jeudi 3 juillet 2014 - par GéraldCursoux

De la justice

Magistrats je ne vous fais pas confiance... pas du tout !

Antonin Artaud écrivit à propos d’une loi concernant les pharmacies : « Monsieur le législateur tu es un con » ; la tentation de la paraphraser est grande lorsqu’on parcours le spectre des affaires judiciaires les plus défrayantes : « Monsieur le magistrat tu es un con ». Et de rappeler dans la foulée cette autre phrase de Jean François Revel qui faisait suite à un article de Marguerite Duras dans Libé sur l’affaire Grégory : « Rien ne prouve que l’archevêque de Paris n’est pas l’assassin du petit Grégory ! ». Ceci pourrait être l’incipit d’un livre sur notre justice, ses œuvres et ses hommes. On devrait y trouver notamment, sans remonter à Dominici :
- l’affaire Grégory dans laquelle, à la suite d’une enquête bâclée sur les rives de la Vologne faite par des gendarmes incompétents, on a provoqué le suicide d’un homme, accusé et incarcéré la mère de l’enfant pour conclure par un non-lieu. Aucun résultat à ce jour.
- l’affaire Dils qui est le cas typique d’une erreur judiciaire à la suite encore d’une enquête bâclée ; accusé, condamné, Mr Dils a été reconnu non coupable après de nombreuses années de prison.
- l’affaire Baudis : là « ils » ont eu l’occasion de se payer un notable sur les déclarations d’une femme qui n’était pas très clean (le fait qu’elle soit une prostituée n’ajoute rien à des déclarations complètement farfelues qui tombaient d’elle-mêmes) ; la presse locale lui accorda ses bonnes feuilles, dirigée par Mr Baylet (Parti radical de gauche et adversaire de Baudis trouvant sans doute là une opportunité de carrière). Dominique Baudis à la suite d’un long et douloureux procès fut complètement blanchi : enquête indigne, magistrats aveuglés par la personnalité du prévenu (faire un carton sur un notable est un exercice qui n’est pas nouveau ; par exemple l’affaire du notaire de Bruay en Artois - à rajouter à la liste).
- l’affaire d’Outreau ! Là on est dans le sublime. La connerie à l’état pure ! 12 vies brisées, dont 1 suicide, sur les déclarations d’une femme pas très clean (déjà expérimenté). Après plusieurs années d’incarcération : non-lieu pour tous. Encore une enquête bâclée reprise par un Juge d’instruction (dit petit juge dans la presse qui ne perd jamais une occasion d’en rajouter) qui s’est enfermé dans un schéma que sa hiérarchie aurait dû démonter : la hiérarchie n’a pas bougé. Devant l’énormité de l’affaire une enquête parlementaire a été décidée, au terme de laquelle les magistrats ont déclaré d’une seule voix qu’ils n’étaient ni coupables ni responsables. Circulez y a rien à voir ! La vie continue... on fait ce qu’on veut... la justice doit être indépendante... se tromper n’a rien de grave... on n’a de comptes à rendre à personne... St Louis sous son chêne c’est nous ! Les affaires qui plombent la vie politique de Nicolas Sarkosy n’ont pas cette gravité, mais c’est le même schéma de pensée : pour se payer Sarkosy on applique la formule de Revel : Rien ne prouve que Sarkosy n’a pas... reçu de l’argent de Khadafi... reçu des rétrocommissions du Pakistan... reçu de l’argent de Mme Bettencourt... etc., puisqu’il court des rumeurs, des rumeurs, des rumeurs. Pour conclure : Non, je ne fais pas confiance à la justice de mon pays !



9 réactions


  • sirocco sirocco 3 juillet 2014 12:02

    @ l’auteur

    "Dominique Baudis à la suite d’un long et douloureux procès fut complètement blanchi : enquête indigne, magistrats aveuglés par la personnalité du prévenu...« 

    Vous devriez revoir vos informations sur cette affaire (liée à l’affaire Alègre). Baudis n’a jamais eu à subir un »long et douloureux procès" comme vous le prétendez et si l’enquête a effectivement été indigne, c’est parce que les magistrats et enquêteurs qui faisaient trop bien leur travail au début (notamment le gendarme Roussel et le premier juge d’instruction chargé du dossier) ont été rapidement mis à pied ou mutés pour être remplacés par des gens aux ordres qui se sont empressés d’arrêter les investigations sur les parties fines, les disparitions et les meurtres de prostituées (et de témoins...) pour se limiter à établir que les 2 prostituées accusatrices étaient des mythomanes.
    Rappelons aussi que 2 magistrats étaient mis en cause dans cette affaire : le substitut Bourragué et le procureur général Jean Volff. Ils n’ont jamais été inquiétés. Le premier a été déplacé, le second nommé à la Cour de cassation (où décidément se cachent des gens douteux...) par décision spéciale de Jacques Chirac. Baudis a profité de ce sauvetage général.


    • GéraldCursoux GéraldCursoux 3 juillet 2014 13:29

      Merci de ces précisions : je remplace donc le mot procès par enquête.


    • sirocco sirocco 3 juillet 2014 16:29

      Ben non, il n’y a justement pas eu d’enquête sinon le sinistre Baudis, le substitut Bourragué et le juif Volff ne s’en seraient sans doute pas aussi bien tirés.
      L’institution judiciaire s’est contentée de s’en prendre aux deux accusatrices : le livre écrit par l’une d’elles a été interdit de vente dès sa parution (c’est bien pratique...). Puis ça a été un jeu d’enfant de les intimider (par l’exemple du témoin Jamel retrouvé « suicidé » dans une clinique, de quoi donner à réfléchir...), de les menacer d’emprisonnement et de les faire passer pour affabulatrices au moyen d’expertises psychiatriques de complaisance. Pour moins que ça n’importe qui aurait compris qu’il valait mieux obéir et la fermer.


  • tf1Groupie 3 juillet 2014 15:29

    C’est vrai que la justice française est assez déplorable, mais le rappeler uniquement pour venir au secours de votre chouchou Sarkosy c’est assez navrant.

    Qui était président lors de l’affaire d’Outreau ? Sarkosy !

    Et qu’a-t-il fait pour améliorer les choses ? Rien.
    Sans doute parce qu’il se disait qu’en cas de besoin il pourrait vilipender la justice.

    Une justice défaillante c’est le bonheur des escrocs.


  • titi 3 juillet 2014 18:07

    Rêvez pas concernant la justice française...

    Les avocats, les juges, les mandataires, sont tous issus des mêmes écoles, ils se fréquentent, ils se marient entre eux, ils fréquentent les mêmes lieux, les mêmes établissements.

    Ce qui se passe à la barre c’est du folklore : tout s’est déjà réglé entre deux portes bien avant les audiences.


  • xmen-classe4 xmen-classe4 3 juillet 2014 21:07

    ça c’est le penal, les socialistes ont un autre tribunal qui conviens a ceux qui ont le diplôme qui permet de gagner de l’argent et d’être propriétaire d’entreprises de smicard en contrat de réinsertion.


  • xmen-classe4 xmen-classe4 4 juillet 2014 02:54

    il y a le code du travail, les arnaqueurs et les voleurs.


  • xmen-classe4 xmen-classe4 4 juillet 2014 02:59

    Ils parlent d’erreur du système juridique alors que c’est un problème de procédure.

    La justice permet de venger les gens alors des fois c’est fait bizarrement.

    La justice c’est de demander aux francais de ne plus recommencer à commettre des crimes

    , etc...


  • Ruut Ruut 4 juillet 2014 06:15

    L’affaire Dieudonné a montré que la justice en France n’est pas indépendante.
    Indirectement elle est comme Nicolas l’as laissée.


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