et dans la construction de camps de travail. ça a permit à des centaines de miliers de millions d’allemands de vivre dignement de leur travail » 

      Comme ça fait longtemps que je n’ai pas eu de point Godwin, au momins ça c’est fait.

      A lire bien sûr au trentième degré et à mettre en rapport avec les propos de notre Troll favoris 

    • Neo Neo 10 avril 22:02

      Spartacus,

      « Un tomahawk c’est 300 sociétés qui participent directement, ce sont des milliers d’emplois... Des centaines de milliers de familles qui peuvent vivre dignement... »

      On devrait d’ailleurs remettre les jeux du cirque il parait qu’à l’époque ça créait grave d’emploi et faisait recette ... Avec Blandine les caisses se sont remplies à domf ...


    • Louve de France Louve de France 11 avril 01:16

      @Spartacus


      La gauche ne critique pas le bombardement de Trump. 

      Seuls Farage et Marine le Pen critiquent cette action de Trump !

  • Esprit Critique 10 avril 16:08

     Repas Hallal ou traditionels ???


    • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 10 avril 22:30

      @Esprit Critique

      Votre nom est réellement mal choisi :

      Repas que vous devrez servir en France à cause des nouveaux réfugiés que cela produit


  • baldis30 11 avril 11:38

    bonjour,

    Dans cet article remarquable je note malgré tout :

    « Ou encore 33 millions de repas au Restos du cœur. »

    A votre place j’aurais peur que les pauvres ne fassent des indigestions avec autant de nourriture subitement arrivée .

    Un bon technocrate ( pléonasme) doit calculer qu’il faut un juste équilibre entre le nombre de missiles arrivant à bon port et le nombre de tués pour que les ONG ne soient pas débordées par trop d’indigestions peu curables ....  smiley


    • MERLIN MERLIN 11 avril 12:08

      @baldis30
      Pléonasme ? Un technocrate n’est pas forcément bon ou un « bon » n’est pas forcément technocrate.


    • baldis30 11 avril 20:52

      @MERLIN
      bonsoir

      Il en est des technocrates comme des économistes ...

      ces derniers sont toujours qualifiés de distingués, il est donc normal de qualifier les technocrates de bon .

       Reste à savoir ce que cache l’adjectif « bon » : « bon à rien » par exemple, ou encore « il est bien bon » dit avec un ton de commisération et pour aller plus loin « il est bon comme la romaine » ce qui suppose qu’on le consomme en salade à défaut d’ingurgiter ses salades. Pour être des « bons » , ce sont des « bons » ... avec un b comme crocodile ...pour paraphraser le chachacha des thons de Val d’Isère ... !


    • MERLIN MERLIN 12 avril 10:29

      @baldis30
      Bonjour
      Ok......


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