mercredi 15 mars - par Chroniqueshumaines

Des apatrides, des mercenaires et un type qui se demande où va le monde

Aujourd’hui j’aimerais mettre en lumière un phénomène qui certes a toujours existé mais qui prend une ampleur et une tournure assez inquiétante dans les pas de la mondialisation forcée par le mauvais capital : le mercenariat. En effet nous constatons notamment dans le sport que certains n’hésitent pas à se vendre pour représenter le pays le plus offrant financièrement ou le plus avantageux au niveau sportif. Bien sûr la double nationalité permet à certains de choisir entre deux pays fonction de leurs principes ou de leurs intérêts, mais là nous en venons à voir des états vendre la nationalité. Il a bien sûr le cas emblématique du Qatar dont l’équipe de handball a été vice championne du monde en 2015 avec une équipe quasi entièrement composée de joueurs naturalisés et qui n’hésite pas à piller des nations défavorisées comme le Kenya ou l’Éthiopie de leurs meilleurs athlètes. Tel est le fruit du démantèlement des nations.

 

Mais ce n’est pas le plus grave, partons du côté du Moyen-Orient où la guerre fait rage et observons un peu les rangs de ton soi-disant état islamique, que remarquons-nous ? L’incroyable universalité des combattants qui viennent de partout et pas seulement pour la cause non. Que les choses soient dites il y a un vrai business là-dessous et beaucoup sont là pour le profit. Même durant la seconde guerre mondiale aucun soldat ni aucun officier n’a choisi son camp en fonction du plus offrant. C’est tout simplement du jamais vu et cela est le résultat d’une politique appuyée par une succession de mensonges d’états qui ont contribué à pousser les hommes à délaisser les causes patriotiques protectrices et garantes de l’hégémonie populaire au profit de leurs intérêts personnels. Combien d’enfants abandonnés laissés à la merci de prédicateurs sans scrupules partent faire le djihad bien plus par vengeance envers le pays d’adoption que par véritables convictions religieuses ? Quand on voit le développement des milices privées un peu partout dans le monde ou la privatisation des services pénitentiaires, il y a de quoi se demander jusqu’où la loi du plus fort (ce qui correspond au plus riche dans notre société) va nous entraîner vers les bas-fonds de la nature humaine. J’entends déjà ceux qui me répondront que la guerre n’a toujours été qu’une question d’intérêts mais cela n’a jamais empêché les hommes d’accorder de l’importance à leurs origines culturelles et à leurs racines, jusqu’à ce qu’éclate le bloc soviétique. Depuis le capitalisme a la main et ne se prive d’aucun crime pour toujours plus de fric.

 

Nous pouvons également évoquer la fuite des cerveaux et des talents en tous genres vers des avenirs plus prolifiques au sein d’entreprises et d’universités plus « généreuses » à l’étranger, même si cela ne sera jamais aussi grave que de voir des gamins se jeter dans la gueule du loup de Daesh bien content de profiter de la haine que nous avons cultivée en eux pour eux ; reste que tout mis bout à bout finit par nous appauvrir et gardons à l’esprit que tout est fait en ce sens, car pour certaines élites : « l’avenir de l’humanité sera un grand marché dans lesquels les nations n’auront plus lieu d’être ». C’est là qu’il est, je pense, nécessaire de rappeler à chacun l’importance des nations. Comme je le dis souvent : je ne suis pas citoyen du monde tout simplement parce que le monde n’est pas une république ! Ce qui fait la beauté du monde ce sont ses particularités et la multitude d’outils à notre disposition pour façonner notre entourage à commencer par notre propre vie ; et ce qui fait la richesse de l’humanité ce sont ses différences culturelles, sociales mais pour qu’elles puissent exister, il faut qu’elles s’acceptent et cela ne pourra se faire que si l’on accorde à chacun l’espace vital qui leur est nécessaire.

 

Tout le monde ne peut vivre ensemble et il n’y a qu’un Occidental pour croire que notre modèle de société est le meilleur du monde et qu’il devrait s’imposer partout, c’est un raisonnement suprématiste dont les conséquences historiques ont été la colonisation et tous ses travers dont l’Afrique paye la note depuis plus de deux siècles.

 

Que pourrait être un monde sans nations, sans peuples auxquels se raccrocher ? Un monde de mercenaires sans états d’âme où chacun aura à défendre son steak en dépit de toute moralité. Tout cela soulève bien des questions pour lesquelles il serait temps de trouver des réponses durables car en dépit de toutes les innovations qui « arrangent » nos quotidiens, sans « essence humaine » dans nos réflexions nous ne serons plus que des machines aux performances pitoyables. La corruption est au cœur de tout mais quoi d’étonnant dans un monde où la manipulation est devenue gage de réussite.

 

Nous devons lutter pour la souveraineté nationale, sans tomber dans la haine de l’autre. La nation garantit le droit d’exister à notre culture et il est urgent pour chacun d’entre nous de comprendre que nationalisme n’est ni un gros mot ni une philosophie raciste, c’est simplement l’idée que le monde est fait de civilisations plus ou moins compatibles qui se chevauchent et que le vivre ensemble ne peut se conjuguer à échelle mondiale que dans le respect de chaque philosophie de vie qui peuple cette planète. L’ouverture d’esprit ce n’est pas imposer ses idées et sa morale au monde entier comme le veulent les défenseurs d’une certaine ligne de pensée humaniste. Sauvegarder les nations c’est permettre à chaque peuple, chaque culture de vivre sans avoir à subir un folklore qui ne leur ressemble pas.

 

Le monde changera, il évoluera mais rien ne se fera correctement en forçant les choses. Il faut laisser à chaque nation le droit de conduire son propre destin sans juger ce qui n’appartient pas à notre réalité. Je préfère de loin un monde de patriotes à un monde de mercenaires apatrides.

 

"Poursuivre en désordre une armée en déroute, c'est vouloir changer sa victoire en défaite." Auteur inconnu. 



16 réactions


  • Hecetuye howahkan howahkan 15 mars 18:00

    Salut

    là je sais, le monde ,enfin le monde des humains ne va nulle part..il n’a pas à aller quelque part, il est là ou il est et doit être...mais çà on ne le sait pas encore...

    vivre est le miracle mais comme on ne s’occupe que de survie sans d’ailleurs rien y comprendre car on fonctionne en automatique aléatoire sans le savoir et sans savoir que l’on est un programme..on ne goûte pas à la vie....alors bien sur le sens n’y est pas et on en invente un à la mesure de la pensée à laquelle on ne connaît quasiment rien du tout...

    ça donne la souffrance qui dit : mauvaise route ...et bien plus encore...

     smiley


    • Chroniqueshumaines Chroniqueshumaines 15 mars 23:54

      @howahkan Bonjour à vous, peut importe où nous irons, peut importe que nous restions où nous sommes pourvu que nos enfants vivent heureux et en paix. Merci de votre lecture. 


    • Hecetuye howahkan howahkan 16 mars 08:12

      @Chroniqueshumaines

      Salut..et merci de cette réponse...mais je m’y inclus dedans aussi, tout en ayant 5 enfants et 7 petits enfants...quand je parlais d’aller quelque part j’évoquais mais sans le dire avec clarté que je ne pense pas que l’humain ai quoique ce soit à atteindre bien que beaucoup en soient persuadés..ne sachant pas que ainsi il fuient ce qui est comme le présent..signe de malheur en fait......la création étant nécessairement hors du temps donc absolu et illimité, nous n’avons rien à y ajouter, juste à vivre...ce que nous ne savons plus faire est ce que je susurrais en fait...

      quand au bonheur , pour moi l’absence de malheur donc la résolution de tous nos problèmes pratiques et mentaux , et au niveau mental nous sommes devenus des champions, cette absence marque la fin de la quête du bonheur..

      Ainsi l’approche négative me semble être le chemin..genre , çà pas bien, ceci pas bien etc etc

      Mais le maître nous a persuadé que vivre c’est combattre...ça l’arrange, la masse combat et est divisée et lui engrange...
      la paix ne sera pas à tant que nous serons sur ce chemin, l’absence de malheur non plus..

      je te salue..merci encore de l’article..

       smiley


    • Chroniqueshumaines Chroniqueshumaines 16 mars 14:04

      @howahkan Merci à toi pour cet excellent commentaire dont je partage l’essence :


      « La création étant hors du temps donc absolue et illimitée, nous n’avons rien à y ajouter, juste à vivre. »

      Je te salue également smiley

  • Berkano Othala 16 mars 13:00

    Bonjour Chroniques humaines .


    Le mercenaire a toujours existé , et ce développe de nouveau car les pouvoirs régaliens de certains états se réduisent . Le mercenaire ne dépend d’aucune protection internationale
    et est exécuté s’il est capturé, car ce sont éffectivement des vendus . Le soi disant « village mondial » cher à Attali l’hôtelier à fonctionné un temps , et la bi nationalité a engendré chez certains une haine qui va toujours dans le même sens et un mercenariat dans nos propres territoires qui sera se dépouillé de sa nationalité Française au bon moment . Il y a déjà eux et puis nous , seuls les gauchistes comme les No borders le Ps et le PC rouge vert croient en un citoyen du monde 

    • Chroniqueshumaines Chroniqueshumaines 16 mars 13:54

      @Berkano Othala Bonjour à vous, voilà un excellent commentaire. Je partage votre avis, la tolérance c’est respecter les différences donc oui nous avons besoin de nation ce n’est pas un repli sur soi, c’est laisser aux autres l’espace qu’il leur est nécessaire pour vivre. Merci de m’avoir lu. 


  • covadonga*722 covadonga*722 16 mars 13:07

    bonjour !

    dans nos grasses et veules sociétés le métier des armes rebute , servir rebute !
    Foutre sur le dos du capitalisme l’empressement avec lequel nos sociétés se débarrasse du service militaire mais semble un peu court !
     C’est par confort que nos concitoyens optes pour des reîtres et des prétoriens en lieu et place de conscrits et d’officiers républicains !Armée privées ?nous sommes en route pour êtres privées d’armées lors même les barbares sont dans les murs !Ecoutez ici le mépris des éduqués pour celui qui porte les armes au nom de la société dont ces mêmes éduqués procèdes. C’est le péché des sociétés repues et déliquescentes de refuser la veille aux remparts .Autrefois les maîtres refusaient le port des armes et l’instruction militaire aux peuples de peur qu’ils ne se
     soulèvent. Désormais gavés de droits qu’ils ne défendent pas , abrutis par les médias et agrippés à des biens matériels dont l’addiction leur a été inoculée Ils sont prés a accepter que l’on meure pour eux contre de l’argent,tout étonnés seront ils quand ce qui semble fait pour les protéger les asserviras !
    J’imagine le chœurs des pleureuses chez nos libertaires pacifistes quand les mercenaires décideront d’ ignorer l’antique adage « Cédant armaé togaé »

    Asinus : ne varietur

    • Chroniqueshumaines Chroniqueshumaines 16 mars 14:21

      @covadonga*722 Bonjour à toi, je n’ai pas de conseil à vous donner mais si vous voulez être compris il faudrait faire plus simple ! La violence est source de malheur est ne réponds à rien. Soyons intelligents. Merci de votre lecture. 


    • Cadoudal Cadoudal 16 mars 16:15

      @Chroniqueshumaines
      « La violence est source de malheur est ne réponds à rien »

      Le sociologue allemand Max Weber (1864-1920) considère que la « violence légitime » est la condition nécessaire, si ce n’est suffisante, pour qu’une institution puisse être appelée « Etat ».

      Pour lui, l’Etat est une "entreprise politique à caractère institutionnel lorsque et tant que sa direction administrative revendique avec succès, dans l’application des règlements, le monopole de la contrainte physique légitime«  (Max Weber, »Le Savant et le politique", 1919)

      Le monopole résulte de ce que les sujets de l’Etat consentent, par tradition ou par un désir d’égalité, à ce que celui-ci soit le seul à pouvoir exercer une violence sur son territoire, de façon légitime, en s’appuyant sur les forces policières, militaires ou juridiques.
      http://www.toupie.org/Dictionnaire/Violence_legitime.htm


    • Chroniqueshumaines Chroniqueshumaines 16 mars 16:21

      @Cadoudal Oh mais il est fort ! Je reconnais qu’il est difficile de répondre à une agression violente autrement que par une réponse encore plus violente. Tâchons au moins de ne pas agresser. 


    • Zolko Zolko 16 mars 17:13

      @covadonga*722 : « Autrefois les maîtres refusaient le port des armes et l’instruction militaire aux peuples de peur qu’ils ne se soulèvent »

       
      et il ne vous est pas venu l’idée que la suppression du service militaire procédait de la même logique ? Que la dernière chose que les capitalistes veulent est un peuple qui sait se battre ?

    • Chroniqueshumaines Chroniqueshumaines 16 mars 17:29

      @Zolko Si je pense qu’il y a effectivement de cela mais est-ce pour autant que nous devons créer une milice pour nous défendre contre un soi-disant ennemi que serait les migrants alors que les terroristes n’attendent bêtement dans des prisons à ciel ouvert et sont déjà dans nos immeubles ? Si nous devons nous battre, c’est ensemble contre le radicalisme de toutes sortes et pour reprendre l’assemblée nationale. Merci pour vos commentaires. 


    • covadonga*722 covadonga*722 16 mars 19:00

      @Zolko
      « Ils sont prêts a accepter que l’on meure pour eux contre de l’argent,tout étonné

      seront ils quand ce qui semble fait pour les protéger les asserviras ! »



  • Zolko Zolko 16 mars 13:48

    Je suis bien d’accord avec le fond de l’article, mais je ne m’attache pas tant à la notion de « Nation » qu’à celle de « Région ».
     

    "Que pourrait être un monde sans nations, sans peuples auxquels se raccrocher ? (...) La nation garantit le droit d’exister à notre culture"

     

    C’est plutôt les régions qui remplissent ce rôle : que ce soit en Allemagne, Espagne, Grande-Bretagne, Italie ... la culture est une affaire de régions. Les Catalans ou Andalous sont Espagnols mais leur culture est bien plus imprégnée par la région que par la nation. En France aussi, la culture est plutôt une affaire d’Alsace, de Bretagne, de Corse ... que Française. Sauf à dire que la culture Française est en fait Parisienne, ce qui en fait une affaire régionale encore une fois.


    • Chroniqueshumaines Chroniqueshumaines 16 mars 14:16

      @Zolko
      Bonjour à vous, excellente observation que je partage à ceci près qu’il serait difficile pour ces régions d’être pleinement autonomes, aussi je pense qu’il est bon de se rassembler sous un drapeau commun si nos folklores et nos cultures sont compatibles à une administration commune ce qui est la cas entre Bretons et Basques je pense mais qu’il le serait moins entre Alsaciens et Népalais. Certains s’unissent derrière une couronne, d’autre une religion et tout ceci est le fruit d’une longue histoire. Ce sont les événements qui lient et séparent les hommes, ce sont les valeurs et les traditions qui façonnent leur culture commune. Merci de ta lecture. 


    • Zolko Zolko 16 mars 14:57

      @Chroniqueshumaines : « il serait difficile pour ces régions d’être pleinement autonomes (...) Certains s’unissent derrière une couronne, d’autre une religion et tout ceci est le fruit d’une longue histoire »
       
      là, vous savez qu’on va vous répondre : « Europe ». Je dis pas que c’est bien, juste que c’est ça qu’on vous répondra. Et quand on voyage loin, on est bien content de rencontrer un Européen, et on se rend compte que nous avons pleins de points communs, tant culturellement que historiquement. Et le Népalais semblera certes sympathique mais différend. Discutez avec un Népalais et un Allemand en Australie (et je ne parle même pas du Vietnam ou de l’Arabie Saoudite) et vous verrez que vous avez pleins de choses en commun.


Réagir